J IV* "iM y--%* V i^i'i 312 Sylviorlhorhynchus. Anumbius 154 156 TNUIROSTRES MARCHEURS 158 FVRNARIDS 158 FURNARINS 158 Furnarius 159 Lochmias 161 Ilenicornis 163 Upucerthia 164 Cinclodes 166 Cinclocertliia 167 UPUPJNS 1C8 Upupa 175 ALAUDIDS 178 CERTHILAUDINS 179 Geositta 179 Certhilauda 181 ALAUD1NS 183 Megalophonus 185 Alauda 186 Galerida 191 Melanocorypha 193 Mirafra 195 Rampbocoris 196 Pyrrhulauda 199 Otocoris 201 Macronyx 203 ANTHINS 205 Corydalla 206 Anthus 207 MOTACILLIDS 213 MOTACILLINS 213 Budytes 215 Motacilla 219 EUPTINS 223 Grallina 225 Eupetes 226 CINCLINS 228 Cinclus 228 Dsodactyles dentihosikes 234 DENTIROSTRES MARCHEURS 234 FORM1CARWS 234 HISTOIRE NATURELLE. ATLORNITHINS 236 Brachypteracias 236 Atelornis 238 PITTINS 241 Pilla 242 Mjophonus 244 Brachypteryx 246 Oligura 247 Tesia 248 FORMICARINS 249 Grallaria 254 Formicarius 256 Conopophaga 257 Pilhys 259 Sclerurus 260 MGALONYCINS 262 Leptonyx 263 Rhinocrypta 264 Megalonyx 266 Triptorhinus 268 Merulaxis 269 Scytalopus 271 MNURWS 272 MNURINS 273 Menura 273 ORTUONYC1NS 279 Orthonyx 281 TVRDIDS 283 THAMNOPIHUNS 284 Drymophila 285 Formicivora 286 Dasycephala 288 Thamnophilus 289 AGRIORNITHINS 292 Agriornis 293 Centrites 294 Su i ri ii 295 Pepoaza 297 Lichenops 299 Muscisaxicola 391 PICNONOTINS 302 Andropadus 303 Trichophorus 305 Pycnonotus 306 Microscelis 307 Hypsipeles 307 rhillaslrephus 309 Alcopus 310 FIN DE LA TABLE. ENCYCLOPDIE D'HISTOIRE NATURELLE l'IHIS - IMI'IUMI 1:11 SIMON FUON El C\ mil H lliHI; I H. I ENCYCLOPDIE D'HISTOIRE NATURELLE IAITE COMPLET DE CETTE SCIENCE LES IKAYAlIX DES WII'tllMIS LES PLUS EMIRERTS I> I- TOUS LES l'AVS ET DE TOUTES LES POQUES BUFFON. DAUBENTON, LAGEPEDE, G. CUVIER, F. CUVIER , GEOFFROY SAINT - HILAIRE. LATREILLE, DE JUSSIEU, BRONGNIART, etc.. etc. sumant les Observations des Auteurs anciens et comprenant toutes les Dcouvertes moderne: jusqu' nos jours. PAU LE D' CHENU nilttl'ltr,ir\ - Ma mi. a [.'llPITAI M1MTA1RF [il VAl, - ME - f.KACE , PROFESSEUR lll-ii|i:i M il OISEAUX V,., I, ,,.!!., l,.,,.,lioi, ,!, M, (I. DES Ml US. membre ,1, 1. 1,,. ion- s.i.i.-l - V. Q V A T H I K M E l' A It T I E PARIS CHEZ MARESCQ ET COMPAGNIE, l-IXTI I n* |,t- I 'l\, ir, ul'Khll . Ul 1,1 l'(l\1 - hE - l.lllil ( PUES LE l'ONT-NEUT j. CHEZ GUSTAVE HAVARI) MKItAIIU - 15. KUK GUNGAUD ( l'RS LA MONNAIE). Ce volume contient la suite des Dentirostres Marcheurs, les Dentiros- trs Suspenseurs, et une partie des Perciieurs. Comme pour les volumes prcdents, les ligures ont t dessines d'aprs les planches de Gould, Audubon, Temminck, Gray, P'Orbigny, Smith, Spix, Swainson, etc., etc., et quelques-unes d'aprs nature. AVIS AD RELIEUR Les planches tires hors texte sont au nombre de quarante. Chaque planche doit tre place en regard de la page indique ou la fin du volume. 6. 7. 8. 9. 10. 11 12 13 14 15 16 17. 18 19. 20 Accipiter polyzonodes. Accipiler rufiventer. 1 Autour ventre ondul. Polyborode type. . 5 Phyllaslrephe grimpeur. Aigle couronn . 9 Turdode de Fisquet Microscle oreillons roux 15 Sclrure queue aigu. Rhinocrypte lan- cole 18 Andropade importun. Crinon barbu. ... 23 Drimopbile aux longs pieds. Sluscisaxicole Iront roux 28 Mnure superbe 32 Paroare hupp. Faucon hydrophile 35 Cardinal rouge. Atbene strenua 40 Eurystome d'Australie. Faucon polyzone. 45 Eurostopode tachet. Busard de Swainson. . 49 Engoulevent grosse queue. Hibou du Cap. 54 Chouette tnbreuse. Aigle belliqueux. . . 01 Busard maure. Alcyon de Macleay 07 Atbene capensis. Hibou du Cap 72 Fringilla nivalis. 77 Seisura inquita. Strepcra graculhu. 81 Colluricincla ruliventris. Dacelo giganlea. . 92 Smicrornis flavescens. Artanuis cinereus. . 98 Planches. Pagi 21 Monarcha trlvirgata. Gymnorhina tibicen. . 100 22. Zosterops dorsalis. Pteropodocys pliasia- nellus. 105 23. Sylvia formosa. Gramalus Swainsonii. . . . 107 24. Monarcha carinata Oreoica gutturalis. . . . 112 25 Chouette du Cap. Traquet ptre. ... Ils 26. Calliope Sphenostoma cristatum 125 27. Petroca multicolor. Petroca bicolor. . . 1"> 28 Bec-fin riverain. Hylacola caula 139 29. Bec-lin mlanocphale. Petroca fusca. . . 145 30. Bec-fin ray. Podargus plumiferus 151 31. Pardalotus strialus. . . 107 32. Sphueacus grannneus. Podargus hume- ralis. 178 33. Athene Woodfordi Serieornis maculata. . 185 34. Falco rupicoloides. Oreocincla lunulata . 199 35. Falco rufinus. Chlamidera nuchalis 207 56. Estrelda bella Seisura 210 37 Donacola tastaneothorax. Ptilonorhyncbus Smitlui 233 38. Amadina modesta. Cysticola ruliceps. . . . 245 39. Myagra concinna. Dasyornis longirostris. . 26! 40. Serieornis esculans Puepliila acuticauda. 275 Fiji 1. Accipiter polyzonode. Fig. 2. Accipiter ventre roux, (Mle, femelle et jeune.) l'i I. ^js9 oiute ?c5 Cwiiluo.sko iK.CLtdamz6. TROISIEME TRIBU. TIRDIDES. (Suite; QUATRIME FAMILLE. - TURBINES. Les Turdins ont pour types de caractres zoologiques le Merle ordinaire et la Grive, deux Oiseaux trop connus pour que nous insistions ce sujet. Quant leurs murs, elles varient suivant les genres : ceux-ci tant plus ou moins marcheurs, ceux-l plus ou moins buissonniers, quelques-uns, enfin, plus ou moins syl vains. Swainson, sous le nom de Merulin, en faisait la troisime sous-famille de ses Merulid, et la composait des genres suivants : 1" Petrocincla, Vigors; 2 PetrophMa, Swainson; 5 Meruta, Leach; 4" Orpheus, Swainson; 5" Cossypha, Vigors; G" Chtops, Swainson. 2 HISTOIRE NATURELLE. M. De La Fresnaye, qui, dans l'origine (1835), rangeait cette famille, en gnral, dans sa grande division des Passereaux marcheurs, en a fait, en 1858, le deuxime groupe de ses Merles ( Turdid), que, sous le nom de Merles sylvains ou Merles proprement dits (Turdid sylvan), il compose des genres : 1" Turdus, Linn; 2 Kittacincla, Gould. 5" Turdid phnicuroides ou Merles rubiettes; 4" Sericulus; 5" Muoplionus ou Merles corvins. M. Gray, en taisant la seconde sous-famille de ses Turdid, y range les genres 1" Chlops; 2 Zootliera, Vigors; 3" Turdus; 4" Bessonornis, Smith; 5 Mimus, le mme que VOrpkeus Enfin, M. Ch. lionaparte y fait entrer les genres : 1 Myomela, Hodgson: 2" Copsychus, Wagler; 5" Kittacincla; 4 Geocichla, Kuhl; 5 Oreocincla, Gould; fi" Turdus; 7" Melanotis, Ch. Bonaparte; 8 Mimus, Boi; 9" Toxostoma, Wagler; III" Donacobius, Swainson; 11" Caillants, Ch. Bonaparte; 12" Cliwtops; 15" Craleropus, Swainson, 14" Cinclosoma, Gould; l'i" Cynclorkamphus, Gould; en tout quinze genres. Nous rduisons cette famille trois genres 1" Grive (Turdus); 2" Merle (Merula); 5" Moqueur {Mimus). OISEAUX. I" GENRE. GRIVE. TURDUS. (Buffon. CARACTERES GEKERKJUES Bec de la longueur de la tte, comprim, aussi haut que large a sa base, qui est garnie de soies, h mandibule suprieure ehancre sa pointe et courbe dans toute sa longueur, l'infrieure presque droite, lgrement renfle. Narines basales, ovodes, a moiti fermes par une membrane. Ailes variant du type suraigu aux types subaigu et obtus; la penne btarde ou courte, ou nulle, et la rmige la plus longue tant, tantt la premire seule, tantt la mme avec la quatrime, tantt la deuxime avec la troisime, tantt la quatrime seule atteignant le milieu de la queue. Queue assez, longue, ample et arrondie. Tarses allongs, de la longueur du doigt mdian, recouverts d'une seule squamclle, les doigts latraux presque gaux, l'externe soud jusqu' la premire phalange avec le mdian; ongles min- ces, comprims, allongs et faiblement arqus, celui du pouce gal celui du mdian. Fi '2. Tardas viscivorw;. Fis. 3. Turdu. 9 viscivorus. Quarante espces de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amrique. Nous figurons les espces d'Europe, au nombre de onze, dont nous donnons aussi la description. Toutes, ou presque toutes, ont l'intrieur du bec. jaune; la partie suprieure du corps d'une couleur plus rembrunie, et la partie infrieure d'une couleur plus claire et grivele; enfin, dans toutes, ou presque toutes, la queue est peu prs le tiers de la longueur totale de l'Oiseau. . . (Gu.neau De Mont- BEILLARD.) Guneau De Montbeillard est le premier qui ait spar gnriquement les Grives des Merles, que Linn et Brisson runissaient sous la mme dnomination; MM. Boi et Kaup n'ont fait que dvelop- per, en l'appliquant, cette ide judicieuse, adopte avant eux dj par Le Vaillant, et depuis par M. Gould, qui n'est cependant pas suivie par le plus grand nombre des auteurs, qui se bornent faire des Grives et des Merles deux subdivisions du mme genre Turdus. La famille des Grives a sans doute beaucoup de rapports avec celle des Merles, mais pas assez, nanmoins, pour qu'on doive les confondre toutes deux sous une mme dnomination, comme ont fait plusieurs naturalistes; et, en cela, le commun des hommes me parait avoir agi plus sagement en don- nant des noms distincts des choses vraiment distinctes. On a appel Grives ceux de ces Oiseaux dont le plumage tait grivel, ou marqu, sur la poitrine, de petites mouchetures disposes avec une sorte de rgularit. Au contraire, on a appel Merles ceux dont le plumage tait uniforme, ou varie seulement par de grandes parties. Nous adopterons cette distinction de noms d'autant plus volontiers, que la diffrence du plumage n'est pas la seule qui se trouve entre ces Oiseaux. Des quatre espces principales appartenant notre climat, les deux premires, qui sont la Grive et 4 HISTOIRE NATURELLE. la Draine, ont de l'analogie entre elles : tontes deux paraissent moins assujetties la ncessit de changer de lieu, puisqu'elles font souvent leur ponte en France, en Allemagne, en Italie, en un mot, dans les pays o elles ont passe l'hiver; toutes deux chantent trs-bien, et sont du petit nombre d'Oiseaux dont le ramage est compos de diffrentes phrases; toutes deux paraissent d'un naturel sauvage et moins social, car elles voyagent seules, selon quelques observateurs. Fi". 4. Grive sourcils blancs. Les deux autres espces, je veux dire la Litorne et le Mauvis, se ressemblent aussi de leur ct, en ce qu'elles vont par bandes nombreuses, qu'elles sont plus passagres, qu'elles ne nichent pres- que jamais dans notre pays, et que, par cette raison, elles n'y chantent l'une et l'autre que trs-ra- rement, en sorte que leur chant est inconnu, non-seulement au plus grand nombre des naturalistes, mais encore la plupart des chasseurs. Elles ont plutt un gazouillement qu'un chant; et quelquefois, lorsqu'elles se trouvent une vingtaine sur un peuplier, elles babillent tontes a la fois, et font un bruit trs-grand et trs-peu mlodieux. En gnral, parmi les Grives, les mles et les femelles sont peu prs de mme grosseur, et ga- lement sujets changer de couleur d'une saison l'autre : aucune ne vit de grains, soit qu'ils ne conviennent point leur apptit, soit qu'elles aient le bec ou l'estomac trop faible pour les broyer ou les digrer. Les baies sont le fond de leur nourriture, d'o leur est venu la dnomination de Bac- civorcs. Elles mangent aussi des Insectes et des Vers; et c'est pour attraper ceux qui sortent de terre aprs les pluies qu'on les voit courir alors dans les champs et gratter la terre, surtout les Draines et les Litornes; elles font la mme chose l'hiver dans les endroits bien exposs o la terre est dgele. (GuNEAD De MOXTBEILLARD.) Un fait bien curieux, et jusqu'alors ignor, est celui rapport par un observateur anglais, M. St.-John : Dans quelques-uns de nos bois, dit-il, les Grives et les Merles vont briser les enveloppes des Lima- ons contre certaines pierres immobiles qu'ils connaissent. Dans un bois de brodie, o sans doute, cause des roches calcaires que recouvre le sol, on trouve beaucoup de ces petits coquillages ronds et jaunes, rays de noir, j'ai vu deux Grives en apporter plusieurs en trs-peu de temps; elles les heur- taient contre la pierre, et, quand leurs efforts taient insuffisants, elles les lixaient dans quelque crevasse, et les frappaient de leur bec jusqu' ce qu'elles en eussent tir le Mollusque, qu'elles empor- taient probablement pour leurs petits. C'tait en avril. Chaque fois que je traverse ce bois, je visite la pierre des Grives, et trouve toujours accru l'amas de coquilles. Si l'on observait avec soin les Oi- seaux, on venait que la plupart ont recours aux expdients les plus ingnieux pour leur entretien et celui de leur famille. (Portefeuille d'un chasseur etRev. britann., 1850.) Leur chair est un trs-bon manger, surtout celle de nos premire et quatrime espces, qui sont Fig. 1. Autour ventre oiidule Kis. 2, Polyboroide type; (Jeu i lemelle adulte l'I 2 OISEAUX. 5 la Grive proprement dite et le Mauvis; mais les anciens Romains en faisaient encore plus de cas que nous, et ils conservaient ces Oiseaux toute l'anne dans des espces de volires qui mritent d'elle connues. Chaque volire contenait plusieurs milliers de Grives et de Merles, sans compter d'autres Oiseaux bons manger, comme Ortolans, Cailles, etc.; et il y avait une si grande quantit de ces volires aux environs de Rome, surtout au pays des Sabins, que la fiente de Grive tait employe comme engrais pour fertiliser les terres; et, ce qui est remarquer, on s'en servait encore pour engraisser les Bufs et les Cochons. Fi;;. 5. Grive morne. Les Grives avaient moins de libert dans ces volires que nos Pigeons fuyards n'en ont dans nos colombiers, car on ne les en laissait jamais sortir; aussi n'y pondaient-elles point; mais, comme elles y trouvaient une nourriture abondante et choisie, elles y engraissaient au grand avantage du pro- pritaire. Les individus semblaient prendre leur servitude en gr; mais l'espce restait libre. Ces sortes de grivires taient des pavillons vots, garnis, en dedans, d'une quantit de juchoirs, vu que la Grive est du nombre des Oiseaux qui se perchent ; la porte en tait trs-basse; ils avaient peu de fentres, et tournes de manire qu'elles ne laissaient voir aux Grives prisonnires, ni la campa- gne, ni les bois, ni les Oiseaux sauvages voltigeant en libert, ni rien de tout ce qui aurait pu renou- veler leurs regrets et les empcher d'engraisser. 11 ne faut pas que des esclaves voient trop clair : on ne leur laissait de jour que pour distinguer les choses destines satisfaire leurs principaux besoins. On les nourrissait de millet et d'une espce, de pte faite avec des figues broyes et de la farine, et, outre cela, des baies de lentisque, de myrte, de lierre, en un mot, de tout ce qui pouvait rendre leur chair succulente et de bon got. On les abreuvait avec un filet d'eau courante qui traversait la volire. Vingt jours avant de les prendre pour les manger, on augmentait leur ordinaire, et on le rendait meil- leur; on poussait l'attention jusqu' faire passer doucement, dans un petit rduit qui communiquait la volire, les Grives grasses et bonnes prendre, et on ne les prenait, en effet, qu'aprs avoir bien referm la communication, afin d'viter tout ce qui aurait pu inquiter et faire maigrir celles qui res- taient; on tchait mme de leur faire illusion en tapissant la volire de rame et de verdure souvent renouveles, afin qu'elles pussent se croire au milieu des bois : en un mot, c'taient des esclaves bien traits, parce que le propritaire entendait ses intrts. Celles qui taient nouvellement prises se G HISTOIRE NATURELLE. gardaient quelque temps dans de petites volires spares, avec plusieurs de celles qui avaient dj l'habitude de la prison : et, moyennant tous ces soins, on venait bout de les accoutumer un peu l'esclavage; mais presque jamais on n'a pu en faire des Oiseaux vraiment privs. On remarque encore aujourd'hui quelques traces de cet usage des anciens, perfectionn par les modernes, dans celui o l'on est, en certaines provinces de France, d'attacher, au haut des arbres frquents par les Grives, des pots o elles puissent trouver un abri commode et sr sans perdre la libert, et o elles ne manquent gure de pondre leurs ufs, de les couver et d'lever leurs petits. Tout cela se fait plus srement dans ces espces de nids artificiels que dans ceux qu'elles auraient faits elles-mmes : ce qui contribue doublement la multiplication de l'espce, soit par la conservation de la couve, soit parce que, perdant moins de temps arranger leurs nids, elles peuvent faire ais- ment deux pontes chaque anne. Lorsqu'elles ne trouvent point de pots prpars, elles font leurs nids sur les arbres et mme dans les buissons, et les font avec beaucoup d'art; elles les revtent, par de- hors, de mousse, de paille, de feuilles sches, etc.; mais le dedans est fait d'une sorte de carton as- sez ferme compos avec de la boue mouille, gche et battue, fortifie avec des brins de paille et de petites racines : c'est sur ce carton que la plupart des Grives dposent leurs ufs cru et sans aucun matelas, au contraire de ce que font les Pies et les Merles. Ces nids sont des hmisphres creux, d'environ 4 pouces (0 m ,0,10r>) de diamtre. La couleur des ufs varie, selon les diverses espces, du bleu au vert, avec quelques petites taches obscures, plus frquentes au gros bout que partout ailleurs. Chaque espce a son cri diffrent : quelquefois mme on est venu bout de leur apprendre parler; ce qui doit s'entendre de la Grive proprement dite ou de la Draine, qui paraissent avoir les organes de la voix plus perfectionns. On prtend que les Grives avalent les graines entires du genivre, du gui, du lierre, etc., les ren- dent souvent assez bien conserves pour pouvoir germer et produire lorsqu'elles tombent en terrain convenable : cependant, Aldrovande assure avoir fait avaler ces Oiseaux des raisins de vigne sau- vage et des baies de gui, sans avoir jamais retrouv dans leurs excrments aucune de ces graines qui et conserv sa forme. (Guneau De Montbeillard.) Nous nous tonnons que ce doute sur la facult reproductive ou germinative des graines ou baies avales par les Grives, aprs qu'elles les ont digres, qui existait au temps de Buffon et de Guneau De Montbeillard, subsiste encore aujourd'hui, car nous lisons ce sujet, dans VOrmthobgie eu- ropenne du docteur Degland : La Draine aime beaucoup le fruit du gui, et contribue, selon quel- ques auteurs, propager cette plante parasite, dont elle rpandrait au loin les graines que la diges- tion n'aurait point altres. 11 nous semble qu'outre la preuve qu'il est facile de se procurer, le fait par lui-mme n'a rien d'extraordinaire, d'aprs ce que nous avons fait connatre, sur les observations si intressantes de .1. Verreaux, du Dice bec d'Hirondelle, qui contribue de la mme manire, en Australie, la mul- tiplication et la propagation de certaines plantes parasites qui s'observent notamment sur un arbre appel sheoak, et d'aprs ce que nous aurons occasion de citer de certaines espces de Colombids de l'Ocanie. Les Grives ont le ventricule plus ou moins musculeux, point de jabot, ni mme de dilatation de l'sophage qui puisse en tenir lieu, et presque point de ccum; mais toutes ont une vsicule du fiel, le bout de la langue divis en deux ou plusieurs filets, dix-huit pennes chaque aile, et douze a la queue. Ce sont des Oiseaux tristes, mlancoliques, et, comme c'est l'ordinaire, d'autant plus amoureux de leur libert : on ne les voit gure se jouer, ni mme se battre ensemble, encore moins se plier la domesticit. Mais, s'ils ont un grand amour pour leur libert, il s'en faut bien qu'ils aient autant de ressources pour la conserver, ni pour se conserver eux-mmes : l'ingalit d'un vol oblique et tor- tueux est presque le seul moyen qu'ils aient pour chapper au plomb du chasseur et la serre de l'Oiseau carnassier; s'ils peuvent gagner un arbre touffu, ils s'y tiennent immobiles de peur, et on ne les l'ait partir que difficilement. D'aprs Le Vaillant, la Draine ferait exception a cette timidit et cette humeur tranquille. Il n'y a peut-tre pas, dit il, d'Oiseaux plus querelleurs et plus hargneux. Cet Oiseau l'est au point ipie. quand il s'en trouve plusieurs de runis dans le mme arrondissement, ils se poursuivent con- tinuellement en criant et en se battant, jusqu' ce que les plus faibles aient abandonn le canton; el OISEAUX. 7 cette animosit n'est pas seulement restreinte contre leur espce, mais elle s'tend sur tous les Oi- seaux un peu forts qui s'approchent du lieu o ils sont fixs. Enfin, les Ramiers, les Tourterelles, les Corbeaux, les Coucous, les Loriots, les Pies-Griches et les Chouettes, redoutent tous la Draine qui les poursuit; elle ose mme braver la serre des perviers, des Cretserelles et des Emrillons; il n'y a pas jusqu' la Buse et au Milan que je n'aie vus fuir lchement son approche. Il est bon de dire que, quand l'ennemi qui se prsente parait redoutable, ces Oiseaux, oubliant leur haine particulire, se runissent plusieurs pour tomber dessus, et leurs cris aigus, errrrre, errrrre, grrrrre, grrrrre, trrrr, trrrr, trrrr, tr, tr, tr, rpts sur tous les tons et avec l'accent que leur imprime la co- lre, ne contribuent pas peu l'pouvante qu'inspirent ces Oiseaux naturellement vindicatifs. [His- toire naturelle fies Oiseaux d'Afrique.) On en prend par milliers dans des piges; mais la Grive proprement dite et le Mauvis sont les deux espces qui se prennent le plus aisment au lacet, et presque les seules qui .se prennent la pipe. Les lacets ne sont autre chose que deux ou trois crins de Cheval tortills ensemble, et qui font un nud coulant; on les place autour des genivres, sous les aliziers, dans le voisinage d'une fontaine ou d'une mare; et, quand l'endroit est bien choisi et les lacets bien tendus, dans un espace de cent arpents, on prend plusieurs centaines des Grives par jour. (Gunead De Montbeillard.) De tous les Oiseaux auxquels on tend des lacets, c'est, en effet, la Grive proprement dite, on mu- sicienne, qui produit la chasse la plus abondante. Un perchoir, auquel on attache un gluau, est en- core le moyen propre de s'emparer d'un mle beau chanteur. En septembre et octobre, on prend aussi beaucoup de ces Oiseaux Y abreuvoir; ils s'y rendent au lever et au coucher du soleil, et quel- quefois si tard, qu'on ne les voit plus, et qu'il faut se guider par l'oue. Quand ils entrent dans l'eau, il ne faut pas se presser, parce qu'ils aiment s'y baigner en compagnie, et se rassemblent jusqu' dix ou douze la fois, moyennant un cri d'appel particulier. Le premier qui trouve un ruisseau com- mode, et qui veut y aller, crie, d'un ton de surprise ou de joie, si/;, sik, sik, siki, tsac, tsac; aussitt tous les voisins rpondent de concert, et se rendent la place; cependant, ils n'entrent au bain qu'avec circonspection; ils ne s'aventurent gurg avant d'avoir vu un Rouge-Gorge se baigner sans danger; mais le premier qui se hasarde est bientt suivi par les autres, qui se querellent mme, si le local n'est pas assez grand pour tous les baigneurs. Il est avantageux d'avoir, pour les attirer, nu Oiseau apprivois, courant et voltigeant sur le bord du ruisseau. (Beciistein.) Il rsulte des observations faites en diffrents pays que, lorsque les Grives paraissent en Europe, vers le commencement de l'automne, elles viennent des climats septentrionaux avec ces voles in- nombrables d'Oiseaux de toute espce qu'on voit, aux approches de l'hiver, traverser la mer Baltique, et passer de la Laponie, de la Sibrie, de la Livonie, en Pologne, en Prusse, et de l dans les pays plus mridionaux. L'abondance des Grives est telle alors sur la cte mridionale de la Baltique, que, selon le calcul de Klein, la seule ville de Dantzig en consomme chaque anne quatre-vingt-dix mille paires. Il n'est pas moins certain que, lorsque celles qui ont chapp au danger de la route repas- sent aprs l'hiver, c'est pour retourner dans le Nord. Au reste, elles n'arrivent pas toutes la fois : en Bourgogne, c'est la Grive qui parait la premire vers la fin de septembre, ensuite le Mauvis. puis la Litorne avec la Draine; mais cette dernire espce est beaucoup moins nombreuse que les trois au- tres; et elle doit le paratre moins en effet, ne ft-ce que parce qu'elle est plus disperse. Il ne faut pas croire non plus que toutes les espces de Grives passent toujours en mme quantit ; quelquefois elles sont en trs-petit nombre, soit que le temps ait t contraire leur multiplication, ou qu'il soit contraire leur passage; d'autres fois elles arrivent en grand nombre; et un observa- teur trs-instruit m'a dit avoir vu des nues prodigieuses de Grives de toute espce, mais principale- ment de Mauvis et de Litornes, tomber, au mois de mars, clans la Brie, et couvrir pour ainsi dire un espace d'environ sept ou huit lieues; cette passe, qui n'avait point d'exemples, dura prs d'un mois, et on remarqua que le froid avait t fort long cet hiver. Les anciens disaient que les Grives venaient tous les ans en Italie de del les mers, vers l'qui- noxe d'automne, qu'elles s'en retournaient vers l'quinoxe du printemps (ce qui n'est pas gnrale- ment vrai de toutes les espces, du moins pour notre Bourgogne), et que, soit en allant, soit en ve- nant, elles se rassemblaient et se reposaient dans les les de Pontia, Palm aria et Pandataria, voisines des ctes d'Italie. Elle se reposent aussi dans l'le de Malte, o elles arrivent en octobre et novembre. 8 HISTOIRE NATURELLE. Le vont de nord-ouest y en amne quelques voles; celui de sud ou de sud-ouest les fait quelque- fois disparatre; mais elles n'y vont pas toujours avec des vents dtermins, et leur apparition dpend souvent plus de la temprature de l'air que de son mouvement, car, si dans un temps serein le ciel se charge tout coup avec apparence d'orage, la terre se trouve alors couverte de Grives. Au reste, il parait que l'le de Malte n'est point le terme de la migration des Grives du ct du midi, vu la proximit des ctes d'Afrique, et qu'il s'en trouve dans l'intrieur de ce continent, d'o elles passent, dit-on, tous les ans en Espagne. Celles qui restent en Europe se tiennent, l't, dans les bois en montagnes; aux approches de l'hi- ver, elles quittent l'intrieur des bois, o elles ne trouvent plus de fruits ni d'Insectes, et elles s'ta- blissent sur les lisires des forts ou dans les plaines qui leur sont contigus. C'est sans doute dans le mouvement de celte migration que l'on en prend une si grande quantit au commencement de no- vembre dans la fort de Compigne. (Guneau De Mo.xtbeillard.) Les murs des Grives de l'Afrique, notamment de celles appeles Grivron par Le Vaillant, sont les mmes que celles de nos Grives d'Europe. Ainsi, cette espce est de passage au Cap; il en reste cependant toute l'anne quelques couples autour des habitations, notamment dans les environs de Constance ou de Ronde-Bosch, et dans tous les cantons plants de vignes, o elles abondent, plus particulirement cependant dans le temps de la maturit du raisin. Ces mmes Oiseaux, selon ce voya- geur, passent en si grand nombre dans les forts d'Anteniquoi, que tous les arbres d'une partie en- tire du bois en sont quelquefois couverts. J'ai t, dit-il, tmoin d'un de ces passages, qui a dur prs de quinze jours; aprs quoi, je n'en vis plus un seul. Ce temps est prcisment celui auquel ils partent des environs du Cap. Il est probable qu'ils reviennent encore par le mme chemin dans le mois d'octobre, saison o on les revoit abondamment dans toute la colonie de l'est. (Histoire natu- relle des Oiseaux d'Afrique.) Il en est de mme de celles de l'Amrique septentrionale : ainsi, le Turdus minor et le Turdus mustellinus (Grive grivette et Grive tanne) habitent, l'hiver, les Grandes-Antilles et la partie sud de l'Amrique septentrionale, mais, ds le mois d'avril, elles s'avancent vers le centre des tats-Unis, et y restent jusqu' l'automne, poque laquelle elles retournent vers le nord. (D'Orbigny et La Sacra, Histoire de l'le de. Cuba.) Quant aux Grives de l'Amrique mridionale, elles paraissent plus sdentaires. Ainsi, au dire de O'Azara, les deux qu'il dcrit, la Grive blanche et noire et la Grive chochi, ne quittent point le Para- guay jusqu' Bunos-Ayres. Leurs murs offrent mme cette particularit que, pour prendre les Vers et Insectes qu'ils cherchent terre, ces Oiseaux dtournent, avec leurs pieds et leur bec, les feuil- les tombes, et fouillent de mme les crottins des Chevaux et les bouses des Vaches; c'est cause de cette habitude qu'on leur donne communment le surnom de Pire (Pieds-puants). (Voyage dans l'A- mrique mridionale.) GRIVE PROPREMENT DITE ou GRIVE MUSICIENNE. TURDUS MUSICUS (Linn.) Gris-brun, nuanc d'olivtre en dessus, avec quelques taches rousstres l'extrmit des petites et moyennes couvertures des ailes, lorums et tour des yeux jauntres; cts de la tte, du cou, de la poitrine et du corps d'un blanc rousstre, vari de taches noirtres; gorge d'un blanc rousstre sans taches; abdomen d'un blanc pur, avec des taches noirtres plus petites et moins nombreuses que (elles de la poitrine; sous-caudales tachetes de gris et de roux sur un fond blanc sale; bec brun, plus fonc en dessus, gris en dessous; pieds d'un gris brun; iris bruntre. (Mle.) Longueur totale, m ,235. (Degland.) Le plumage de cette espce est sujet de frquentes variations. M. Pegland en possde un indi- vidu d'un blanc pur et un autre tapir de blanc; on en cite de couleur Isabelle et de roux ardent. Se trouve dans toute l'Europe, en Sibrie et trs-communment en France. Sa ponte est de quatre six ufs d'un bleu verdtre plus ou moins vif, avec quelques points noirs ou d'un brun noir sur le gros bout; quelquefois ces taches manquent tout fait. Grand diam- tre, m ,028, petit diamtre, ra ,015. Kig. I Phyllaslrphc grimuei ,-c_. *-i Kig. '2 Aia-ln couronn [Mii el femelle.] l'I 5. OISEAUX. GHIVE DRAINE. TVRDVS VISC1VORUS (Linn ) Gris-brun en dessus, nuanc de roussatre, surtout au croupion; blanc jauntre en dessous, avec de petites taches brunes sur les cts du cou, d'autres en fer de lance la gorge, d'autres ovalaires la poitrine, l'abdomen, et d'oblongues sur les sous-caudales; tour des yeux cendr; joues et cts du cou d'un cendr lav de jauntre et vari de taches bruntres; ailes pareilles au manteau, avec les petites couvertures termines de blanc; moyennes et grandes couvertures, rmiges et rectrices bordes en dehors d'une teinte d'un cendr roussatre; les trois rectrices externes avec un peu de blanc leur extrmit; bec jauntre sa base et brun dans le reste de son tendue; pieds rouss- tres; iris noisette brune. (Mle au printemps.) Longueur totale, m ,505. (Degland.) ? Fis. 6. Grive draine. Habite une grande partie de l'Europe, rpandue en France et en Allemagne, sdentaire dans nos dpartements septentrionaux et de passage en Provence et en Lorraine; quelques individus cependant y sont sdentaires. Sa ponte est de quatre ou cinq ufs oblongs, d'un blanc gristre, trs-rarement roussatre, avec des points et des taches d'un brun rouge plus ou moins vif; gnralement ces taches sont peu nom breuses. Grand diamtre, m .05; petit diamtre, 0'",02l GRIVE MAUVIS. TURDUS ILIACVS. (Linn. Brun olivtre en dessus, avec l'extrmit des moyennes couvertures des ailes un peu tache <] blanc roussatre; quelques grandes couvertures et les rmiges bordes en dehors de cendr; partie infrieures d'un blanc pur, nuanc de roussatre sur les cots du cou, la poitrine, et vari de tachi oblongues d'un brun noirtre, except au milieu du ventre; flancs d'un roux ardent; sous-caudal flammes de brun; une bande blanche au-dessus des yeux, s'tendant du bec la nuque; bec brin: noir, moins color en dessous vers la base; pieds gristres; iris brun. (Mle au printemps.) Longueur totale. 0"',22. o 2 10 HISTOIRE NATURELLE. Habile le nord de l'Europe, la Sibrie, l'Asie et l'Afrique septentrionale, et passe annuellement dans beaucoup de localits de la France. Sa ponte est de cinq ou six ufs d'un blanc verdtre, tach de noir comme ceux de la Grive ordi- naire, mais avec les taches plus dissmines et peut-tre un peu moins nombreuses. Tels taient des ufs recueillis par M. J. De Lamotte. (Degland ) GRIVE LITORNE. TURDVS 1>ILAMS. (Linn.) Dessus de la tte, du cou et croupion d'un gris cendr, vari de quelques taches noires sur la pre- mire partie; dos et grandes couvertures des ailes d'un brun chtain; gorge, devant du cou et poi- trine d'un roux plus ou moins fonc, avec des taches longitudinales noires; ventre blanc; sous-cau- dales blanches et tachetes de brun; rmiges brunes, les primaires bordes de cendr, les secondai- res de rousstre; queue d'un brun noirtre en dessus et d'un gris cendr en dessous, avec les deux rectrices externes bordes de gris-brun et termines de blanc; bec noirtre sa pointe et jauntre dans le reste de son tendue; pieds et iris bruntres. (Mle en automne.) Longueur totale, m ,275. Habite les forts du nord de l'Europe, l'Asie septentrionale, et se montre de passage rgulier dans beaucoup de localits de la France. Sa ponte est de quatre six ufs d'un gris verdtre ou bleutre, avec de petites taches d'un roux de rouille ou brunes, quelquefois presque confondues. Grand diamtre. m ,027 nl ,028; petit diamtre, m .02. GRIVE DE NAUMANN TVRDUS DVMUS (Bechst. in.) Sommet de la tte et rgion parotique d'un brun fonc; dessus du cou et du corps d'un cendre roux, passant au roux vif sur les bords des paupires, au croupion et sur les cts du cou; poitrine, abdomen et flancs avec les plumes rousses au centre et largement franges de blanc; milieu du ven- tre et jambes d'un blanc pur; sous-caudales rousses; rmiges et rectrices mdianes d'un brun fonc, les latrales d'un roux vif; bec et pieds bruns. Longueur totale, 0"',25 environ. Habite la Sibrie, l'Asie occidentale, et se montre accidentellement dans l'est de l'Europe. ( Degland, i l'ig. 7. Grive de Naumann. OISEAUX. Il GRIVE DORE. TURDUS AURBUS. (Hollandre.) Parties suprieures d'un brun olivtre clair, reflets dors obscurs, avec l'extrmit de chaque plume marque d'une tache noire en forme de demi-lune, dont le ct antrieur est lgrement con- cave; parties infrieures d'un blanc jauntre qui se fond sur les cts avec les teints plus fonces du dessus du corps, la gorge, au cou, la poitrine; d'un blanc pur l'abdomen et aux sous-caudales, avec les plumes termines par une lgre tache noire galement en demi-lune et coupe carrment ou en ligne droite en avant; couvertures suprieures des ailes noires, avec la tige et la pointe jaune d'ocre; rmiges primaires d'un brun noirtre, lisres de rousstre et blanches en dedans, la pre- mire excepte; rmiges secondaires rousstres en dehors et noirtres en dedans, avec la partie mi- toyenne intrieure blanche; pennes caudales noires, l'exception des quatre mdianes, qui sont d'un roux olivtre en dessus, les suivantes termines de blanc, et la plus externe de rousstre; bec et pieds bruns. Longueur totale, m ,26 m ,27. Habite la Sibrie et le Japon. l'Asie centrale et septentrionale, et se montre accidentellement en Europe et mme dans le nord de la France, aux environs de Metz. (Degland.) GRIVE A GORGE NOIRE. TURDUS ATRDUULARIS (Temminck.) Dessus de la tte, du cou et du corps cendre olivtre, un peu plus fonc la tte; face, joues, de- vant du cou et haut de la poitrine d'un noir profond, nuanc de cendr sur cette dernire partie; bas de la poitrine, milieu de l'abdomen et flancs d'un blanchtre lav de rousstre sur ces dernires par- ties; sous-caudales rousstres, toutes termines de blanc; couvertures alaires semblables au manteau. finement lisres de cendr jauntre; bec d'un brun noirtre, avec la mandibule infrieure jaune sa base; pieds et iris bruns. Longueur totale, m ,29 environ. Habite la Sibrie, l'Asie, et se montre accidentellement dans l'est de l'Europe. (Deglakd.) GRIVE D AU LIAS. TURDUS PLLIDUS (Gnielin ) Parties suprieures d'un brun olivtre plus ou moins ple, avec la tte d'une teinte plus fonce; gorge blanche, lgrement strie, de bruntre; poitrine et flancs d'un cendr rousstre; abdomen d'un blanc pur; sous-caudales blanches, varies de brun olivtre; joues comme le vertex; raie sour- cilire d'un roux jauntre; ailes semblables au manteau, avec les moyennes couvertures termines de blanchtre; rmiges et rectrices brunes, les premires bordes de gristre, les dernires termines en pointe, avec les deux plus latiales marques d'une tache blanche en dedans, plus grande sur la plus externe; une petite tache de mme couleur sur la troisime. Longueur totale, m ,23 environ. Habite la Sibrie, le Japon, et se montre accidentellement dans l'est de l'Europe. (Degland.) M. Ch. Bonaparte n'admet pas cette espce au nombre des Oiseaux d'Europe; mais, d'accord avec M. Schlegel, il y admet la suivante. 12 HISTOIRE NATURELLE. UIUVE BLAFARDE. TURDUS OBSCURUS. (Gmelin ) La teinte dominante est, sur les parties suprieures, dans les individus adultes, d'un brun jaun- tre tirant un peu l'olivtre, et passant, sur la tte, au gris fonc. Cette dernire couleur se rpand sur tout le cou jusqu'au jabot; mais elle est entrecoupe par une raie sourcilire blanche assez pro- nonce, et par le blanc qui occupe la paupire infrieure, le menton et la base de la mandibule in- frieure. Les pennes de l'aile sont brunes, et bordes d'un gris tirant a l'olivtre. La penne externe de la queue porte, l'extrmit de sa barbe interne, une tache blanchtre, large tout au plus de deux lignes, mais la penne suivante n'est pourvue que d'un lisr blanc trs-fin, occupant galement l'extrmit de la barbe interne. Les couvertures infrieures de l'aile sont gristres. Le jabot et les cts du corps sont d'un jaune orang trs-ple et sale qui tire au gris verdtre sur les cts du bas- ventre. Les autres parties infrieures sont d'un blanc plus ou moins pur, avec quelques taches d'un gris verdtre sur les couvertures infrieures de la queue. Dec d'un blanc fonc couleur de corne; pieds d'un jaune bruntre, tirant au brun sur les ongles. (Temminck et Schlegel, Fauna Japonica.) Longueur totale, de m ,22 m ,25. Habite l'Asie septentrionale, orientale et centrale, l'archipel Indien, le Japon; de passage acciden- tel l'est de l'Europe et en Daourie. Fig. 8 et 9. Grive blafarde. (Mle et femelle). GRIVE ERRATIQUE. TVRDVS MIQRATOMVS. (Linn.) Dessus et cts de la tte d'un noir ardois; dessus du cou, du corps et sus-caudales, d'un brun noirtre; devant du cou blanc, marqu, longitudinalement, de traits noirtres; poitrine et abdomen d'un roux trs-vif; bas-ventre d'un blanc pur; sous-caudales brunes, tachetes de blanc; bord libre des paupires blanc; ailes semblables au manteau, avec les moyennes couvertures lisres de cen- OISEAUX. 13 (lr; rmiges et rectrices brunes, galement bordes de cendr, la plus externe de ees dernires ter- mine, en dedans, par une tache blanche, et la suivante par un lisr de mme couleur. (Mle en t.) Longueur totale, m ,242 m ,24. Habite particulirement l'Amrique septentrionale, et se montre accidentellement en Europe. Sa ponte est de quatre cinq ufs, d'un brun verdtre clair sans taches. Grand diamtre, m ,028; petit diamtre, m ,019. (Deglaisd.) GRIVE GRIVROU. TURDUS OLIVACEUS. (Linn.) La couleur de toute la partie suprieure du corps, c'est--dire celle de la tte, du cou par derrire, du manteau, des ailes et de la queue, est d'un brun lgrement nu d'olivtre, qui approche beaucoup des mmes parties dans l'espce de Grive d'Europe. Le devant du cou et celui de la poitrine, d'un ton plus faible de brun olivtre que le dos, sont nues d'orang. La gorge, presque blanche, porte des grivelures brunes sur le long de chacune des plumes qui la couvrent. Le reste du plumage infrieur du corps, depuis la poitrine jusqu'aux recouvrements du dessous de la queue, qui sont blancs, est d'un beau fauve orang. Les bords des barbes intrieures des pennes des ailes, ainsi que toutes les cou- vertures du dessous, sont de la mme couleur. Le bec, le dedans de la bouche, la langue, ainsi que les pieds et les ongles, sont jaunes; mais la base de la mandibule suprieure et son arte sont bru- ntres. Les yeux, trs-grands, sont bruns. Fi" 111 Grive Gnvrou. Pond de trois cinq ufs, qui sont presque ronds, et dont le fond blanc verdtre est parsem di taches d'un brun rouge, bien plus rapproches vers le gros bout qu'ailleurs. (Le Vaillant.) Habite l'Afrique; se montre accidentellement en Europe. 14 HISTOIRE NATURELLE. 2 GENRE. MERLE. MERULA (Brisson, 1760. Leach, 1816.) CARACTRES GNRIQUES. Bec de la longueur de la tte, convexe, assez lev, fort, comprim, termin en pointe h peine crochue et faiblement dente. Narines latrales, ovalaires, bordes par les plumes du front. Ailes variant du ti/pe aigu au type oblus; la penne btarde toujours petite, et tantt la seconde rmige seule, tantt les troisime et quatrime ensemble les plus longues. Queue ample, arrondie. Tarses de la longueur du doigt mdian, grles et sculells, ainsi que les doigts. Fie. 11. Mervla. Fig. 12 Merula Trente-cinq quarante espces environ, de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amrique, dont trois se rencontrent en Europe. Les Merles ne s'loignent pas seulement du genre des Grives par la couleur du plumage el par la diffrente livre du mle et de la femelle, mais encore par leur cri, que tout le monde connat, et par quelques-unes de leurs habitudes. Ils ne voyagent ni ne vont en troupes comme les Grives, et, nan- moins, quoique plus sauvages entre eux, ils le sont moins l'gard de l'homme, car nous les appri- voisons plus aisment que les Grives, et ils ne se tiennent pas si loin des lieux habits. Au reste, ils pas- sent communment pour tre trs-fins, parce que, ayant la vue perante, ils dcouvrent les chasseurs de fort loin, et se laissent approcher difficilement; mais, en les tudiant de plus prs, on reconnaii qu'ils sont plus inquiets que russ, plus peureux que dfiants, puisqu'ils se laissent prendre aux gluaux, aux lacets, et toutes sortes de piges, pourvu que la main qui les a tendus sache se rendre invisible. Lorsqu'ils sont renferms avec des Oiseaux plus faibles, leur inquitude naturelle se change en p- tulance; ils poursuivent, ils tourmentent continuellement leurs compagnons d'esclavage, et, par cette raison, on ne doit pas les admettre dans les volires o l'on veut rassembler et conserver plusieurs espces de petits Oiseaux. On peut, si l'on veut, en lever part, a cause de leur chant, non pas de leur chant naturel, qui n'est gure supportable qu'en pleine campagne, mais cause de la facilit qu'ils ont de le perfection- ner, de retenir les airs qu'on leur apprend, d'imiter diffrents bruits, diffrents sous d'instruments, et mme de contrefaire la voix humaine. (Guneau De Mombeillard.) Le Merle a naturellement pour chant une sorte de sifflement court qu'il rpte souvent, surtout le soir et le matin, et qu'il fait entendre plus frquemment lorsque le ciel est sombre, qu'il fait humide, et qu'il tombe une pluie douce; il siffle depuis le commencement du printemps jusqu' l'automne, et recommence son chant la fin de l'hiver. (Maudut.) Comme les Merles entrent de bonne heure en amour, et presque aussitt que les Grives, ils com- mencent aussi chanter de bonne heure; et, comme ils ne fonl pas pour une seule ponte, ils conti- nuent de .hanter bien avant dans la belle saison ; ils chantent donc lorsque la (dupait des autres Fig. 1 Turdode de Fisquel Ki^. !. Mir.roscle oreillons roux OISEAUX. 15 chanteurs des bois se laisent et prouvent la maladie priodique de la mue, ce qui a pu faire croire plusieurs que le Merle n'tait point sujet cette maladie; mais cela n'est ni vrai, ni mme vraisem- blable : pour peu qu'on frquente les bois, on voit ces Oiseaux en mue sur la fin de l't; on en trouve mme quelquefois qui ont la tte entirement chauve; aussi Olina et les auteurs de la Zoologie britannique disent-ils que le Merle se tait comme les autres Oiseaux dans le temps de la mue, et les zoologues ajoutent qu'il recommence quelquefois chanter au commencement de l'hiver; mais le plus souvent, dans cette saison, il n'a qu'un cri enrou et dsagrable. Les anciens prtendaient que, pendant cette mme saison, son plumage changeait de couleur et prenait du roux; et Olina, l'un des modernes qui a le mieux connu les Oiseaux dont il a parl, dit que cela arrive en automne, soit que ce changement de couleur soit un effet de la mue, soit que les femelles et les jeunes Merles, qui sont en effet plus roux que noirs, soient en plus grand nombre et se montrent alors plus frquemment que les mles adultes. Ces Oiseaux font leur premire ponte (en Europe) sur la fin de l'hiver; elle est de cinq ou six ufs d'un vert bleutre, avec des taches couleur de rouille frquentes et peu distinctes. Il est rare que cette premire ponte russisse, cause de l'intemprie de la saison; mais la seconde va mieux, et n'est que de quatre ou cinq ufs. Le nid des Merles est construit peu prs comme celui des Grives, except qu'il est matelass en dedans; ils le font ordinairement dans les buissons ou sur des arbres de hauteur mdiocre; il semble mme qu'ils soient ports naturellement le placer prs de terre, et que ce n'est que par l'exprience des inconvnients qu'ils apprennent le mettre plus haut. On m'en a apport un, une seule fois, qui avait t pris dans le trou d'un pommier creux. (Guneau De Montbeillard.) Nous-mme, nous en avons souvent trouv sur l'enfourchure des branches suprieures de vieux tilleuls monds : et depuis plusieurs annes nous observons deux couples de Merles noirs qui ont tabli leurs nids dans de vieux lierres garnissant les murs de l'antique donjon de Nogent-le-Rotrou ; ces nids, parfaitement cachs, sont construits entre les grosses lianes du lierre, et appliqus contre la pierre des murailles; ces Oiseaux, qui ne quittent mme pas ce lieu l'hiver, s'y nourrissent pres- que exclusivement, pendant cette saison, des baies du lierre, que quelques Grives viennent aussi fr- quenter sur la fin de l'automne. De la mousse, qui ne manque jamais sur le tronc des arbres, du limon, qu'ils trouvent au pied ou dans les environs, sont les matriaux dont ils font le corps du nid; des brins d'herbe et de petites racines sont la matire d'un tissu plus mollet dont ils le revtent intrieurement, et ils travaillent avec une telle assiduit, qu'il ne leur faut que huit jours pour finir l'ouvrage. Le nid achev, la fe- melle se met pondre, et ensuite couver ses ufs; elle les couve seule, et le mle ne prend part cette opration qu'en pourvoyant la subsistance de la couveuse. Salerne entre, surtout cela (Histoire naturelle des Oiseaux, page 176), dans des dtails qui lui ont t fournis par un curieux observateur, mais dont quelques-uns lui sont suspects lui-mme, et qui pour la plupart me paraissent sans vraisemblance. Suivant ce curieux observateur, un mle et sa fe- melle, ayant t renferms au temps de la ponte dans une grande volire, commencrent par poser de la mousse pour base du nid, ensuite ils rpandirent sur cette mousse de la poussire, dont ils avaient rempli leur gosier, et, pitinant dans l'eau pour se mouiller les pieds, ils dtremprent cette pous- sire et continurent ainsi couche par couche... Les petits clos, ils les nourrissaient de Vers de terre coups par morceaux, et se nourrissaient eux-mmes en partie de la fiente que rendaient leurs petits aprs avoir reu la becque. .. Enfin, de quatre couves qu'ils firent de suite dans cette volire, ils mangrent les deux dernires; ce qui explique, dit-on, pourquoi les Merles, qui sont si fconds, sont nanmoins si peu multiplis en comparaison des Grives et des Alouettes. Mais, avant de tirer des eonsquences de pareils faits, il faut attendre que de nouvelles observations les aient confirms; et, fussent-ils confirms en effet, il faudrait encore distinguer soigneusement les faits gnraux qui ap- partiennent l'histoire de l'espce des actions particulires et propres quelques individus. L'auteur du Trait du Rossignol assure avoir vu un jeune Merle de l'anne, mais dj fort, se eharger volontiers de nourrir des petits de son espce nouvellement dnichs; mais cet auteur ne dit point de quel sexe tait ce jeune Merle. J'ai observ que les petits prouvaient plus d'une mue dans la premire anne, et qu' chaque mue le plumage des mles devient plus noir, et le bec plus jaune, commencer par la base. A l'gard des 1(5 IIISTOII NATL'HELLK. femelles, elles conservent, comme j'ai dit, les couleurs du premier ge, comme elles en conservent aussi la plupart des attributs; elles ont cependant le dedans de la bouche et du gosier du mme jaune que les mles, et l'on peut aussi remarquer, dans les uns et les autres, un mouvement assez frtquent de la queue de haut en bas, qu'ils accompagnent d'un lger trmoussement d'ailes et d'un petit cri bref et coup. Ces Oiseaux ne changent point de contre pendant l'hiver, mais ils choisissent, dans la contre qu'ils habitent, l'asile qui leur convient le mieux pendant cette saison rigoureuse : ce sont ordinai- rement les bois les plus pais, surtout ceux o il y a des fontaines chaudes, et qui sont peupls d'ar- bres toujours vertS; tels que picas, sapins, lauriers, myrtes, cyprs, genvriers, sur lesquels ils trouvent plus de ressources, soit pour se mettre l'abri des frimas, soit pour vivre; aussi viennent- ils quelquefois les chercher jusque dans nos jardins, et l'on pourrait souponner que les pays o l'on ne voit point de Merles en hiver sont ceux o il ne se trouve point de ces sortes d'arbres ni de fon- taines chaudes. Fip 1 et 14 Merle sourcils blancs. (Mle et femell Les Merles sauvages se nourrissent, outre cela, de toute sorte de baies, de fruits et d'Insectes, et, comme il n'est point de pays si dpourvu qui ne prsente quelqu'une de ces nourritures, et que d'ail- leurs le Merle est un Oiseau qui s'accommode tous les climats, il n'est non plus gure de pays o cet Oiseau ne se trouve, au nord et au midi, dans le vieux et dans le nouveau continent, mais plus ou moins diffrent de lui-mme, selon qu'il a reu plus ou moins fortement l'empreinte du climat o il s'est fix. Ceux que l'on tient en cage mangent aussi de la viande cuite ou hache, du pain. etc.-. mais on prtend que les ppins de pommes de grenades sont un poison pour eux comme pour les Grives. Quoi qu'il en soit, ils aiment beaucoup se baigner, et il ne faut pas leur pargner l'eau dans les vo- lires. Leur chair est un fort bon manger, et ne le cde point celle de la Draine ou de la Litorne; il parait mme qu'elle est prfre celle de la Grive ou du Mauvis dans les pays o ils se nourris- sent d'olives, qui la rendent succulente, et de baies de myrte, qui la parfument. Les Oiseaux de proie en son! aussi avides que les hommes, et leur font une guerre presque aussi destructive; sans cela ils se multiplieraient l'excs. Olina fixe la dure de leur vie sept ou huit ans. OISEAUX. 17 J'ai dissqu une femelle qui avait t prise sur ses ufs vers le 15 de mai, et qui pesait deux onces deux gros. Elle avait la grappe de l'ovaire garnie d'un grand nombre d'ufs de grosseurs in- gales : les plus gros avaient prs de deux lignes de diamtre, et taient de couleur orange; les plus petits taient d'une couleur plus claire, d'une substance moins opaque, et n'avaient gure qu'un tiers de ligne de diamtre. Elle avait le bec absolument jaune, ainsi que la langue et tout le dedans de la bouche; le tube intestinal long de 17 18 pouces (0 m ,47 m ,49); le gsier trs-musculeux, prcd d'une poche forme par la dilatation de l'sophage; la vsicule de fiel oblongue, et point de ccum. (Guneau De Montbeillard.) MERLE COMMUN. MERULA VULGAR1S. (Ray.) Tte, cou, corps, ailes et queue, entirement d'un noir profond; bec et bord libre des paupires jaunes; pieds et iris d'un brun noir. Longueur totale, ra ,'2G ou m ,264. Le plumage de celte espce offre de frquentes varits. On trouve des sujets entirement blancs, d'autres tapirs de blanc, avec la queue ou la rgion auriculaire blanche. (Deglakd.) M. Degland en possde un gris de lin, et en a vu un autre couleur isabellc. P. Roux a figur, dans l'atlas de son Ornithologie provenale (p. 170), une varit constante qui a, dans sa jeunesse, la queue traverse par une large bande blanche, qui disparat ds la premire mue. Cette varit parat trs-commune sur les hautes montagnes des environs de Nice. M. Gerbes l'a rencontre frquemment dans le march de cette ville, en aot 1847, il l'a galement observe deux fois dans les environs de Paris. Se trouve dans presque toute l'Europe. Est rpandu en France, o il vit sdentaire dans quelques localits. Pond de quatre six ufs verdtres, bleutres ou d'un gris sombre, avec des taches plus ou moins nombreuses et plus ou moins grandes, d'un roux de rouille, bleutres ou olivtres et cen- dres, quelquefois peu apparentes, et presque confondues. Grand diamtre, m ,03 environ; pelil diamtre, m ,02l. MERLE A PLASTRON MERULA TORQUATA. ((iussucr , Parties suprieures d'un brun noir enfum; gorge, devant du cou, abdomen et ventre, d'un brun noir moins intense, avec les plumes bordes de gris plus ou moins blanchtre; un large plastron, sur le haut de la poitrine, d'un blanc pur au printemps; d'un blanc sale et quelquefois vari de bru- ntre en automne, ailes semblables au manteau, avec les petites et les moyennes couvertures bordes de gris, et la plupart des rmiges franges, en dehors, de la mme couleur; bec en partie jaune en t, et noirtre en automne; pieds bruns; iris noisette. Longueur totale, ra ,29 environ. On en cite des varits toutes blanches et d'autres tapires de blanc. (Degland.) Est commun l'Europe, l'Asie occidentale, au Japon et l'Afrique septentrionale. En Europe, il se trouve en Suisse; dans les Vosges, les Hautes-Alpes, l'Auvergne et les Pyrnes, en France; en Savoie et en Grce. Il est de passage dans le nord de la France, en automne, vers la fin de novembre, et. au prin- temps, vers la fin d'avril ou au commencement de mai. Pond de quatre six ufs verdtres ou bleutres, avec des taches d'un cendr fonc, d'un brun noirtre ou d'un roux de rouille. Ces taches sont ordinairement plus nombreuses au gros bout. Grand diamtre, m ,03 environ; petit diamtre, m ,022. 18 HISTOIRE NATURELLE. MERLE A SOURCILS BLANCS. MERULA SIBIRICA. (Gmelin, 0. Des Murs.) Tout le plumage d'un noir bleutre fonc, mais la gorge et le devant du cou d'un noir plein; de trs-larges sourcils d'un blanc pur au-dessus des yeux; les pennes des ailes et de la queue d'un noir mat. mais toutes les pennes des ailes blanches sur les barbes intrieures, ce qui forme une bande oblique la face interne de ces parties-, les trois pennes latrales de la queue et les couvertures de dessous termines par une petite tache blanche; bec noir; pieds bruns. (Vieux mle.) Longueur totale, m ,25. Habite la Sibrie, sur les montagnes boises. Se trouve aussi au Japon et Java. (Temminck.) Se rencontre trs- rarement dans la Sibrie occidentale et en Europe. ?,<"- GENRE. CALANDR1E. CALANDI1A (D'Azara.) CARACTERES GENERIQUES. Bec de la longueur de la tl, mince, muni d'une arte prononce et assez fortement recourbe jusqu' la pointe, qui est lgrement chancrc, comprim sur les cts, accompagn de longues barbes qui naissent au-dessus des angles de son ouverture. Narines latrales, bastes, ovalaircs, mies. Ailes courtes, surobtuses, h premire rmige rudimentaire, les quatrime et cinquime gales, les plus longues. Queue assez longue, forme de rectrices tages. Tarses assez robustes, de la longueur du doigt mdian, scutclls; doigts allongs, les deux lat- raux gaux et souds leur base; pouce vigoureux; ongles mdiocres. Vingt-cinq espces de l'Amrique mridionale. Nous figurons la Calandrie trois bandes (Orpheus irifasciatus, Gould). Fis. U Calandria poyglotta Fig. 16. Catandria /iolijglott.i (Test encore un de ces gnies crs par D'Azara, et auquel nous croyons devoir restituer le nom tout local que ce voyageur a donn aux espces connues de lui qui en font partie. C'est le mme genre que Boi et Svvainson ont nomm, l'un Mimtts (1816), l'autre Orpheus (1827), deux dnominations con- serves par les auteurs. Ce genre, au surplus, renferme les genres Mclanolis, Ch. Bonaparte; Mimus, loi, et Toxostoma, Wagler. Une autre considration, qui, part la question de principe cl d'antriorit, nous a fait choisir de Kijj. I. Sclrure ijueuu aigu. Kig. '2 Uhinocryple lancole. l'I 5 OISEAUX. 19 prfrence le nom de D'Azara, c'est que nous ne pouvions pas conserver la dnomination franaise de Moqueur, pour deux genres d'Oiseaux aussi loigns que le genre lrrisor, que nous avons traduit par ce nom de Moqueur, et dont nous nous sommes occup en traitant des Tnuirostres suspen- seurs, et que celui qui nous occupe, dont le mot Mimus n'est que l'quivalent latin. Fie. 17. Calandrie trois bandes. Nous trouvons dans cet Oiseau singulier, dit Guneau De Montbeillard ( propos de la Calandria polyglotta, Turdus polyglollus, Linn), et dans des ternies tels, qu'ils ont toujours fait citer ce passage sous le nom de Bulon, nous trouvons une exception frappante une observation gnrale faite sur les Oiseaux du nouveau monde. Presque tous les voyageurs s'accordent dire qu'autant les couleurs de leur plumage sont vives, riches, clatantes, autant le son de leur voix est aigre, rauque, monotone, en un mot, dsagrable. Celui-ci est, au contraire, si l'on en croit Fernandcz, Nieremberg et les Amricains, le chantre le plus excellent parmi tous les volatiles de l'univers, sans mme en excepter le Rossignol; car il charme, comme lui, par les accents flatteurs de son ramage, et, de plus, il amuse par le talent inn qu'il a de contrefaire le chant ou plutt le cri des autres Oiseaux; et c'est de l sans doute que lui est venu le nom de Moqueur; cependant, bien loin de rendre ridicules ces chants trangers qu'il rpte, il parat ne les imiter que pour les embellir; on croirait qu'en s'appro- priant ainsi tous les sons qui frappent ses oreilles, il ne cherche qu' enrichir et perfectionner son propre chant, et qu' exercer de toutes les manires possibles son infatigable gosier. Aussi les sau- vages lui ont-ils donn le nom de Cenconllatolli, qui veut dire quatre cents langues, et les savants celui de Polyglotte, qui signifie peu prs la mme chose. Non-seulement cet Oiseau chante bien et avec got, mais il chante avec action, avec me, ou plutt son chant n'est que l'expression de ses af- fections intrieures; il s'anime sa propre voix, et l'accompagne par des mouvements cadencs, tou- jours assortis l'inpuisable varit de ses phrases naturelles et acquises. Son prlude ordinaire est de s'lever d'abord peu peu les ailes tendues, de retomber ensuite la tte en bas, au mme point d'o il tait parti; ce n'est qu'aprs avoir continu quelque temps ce bizarre exercice que commence l'accord de ses mouvements divers, ou, si l'on veut, de sa danse, avec les diffrents caractres de son chant. Exerce-t-il avec sa voix des roulements vifs et lgers, son vol dcrit en mme temps dans l'air une multitude de cercles qui se croisent; on le voit suivre en serpentant les tours et retours d'une ligne tortueuse sur laquelle il monte, descend et remonte sans cesse. Son gosier forme-t-il une ca- dence brillante et bien battue, il l'accompagne d'un battement d'ailes galement vif et prcipit. Se livre-t-il la volubilit des arpges et des batteries, il les excute une seconde fois par les bonds multiplis d'un vol ingal et sautillant. Donne-t-il essor sa voix dans ces tenues si expressives o 20 HISTOIRE NATURELLE. les sons, d'abord pleins et clatants, se dgradent ensuite par nuances, et semblent enfin s'teindre tout fait et se perdre dans un silence qui a son charme comme la plus belle mlodie, on le voit en mme temps planer moelleusement au-dessus de son arbre, ralentir encore par degrs les ondula- tions imperceptibles de ses ailes, et rester enfin immobile et comme suspendu au milieu des airs. (Histoire naturelle des Oiseaux.) De l, selon D'Azara, le proverbe qui a cours parmi les habitants des colonies espagnoles de l'Amrique : Chanter comme une Calandre. Il s'en faut bien que le plumage de ce Rossignol d'Amrique rponde la beaut de son chant; les couleurs en sont, comme celles de tous ses congnres, trs-communes, et n'ont ni clat ni varit. Sa robe n'a donc rien de brillant, dit Wilson, et, quoique ses formes soient assez lgantes, ce n'est rellement que par son chant qu'il peut attirer l'attention; mais ce chant est d'une douceur et en mme temps d'une puissance sans gales. Lorsque, par une belle matine, l'Oiseau, perch sur le sommet d'un buisson, fait entendre sa voix sonore, tous les gazouillements qui partent des buissons voisins, et qui dans une autre circonstance charmeraient l'oreille, sont alors oublis. Cet Oiseau, d'ailleurs, compose lui seul tout un orchestre; il fait parler successivement tous les instruments, et quelquefois mme on dirait qu'il en fait parler plusieurs la fois. Cette musique se prolonge, sans interruption, pendant des heures entires, et l'Oiseau lui-mme en parait transport de plaisir. Tout son corps frmit; ses ailes, demi ouvertes, sont agites d'une sorte de trmoussement convulsif; parfois son extase monte un tel point, qu'il ne saurait rester en place; il bondit, il s'lve dans les airs, il y plane quelques instants en faisant entendre ses notes les plus brillantes, puis sa voix baisse par degrs pendant qu'il redescend insensiblement vers la branche d'o il tait parti. A d'autres moments, ce n'est plus un chant soutenu, ce sont des notes dtaches, ce sont des phrases qui appartiennent d'autres Oiseaux, et qui trompent quelquefois le chasseur; dans certains cas, c'est le cri de l'pervier qu'il imite, et alors, assure-t-on, les petits Oiseaux s'enfuient tout ef- frays. En un mot, parmi tous les bruits de la fort, il en est peu qui ne se retrouvent plus ou moins ressemblants dans les diffrents timbres de la voix de cet Oiseau. Cette varit d'intonation, qui est naturelle l'Oiseau, lui donne, quand il est rduit en captivit, une grande facilit pour reproduire ce qu'il entend; dans ce cas, il devient rellement imitateur, il l'est un degr presque incroyable. 11 siffle la manire du chasseur, et le Chien, couch prs du feu, dresse l'oreille, remue la queue, se lve et court vers son matre; il crie, la manire d'un jeune Poulet, et la Poule arrive les ailes tranantes et les plumes hrisses, toute prte dfendre sa pro- gniture. Il imite avec la mme perfection l'aboiement du Chien, le miaulement du Chat. Il est, d'ailleurs, comme tous les babillards, trs-peu difficile sur le choix de ce qu'il rpte, et il ne s'inquite gure de mettre de la suite dans ce qu'il dit; aussi, aprs avoir imit avec une perfec- tion inconcevable le chant du Serin, il s'interrompra tout coup au milieu d'une roulade, et fera en- tendre le cri d'une roue de brouette mal graisse ou le bruit de la scie du tailleur de pierre. Heureu- sement il ne renonce jamais entirement son chant naturel, et c'est mme le seul qu'il fasse enten- dre la nuit; car, de mme que notre Rossignol, il aime chanter aux heures o tout est silencieux. 11 ne fuit pas le voisinage de l'homme. Il n'est pas rare de trouver son nid dans un verger peu de distance de la ferme; il ne prend pas grand'peine pour le cacher, et il est toujours prt le d- fendre mme contre l'homme. Pris au pige, il s'apprivoise assez promptement, et son chant, dans ce cas, est plus parfait, et se conserve plus pur de mlange tranger que lorsqu'il a t enlev du nid et lev loin des bois. Un Oiseau semblable, remarquable par l'tendue de sa voix, se vend fort cher, et, aux tats-Unis, on en a vu payer jusqu' cinquante et mme cent dollars (deux cent cinquante et cinq cents francs); leur prix ordinaire est de soixante quatre-vingts. [Magasin pittoresque, 1854.) Quant la facult, dit Vieillot, d'imiter, dans l'tat sauvage, le chant des autres Oiseaux, elle n'est certainement pas gnrale pour tous, car la Calandrie de Saint-Domingue (Calandria Dominica) n'en est pas doue; mais ses phrases sont si varies, que l'Oiseau semble ne pas se rpter. Comme on assure que la Calandrie des tats-Unis s'approprie tous les ramages qu'elle entend, je l'ai coute avec la plus grande attention, et je n'ai point trouv de diffrence dans la voix de ces deux Oiseaux. J'ai seulement remarqu que leurs accents avaient des rapports avec ceux du Cat-bird (Calandria felivox), des Grives rousse, tanne et erratique, ci' qui a fait peut-tre croire aux Amricains que OISEAUX. 21 leur Calandrie contrefaisait ces Oiseaux; mais ceux-ci ne se trouvant point Saint-Domingue, ils ne peuvent tre imits dans leur chant par la Calandrie de cette ile. De plus, les deux Calandries que j'ai eues New-York pendant trois ans, prs de ma volire aux Serins, n'ont jamais rpt le ramage de ces Oiseaux, ni mme celui de ceux qui taient dans les environs. Si cependant le talent imitatif est inn chez eux, c'est en captivit qu'ils doivent en donner des preuves, puisque la plupart des Oiseaux qui ne l'ont pas l'acquirent dans cet tat. Au reste, ils imitaient s'y mprendre les divers cris des Couaries, le chant du Coq, le gloussement de la Poule, le miaulement du Chat; ils en saisissaient toutes les inflexions, et les perfectionnaient en les adoucissant. (Oiseaux de l'Amrique septentrio- nale.) Quoi qu'il en soit, les Calandries sont des Oiseaux sdentaires, peu farouches, et qui se tiennent toujours par paires. Ces Oiseaux font la chasse aux Insectes dans les halliers fourrs, qui sont leur demeure ordinaire; ils n'entrent jamais dans les bois, et ils ne se montrent point dans les campagnes dpourvues de buissons. On les voit approcher des maisons et des enclos, les parcourir sans dfiance et avec beaucoup de familiarit, sauter sur les piles de bois et en visiter toutes les parties. Leurs mouvements sont graves et lents; leur vol est bas et court, quoiqu'ils paraissent pouvoir le prolonger et l'lever. (D'Azara.) D'Azara ajoute que l'on voit souvent le mle et la femelle entrer dans les galeries et les cuisines des habitations champtres lorsqu'il n'y a personne, et y manger la viande et le fromage qu'on y fait scher. Ce qui est confirm par un autre voyageur en ces termes, au sujet du Turdus (Calandria) Patago- nicus, La Fresnaye : Prs de Maldonado, ces Oiseaux taient hardis et familiers; ils venaient constamment dans les mai- sons de campagne, en grand nombre, pour becqueter la viande qui tait suspendue aux murs ou des pieux; si quelque autre petit Oiseau se mettait de la partie, le Calandria le chassait aussitt. (P>ev. brit., 1850. Extr. de Home and colon. Libr.) CALANDRIE A LONG BEC. CALANDRIA LONGIROSTRIS. (Chenu el 0. Des Murs.) Tout le dessus, au lieu d'tre d'un roux assez vif, comme chez la Calandrie franaise (Moqueur franais de Buffon), est d'un brun sombre; il y a de mme, sur l'aile, deux bandes transvsrsales d'un blanc lav de rousstre, formes par l'extrmit des grandes et moyennes couvertures; mais elles sont beaucoup plus troites, les taches terminales tant ici beaucoup plus petites. Quant au des- sous, il est galement d'un blanc trs-lgrement lav de rousstre, et parsem, sur les cts du cou, sur la poitrine et les flancs, de mches noires; mais ce noir est plus intense que chez le Turdus rufus. Le bec, remarquablement long et arqu, est aussi d'un noir plus dcid, et le jauntre de la base de la mandibule infrieure s'tend moins loin. Habite le Mexique et la Californie. (De La Fresnaye, Magasin de Zoologie, 1839.) CINQUIME FAMILLE. SAXICOLINS. Le nom que nous conservons cette famille, en incliquant l'ensemble de ses murs ou de ses ha- bitudes, comporte par cela mme en quelque sorte l'indication de ses caractres zoologiques, qui se confondent presque avec ceux des Turdins. Qu'il nous suffise donc de dire que les espces vraiment 09 HISTOIRE NATURELLE. typiques des Saxieolins sont le Merle de roche et le Traquet; et que l'ensemble des caractres ovo- logiques de toute la famille est des plus concordants et des plus uniformes une exception prs, les ufs des espces qui en composent les diffrents genres ayant pour unique fond de couleur le bleu clair ou verdtre. Les Saxicolins de Swainson formaient, pour lui, la premire sous-famille de ses Sylviadce; il les composait des genres : i" Gryllivora, Swainson: 2" Thamnobia, Swainson, 3 Saxicqla, Bechsteiti; 4" Erylhaca, Swainson. 5 Sialia, Swainson; 6 Petroca, Swainson M. De La Eresnaye, sous le nom de Traquets ou Saxicolid, en a fait, en 1838, sa cinquime fa- mille, qu'il divisait en quatre groupes composs de la manire suivante : 1. Traquets humicoles et rupicoles (Saxicol humicot et rupicol), renfermant les genres : Pelrocincla, Vigors, Merles de roches ou Merles saxicoles de Temminck. An- cien continent. Argija, Lesson. modifi. Chatops, Swainson, ou Traquets nierions. Afrique. /Enanllic. Molteux, Gesner, Vieillot. Ancien continent. Thamnobia, ou Traquets-Merles. Afrique et Asie. 2. Traquets marcheurs {Saxicolid ambulaiori) : Sialia, Sialis. Amrique septentrionale. Acccntor, Bechstein. Europe, et Asie septentrionale. 3. Traquets buissonniers (Saxicolid duniicol) : Saxicola, ou Traquet, Vieillot. Ancien continent. 4. Traquets sylvains (Saxicolid sylvan) : Pknicura, Swainson, Rouge-Queue. Ancien continent. M. G. R. Gray, en variant la composition de cette famille, en a fait les troisime et quatrime sous- lamilles de ses Luscinid, sous les noms A' Erylliacin et Accentorin, qu'il a constitues, la pre- mire, avec les genres : 1 Copsychus, Wagler; 2 Myiomela, Hodgson; 5 Saxicola; 4" Pratincota, Koch; 5 Rulicilla, Brehm; 6 Nemura, Hodgson. 7 Bradybaies, Hodgson; 8 Erythacus, Cuvier; et la seconde, avec les genres : 9 Cyanecula, Brehm; 10" Petroca; H" Drymodes, Gould; 12 Grandala, Hodgson; 15" Sialia; 14 Thamnobia; 15 Oricjma, Gould; 1 Accentor; 2" Enicocichla, G. R. Gray ri" Sericornis, Gould; 4" Acauhiza, Vigors el ll rslicd. Fig. 1 Andropade importun. Fig, '2. - Crinon barbi l'I. li OISEAUX. 23 M. Ch. Bonaparte, en conservant le nom de Saxicolince, en a fait, la cinquime sous-famille de ses Turdid, et y a fait entrer les genres : 1 Phytomela, Brehm; 2 Calliopc, Gould, 5 Rubccula, Brehm; 4 Cyanecnla, Brehm; 5 Ruticilla, Brehm ; fi" Petroeincla; 7" Pelrocossyphus, Boi; 8 Oroceler, Gray; 9 Grandala; 10 Sialia; 1 1" Thamnobia; 12 Ephlhianiira, Gould; 15" Pelroca; 14 Erytlirodryas, Gould; 15 Miro, Lessoii; 16" Hodgsonius, Bonaparte' 17" Poionocichla, Cabanis; 18" Tarsiger, Hodgson; 19 Nemura; 20 Cindidium, Blyth; 21 Larvivora, Hodsson: 22 Bessonornis; 25 Tliamnolaca, Cabanis; 24" Myrmecocickla, Cabanis; 25 Dromola, Cabanis; 20 Saxicola; 27 Campicota, Swainsoi); 28 Pratincola: 29 Origma; 50 Accentor; 51" Sericornis. Nous n'admettons dans nos Saxicolins que les genres suivants, au nombre de dix-neuf . 1 Copsychus; 2 Myiomela; 5 Argya, par lequel nous remplaons le nom de Chietops; 4 Petroeincla; 5" Gorge-Bleue (Cyanecula); 6 Bouge-Queue (Ruticilla), 7 Rouge-Gorge (Erylhacutt); 8 Grandala; 9 Sialis (Sialia); 10" Thamnobia; 1 1 Pelroca; 12 Mro; 15 Nantira; 14 Bessonornis; 15 Traquet {Sa.rieola); 16 Pratincola; 1 7 Orygma; 18 Accenteur (.4cceM/or!; 19 Sericornis. 1"' GENRE. - PTROCINCLE. PETROCINCLA. (Vigors, 1825.) Cinctus, ciiiclc ; petra, pierre. CARACTRES GNRIQUES. L'er robuste, droit, arte lgrement recourbe, allong, subcylindrique, plus large que liant a sa base, a bords de la mandibule infrieure taills, vers la pointe, dans le sens de la courbure de la mandibule suprieure. Fis. 18 Petroeincla. Fi". 10 Petroeincla. Narines bastes, arrondies, et en partie recouvertes le soies 24 HISTOIRE NATURELLE. Ailes mdiocres, subaigus; la premire rmige brve, la troisime la plus longue. Queue courte et gale. Tarses mdiocres, assez robustes. Ce genre a pour type le Merle de roche de Buffon, Turdus (Petrocincla) saxalilis de Linn. Il comprend, pour nous, les genres Monticitla et Petrocossuplius, Boi; Pelrophylla, Swainson, et Orocetes, Gray. Il renferme onze espces de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Ocanie. Le nom qu'on a donn au genre indique assez les lieux o il faut en chercher les espces. Ainsi, pour ne citer que le Ptrocincle de roche, il habite les rochers et les montagnes : on le trouve, en France, sur celles du Bugey et dans les endroits les plus sauvages. Il se pose ordinairement sur les grosses pierres, et toujours dcouvert : il est trs-rare qu'il se laisse approcher la porte du fu- sil. Ds qu'on s'avance un peu trop, il part et va se poser, une juste distance, sur une autre pierre situe de manire qu'il puisse dominer ce qui l'environne. II semble qu'il n'est sauvage que par d- fiance, et qu'il connat tous les dangers du voisinage de l'homme. Ce voisinage a cependant moins de danger pour lui que pour bien d'autres Oiseaux; il ne risque gure que sa libert, car, comme il chante bien naturellement, et qu'il est susceptible d'apprendre chanter encore mieux, on le recher- che bien moins pour le manger, quoiqu'il soit un fort bon morceau, que pour jouir de son chant, qui est doux, vari, et fort approchant de celui de la Fauvette; d'ailleurs, il a bientt fait de s'ap- proprier le ramage des autres Oiseaux et mme celui de notre musique. 11 commence tous les jours se faire entendre un peu avant l'aurore, qu'il annonce par quelques sons clatants, et il fait de mme au coucher du soleil. Lorsqu'on s'approche de sa cage au milieu de la nuit avec une lumire, il se met aussitt chanter, et pendant la journe, lorsqu'il ne chante point, il semble s'exercer demi-voix et prparer de nouveaux airs. (Gukeau De Montbeii.lard.) - Fi. 20 Ptrocincle bleu. On sait que le roi Franois I er prenait un singulier plaisir entendre le Ptrocincle bleu, et qu a l'poque mme o crivaient Buffon et Guneau De Montbeillard, un mle apprivois de cette espce e vendait, pour sa belle voix, fort cher Genve et Milan, et beaucoup plus cher encore Smyrne et Constantinople. La beaut de sa voix a inspir au peuple une sorte de vnration pour lui. Il tait ici pays o il passait pour un Oiseau de bon augure, o l'on et souffert impatiemment qu'il "t t troubl dans sa ponte, et o sa mort et t presque regarde comme un malheur public. OISEAUX, 23 Par une suite de leur caractre dfiant, ces Oiseaux cachent leur nid avec grand soin, et l'tablis- sent dans des trous de rocher, prs du plafond des cavernes inaccessibles; ce n'est qu'avec beaucoup de risque et de peine qu'on peut grimper jusqu' leur couve, et il la dfendent avec courage contre les ravisseurs en tchant de leur crever les yeux. Leur ponte est de trois ou quatre ufs. Lorsque leurs petits sont clos, ils les nourrissent de Vers et d'Insectes, c'est--dire des aliments dont ils vivent eux-mmes : cependant ils peuvent s'accom- moder d'une autre nourriture, et, lorsqu'on les lve en cage, on leur donne avec succs la mme pte qu'aux Rossignols. Mais, pour pouvoir les lever, il faut les prendre dans le nid; car, ds qu'ils ont fait usage de leurs ailes, et qu'ils ont pris possession de l'air, ils ne se laissent attraper aucune sorte de pige; et, quand on viendrait bout de les surprendre, ce serait toujours pure perte; ils ne survivraient pas leur libert. (Guseau De Mo.ntbeillaiid.) On m'a, continue le mme naturaliste, apport une femelle de cette espce, prise le 12 mai sur ses ufs; elle avait tabli son nid sur un rocher dans les environs de Montbard, o ces Oiseaux sont fort rares et tout fait inconnus. Cet Oiseau se tient, l't, sur les hautes montagnes nues, et descend, l'automne, sur les coteaux arides et pierreux. Il aime se percher au plus haut des branches mortes qui couronnent les arbres levs. Il frquente aussi les vieux difices, et s'avance quelquefois jusqu'au sein des villes. A l'au- tomne, il se nourrit de baies du pistachier lentisque et de figues, devient alors fort gras, et est un excellent manger. (Degl.md.) Le Vaillant entre dans les mmes dtails au sujet de son Rocar (Petrocincla rupestris) et de son Esplonncur (Petrocincla explorator), tous deux d'Afrique. En dfinitive, les Ptrocincles, longtemps et encore confondus, par quelques naturalistes, avec les Merles proprement dits, dont ils n'ont que la taille et le facis, se rapprochent beaucoup plus des Traquels, avec lesquels ils ont de grandes affinits, ainsi qu'on vient de le voir, par les murs, les habitudes, les circonstances de reproduction. Ils vivent, dit M. Degland, solitaires comme eux; se tiennent constamment dans les lieux dcouverts; font entendre un chant fort analogue au leur; ont un balancement de haut en bas, non-seulement de la queue, mais de tout le corps, et nichent cou- vert; leur nid ne renfermant jamais de terre gche comme celui des Merles proprement dits. Nous ajouterons ces considrations fort justes un autre caractre trs-important et tout fait analogue ce qui s'observe chez les Traquets, tir de la ptilose du jeune ge. Le plumage, cette poque, chez les mles, est en effet constamment flammche ou stri longitudinalement, tandis que, chez les Ptrocincles, de mme que chez les Traquets, c'est sous forme d'caillures qu'il se prsente. Enfin, un autre caractre des plus importants, parce qu'il est purement anatomique et peut don- ner quelques indices curieux sur la manire de vivre, est celui de la conformation le leur langue, signal pour la premire fois par MM. Petit et Dillon. La langue, chez ces Oiseaux, disent-ils, est cartilagineuse, bifurque, a deux muscles cartilagineux recourbs derrire la tte, comme chez les Sucriers et les Pics. Nous avons trouv, dans leur esto- mac et dans les intestins, des pois secs et des Coloptres. (Voyage en Abysshiie de Lefebvre.) Cette conformation de la langue aiderait-elle ces Oiseaux dans la recherche des Insectes au fond des joints et des fissures des pierres et des rocailles qu'ils frquentent'? Le fait est d'autant plus facile vrifier, que l'espce observe par ces voyageurs est une des espces europennes, le Ptrocincle bleu. rTROCINCLE DE ROCHE. (Degland.) PETROCINCLA SAXATIL1S. (Vigors ) Tte et cou d'un bleu cendr; dos noir, tachet d'un peu de blanc au milieu, d'un blanc pur au croupion; sus-caudales, les plus prs du dos, d'un noir bleutre vari de rousstre; les autres d'un roux ardent; poitrine, abdomen et sous-caudales, d'un roux vif; couvertures des ailes d'un brun noi- rtre, avec les petites et quelques-unes des moyennes termines de gristre; rmiges brunes; rec- trices d'un roux trs-ardent, except les deux mdianes, qui sont brunes; bec et pieds noirtres; iris brun clair. o 26 IIISTOIRK NATUREL!*:. Longueur totale, m ,25. Se trouve dans quelques endroits de l'Allemagne, dans les Alpes, les montagnes du Tyrol, etc.; habite l'Europe mridionale, l'Italie, la Sicile, la Corse, le midi de la France, les Pyrnes, le Dau- ohin, la Franche-Comt et la Suisse. Il niche ordinairement dans les fentes des rochers, dans les trous des vieilles tours, des masures. M. Crespon a obtenu des ufs et des nids de couples qui avaient tabli leur rsidence dans les ar- nes et sur le clocher de la citadelle de Nmes. Son nid est compos de mousse, de brins d'herbe l'extrieur, et de fines racines l'intrieur. Sa ponte est de quatre cinq ufs presque ronds, d'un blanc verdtre sans taches. On trouve des varits avec quelques points rousstres, peu apparents au gros bout. Grand diamtre, m ,028; petit diamtre, m ,019. (Degland.) PTB.OCINCLE BLEU. (Dcgland.) PETROCINCLA CTANBA. (Vigors ) Entirement d'un bleu assez fonc, reflets, partout ailleurs qu'aux ailes et la queue; ailes noi- res, avec les couvertures claires et les rectrices bordes de bleu obscur; bec et pieds noirtres; iris brun fonc. Longueur totale, 0"',!23. Habite le midi de l'Europe, l'Espagne, la Sardaigne, la Corse, la Sicile, la More et le midi de la France, o il est sdentaire. Il se montre annuellement dans la Franche-Comt, aux environs de Be- sanon. Se trouve aussi en Afrique septentrionale et orientale; Petit et Dillong l'ont rapport d'Abys- sinie. Il niche toujours dans quelque trou de rocher ou d'un btiment en ruines. Son nid est compos de feuilles, de racines, de bourre et de crins. Sa ponte est de cinq ou six ufs oblongs, d'un bleu ver- dtre pale et sans taches. Grand diamtre, m ,028 ou ra ,029; petit diamtre, m ,02 environ 2""- GENRE. BESSONORN1S. BESSOISORNIS. (Smith, 1856.) B/.aaa, foret; '.pvi;, oiseau. CARACTRES GNRIQUES. Bec de la longueur de la lte, arte graduellement inflchie depuis la base jusqu' la pointe, qui est chancre, cts comprimes. Fig. 21. Resxonornis tbicapilla. Fig. 22 Bessonoriris albicapilla. Narines bastes, latrales, perces dans une membrane formant opercule, ouverture ovalaire, cl en partie caches par les plumet du front. OISEAUX. 27 Ailes mdiocres el arrondies, surobtuses; ta quatrime cl. la cinquime rmiges les plus longues. Queue plus ou moins longue, ample et arrondie. Tarses de la longueur du doigt mdian, robustes, recouverts d'une seule plaque sans segments, ou fort peu divise; doigts forts, les latraux gnralement gaux el unis leur base; le pouce long et vigoureux; ongles pais et assez recourbs. Ce genre comprend le genre Cossypha, Vigors, et renferme treize espces, toutes d'Afrique. Nous figurons le Bessonornis semirula, Rppell. Ce sont des Oiseaux dmembrs du genre Merula, se rapprochant beaucoup des Merles de roche (genre Petrocincta), mais en diffrant sous plusieurs rapports, et formant le passage de ceux-ci aux Traquets. Fi?;. 23 Dessonornis semirula. Comme nos Rossignols et nos Merles, dit Le Vaillant en dcrivant une des espces de ce genre laquelle il a donn le nom de Jean-Frdric, tir de son cri (Bessonornis phuicurus), c'est le matin et le soir, au soleil couchant, que le mle se plat chanter sur tous les tons imaginables... Il ac- compagne toujours ce chant d'un mouvement de queue et d'un battement d'ailes qui exprime le plai- sir. Quelquefois il se prcipite terre et se met courir avec une rapidit tonnante. Sa vue est bonne, car il aperoit de fort loin un Insecte, soit au vol, soit terre, et il manque rarement de s'en saisir. Toujours parmi les plantes basses et les arbrisseaux, o il se plat le plus, il est rare qu'il s'- lve sur la cime des grands arbres. Il fait sa principale nourriture d'Araignes, d'Insectes et de Vers, qu'il ramasse terre et sur les feuilles. Dans le temps des fruits, il s'en nourrit aussi, et plus particu- lirement encore du raisin, dont il est trs-friand. Cet Oiseau est peu farouche, et se laisse aborder plus qu'aucun autre. Trs-curieux de son natu- rel, il aime approcher des hommes et dedeurs habitations. Il suffit de remuer la terre une cer- taine distance de lui pour le voir venir dans cet endroit ds qu'on s'en est loign : aussi perd-il facilement sa libert, en donnant sans peine dans tous les piges qu'on lui tend; mais, trs-difficile a lever, il meurt bientt dans l'esclavage. Le seul moyen de le conserver quelque temps, c'est de le lcher dans une chambre, o il amuse par ses gentillesses et par son adresse prendre toutes les Mouches, qu'il saisit trs-bien quand elles passent prs de lui en volant. Le mle seul chante; la femelle n'a qu'un cri, fie, tic, qui approche beaucoup de celui de notre Rouge-Gorge, avec lequel cet Oiseau a une grande ressemblance; mais il en diffre par sa taille... Il place son nid deux ou trois pieds de terre, dans les buissons les plus touffus et parmi les plantes basses. Ce nid, d'une forme semi-sphrique, est compos, en dehors, de mousse et de raci- nes flexibles. (Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique.) 28 HISTOIRE NATURE BESSON'OKMS GUTTURAL. DESS0N0RN1S GUTTUUMIS. (Gurir, Gi.iy ) Celte espce a, comme toutes celles de ce groupe, les parties suprieures grises; mais cette cou- leur est un peu teinte le bruntre sale sur la tte et le dos; les sourcils sont blancs; les lorums et cts du cou depuis les joues sont noirs; une bande mdiane blanche, et encadre par ce noir, cou- vre le gosier; la poitrine et les flancs sont d'un roux vif qui passe au blanc sur le milieu de l'abdo- men et les couvertures infrieures de la queue; le dessous des ailes, leur base, est galement roux; bec et pattes noirs. Longueur totale, m ,19. (Guris, Zoologie du Voyage en Abyssinie de Galinier et Ferret.) Dcouvert en Abyssinie par MM. Galinier et Ferret. 5 GENRE. MOTTEUX. SAXICOLA. (Rechstein, 1802) Saxum, rocher, pierre; colo, j'habite. CARACTRES GNRIQUES. lice grle, trs-fenilu, plus large que liant h la base, qui est garnie de quelques poils; mandibule suprieure un peu obtuse, chancre et courbe seulement la pointe. Narines ovalaircs, h moiti fermes par une membrane. Ailes allonges, atteignant le milieu de la queue, subobtuses; la seconde rmige presque aussi longue que les troisime et quatrime, qui sont les plus grandes de tontes. Queue moyenne, presque toujours carre. Tarse- longs, grles, comprims, de la longueur du doigt mdian, recouverts d'une seule plaque; doigts mdiocres, les latraux gaux, le pouce assez long; ongles courts, faiblement courbs cl aigus. l'i;.'. -I Siixicoa nnnthr Ce genre, qui est identique aux genres Viliflora, Leacb, et OEnanthe, Vieillot; Mirmecocichla, Dromolwa, Cabanis, et Origma, Gould; Bradybates, Gray; Bradijpterus, Hodgson, et llodgsonius, Ch. Ronaparte, ces trois derniers synonymes, et embrasse le genre Campicola, Swainson, est nombreux en espces, car il en renferme trente-trois de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Ocanie. Les Oiseaux que comprend ce genre, connus sous les noms de Motteux, vivent, les uns dans les lieux incultes, dans les terres laboures; les autres dans les lieux arides et pierreux, sur les monta- gnes rocheuses. Tous aiment se percher sur des points culminants : ceux-ci sur une plante leve, sur les branches nues d'un buisson, d'un arbuste; ceux-l sur une pierre, sur une grande motte, sur les asprits les plus saillantes d'un rocher. Tous sont insectivores et baccivores, et ont une chair Ki;;. I Drimopliile aux Ioiirs pieds l'y- - Muscisaxicole Iront roux. l'I 1 OISEAUX. 29 des plus exquises, surtout vers lu tin d l't. Le mle et la femelle ont ordinairement une livre dif- frente. Les jeunes en ont toujours une particulire. (Degland.) Les dtails suivants sur les murs de l'espce typique, le Traquet motteux, suffiront, au surplus, pour donner une ide de celles de toutes les autres espces. Cet Oiseau, commun dans nos campagnes, se tient habituellement sur les mottes dans les terres frachement laboures, et c'est de l qu'il est appel Moltcux; il suit le sillon ouvert par la charrue pour y chercher les Vermisseaux dont il se nourrit. Lorsqu'on le fait partir, il ne s'lve pas, mais il rase la terre d'un vol court et rapide, et dcouvre, en fuyant, la partie blanche du derrire de son corps, ce qui le fait distinguer, en l'air, de tous les autres Oiseaux, et lui a fait donner, par les chasseurs, le nom vulgaire de Cul-Blanc. On le trouve aussi assez souvent dans les jachres et les friches, o il vole de pierre en pierre, et semble viter les haies et les buissons, sur lesquels il ne se perche pas aussi souvent qu'il se pose sur les mottes. Fie. '2j ut -20. Motleus. [Mle et fuinell '.) Son bec est menu la pointe et large par sa base, ce qui le rend trs-propre a saisir et avaler les Insectes sur lesquels on le voit courir, ou plutt s'lancer rapidement par une suite de petits sauts. 11 est toujours a terre; si on le fait lever, il ne s'loigne pas, et va d'une motte l'autre, toujours d'un vol assez court et trs-bas, sans entrer dans les bois ni se percher jamais plus haut que les haies basses ou les moindres buissons : pos, il balance sa queue et fait entendre un son assez sourd, titrai, titrai, et c'est peut-tre de cette expression de sa voix qu'on a tir son nom de Vitre ou Titre; et, toutes les fois qu'il s'envole, il semble aussi prononcer assez distinctement, et d'une voix plus forte, far-far, far-far; il rpte ces deux cris d'une manire prcipite. II niche sous les gazons et les mottes dans les champs nouvellement labours, ainsi que sous les pierres dans les friches, auprs des carrires, l'entre des terriers quitts par les Lapins, ou bien entre les pierres des petits murs sec dont on fait les cltures dans les pays montagneux. Souvent mme, dit M. Knapp, auteur anglais du Journal d'un naturaliste, il le place dans les carrires et les fosses creuses pour tirer du sable. Cet observateur en dcouvrit un entre deux gros fragments de rocher, o l'Oiseau s'tait gliss comme et fait une Souris, en sorte que, pour s'en emparer, il fal- 5fl HISTOIRE NATURELLE. lui briser la pierre. Le nid est assez grossirement construit de petits morceaux de bois, de copeaux, de plumes, de (oute sorte de matriaux; il est remarquable par une espce d'abri plac au-dessus et coll contre la pierre ou la motte sous laquelle tout l'ouvrage est construit : on y trouve commu- nment cinq ou six ufs... Une femelle, prise sur ses ufs, avait tout le milieu de l'estomac dnu de plumes, comme il arrive aux couveuses ardentes. Le mle, affectionn cette mre tendre, lui porte, pendant qu'elle couve, des Fourmis et des Mouches : il se tient aux environs du nid, et, lors- qu'il voit un passant, il court ou vole devant lui, faisant de petites poses comme pour l'attirer; et, quand il le voit assez loign, il prend sa vole en cercle et regagne le nid. On en voit de petits ds le milieu de mai, car ces Oiseaux, dans nos provinces, sont de retour ds les premiers beaux jours vers la fin de mars; mais, s'il survient des geles aprs leur arrive, ils prissent en grand nombre, comme il arriva en Lorraine en 1767. En gnral, ils prfrent les pays levs, les plaines en montagnes et les endroits arides. On en prend grand nombre sur les dunes, dans la province de Sussex, vers le commencement de l'automne, temps auquel cet Oiseau est gras et d'un got dlicat. Willughby dcrit cette petite chasse, que font, dans ces cantons, les bergers d'An- gleterre : ils coupent les gazons et les couchent en long a ct et au-dessus du creux qui reste en place du gazon enlev, de manire ne laisser qu'une petite tranche, au milieu de laquelle est tendu un lacet de crin. L'Oiseau, entran par le double motif de chercher sa nourriture dans une terre frachement ouverte, et de se cacher dans la tranche, va donner dans ce pige : l'apparition d'un pervier et mme l'ombre d'un nuage suffit pour l'y prcipiter; car on a remarqu que cet Oiseau timide fuit alors et cherche se cacher. Cette chasse est reste la mme depuis Willughby. Un ber- ger, dit un auteur moderne, s'est vant d'en avoir pris ainsi cruellement quatre-vingt-quatre dou- zaines en un jour. Du 25 juillet au 1 er aot, ajoute-t-il, dans les auberges de toute la cte du comte de Sussex, on vous sert des brochettes de Cals Blancs; et il faut dire que c'est un manger si exquis, qu'on pardonne bientt aux bergers leur barbarie annuelle. (New. Montt. Mag. et Revue britanni- que, 1850.) Tous s'en retournent en aot et septembre, et l'on n'en voit plus ds la fin de ce mois; ils voya- gent par petites troupes, et, du reste, ils sont assez solitaires; il n'existe entre eux de socit que celle du maie et de la femelle. Cet Oiseau a l'aile grande; et, quoique nous ne lui voyions pas faire beaucoup d'usage de sa puissance de vol, apparemment qu'il l'exerce mieux dans ses migrations : il faut mme qu'il l'ait dploye quelquefois, puisqu'il est du petit nombre des Oiseaux communs l'Europe et l'Asie mridionale (ainsi qu' l'Afrique), car on le trouve au Bengale. (Bdifox.) Il n'y a, dit Bechstein, qu'un amateur passionn qui voudra prendre la peine d'apprivoiser l'nan- the (le Motteux) lorsqu'une fois il est adulte. J'en ai un qui, au moyen de beaucoup d'ufs de Four- mis, s'est accoutum courir par la chambre. Son plumage est agrable, et ses mouvements lestes; il s'incline constamment en talant sa belle queue. Son chant, passable, a le dfaut d'tre interrompu au milieu par une strophe criarde. (M an. le l'Amat. des Ois. de vol.) Si vous aimez la danse et la musique, dit un autre observateur, cet Oiseau sera votre favori... Le Cul-Blanc chante et danse toute l'anne; il faut surtout en mettre deux ensemble, et il est amusant de les voir jouer en chantant. Ils se poursuivent, font des pirouettes, tendent gracieusement leurs ailes, et animent le petit thtre de leur cage avec un accord qui prouve leur bon caractre. M. Svveet, dans son livre sur les Oiseaux chantants, rend justice ces aimables Oiseaux : il ne doute pas qu'au chant et la danse ils ne pussent joindre la parole si on s'y prenait de bonne heure pour leur appren- dre parler. (New. Monll. Mag. et Bev. brit., 1850 ) MOTTEUX 7ENANTIIE SAXICOLA JMANT1IE. (Linn, Bechstein.) Dessus de la tte, du cou, du corps, et scapulaircs, d'un beau gris cendr; sus-caudales d'un blanc pur; devant du cou, poitrine, flancs et sus-caudales, nuancs de roussalre; une large bande, d'un beau noir, part du bec, encadre l'il et s'tend sur la rgion parotique, o elle se dilate; front, sourcils, menton et milieu de l'abdomen, blancs; ailes noires, avec les couvertures secondaires bordes trs- lgrement de fauve, et termines de gristre; base des deux rectrices mdianes et les deux tiers OISEAUX. 31 suprieurs des latrales d'un blanc trs-pur, le reste des pennes d'un noir profond; bec, pieds et iris, noirs. Longueur totale, 0"',1B2 m ,163. Habite les parties tempres de l'Europe. (Se retrouve aussi en Asie, dans l'Afrique septentrionale, et, dit-on, au Groenland.) ... Sa ponte est de cinq ou six ufs d'un bleu verdtre ple, le plus souvent sans taches, mais quel- quefois avec de trs-petits points peu abondants, bruns ou d'un roux de rouille sur le gros bout... Grand diamtre, m ,022; petit diamtre, ra ,016. (Degland.) MOTTEUX RIEUR. SAXICOLA LENCVHA. (Temminck. Gmelin, Keysserling et Blasius ) Tte, corps, ailes, moiti infrieure des deux rectrices mdianes et extrmit des autres rectrices, d'un noir profond; couvertures suprieures et infrieures de la queue, ainsi que la presque totalit des pennes caudales, d'un blanc pur; bec, pieds et iris, noirs. Longueur totale, m ,195. Habite les contres chaudes de l'Europe, l'Espagne, la Sicile, la Sardaigne, la Corse, le midi de la France, o il est sdentaire sur les Pyrnes, les Hautes et Basses-Alpes. (Se trouve en Asie et en Afrique.) 11 niche entre les rocailles, dans les trous, les crevasses des vieux difices en ruines et des rochers. Son nid est compos avec des fibrilles radicales et des tiges de gramines assez artistement entrela- ces. Sa ponte est de cinq six ufs, le plus ordinairement oblongs, renfls vers le gros bout, minces vers le bout oppos; quelquefois de forme plus arrondie, d'un bleu ple ou d'un blanc bleu- tre, avec quelques points et de trs-petites taches rousstres, disposs en forme de couronne sur le gros bout. (Degland.) MOTTEUX SAUTEUR. SAXICOLA SALTATR1X (Mntrier ) Parties suprieures, jusque vers le croupion, d'un gris bruntre nuanc de couleur isabelle; rmi- ges plus fonces; les rmiges secondaires, ainsi que les deux dernires des primaires, bordes de blanc jauntre la barbe extrieure et l'extrmit; rmiges primaires, depuis la sixime, barbe extrieure blanchtre; ses barbes internes de toutes les rmiges bord blanc large qui se perd vers l'extrmit des pennes; face intrieure des rmiges beaucoup plus ple que la suprieure; couvertures internes des ailes blanches: celles du premier ordre ornes, au centre, d'une tache d'un gris ple; moiti basale de la queue noire, l'autre moiti brun noirtre; cette teinte fonce occupe deux tiers de la longueur des deux pennes mdianes; parties infrieures du corps blanc nuanc de couleur isa- belle, particulirement sur les flancs, sur les parties suprieures de la poitrine, sur les cts du cou, ainsi que sur la rgion des oreilles; milieu de l'abdomen d'un blanc pur; tour des yeux blanc; une raie blanchtre s'tend de chaque ct de la tte, depuis les narines au-dessus des yeux jusqu' l'extrmit de la rgion des oreilles. (Schlgel, Rev. crit. des Ois. d'Europe.) Longueur totale, m ,175. Habite les bords de la mer Caspienne, l'Oural, l'Egypte, la Nubie et la Grce. MOTTEUX STAPAZIN. SAXICOLA iTAPAZtNA. (Vieillot. Koch ) Dessus de la tte, du cou et du corps, poitrine et abdomen, d'un blanc lav lgrement de roux la nuque, au dos et la poitrine; joues, gorge, ailes, la presque totalit des deux rectrices mdianes, r,-2 II1ST0IKE NATURELLE. l'extrmit des autres et une partie du bord externe des deux plus latrales, d'un noir profond; crou- pion, couvertures de la queue et la plus grande partie des pennes, d'un blanc pur; bec et pieds noirs; iris brun fonc. Longueur totale, m ,d5 ",1G. Se trouve dans l'Europe mridionale; commun en Italie, en Grce et dans le midi de la France. ( Existe aussi en Asie et en Afrique.) Fi;:. 27 il 28. Moltcux stapajtin (Mile et lumcUc ) 11 niche dans les tas de pierres, entre des rocailles, dans les trous des murailles et assez prs de terre, quelquefois contre un las de fagots. Son nid, peu profond et vas, est construit sans art avec des brins d'herbe sche, de la bourre, de la laine et du crin. Sa ponte est de cinq ou six ufs, d'un bleu verdtre plus ou moins intense, avec de petites taches rousstres ou roux de rouille, quel- quefois peu apparentes et comme effaces, d'autres fois trs-accentues et trs-colores. Ces taches occupent ordinairement le gros bout de l'uf, mais il arrive aussi qu'elles sont assez rgulirement dissmines sur toute sa surface. Grand diamtre, (T.O'iO environ; petit diamtre, 0"',OI5 m ,0Ki. (Declakd.) MOTTEliX OREILLARD. SAXICOLA ALB1COLL1S. (Temmiruk, Vieillot, Cray.) Vertex, nuque et dos, d'un roux jauntre; croupion, front, gorge, devant du cou et milieu du ventre, d'un blanc pur; poitrine et flancs rousstres; lorums, rgion des yeux et des oreilles, ailes, la presque totalit des rectrices mdianes, le tiers infrieur des autres et la moiti du bord externe des deux plus latrales, d'un noir profond; bec et pieds noirs; iris brun fonc. Longueur totale, m ,150 0"',157. Habite l'Europe mridionale et le midi de la France... (Se trouve galement en Asie et en Afrique.) Niche comme le prcdent. Sa ponte est de cinq ou six ufs, d'un bleu verdtre, ordinairement Mmire superbe. (Mle et femelle l'i .S. OISEAUX. 33 un pou plus prononc que dans ceux du Stapaziii, avec des taches plus nombreuses, plus accentues et plus colores, brunes ou d'un roux de rouille MOTTEUX. LEUCOMLE. SAX1COLA LEVCOMELA. (['allas, Temminck.) Joues, gorge, cts et devant du cou, d'un noir profond; dos et ailes d'un noir moins fonc: ver- tex, nuque, croupion, sus-caudales et parties infrieures du corps, d'un blanc pur; sous-caudales rousstres; les trois quarts suprieurs de, la queue d'un blanc de neige; le quart infrieur et plus de la moiti infrieure des deux pennes mdianes d'un noir profond; bec, pieds et iris, noirtres. Longueur totale, 0'\154 m ,l55. Se trouve dans la Russie mridionale, l'Alta et la Daourie. (Asie occidentale.) Fig. 29 - Molteux leur le Il niche assez souvent dans des endroits d'un accs difficile, dans les fentes des rochers, quelque- fois sous le toit des glises et des maisons, selon M. Temminck, cl quelquefois aussi, selon 11. Nord- mann, dans des tas de pierres. Sa ponte serait de quatre ou cinq ufs, semblables ceux des autres Traquets. (Dglamd.) 4 me GENRE. TIUQUET PRTINCOLA. (Koch, 1810.) Induit), |nv ; incola, habitant. CARACTERES GENERIQUES. Dec plus court que In tle, large la base, qu) est garnie de quelques soies ou poils, et courb la pointe, qui est ccliancrcc. Narines bastes, latrales, perces dans une membrane, arrondies, et en partie caches par les plumes du front. Ailes longues et arrondies, surobtuses; les quatrime et cinquime rmiges gales, les plus long ns. Tarses de In longueur du doigt mdian, minces, et recouverts d'une seule plaque; doigis 54 HISTOIRE NATURELLE. mdiocres, >ainces, les latraux gaux, le -pouce Lng et fort; les ongles mdiocres, courbs et aigus. pus Fil: 30. Prattncola rubicoa. Ce genre est identique avec les genres Frulicola, Macgillivray, et Hubelra, Gray. Il renferme dix espces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. C'est un dmembrement du genre Saxicola, fond tout autant sur une lgre diffrence dans les habitudes que sur une diffrence dans le mode de co- loration du plumage. Le genre Saxicola renferme en effet exclusivement toutes les espces de Tra- quets qui ont les parties suprieures uniformment colores; le genre Pratincola renferme celles dont ces mmes parties sont taches. Quant aux habitudes, les Traquets se plaisent bien, comme leurs congnres les Motteux, dans les lieux dcouverts; mais ils les recherchent moins arides, et frquentent, les uns, les prairies naturelles et artificielles, les champs de colza, les plaines couvertes de verdure, les bords des ruisseaux, des rivires; d'autres, les jeunes taillis, les halliers, les coteaux couverts de bruyres et d'arbres nains. Ils sont susceptibles de s'apprivoiser. Mais, dit Bechstein en parlant du Traquet tarier, aussi gai que ce bel Oiseau se montre en libert, aussi triste il parait dans la chambre; si on l'y laisse courir, il ne bouge que pour chercher son manger, aprs quoi il retourne sa place ordinaire, et s'y tient la tte enfonce dans la poitrine. Son chant agrable a beaucoup de rapports celui du Chardonne- ret; ce qui le rend cependant plus prcieux, c'est qu'on ne l'entend pas seulement de jour, mais aussi le soir, et jusque bien avant dans la nuit. (Man. de l'Amal. de volires.) M. Sweet, nanmoins, qui semble bien entendre le traitement des Oiseaux chanteurs, assure avoir gard un Traquet ptre qui tait d'une gaiet folle. Naturellement, ou grce son ducation, ce favori de M. Sweet tait un admirable parodiste : il imitait, dans sa cage, la Fauvette, le Rossignol ou Rouge- Queue de muraille, le Roitelet, le Rossignol et mme la Grive, qu'il entendait par la fentre donnant sur le jardin. Il n'avait qu'un dfaut, c'tait la force tourdissante de sa voix, et l'on tait quelque- fois forc de l'exiler du salon, tant il tourdissait la compagnie. 11 parait qu'il impatienta tellement une mchante servante qui n'aimait pas la musique, qu'elle ouvrit la porte de la cage et le ft envo- ler. C'tait en hiver; soit qu'il mourt de froid, soit qu'il parvnt fuir dans un climat plus chaud, il ne reparut plus. Les Vers, les petits Colimaons, les Limaces, les Insectes et les fruits, sont la nourriture habituelle le ce Traquet : il devient trs-gras en aot, et alors ce n'est plus de l'amateur de la musique en cage, mais du gourmand, qu'il doit redouter les attentions perfides. (New. Monll. Mag. et Revue britannique, 1850.) Les Traquets nichent, les uns dans les prairies, au pied (Tune touffe d'herbe, dans une ornire, l'abri d'une taupinire, sur le revers d'un foss; les autres dans les champs incultes, parmi les pierres, dans les terrains sablonneux, quelquefois au milieu des rochers. Au nombre de ces derniers est le Traquet ptre de Le Vaillant {Pratincola sibijlla, Cabanis). On trouve toujours le mle, dit ce voyageur, accompagn de sa femelle. Ils aiment se poser l'un ct de l'autre sur le .sommet d'une bruyre ou d'un pieu quelconque, ce qui fait qu'il est aise .le les tuer tous deux d'un mme coup, d'autant mieux qu'ils sont peu farouches, qu'ils se laissent ap- procher de trs-prs, et que, quand ils partent, ce n'est que pour gagner, en rasant la terre, h' buisson le plus voisin ou le premier arbuste qui se trouve sur leur direction. Ils font encore fr- quemment un mouvement de queue de haut en bas, en mme temps qu'il battent des ailes, et ils sont I' l^. I Paroare hupp. Fig. 2. Faucon hydrophile. l'I '.i OISEAUX. 35 continuellement en action. Sur les habitations, le Ptre frquente les parcs de bestiaux, ou il trouve abondamment de quoi se nourrir... Les colons, habitus voir cette espce frquenter les parcs de leurs bestiaux pour y chercher des Vers, dont elle est trs-friande, l'ont nomme Sckaap-Waqterlie, qui signifie petit gardien de Moutons, ou petit Ptre. (Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique.) TRAQUET TARIER. PRA TIXCOLA RUBETRA. [Linn, Koch.) Joues, dessus de la tte, du cou, du corps, et couvertures suprieures de la queue, d'un brun noi- rtre, avec les plumes bordes de rousstre; devant du cou, poitrine et flancs, d'un roux clair, plus vif au cou et moins vif sur les flancs et au ventre; milieu de l'abdomen blanchtre; sourcils, bas des joues, gorge et cts du cou, d'un blanc pur; une grande tache oblongue et un miroir de cette cou- leur sur l'aile; petites et moyennes couvertures d'un noir profond; grandes couvertures et rmiges brunes, plus ou moins lisres de rousstre; le tiers suprieur des rectrices mdianes, les deux tiers suprieurs des latrales blanches, le reste brun, trs-faiblement bord de rousstre; bec et pieds noirs; iris brun fonc. Longueur totale. m ,I25ou m ,124. On le trouve dans presque toute l'Europe tempre. Il est commun dans le nord de la France du- rant l't; il y arrive en mars, et en repart aux mois d'octobre et de novembre. (11 se rencontre aussi dans l'Asie occidentale et l'Afrique septentrionale.) Sa ponte est de cinq sept ufs, d'un bleu verdtre ple, sans taches, et quelquefois avec d trs-petits points peine visibles. Grand diamtre, 0"'.017 0',018; petit diamtre, 0"',013. (Deglakd.) e TRAQUET RUBICOLE. PRAT1XCOLA RVB1COLA. (Linn, Koch.) Tte, gorge, devant du cou et queue entire, d'un noir mat; nuque et dos noirs, avec les plumes bordes de roux; poitrine et flancs d'un rouge bai, moins vif vers la queue; milieu du ventre blanc; une tache oblongue, longitudinale, sur l'aile, d'un blanc pur; ailes noires, avec les pennes plus ou moins bordes de rousstre; couvertures suprieures de la queue varies de blanc, de brun et de roux; bec, pieds et iris, noirs. Longueur totale, 0"\12 et quelques millimtres. Se trouve dans presque toute l'Europe (et en Asie). Il vit sdentaire dans le midi de la France et en Italie. Sa ponte est de cinq six ufs, d'un bleu verdtre ple, avec des taches rousstres peu appa- rentes, rapproches, et quelquefois confondues au gros bout. (Degland.) o GENRE. - COPSYQUE. COPSYCHUS. (Wagler, 1827.) Kctyv/o?, Merle. CARACTRES GNRIQUES. Dec de la longueur de la tte, aussi haut que large la base, comprim et sommet arrondi jusqu' la pointe, qui est chancre; commissure garnie de soies; arte prononce la base. Aarincs latrales, basales, arrondies, et presque entirement caches dans les plumes capis- i raies. 50 HISTOIRE NATURELLE. Ailes mdiocres, surobtuses; les trois premires rmiges iages, la quatrime presque gale la cinquime, qui est la plus longue. Queue plus ou moins allonge, et ou tage on arrondie. Tarses minces, longs; les deux- doigts latraux presque gaux, les plus courts, le itu'u/t mdian galant le tarse en longueur, et le pouce assez- long cl fort, muni d'un ongle robuste et assez crochu. Fig. 31. Copsychus saulans Fis. 32. Copsychus saulans Vingt et une espces de l'Asie, de l'Afrique et de l'Ocanie. Nous figurons leCopsyque chtain (Me- rula [Copsychus] castanea, Gould i. Nous comprenons dans ce genre les genres Grillivor, Swainson; Cercotrichas, Boi; Dahlia et Polt/peira, Hodgson; Kittacincla, Gould, et Geocichla, Kulil. On ignore les particularits des murs de ces Oiseaux : tout ee qu'on en connat se borne ce que dit Le Vaillant d'une de ces espces, qu'il appelle le Cadran, d'aprs Albin (c'est le Copsychus sau- laris) : qu'il est naturellement mfiant, se laisse difficilement approcher, moins qu'il ne soit occup chanter, ce qu'il fait assez agrablement le matin et le soir, et mme une partie de la nuit, quand elle est claire surtout, et qu'il ne fait point de vent. (Histoire des Oiseaux d'Afrique.) Fig. 3." Copsyquc chuin COPSYQUE CANNELLE COPSYCHUS CMlfAMONEIVENTRIS. [De La Fresnaye, Ch. lioi.apnrte Le mle a la tte, le cou et toutes les parties suprieures, except le croupion, d'un noir profond .i sans reflets. Les ailes et la queue sont d'un noir intense; les petites couvertures de l'aile, d'un blanc pur. y forment une sorte d'paulette blanche qui rappelle celle du Traque! fourmilier du mme OISEAUX. 37 pays. Tout le dessous de l'Oiseau, depuis le bec jusqu'au ventre, est de la couleur du dos. Le crou- pion, les couvertures suprieures de la queue et le reste des parties infrieures, depuis le bas de la poitrine, sont d'un beau roux cannelle, brillant sur le croupion, et passant au roux blanchtre son point de runion avec le noir de la poitrine. Le bec et les pieds sont noirs. (Magasin de Zoolo- gie, 1836.) Longueur totale, m ,205. Du cap de Bonne-Esprance, o il a t dcouvert par J. Verreaux. L'espce y est rare, peut-tre mme est-elle de l'intrieur des terres. G 1 "' GENRE. THAMNOBIE. THAMNOBIA. (Swainson, 1831.) Qau.;, buisson; picto, je vis. CARACTERES GNRIQUES. Bec mince, plus court que la tte, lgrement inflchi a la pointe, qui est aigu et entire. Narines bastes, latrales, perces dans une membrane, ouverture arrondie. Ailes courtes et arrondies; la quatrime et la cinquime rmiges les plus longues. Queue longue, large cl lage. Tarses minces, pins longs que le doigt mdian, sans scutelles; doigts courts, les latraux gaux, lgrement unis ii leur base; ongles courts, comprims, et faiblement courbs Fig. 54. Thamnobia ptymalura. Ce genre, dmembr du genre linneu Motacilla, renferme huit espces propres l'Afrique et l'Asie mridionales. Nous figurons leThamnobie front blanc. Voici tout ce que Le Vaillant nous apprend de particulier au sujet d'une des espces du genre, le Tliamnobie queue strie : Elle habite les buissons et les bois de mimosas du pays des Cafres. Elle fait son nid terre, sous un buisson pais. La ponte est de quatre ufs, que le mle et la femelle couvent alternativement. Cet Oiseau a aussi l'habitude de battre des ailes et de relever la queue, ainsi que le font, au reste, tous les Traquets en gnral. On exprime trs-distinctement sou cri par les syllabes tac-tac-trac, tac-tac-trac, que le mle rpte chaque instant, en mme temps qu'il bat des ailes et qu'il hausse la queue. [Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique ) Le i ri (l'une autre espce, le Tliamnobie oui roux, d'aprs le mme voyageur, aurait beaucoup de rapport avec celui de noire Rouge-Gorge d'Europe. THAMNOBIE A MIROIR BI-A^C. TlIAmOBIA ALBO SPECULARIS. (Eydaus et Grais G. R. Gray.) Le mle adulte a tout l corps d'un beau noir brillant, nuanc d'une lgre teinte bleutre, avec deux taches d'un blanc trs-pur sur les couvertures alaires; les pennes rmiges et les rectrices sont 58 HISTOIRE NATURELLE. noires comme le corps, et jouissent, leur face suprieure, d'un clat aussi vif; la l'ace infrieure est, au contraire, d'une teinte plus mate, et l'on voit, sur les couvertures infrieures de la queue, ainsi qu'aux plumes des cuisses et celles qui garnissent la face infrieure des ailes, quelques traces de blanc plus ou moins prononces. (Mat/nain de Zoologie, 1 836. ) Longueur totale, m ,210. Habite Madagascar. Fis. 55. Tbamnobie front blanc. 1 GENRE. ORYGME. ORYGMA. (Gould, 1837.) npu-jpta, hurlement. CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, presque de la longueur de la tte, arte assez marque, inflchi et comprim jusqu' la pointe, qui est chancre : quelques poils h la base mandibulaire. Narines bastes, latrales, et recouvertes par une membrane squameuse. Ailes mdiocres, arrondies, surobtuses; la premire rmige trs-courte, les quatrime, cinquime, sixime et septime les plus longues. Queue assez longue, et arrondie sur les cts. Tarses aussi longs que le doigt mdian, minces, couverts de squamelles; doigts assez courts, les latraux gaux, le pouce mdiocre; ongles courts, comprims, arqus et aigus. Fig. 56. Orygma rubricata. Ce genre repose sur une seule espce de l'Australie occidentale, le Muscicapa rubricata de La- tliam; Saxicola solilaria, Vigors et Horsfield, dont nous donnons la figure et la description OISEAUX. 59 Celte espce frquente les rgions arides et rocailleuses, et se nourrit d'Insectes : son cri est strident. ORYGME SOLITAIRE. ORYGMA RVDRICATA. (Lathand, Gould.] D'un brun plus ou moins fonc, tournant au jauntre sur les parties infrieures: pieds jaunes. Fig. 57. Orygme solitaire. 8'"" GENRE. ACCENTEUR. ACNTOU. (Bechstein, 1802. CARACTRES GENERIQUES. Bec droit, conique, arrondi, de moyenne, longueur, plus large que haut sa base, cchancr, et Irs-lgremeni incline cl aigu h la pointe, h bords rentrs en dedans. Fig. 58 Accentor Nepalcnsis. Fig. 59. Accentor Nepalensis. Narines nues, perces dans une membrane. 40 HISTOIRE NATURELLE. Ailes de malienne grandeur, penne btarde, subobluses, la troisime et la quatrime rmiges les plus longues. Queue gale, de moyenne longueur. Tarses robustes, de la longueur du doigt mdian, garnis le larges sculelles; le doigt externe uni la base avec le mdian; l'ongle postrieur assez allong et assez- fort. Ce genre, qui a pour synonymes les genres Pruneila, Vieillot; Spermolcgus et Tharralens, Kaup, renferme douze espces de l'Europe et de l'Asie. Les Aeeenteurs, en gnral, sont sdentaires, trs-familiers, et ont un chant assez agrable. Les uns vivent dans les broussailles paisses, dans les baissons fourrs, dans les lieux bas; les autres sur les montagnes rocheuses. Ils cherchent terre leur nourriture, qui consiste en Insectes, en Vers. en larves et en graines. (Degland.) Mais on ne connat gure en dtail que les murs des espces europennes. Ainsi, les Aeeenteurs des Alpes, qui habitent les montagnes des Alpes voisines de France et d'I- talie, et mme celles de l'Auvetgne et du Dauphin, ne s'en loignent que quand ils y sont forcs par l'abondance des neiges; aussi i;e les connat-on gure dans les plaines : ils se tiennent commun- ment terre, o ils courent vite en fdant comme la Caille et la Perdrix, et non en sautillant comme les autres Fauvettes; ils se posent aussi sur les pierres, mais rarement sur les arbres; ils vont par pelites troupes, et ils ont, pour se rappeler entre eux, un cri semblable celui de la Lavandire. Tant que le froid n'est pas bien fort, on les trouve dans les champs; et, lorsqu'il devient plus rigou- reux, ils se rassemblent dans les prairies humides o il y a de la mousse, et on les voit alors courir sur la glace : leurs dernires ressources, ce sont les fontaines chaudes et les ruisseaux d'eau vive; on les y rencontre souvent en recherchant des Bcassines. Ils ne sont pas bien farouches, et cependant ils sont difficiles tuer, surtout au vol. (Buffon.) Dans cette saison, ils s'approchent aussi des villages et des granges, autour desquelles on peut prendre autant de ces Oiseaux que des Bruants ailleurs... Ils vivent de graines et d'Insectes; on leur donne, dans la chambre, du chnevis cras, des graines de pavot, du pain blanc et des ufs de Fourmis; avec toutes ces choses, on peut les conserver pendant quelques annes. Leur chant est doux, mais triste et mlancolique; leur altitude est belle, et, lorsqu'ils sautent, ils agitent souvent les ailes et la queue. Quant l'Accenteur mouchet, quelque aimable qu'il soit dans la chambre par sa bonne humeur, son agilit, sa gaiet et sa voix, il ne mrite cependant pas le nom de Rossignol d'hiver, qu'il porte en quelques provint es; car son chant est trop simple et trop peu tendu : c'est un petit couplet, com- pos d'une des strophes de l'Alouette et du Roitelet. Les sons teliondi, Iwudi. bondi, etc., sont r- pts souvent et longtemps, toujours en descendant d'une sixte, et baissant continuellement par de- grs. Ce chant est accompagn du mouvement non interrompu des ailes et de la queue, et se fait entendre, toute l'anne, l'exception du temps de la mue. Il y a des jeunes levs dans la chambre qui, placs cte de quelque chanteur distingu, savent prendre assez de son ramage pour embellir le leur. Mais jamais, quoi qu'on en dise, ils ne parviennent imiter le Rossignol. Lorsque cet Oiseau querelle avec ses compagnons de chambre pour la place ou la mangcaille, sa colre s'exhale en chan- tant, comme font l'Alouette huppe et la Lavandire. ( Beciistein.) Un Accenteur mouchet, gard pendant l'hiver chez M. Daubenton le jeune, et pris au pige en au- tomne, n'tait pas plus farouche que si on l'et pris au nid. On l'avait mis dans une volire remplie de Serins, de Linottes et de Chardonnerets : un Serin s'tait tellement attach cet Accenteur, qu'il ne le quittait point; cette prfrence parut assez marque M. Paubenlon pour les tirer de la volire gnrale, et les mettre pari dans une cage nicher; mais cette inclination n'tait apparemment que de l'amiti, non de l'amour, et ne produisit point d'alliance. Il est plus probable que l'alliance n'et point produit de gnration. ... Lorsqu'un Chat ou quelque autre animal dangereux approche du nid, la mre, pour lui donner ,e change, par un instinct semblable celui de la Perdrix devant le Chien, se jette au-devant el voltige terre terre jusqu' ce qu'elle l'ait suffisamment loign. (Buffo.n.) La plupart nichent terre ou trs-prs de terre. 1 '.-; I Car, Cardinal ni" '^ - Alltenr strenua Cl. 10. OISEAUX. 41 ACCENTEUR DES Al.rES. ACCENTOR ALPIMS. (Gmelin, Bechslein.) Parties suprieures de la tte, du cou et du corps, d'un cendr rembruni, avec des taches allon- ges, brunes, sur le dos, au croupion, et les scapulaires bordes largement de roux; gorge blanche, marque de taches noirtres sous forme d' cailles; poitrine d'un brun cendr; abdomen et flancs cendrs, et flamms de roux vif; sous-caudales blanches, tachetes de brun; petites et moyennes couvertures noires, termines de blanc; rmiges brunes, les primaires Iisres de gris, les secondaires franges de rousstre, rectrices de la mme couleur que les pennes des ailes, toutes bordes de gris, et termines de blanchtre; bec brun en dessus, et jaune la base de la mandibule infrieure; iris brun clair; pieds jauntres. Longueur totale, m ,18 environ. Habite, pendant l't, les montagnes les plus leves du midi de l'Europe, les Alpes, les Pyrnes; descend, l'hiver, dans les plaines, les valles, et se porte quelquefois fort loin du pays o il est n. Il se montre accidentellement dans le nord de la France et en Belgique... Niche dans les fentes des rochers, quelquefois aussi sur les toits des maisons isoles et dans les villages situs sur les montagnes. Ses ufs, au nombre de cinq ou six, sont oblongs, et d'un bleu ple sans taches. Grand diamtre, m ,019; petit diamtre, m ,014. Vulgairement, Pyol. (Degland.) Fig. 40 et 41 . Aceenteur fies Alpes. (Mle et l'eme/le.) ACCENTEUR DE TEMMINCK. ACCENTOlt TEMMINCKU. (Brnnrlt Dessus de la lte d'un noir profond, dessus du cou, dos et scapulaires, d'un cendr rougetre, avec des taches longitudinales d'un roux brique; parties infrieures d'un isabelle jauntre, vari de taches brunes la poitrine, de taches d'un cendr rougetre sur les flancs; un trait jauntre au-des- us de l'il, s'tendant du bec la nuque; une large bande noire passant sous l'il et couvrant le 42 ISTOlRE NATURELLE. trou auditif; ailes d'un cendr brun, bordes de cendr rougetre, avec deux ranges de petit points jauntres, formant une double bande transversale; queue brune, avec la tige des plumes d'une teinte rougetre, bec jaune la base et brun la pointe: pieds jauntres. Longueur totale, 0"\145 m ,148. Habite la Sibrie, la Russie, et se montre accidentellement en Hongrie et en Italie. (Deglod.) Nous avons, avec MM. Brandt et Ch. Bonaparte, restitu cette espce son vritable nom; cette espce a t confondue jusqu' prsent, depuis M. Teinniinck jusqu' M. Degland, avec le vritable Accenlor montanellus, qui, lui, est exclusivement propre la Russie asiatique, et ne se trouve que dans la Sibrie orientale. ACCENTKUB. MOUCIIKT. ACCENTOIl MODULARIS. [Linn, G. Cuvier.) Tte et cou cendrs, avec des taches bruntres au vertex, la nuque; rgion protique d'un brun nuanc de rousstre; dos et ailes fauves, avec des taches longitudinales noirtres, et une petite tache d'un blanc jauntre l'extrmit des moyennes et des grandes couvertures; croupion et sus-caudales d'un brun tirant sur le rousstre; parties infrieures d'un gris cendr bleutre, avec une teinte et des taches rousstres et brunes aux cts de la poitrine et sur les flancs; bas-ventre d'un blanc pur; sous- caudales d'un cendr rousstre, flammes de brun; rmiges et rectrices d'un brun terne, lgrement bordes de rousstre; bec noirtre, plus fonc en dessus qu'en dessous; pieds rousstres; iris brun. Longueur totale, m .li5. Habite presque toute l'Europe tempre; trs-commun en France, o il vit sdentaire dans beau- coup de localits. Se reproduit dans les bois, les jardins, au milieu des taillis, sur les buissons, dans les haies. Son nid est compos de mousse, de feuilles sches, de brins d'herbe, de radicules et de quelques crins l'extrieur. Ses ufs, au nombre de cinq ou six, sont d'un bleu cleste sans taches, quelquefois avec de trs-petits points noirs qu'on peut effacer avec la plus grande facilit. Grand diamtre, 0"',019; petit diamtre, 0"',0 14. (Degland.) C'est un de nos Oiseaux dans le nid duquel le Coucou d'Europe dpose le plus souvent ses ufs. 9 GENRE. SRICORNIS. SERICURNIS. (Gould, 1837.) CARACTRES GNRIQUES. Bec plus court que la tte, troit, arte lgrement inflchie, et comprim la pointe, qui est chancre. Fig. V* Siricornis citreogularii li'j. i~ Sericornis cUreogulorii Narines bastes, perces dans une squnmclle membraneuse, ouverture lunule et dcouverte OISEAUX. 43 Ailes courtes, arrondies, surobtuses, premire rmige trs-courte, les quatrime, cinquime et sixime rmiges gales, les plus longues. Queue mdiocre et assez large. Tarses de la longueur du doigt mdian, scu telles; doigts mdiocres, les latraux gaux, l'externe uni h la base; le pouce long, et muni d'un ongle robuste, gal ce doigt, courb et aigu, le plus grand de tous. Fig. 44 et 45. Sriconiis Irontij (Mle el femelle ' Ce genre, exclusivement australien, renferme sept espces. Ce sont des Oiseaux qui frquentent les lieux marcageux, courent sur le sol dans les lieux asse touffus, cherchant sur la terre, ou parmi les roches, les petits Insectes qui servent leur nourriture, faisant souvent mouvoir les ailes et la queue comme les Malunis. Il est assez rare d'en voir plus d'un individu la fois; ils courent avec vitesse, et ne volent que rarement, se rfugiant au milieu des buis- sons lorsqu'ils sont par trop presss. Leurs nids, composs de mousse, sont suspendus l'extrmit des branches plus de vingt-cinq trente pieds du sol, non-seulement sur les casuarinas, mais en- core sur diverses espces d'arbres. Ces nids se trouvent dans les ravins o les arbres sont proximit des roches. Quant la mousse dont les nids se composent, elle existe en abondance, dans ces locali- ts, sur le corps des arbres et sur les rochers. (.). Verreaux, Zool. tasm. el austr.) Ce genre parait se rapprocher des Pipits; M. Ch. Bonaparte le place dans les Saxicotin. SKRICORNIS A GOIiGE JAUNE. SEMCOIIMS CITREOGULAHIS. (Gould;) Parties suprieures d'un olive plus fonc sur la tte, les ailes et la queue, que sur le reste; un irait noir passant sur le front et repassant au travers des yeux jusque sur les oreilles; un sourcil blanc devenant jaune partir du dessus de l'il; menton, gorge, devant du cou, d'un jaune ple, devenant olivtre sur la poitrine, brun sur les flancs, et blanc pur sur le milieu du ventre, de l'abdo- men et sur les couvertures infrieures de la queue ; une partie des couvertures alaires et les barbes externes des rmiges primaires d'un olive verdtre; bec noir; tarses brun clair. (J. Verreaux.) 44 HISTOIRE NATURELLE. SRICORN1S MODESTE. SERICORNIS HVUILIS. (GoulJ.) Lorum d'un brun noirtre, surmont d'une tache blanche un peu confuse; vertex, dessus du corps, ailes et queue, de couleur olive teinte de rougetre; aile btarde noirtre; chaque plume borde de blanc; menton de couleur cendre parseme de gouttelettes plus fonces; poitrine et milieu de l'abdo- men d'un jaune obscur parsem de gouttelettes plus sombres; flancs marrons; bec noirtre, pieds bruns. Longueur. 0"',l. De Van-Diemen. 10 w GENRE. MY10MLE. MYIOMELA. (Hodgson, 1845.) CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, de ta longueur de la tte, assez pais, recourb et comprim la pointe, qui est chancre; quelques soies la base. Narines bastes, latrales, lunules, et recouvertes par une membrane. Ailes longues, surobtuses; la premire rmige trs-courte, les quatrime et cinquime presque gales, les plus longues. Queue mdiocre, large et arrondie. Tarses de la longueur du doigt mdian, longs et minces, ainsi que les doigts, dont tes latraux sont gaux; le pouce long; ongles courbs, allongs et aigus Fip. 46. "Myxomttla leveura. Une seule espce de l'Asie centrale, le Myiomle queue blanche. Elle frquente les forts en montagnes du Npaul, et y vit d'Insectes. il GENRE. GRANOALE. GRANDALA. (Hodgson, 1843.) CARACTRES GNRIQUES. [ici court, mince, a sommet lgrement recourb jusqu'il la pointe, qui est faiblement chancre comprim sur les cts, et garni de quelques petites soies. Narines bastes, ovalaires, en partie recouvertes par une membrane. Ailes allonges, arrivant aux deux tiers de lu queue, subaigus; la premire rmige presque ru- dimeulaire, les deuxime et troisime rmiges gales entre elles, les plus longues. Kig. i Kurystome d'Australie Fig '2 Faucon polyzone f-i If OISEAUX. 45 Queue longue, ample et lgrement chancre. Tarses de la longueur du doigt mdian, minces, ainsi que les doigts, recouverts de squamellcs. Ktu r - 47. Grandala ccelicotor. Fvi 48. Grandala cicolor. Une seule espce, dcouverte dans le Npaul par M. Hodgson, qui en a fait le type d'un genre adopt par les auteurs, sous le nom de Grandala cicolor, dont nous donnons la figure. lit;, 49 Grandale eleslo On ne sait rien des murs de ce magnifique Oiseau, si ce n'est qu'il vit solitaire dans les rgions septentrionales du Npaul, et que l'estomac de l'individu tu par le major Hodgson renfermait des Insectes. GRANDALE CLESTE. GRANDALA CIICOLOR. (Hodgson.; En entier d'un beau bleu de ciel reflets clatants, sans tre mtalliques, et soyeux, l'exception des rmiges et des rectrices, qui sont d'un noir frang de bruntre; bec et pieds noirs; iris brun. Longueur totale, m ,20. De l'Asie centrale (Npaul). 40 HISTOIRE NATURELLE. 12"'" GENRE. SIALIS. SIALIA. (Svvainson.) CARACTRES GNRIQUES. Bec plus court que la tte, largi a la base, comprim sur les cts jusqu' la pointe, qui est re- courbe et chancre. Narines bastes, latrales, perces en fente longitudinale dans une membrane, et dcouvert. Ailes allonqes, arrivant aux deux tiers le la queue, subaigus; les deuxime et troisime rmiges les plus longues. Queue mdiocre, ample, chancre. Tarses courts et trapus, ii peine le la longueur du doigt mdian, recouverts d'une seule squa- melle; doiqts allongs, le pouce^vigoureux, ainsi que son ongle, les autres courts et recourbs. Fig. 50. Sialia WiUoni Fis 51 Sid.Ua Wilsomt. Trois espces de l'Amrique mridionale. Nous figurons le Sialia arctica, Svvainson. Ce genre, qui a t cr par Swainson, a pour type la Motacilla sialis de Linn, qui est reste longtemps l'espce unique, laquelle s'en sont venues ajouter deux autres. Vieillot, bien avant Swainson, avait pressenti la ncessit de l'tablissement de ce genre, car il s'exprimait ainsi, aprs en avoir dtaill les murs, que nous allons reproduire d'aprs lui. Le nom de Fauvette peut convenir cet Oiseau comme gnrique, mais non autrement; car il n'a dans son naturel aucune analogie avec les vraies Fauvettes. II en diffre aussi en ce qu'il a le bec plus fort qu'il ne l'est ordinairement dans les espces de ce genre, plus large la base, moins que celui du Moucherolle, et totalement pareil celui du Motteux (Motacilla nanthe, Linn, Gmelin), dont il se rapproche beaucoup plus que de tout autre Oiseau par sa nourriture et la manire de la chercher, par la rapidit de son vol, par la longueur et la largeur de ses ailes; du reste, il n'a aucune analogie avec ce volatile d'Europe, qui vit solitaire, ne se plat que dans les lieux loigns des habitations, ne frquente que les endroits secs et pierreux pendant l't, et les terres laboures l'automne. Le nom e Blue-Bird (Oiseau bleu) est celui que les Amricains ont impos l'espce de Fauvette type du genre, l'une des plus communes de l'Amrique septentrionale. Quoique cette dnomination puisse s'appliquer aussi plusieurs autres Oiseaux del mme contre, il lui convient toujours mieux que celui de Rouge-Gorge, puisqu'elle n'a point la gorge rouge, et que, si ce n'est une sorte de fami- liarit et un mouvement de la queue de bas en haut, elle n'a aucun rapport avec notre Rouge-Gorge (Motacilla rubecula, Linn, Gmelin), dont on l'a rapproche comme une espce trs-analogue et comme son reprsentant dans le nouveau continent. Elle n'en a point le vol, le chant, les murs, ni les habitudes. Celui-ci a les ailes courtes, et consquemment le vol peu tendu; il se tient, pendant toute la belle saison, dans l'intrieur des bois, cherche l'ombrage pais, les lieux humides, et il est solitaire toute l'anne; il place son nid dans les endroits les plus fourres, et n'chappe l'Oiseau de rapine qu'en se cachant au centre des buissons ou au pied des haies touffues. Le Blue-Bird a les ailes longues, le vol si facile et si rapide, qu'il brave son ennemi naturel et semble se jouer de ses atta- ques. H n'habite que les lieux dcouverts, se perche la cime des arbres, prfre la branche sche au rameau feuille, montre une grande antipathie pour les forts, les taillis pais, et gnralement OISEAUX. 47 pour toute espce de bois; il place son nid dans un trou d'arbre, se plat avec ses semblables, voyage avec eux, et mme avec d'autres petits Oiseaux; la socit de ses pareils est pour lui un besoin en tout autre temps que celui des amours. S'en trouve-t-il par hasard loigne, son cri, sans cesse r- pt, indique le dsir pressant de les rejoindre. Les auteurs lui donnent un chant triste et dsagra- ble; ils ne l'ont certainement pas observ dans la nature, ou c'est de son cri qu'ils ont voulu parler; car ses accents ne sont pas sans agrment, et sa voix est aussi sonore et plus varie que celle de la Draine (Turdus viscivorus, Linn, Gmelin). Comme cette Grive, ce n'est qu'au commencement du printemps et qu' la cime des arbres que cet Oiseau en dploie toute l'tendue; son cri familier est plaintif, et m'a paru compos des syllabes keu-hut, qu'il prononce d'un ton lugubre, en pesant sur la premire et prononant la dernire d'un ton bref. Ce cri, que les Blues-Birds jettent souvent pen- dant l'automne, et surtout durant leur vol, leur sert s'avertir rciproquement du danger qui les me- nace, et de rclame quand ils migrent de leur pays natal. Dans ce dernier cas, ils le rptent fr- quemment, et de manire se faire entendre de trs-loin ; en effet, des Oiseaux qui ne voyagent qu'en troupes, qui volent alors une assez grande lvation, et qui, d'aprs le genre de leur nourri- ture, sont obligs de s'carter les uns des autres, afin de la trouver plus facilement, ont besoin d'une assez forte voix pour se rallier. On en rencontre assez souvent des bandes nombreuses qui, pour fuir les frimas, dirigent leur course vers le sud. Divers Ortolans, tels que les Touits, lesTilits, etc., les accompagnent et semblent les prendre pour leurs conducteurs, car on voit presque tous les Rouges- Gorges bleus la tte de chaque bande voyageuse. C'est ainsi qu'ils s'acheminent, au mois d'octobre et de novembre, pour les contres mridionales des tats-Unis, o ils passent l'hiver. Cependant, plusieurs de ces Oiseaux restent en Pennsylvanie pendant cette saison lorsqu'elle n'est pas rigoureuse, ou plutt ceux qu'on y voit cette poque ne seraient-ils pas ns dans des rgions plus septentrionales, et ne s'y seraient-ils pas arrts, trouvant le climat de cette contre plus doux que celui de leur pays natal? Je serais port le croire; car j'ai remarqu qu'aprs le dpart des indignes on est quelque temps sans en voir d'autres, et que ceux qui se montrent ensuite viennent tous du Nord; les Grives-Robins se conduisent aussi de la mme manire. Quoi qu'il en soit, les Rouges-Gorges bleus qui se retirent dans le Sud ne se quittent point pendant leur absence; en effet, on les voit alors, en plus grande quantit qu'en tout autre temps, aux Dermudes, la Gorgie, aux Florides et la Louisiane, contres qui paraissent tre le terme de leur course automnale, car on n'en rencontre point sous la zone torride. On les trouve encore runis leur retour; mais les bandes sont moins nombreuses qu' leur dpart. Rs arrivent au centre des tats-Unis ds la fin de mars, et restent en famille ordinairement jusqu'au mois d'avril, mais, ds que les mles commencent chanter leurs amours, la discorde se met parmi eux : chacun se dispose au combat pour avoir des femelles; ils se battent alors avec le mme acharnement que nos Moineaux lorsqu'ils sont anims des mmes dsirs, et ils vident leur querelle en s'arrachant les plumes et en jetant des cris aigus que l'on n'entend qu' cette poque. Le choix une fois dcid, chaque couple s'isole et s'empare d'un arrondissement dont il loigne tous les Oiseaux de son espce. Le creux d'un vieux pommier, ou de tout autre arbre, est le rduit obscur o la femelle cache son nid. De petites racines, des herbes grossires, de la mousse et des plumes entasses sans ordre forment la couche o elle dpose quatre ou cinq ufs. Elle s'occupe seule de cette mauvaise construction; le mle l'accom- pagne dans toutes les courses que ncessite la recherche de ces divers matriaux, et veille sa s- ret pendant le travail de l'incubation. Deux couves sont les fruits de leur alliance. Ds que la pre- mire niche peut se passer des soins de la femelle, celle-ci s'occupe aussitt de la seconde. Les jeunes se dispersent, pendant le jour, pour chercher leur nourriture, et se runissent le soir prs du lieu de leur naissance, o ils se mettent sous la sauvegarde du rtile. Quand la seconde couve est parvenue sa perfection, l'une et l'autre se runissent et forment une petite troupe, laquelle les familles des cantons voisins se joignent pour se rendre sous un climat o les Insectes, leur seule nour- riture, se trouvent dans une abondance proportionne aux besoins de tous. Les individus qui restent dans le Nord, et qui sont toujours en petit nombre, cherchent leur pture devant les granges, dans les champs de bl, de mais et de millet. Le vol des Rouges-Gorges bleus est sinueux et trs-rapide lorsqu'ils sont poursuivis par l'Oiseau de proie; il est lent et droit dans leurs voyages; ils se tiennent alors quelque distance les uns des autres, et rptent sans cesse leur cri plaintif. Quand ils veulent s'arrter, ils descendent lentement, w HISTOIRE NATURELLE. cl planent avec grce jusqu' ce qu'ils soient poses : ils se dispersent ensuite de tous cts; mais ils ne manquent pas de se trouver le soir au rendez-vous, qui est ordinairement sur la lisire d'un bois : ils passent la nuit ensemble, partent au lever de l'aurore, et ne se reposent que sur les dix onze lieures du matin. Leur naturel peu craintif permet de les approcher facilement; cependant ils savent trs-bien discerner le danger, car. ds qu'ils voient qu'on les pourchasse, ils deviennent tous dliants; les m- les, surtout, s'inquitent plus promptement que les femelles. Les cantons dcouverts sont ceux qui leur conviennent le mieux; aussi les voit-on presque toujours sur les cltures des champs et des ver- gers, et rarement sur les arbres. Ils saisissent avec adresse l'Insecte ail qui voltige leur proxi- mit, et plongent avec une grande vlocit sur celui qui se pose sur l'herbe. Ils poursuivent de mme les Coloptres qui courent dans les sentiers battus ou dans les champs nouvellement labours. Ils vivent aussi de Vers et de Vermisseaux, et ils semblent les prfrer tout autre aliment; car c'est presque toujours terre qu'ils cherchent leur pture. (Oiseaux de Amrique septentrionale.) SIAI IS ARCTIQDE SIALIA AnrTir.i (Swainson.) Tout le dessus du corps, y compris les rmiges et les rectrices, d'un beau bleu d'outremer, l'ex- ception des plumes du capistrum ou de la base du bec : celles-ci, ainsi que les joues, le menton, le devant du cou, la gorge et les cts de l'estomac, d'un cendr bleutre clair; le milieu de l'estomac, l'abdomen, la rgion anale et les cuisses, de mme que les couvertures infrieures de la queue, d'un fauve ple; bec et pattes noirs; iris noisette. Longueur totale, 0"',165. De l'Amrique borale. Fi;: -V2. Sinlis arctique. \7y"- GENRE. -- NMURE. NEMURA. (Hodgson, 1845.) Ns(i.M, je partage; cap, queue, ;i cause les pointes distinctes et mucronees des rectrices. CARACTERES GENERIQUES. lice mdiocre, plus court que la tte, garni de suies a sa base, lgrement subul partir de la moiti le sa longueur, comprim sur les cts, inflchi sa pointe, qui est chancre. |.',,r. 1. Eurostopode lchet. (.',. -2 Busard de Swainson. PI. 12 OISEAUX. i'J Narines bastes, latrales, perces dans une membrane cl arrondies. Ailes assez longues, surobtuses; les quatrime et cinquime rmiges dpassant toutes les antres, arrivant au tiers de la queue. Queue longue et arrondie, chacune des re tries mucrone, ou taille en pointe. Tarses minces, allongs, du double plus longs que le doigt mdian, recouverts d'une seule squa- inelle; doigts assez- longs et minces, mais proportionnellement courts, les latraux gaux; pouce long et fort; ongles allonges, comprims et aigus. Fipr- 55 Pfemvra rufilata. Ce genre, qui embrasse les genres Tarsiger, Hodgson, et lanlhia, Blyth, renferme quatre espces de l'Asie centrale. Nous figurons le Nemura lujperylhra. Ce sont des Oiseaux solitaires, cherchant dans les buissons et sur le sol les baies et les Insectes dont ils se nourrissent. Du reste, par leur taille, leurs formes et leur organisation, ils offrent en g- nerai beaucoup d'analogie avec les Sialis et les Rouges-Gorges Fig. 54. Nemura hyperythi NMURA BLEUET. NEMVRA CYANURA (Pallas, Gray] Les plumes des parties infrieures sont d'un blanchtre nuanc, sur le cou et le jabot, d'une lgre teinte de jaune bruntre, ml de gristre sur le milieu, et de bleutre sur les cots du jabot, et passant au jaune bruntre trs-vif sur les flancs. Toutes les plumes de ces parties sont noirtres leur base. Une raie blanche s'tend de chaque ct de la tte, depuis les narines jusqu'au-dessus de l'il. Les rmiges sont d'un brun noirtre fauve, et pourvues d'un lisr de brun jauntre, notam- ment les rmiges secondaires, l'exception des suprieures, qui sont bordes de bleutre. Toutes les plumes des autres parties de l'Oiseau sont d'un bleutre sale, mais leurs bords tirent un peu au bru- ntre : cette teinte bleue, cependant, tire au noirtre sur la rgion des reins; elle est plus pure et plus claire sur les cts du sommet de la tte, et trs-pure et reflets mtalliques sur les petites cou- vertures de l'aile Dcouverte en Sibrie, et dcrite par Pallas, sous le nom de Motacilla eganura, cette espce se trouve galement, et ce qu'il parait en abondance, au .lapon. (Schlegel, Faune du Javon.) o 4 7 50 HISTOIRE NATURELLE. 14 roe GENRE. ARGYE. ARGYA. (Lesson, 1831.) CARACTRES GNRIQUES. Bec de la longueur de lu tte, mdiocre, lev, triangulaire a la base, trs-comprim h la pointe, qui est chancrcc, a mandibule suprieure convexe, arque, pointue, entamant les plumes du front. Narines perces en fente troite, en partie recouvertes par une caille sur le bord des plumes du front. Fig. 55. Argya framala. Ailes allonges, arrondies; la troisime rmige gale la sixime, toutes deux les plus longues. Queue longue, tage. Tarses mdiocres, robustes, de la longueur du doigt mdian, larges et fortes scutelles, les doigts latraux gaux et souds leur base, le pouce long et vigoureux; ongles faiblement courbs. lu. 56 Argya franata. Ce genre a t tabli simultanment, par Lesson, sous le. nom qui prcde, et par Swainson, sous celui de Chtops, sur une espce unique d'Afrique que MM. Teraminck et Ruppell avaient range parmi les Mfions, et dont nous donnons la figure et la description. On ne sait rien de ses murs. ARGYE BlUDK. AltGYA FR.EXATA. (Temminck, Lesson. Cet Oiseau porte de chaque ct du cou une bande blanche longitudinale partant de l'angle du bec, et dispose sur le cou comme s'il tait muni de brides. OISEAUX. 51 Outre ce caractre spcifique des brides malaires, les couleurs du plumage peuvent tre signales de la manire suivante : lorum, joues et tout le devant du cou, d'un noir parfait; tte, nuque et man- teau, d'un gris couleur de plomb, marqu de larges mches noires; poitrine, ventre et toute la par- tie infrieure du dos, d'une belle teinte marron; ailes et queue d'un noir parfait, les premires mar- ques de petites taches blanches disposes suivies couvertures des ailes, avec un petit miroir blanc sur les rmiges; la queue, l'exception des deux pennes du milieu, termine de grandes taches blan- ches; pieds et bec noirs. (Temji^ck, pi. col. 585, texte.) Longueur totale, m ,09. De l'Afrique mridionale. Fig. 57. Argye bride. 15 GENRE. ROUGE-GORGE. IWBECULA. (Rremh, 1828.) CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, moins long que la tete, lgrement courb de la base, qui est garnie de quelques poils, h la pointe, qui est faiblement cliancre. Narines bastes, latrales, perces dans une membrane en une espce de fente longitudinale dcouvert. Fig. 58. Rubecula erythaca. Fig. 59. Rubecula erythaca. Ailes atteignant l'extrmit des couvertures caudales, arrondies, surobtuses; la quatrime et la cinquime rmiges gales entre elles, les plus longues. Queue mdiocre, large et cliancre. Tarses minces, de la longueur du doigt mdian, munis d'une seule squamelle; doigts galement minces, les latraux souds h leur base; pouce long et assez fort, ainsi que son ongle, qui est courb et aigu. 52 HISTOIRE NATURELLE. Ce genre, qui comprend le genre Dandalus, Boit, renferme quatre espces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, et a pour type le Rouge-Gorge commun ou d'Europe, que. nous appellerons Rouge- Gorge rubietle, dont les murs nous indiqueront celles de ses congnres. Cet Oiseau passe tout l't dans nos bois, et ne vient l'entour des habitations qu' son dpart en automne, et son retour au printemps; mais, dans son dernier passage, il ne fait que paratre, et se hte d'entrer dans les forts pour y retrouver, sous le feuillage qui vient de natre, sa solitude et ses amours. Il place son nid prs de terre, sur les racines des jeunes arbres ou sur des herbes assez fortes pour le soutenir : il le construit de mousse entremle de crins et de feuilles de chne, avec un lit de plumes en dedans; souvent, dit Willughby, aprs l'avoir construit, il le comble de feuilles accumules, ne laissant sous cet amas qu'une entre troite, oblique, qu'il bouche encore d'une feuille en sortant... Tendant tout le temps des niches, le mule fait retentir les bois d'un chant lger et tendre; c'est un ramage suave et dlie, anim par quelques modulations plus clatantes, et coup par des accents gracieux et touchants qui semblent tre les expressions des dsirs de l'amour; la douce socit de sa femelle, non-seulement le remplit en entier, mais semble mme lui rendre importune tonte autre compagnie. Il poursuit avec vivacit tous les Oiseaux de son espce, et les loigne du petit canton qu'il s'est choisi; jamais le mme buisson ne logea deux paires de ces Oiseaux, aussi fidles qu'amoureux. Le Rouge-Gorge cherche l'ombrage pais et les endroits humides. Il se nourrit, dans le printemps, de Vermisseaux et d'Insectes, qu'il chasse avec adresse et lgret : on le voit voltiger comme un Pa- pillon autour d'une feuille sur laquelle il aperoit une Mouche; terre, il s'lance par petits sauts et fond sur sa proie en battant des ailes. Dans l'automne, il mange aussi des fruits de ronces, des rai- sins son passage clans les vignes, et des alises dans les bois, ce qui le fait donner aux piges ten- dus pour les Grives, qu'on amorce de ces petits fruits sauvages. Il va souvent aux fontaines, soit pour s'y baigner, soil pour boire, et plus souvent dans l'automne, parce qu'il est alors plus gras qu'en aucune autre saison, et qu'il a plus besoin de rafrachissement. Il n'est pas d'Oiseau plus matinal que celui-ci. Le Rouge-Gorge est le premier veill dans les bois, et se fait entendre ds l'aube du jour : il est aussi le dernier qu'on y entende et qu'on y voie voltiger le soir; souvent il se prend dans les tendues, qu' peine reste-t-il encore assez de jour pour le ra- masser. 11 est peu dliant, facile mouvoir, et son inquitude ou sa curiosit fait qu'il donne ais- ment dans tous les piges; c'est toujours le premier Oiseau qu'on prend la pipe : la voix seule des pipeurs, ou le bruit qu'ils font en taillant les branches, l'attire, et il vient derrire eux se prendre la sauterelle ou au gluau presque aussitt qu'on l'a pos; il rpond galement l'appeau de la Chouette et au son d'une feuille de lierre perce. II suffit mme d'imiter, en suant le doigt, son petit cri, nip, tiip, ou de faire crier quelque Oiseau pour mettre en mouvement tous les Rouges-Gorges des environs; ils viennent en faisant entendre de loin leur cri, liril, tirilit, tirililit. d'un timbre sonore qui n'est point leur chant module, mais celui qu'ils font le matin et le soir, et dans toute occasion o ils sont mus par quelque objet nouveau : ils voltigent avec agitation dans toute la pipe jusqu' ce qu'ils soient arrtes par les gluaux sur quelques-unes des avenues ou perches, qu'on a tailles basses exprs pour les mettre porte de leur vol ordinaire, qui ne s'lve gure au-dessus de quatre ou cinq pieds de terre; mais, s'il en est un qui s'chappe du gluau. il fait entendre un troisime petit cri d'alarme, li-i, ti-i, auquel tous ceux qui s'approchaient fuient. On les prend aussi la rive du bois sur des perches garnies de lacets ou de gluaux; mais les rejets ou sauterelles fournissent une chasse plus sre et plus abondante : il n'est pas mme besoin d'amorcer ces petits piges; il sufft de les tendre au boni des clairires ou dans le milieu des sentiers, et le malheureux petit Oiseau, pouss par sa curiosit, va s'y jeter de lui-mme. De tous les Oiseaux qui vivent dans l'tat de libert, dit un observateur, Trcourt. le Ronge-Gorge est peut-tre celui qui est le moins sauvage; il se laisse souvent approcher de si prs, que l'on croi- rait pouvoir le prendre avec la main; mais, ds qu'on en est a porte, il va se poser plus loin, o il se laisse encore approcher pour s'loigner ensuite de mme. Il semble aussi se plaire quelquefois a faire compagnie aux voyageurs qui passent dans les forts; on le voit souvent les prcder ou les suivre pendant un assez long temps. Partout ou il y a des bois d'une grande tendue, l'on trouve des linugcs-Corges en grande quantit. .. Vers la lin de septembre, les jeunes commencent a se mettre en mouvement pour leur dpart, OISEAUX. 53 mais il se fait sans attroupement : ils passent seul seul, les uns aprs les autres, et, dans ce moment o tous les autres Oiseaux se rassemblent et s'accompagnent, le Bouge-Gorge conserve son naturel solitaire. On voit ces Oiseaux passer les uns aprs les autres, ils volent, pendant le jour, de buisson en buisson; mais apparemment ils s'lvent plus haut pendant la nuit et font plus de chemin; du moins arrive-t-il aux oiseleurs, dans une fort qui le soir tait pleine de Rouges-Gorges, et permet- lait la meilleure chasse pour le lendemain, de les trouver tous partis avant l'arrive de l'aurore. Le dpart n'tant point indiqu, et pour ainsi dire proclam parmi les Rouges-Gorges comme parmi les autres Oiseaux alors attroups, il en reste plusieurs en arrire, soit des jeunes que l'exp- rience n'a pas encore instruits du besoin de changer de climat, soit de ceux a qui suffisent les petites ressources qu'ils ont su trouver au milieu de nos hivers. C'est alors qu'on les voit s'approcher de nos habitations et chercher les expositions les plus chaudes; s'il en est quelqu'un qui soit rest au bois dans cette rude saison, il y devient compagnon du bcheron; il s'approche pour se chauffer son feu, il becquet dans son pain et voltige toute la journe l'entour de lui en faisant entendre son petit cri; mais, lorsque le froid augmente, et qu'une neige paisse couvre la terre, il vient jusque dans nos maisons, frappe du bec aux vitres, comme pour demander un asile qu'on lui donne volontiers, et qu'il paye par la plus aimable familiarit, venant ramasser les miettes de la table, paraissant re- connatre et affectionner les personnes de la maison, et prenant un ramage moins clatant, mais en- core plus dlicat que celui du printemps, et qu'il soutient pendant tous les frimas, comme pour sa- luer chaque jour la bienfaisance de ses htes et la douceur de sa retraite. Il y reste avec tranquillit jusqu' ce que le printemps, de retour, lui annonant de nouveaux besoins et de nouveaux plaisirs, l'agite et lui fait demander sa libert. Dans cet tat de domesticit passagre, le Rouge-Gorge se nourrit peu prs de tout : on lui voit ramasser galement les mies de pain, les fibres de viande et les grains de millet. (Buffon.) Fig. GO, Cl et 62. Rougis-gorge. (Mile, femelle et jeune. Dans la chambre, dit Bechstein, les habitants des villages de mon voisinage aiment voir un Rouge- Gorge courir librement, et lui font un juchoir de branches de chne ou de charmille. Ils trouvent que cet Oiseau diminue bien vite le nombre incommode des Mouches et mme des Puces. Cette situa- tion est apparemment trs-supportable pour lui, puisqu'il vit ainsi dix douze ans. Son caractre jaloux et insociable ne permet pas de lui donner de compagnon; il faut qu'il soit seul, un second 54 HISTOIRE NATURELLE. produirait des combats qui ne cesseraient qu' la mort d'un des combattants; cependant, on a observ que, s'ils sont de mme force, et dans une chambre passablement grande, ils se la partagent; chacun prend possession de sa moiti et y reste paisible, moins que l'autre ne passe la limite; dans ce cas, la guerre est allume et se fait outrance. Son joli plumage, ses manires et sa grande familiarit, suffiraient pour le rendre aimable; il s'ap- privoise, en effet, en peu de temps; il est d'ailleurs d'une gaiet et d'une agilit qui ne peuvent que plaire; toujours en mouvement, faisant presque chaque saut des rvrences et appelant sitri; mais ce qui le rend surtout prcieux aux amateurs est la douce mlancolie de son chant. Ce chant est en gnral plus parfait, plus lev, quand on tient l'Oiseau en cage, que si on le laisse courir librement dans la chambre. Cependant il y a des exceptions : le Rouge-Gorge chante pendant toute l'anne; mais c'est au printemps que sa voix est plus brillante, et sa mlodie plus ravissante. Lorsqu'on demeure la campagne, il n'y a rien de plus ais que d'accoutumer cet Oiseau aller et revenir, soit qu'il soit lev du nid, soit mme qu'il soit pris adulte. [Mon. de l'Amal. des Ois. de vol.) ROUGE-GORGE RU11IETTE. IWBECVLA FAMILIAMS. (Blyth.) Parties suprieures d'un brun olivtre; front, joues, gorge, devant du cou et poitrine, d'un roux vif orang; le reste des parties infrieures d'un blanc argentin lustr, avec les cts de la poitrine d'un gris cendr, et les flancs bruntres; couvertures des ailes semblables au manteau, les moyennes ter- mines par une petite tache jaune; rmiges noirtres, bordes de gris rousstre en dehors; lectrices d'un gris brun, avec les deux mdianes tachetes d'olivtre; bec noirtre; pieds, bruns; iris brun roux. Longueur totale, m ,145. (Degland.) Cette espce offre aussi des varits; par exemple, le Rouge-Gorge blanc et le panach. Si, dans la chambre, on enlve quelquefois de suite, hors du temps de la mue, les pennes et les plumes de la queue, elles reviennent enfin blanches; ces Oiseaux sont alors fort jolis. J'en ai eu, dit Bechstein, plusieurs de cette manire; mais j'ai observ que ces dernires plumes sont si faibles, si dlicates, qu'elles se gtent et se brisent aisment. Au reste, cette opration rpte ne peut que faire souffrir ces petites cratures; c'est une raison pour l'viter. (Man. de l'Amat. des Ois. de vol.) Le Rouge-Gorge habite presque toute l'Europe. 11 est partout commun en France. (On le trouve aussi dans l'Asie occidentale et l'Afrique orientale.) 11 niche sous les buissons, entre les racines, au milieu des herbes, sur les revers des fosss, rare- ment dans les trous d'arbres. Sa ponte est de quatre sept ufs, d'un blanc jauntre, ou lgre- ment fauves, ou entirement blancs, avec des points roux ou rougetres, plus nombreux et plus rap- prochs au gros bout, o ils forment quelquefois une couronne par leur runion. Grand diamtre, m ,02; pelil diamtre, m ,015. (Degland.) lC' e GENRE. GORGE-BLEUE. CYANECULA. (Brehm, 1828.) Diminutif de cyanea, bleue. CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, pins court que la tte, droit partir dit front, lgrement courb seulement h la pointe, ijiti est faiblement chancre, presque aussi large que haut, garni de soies la base. Narines bastes, latrales, arrondies et dcouvertes. Ailes mdiocres, arrivant au tiers de la longueur de la queue, subobtuses; la troisime et la qua- trime rmiges gales entre elles, les plus longues F'. 1. Engoulevent grosse queue. F 'S 2 - Hibou du Cap. H 15. OISEAUX. 55 Queue mdiocre et arrondie. Tarses minces, de la longueur du doigt mdian, sans squamells distinctes; doigls longs, les la- traux gaux, le pouce fort, ainsi que son ongle, qui est courb et aigu. Fig. 63. Cyanecula succica. Deux espces des parties froides et tempres de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Ce genre est identique avec le genre Pandicilla de Blyth. Dans son article sur la Gorge-Bleue de Sude, Guneau de Montbeillard prend plaisir la compa- rer, pour le facis et la manire de vivre, avec le Rouge-Gorge; Bechstein, au contraire, et avec rai- son, considre cet Oiseau comme faisant la nuance entre le Rouge-Queue et la Bergeronnette blan- che, et comme ayant des rapports trs-marqus avec l'une et avec l'autre. La Gorge-Bleue se tient la limite des bois, cherchant les marais, les prs humides, les oseraies et les roseaux, et elle semble avoir pour l'homme le mme sentiment de familiarit que le Rouge-Gorge, car, aprs toute la belle saison passe dans ces lieux reculs, au bord des bois voisins des marca- ges, ces Oiseaux viennent avant leur dpart dans les jardins, dans les avenues, sur les haies, et se laissent approcher assez pour qu'on puisse les tirer la sarbacane. Ils ne vont point en troupes, et on en voit rarement plus de deux ensemble. Ds la fin de l't, les Gorges-Bleues se jettent, dit M. Lottinger, dans les champs sems de gros grains; Frisch nomme les champs de pois comme ceux o elles se tiennent de prfrence, et prtend mme qu'elles y nichent (Bechstein indique les lieux plants de choux); mais on trouve plus communment leur nid sur les saules, les osiers et autres arbustes qui bordent les lieux humides; il est construit d'herbes entrela- ces l'origine des branches ou des rameaux. Dans le temps des amours, le mle s'lve droit en l'air, d'un petit vol, en (hantant; il pirouette et retombe sur son rameau avec autant de gaiet que la Fauvette, dont la Gorge-Bleue parat avoir quelques habitudes; elle chante la nuit, et son ramage est trs-doux, suivant Frisch. Hermann, au contraire, nous dit qu'il n'a rien d'agrable : opposition qui peut se concilier par les diffrents temps o ces deux observateurs ont pu l'entendre; la mme diffrence pouvant se trouver au sujet de notre Rouge-Gorge pour quelqu'un qui n'aurait ou que son cri ordinaire, et non le chant mlodieux et tendre du printemps, ou son petit ramage des beaux jours d'automne. ( Nous verrons tout l'heure Bechstein confirmer avec dtail l'assertion de Frisch.) La Gorge-Bleue aime autant se baigner que le Rouge-Gorge, et se tient plus que lui prs des eaux : elle vit de Vermisseaux et d'autres Insectes, et, dans la saison de son passage, elle mange des baies de sureau. On la voit par terre aux endroits marcageux, cherchant sa nourriture et courant assez vite en relevant la queue, le mle surtout lorsqu'il entend le cri de la femelle vrai ou imit. (BuFFON.) Sa beaut, sa gaiet, sa familiarit, son chant, tout concourt rendre la Gorge-Bleue trs-agra- ble. Elle court extrmement vite, lve sa queue comme un ressort, l'tend en ventail, l'agite conti- nuellement, ainsi que les ailes, en appelant fde, fide, et rptant tac, tac. C'est dommage que dans la chambre elle perde insensiblement chaque mue le beau bleu de la poitrine, qui finit par n'tre plus qu'un gris blanchtre. En peu de jours, on peut la rendre assez prive pour prendre les Vers de fa- rine de la main; elle ne tarde pas mme venir les recevoir l'appel de la voix ou du sifflet. Son chant est charmant; on croirait entendre deux voix la fois; une, fondamentale, ressemblant au doux bourdonnement d'une corde de vielle, et l'autre au son moelleux d'une flte. Lorsqu'on la laisse courir dans la chambre, elle cherche toujours la place o donne le soleil, et 56 HISTOIRE NATURELLE. se couche sur le ventre. Sa mlodie a beaucoup de rapports avec celle de la Lavandire, mais fort embellie par le bourdon de la vielle. (Bkchstein, Man de VAm. des Ois. de vol.) GORGE-BLEUE DE SUEDE. CANECVLA SUECICA. (Hrchm.) Parties suprieures d'un cendr brun plus fonc au centre des plumes, la tl, la nuque, au dos; sus-caudales brunes; gorge, devant du cou et haut de la poitrine, d'un bleu d'azur, avec une tache d'un blanc argent au milieu; une bande transversale, d'un noir velout, se confond avec le bleu de la poitrine, les plumes qui forment cette bande, souvent termines de blanc, sont suivies d'une autre bande plus large, d'un roux plus ou moins vif; abdomen d'un blanc gristre, lav de cendr sur les flancs et au bas des jambes; sous-caudales rousstres; raie sourcilire d'un blanc rous- stre; joues brunes: pennes alaires brunes, bordes d'une teinte plus claire, tirant sur le rousstre; les deux tiers suprieurs de la queue roux, le tiers infrieur noirtre, ainsi que les deux rectrices mdianes, qui sont, ainsi que les autres, bordes et termines de gristre. Suivant M. Temminck, la tache argente du cou disparatrait dans les vieux sujets. Longueur totale, ra ,15 environ. ^i". 64 ft 65. Gorge-bleue. (Mle cl femelle] On trouve cet Oiseau en France cl dans d'autres parties de l'Europe (telles que l'Allemagne, la Prusse); il est de passage irrgulier dans nos dpartements septentrionaux et en Belgique. (On le trouve galement dans l'Asie orientale et dans l'Afrique septentrionale et orientale, car Petit et llillon l'ont rapport d'Abyssiuie, et nous l'avons indiqu dans la partie ornilbologique de leur Voyage.) Il niche dans les buissons, les oscraies. les trous d'arbre, terre, dans les broussailles ou une touffe d'herbe. Son nid, fait sans art, contient cinq ou six oeufs, d'un bleu ple, sans taches, quelquefois ils ont une lgre teinte verdtre; d'autres fois on y remarque de petites taches rousslres peine apparentes. Grand diamtre, ,n ,02; petit diamtre, m ,0I5. I Degland.) OISEAUX. 57 GORGE-BLEUE ORIENTALE. CANECV1A CMRVLECVLA. (Pullas, Brchm.) Pallies suprieures et ailes d'un cendr brun, plus fonc que dans l'espce prcdente, avec quel- ques parties des sous-caudales rougetres; gorge, devant du cou et haut de la poitrine, d'un bien d'azur clatant, avec une grande tache d'un roux vif au centre; une bande d'un noir bleutre imm- diatement au-dessous du bleu de la poitrine, suivie d'une autre bande rousse plus tendue; abdo- men, flancs et sous-caudales, d'un cendr lav de brun rousstre, tirant sur le blanchtre au milieu du ventre; raie sourcilire d'un gris clair, s'largissant en arrire de l'oeil, comme chez la prc- dente; bec noir; iris et pieds bruns. Longueur totale, m ,15 environ. Celte espce habite la Russie, la Laponie, la Sude, la Norwge et la Sibrie. Elle se montre acci- dentellement en Allemagne et en France. Un sujet mule a t tu la tin d'avril 1856, sur les bords du marais de Sin, prs de Douai; quel- ques autres ont t capturs en Bourgogne et en Picardie. M. Malherbe possde deux individus qu'il a tus prs de Metz. (Degland.) 17- GENRE. ROUGE-QUEUE. RUTICILLA. (Brehm, 182S). CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, plus court que la tte, large la base, qui est garnie de quelques poils, et gra- duellement comprim presque h la pointe, qui est cliancre. Narines bastes, latrales, perces dans une membrane et arrondie. Ailes allonges, arrivant aux deux tiers de la queue, et cependant arrondies, surobluses; les quatrime cl cinquime rmiges gales, les plus longues. Queue longue, ample et ckancre. Tarses un peu plus longs que le doigt mdian, recouverts d'une seule squamelle sans segments; les doigts assez courts, minces, les latraux gaux, le pouce fort, son ongle de mme dimension que celui du doigt mdian. pig. G6. Rulicilla phnicuna. Fig. 67. Ruticilla phnicurus Ce genre, dont le type est notre Rouge-Queue commun ou Rossignol de muraille, renferme qua- torze espces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Les Rouges-Queues prfrent, les uns les pays montagneux et les montagnes calcaires aux grandes plaines, les autres se tiennent dans les haies et les buissons, principalement au printemps et l'au- tomne; mais, en t, ces derniers frquentent plutt les jardins, les bords des ruisseaux garnis de saules, et mme les forts. Au reste, les espces d'Europe frquentent particulirement les villes et les villages, se tiennent sur les plus hauts btiments, les tours, les clochers, les glises, les chteaux, et gayent leurs htes par leur chant du matin au soir. Presque tous ont un chant mlodieux qui les fait rechercher par les amateurs S 58 HISTOIRE NATURELLE. Lr plumage du Rouge-Queue de muraille, et encore plus son chant et sa gaiet, par exemple, sont bien faits, dit Rechstein, pour le rendre agrable. Toujours en action, il fait chaque pas des incli- nations et remue la queue. Il sait encore embellir son chant naturel, compos de quelques strophes assez jolies, en y ajoutant quelques parties de celui des Oiseaux avec lesquels il se trouve. Celui qui niche sous mon toit imite assez bien le Pinson que je tiens en cage ma fentre, et mon voisin en a un autre dans son jardin qui rpte quelques strophes d'une Fauvette tte noire qui a son nid au- prs. Cette facilit de s'approprier le chant d'autres Oiseaux est rare dans ceux qui vivent l'tat sauvage, et parat propre celui-ci. Il s'apprivoise tellement, qu'il vient prendre les Vers de farine dans la main. (Manuel de l'Amateur.) Ce joli petit Oiseau n'est que trop bien connu des coliers, qui le poursuivent dans ses retraites favorites, les ruines tapisses de lierre. Il frquente aussi le verger et le jardin, aimant se percher sur quelque brche de muraille ou sur les dbris d'une masure pour entonner son chant un peu m- lancolique. Oiseau affectueux, dvou, le mle, sentinelle vigilante tant que sa femelle couve, attire volontiers l'attention et le danger par son vif plumage et ses chants d'amour. C'est vritablement l'Oiseau de l'aurore; car je l'ai souvent entendu commencer sa srnade trois heures du matin, et il la prolonge quelquefois jusqu' dix heures du soir. (Revue britannique enlr. du Ncw-Monlhley Mag.asin.) Le Rouge-Queue Tithys, lui, possde, selon Rechstein, une qualit peu commune parmi les Oiseaux chantants, celle de faire entendre son ramage pendant toute l'anne, au moins pendant tout le temps qu'il habite nos contres, les jours les plus froids et les plus rudes n'en sont pas excepts; mais son chant ne peut en aucune manire entrer en comparaison avec celui du Rouge-Queue de muraille; car il est triste et ne consiste qu'en trois strophes, dont celle du milieu n'est presque qu'un croassement; les deux autres ont des tons hauts et clairs. Il le fait entendre pendant tout le jour, du grand matin jusqu' la nuit. Ces Oiseaux varient beaucoup en couleurs : il est telles espces, comme le Tithys, dont les couleurs varient pendant les huit premires annes. De l sans doute la confusion qui a si longtemps rgn parmi les auteurs sur leur dtermination et leur spcification. lioUC.l-QUEtlK DE MURAILLE RUT1CILLA PHOESICVRA (Linn, lirelim.) Mle adulte en t. Front et sourcils blancs; dessus de la tte, du cou, du corps, d'un cendr bleutre; croupion et sus-caudales d'un roux ardent; face, joues, gorge, devant et cts du cou, haut de la poitrine, d'un noir profond; le reste des parties infrieures d'un roux brillant, moins fonce sur les flancs et trs-clair au milieu du ventre et aux sous-caudales ; ailes brunes, avec les pennes plus ou moins lisres de gris rousstre; rectriecs rousses, avec les deux mdianes brunes dans les deux tiers infrieurs; bec noir; pieds bruntres; iris brun-noir. Longueur totale, 0"\145. Est trs-rpandu en Europe et en France, se retrouve en Asie et en Afrique; ainsi, d'aprs M. Schlegel, on le voit en Sibrie, en Egypte et dans la Nubie. 11 niche dans les trous des arbres vermoulus, dans ceux des vieux murs, sous les toits des mai- sons isoles. Sa ponte est de six huit ufs d'un bleu cleste, sans taches. Grand diamtre, ",01 8; petit diamtre, 0"',013. (Degund ) RCGE-QUEEE TITHYS. ItUTIClLLA rrriirs (Linn, Brehm.) Mlc adulte en t. Dessus de la tte, du cou et du corps d'un cendr fonc tirant sur le bleu- tre; capistrum, joues, gorge, devant et cts du cou, toute la poitrine, d'un noir profond; abdomen et lianes d'un cendr bleutre; sous-caudales d'un cendr rousstre; ailes brunes avec les rmiges pri- maires lisres de gristre cl les secondaires bordes quelquefois largement de blanc pur la partie OISEAUX 59 suprieure, et formant par leur runion une tache plus ou moins tendue; couvertures suprieures et pennes de la queue d'un roux ardent, avec les deux rmiges mdianes brunes dans toute leur ten- due; bec et pieds noirs; iris brun-noir. Longueur totale. 0"',15 environ. Se trouve dans beaucoup de localits de la France, notamment en Lorraine, en Bourgogne, dans les Dasses-Alpes et en Provence, o il est sdentaire. Il est commun en Allemagne, en Sicile, en Pimont, et passe accidentellement en Angleterre. (L'espce habite aussi l'Asie et l'Afrique.) C'est dans les crevasses des rochers et des vieux murs, sous les toits des maisons solitaires et abandonnes, mme dans les grandes villes, dans des trous de btiments levs, que le Tithys fait son nid. Sa ponte est de cinq ou six ufs d'un blanc pur sans taches. Grand diamtre, 0"'. 018; petit diamtre, 0"',013. (Degland.) ROUGE-QUEUE A YEiNTRE ROUGE. RVTICILLA ERTTBROGAST11A. (Gldenstadt, Ch. Bonaparte.) Vertex jusqu' la nuque et miroir alaire d'un blanc un peu sale; front, gorge, joues et tempes, cou et rgion interscapulaire, d'un noir intense; poitrine et tout le dessous du corps d'un marron fonc; ailes, l'exception du miroir form par sept des rmiges primaires, noires; queue couleur marron, de mme que les cuisses; mais le genou ou l'articulation est teint de noir; bec noir; yeux bruns; doigts et ongles noirs. Longueur totale, 0"',1 05. Habite l'Europe orientale et l'Asie occidentale. C'est la premire fois que la description de cette espce europenne are parait en franais. Fig. 68 et 69. Rouge-qucue ventre rouge (Mle et femelle.) ROUGE-QUEUE DE CAIRE. RVTICILLA CAIRII. (Gerbe.) Tout le plumage d'un brun cendr, un peu plus clair sur les parties infrieures, avec une lgre uuance rousstre sur le front et le dessus de la tte; espace entre le bee et l'il et rgion parotique 60 HISTOIRE NATURELLE. bruns; bord libre des paupires gris, franges des pennes secondaires de l'aile bien moins larges que chez le B. Tilhijs, et grises; toutes les rmiges Iisres de cendr clair; sus-caudales d'un roux vif; sous-caudales d'un roux blanchtre; rmiges, rectrices, bec et tarses, comme dans le Rouge-Queue Tithys. Longueur totale, 0'", 145. Habite l't le sommet des basses Alpes; assez commun dans eette saison aux environs de Barce- lonnctte; passe rgulirement en avril prs de Moustiers-Sainte-Marie. Il niche dans les chalets ou cabanes isoles des basses Alpes; il fait deux pontes : la premire, fin avril, dans les zones moyen- nes, alors que les montagnes sont en grande partie couvertes de neige; la seconde a lieu leur som- met, tout prs des neiges ternelles, l o se reproduisent l'Accenteur et le Niverolle, et o l'on ne voit jamais le Rouge-Queue Tithys. Son nid est compos de quatre cinq ufs blancs, mais d'une nuance plus ple que tous ceux du Tithys, et tirant sur le bleutre. Grand diamtre, 0"\0I8 0"',019: petit diamtre, m ,014 n, ,015. (Degi^d.) Ce Rouge-Queue, dit M. Gerbe, reproduit par M. Degland son passage prs de Moustiers, ne se tient pas dans les mmes localits que le Tithys. On ne le rencontre que dans les vallons, les bls, les prs bords de haies, de buissons, d'osiers, d'aubpine, etc., o il se retire au moindre bruit. Le Tithys, au contraire, se tient toujours dans les endroits rocailleux et sur les vieilles masures ou les habitations abandonnes. Cette diffrence de murs fait que M. l'abb Caire, qui a dcouvert l'es- pce, et de qui je tiens ces dtails, ne se trompe jamais et ne tue pas l'une pour l'autre. Son Rouge- Queue arrive aux environs de Moustiers-Sainte-Marie, du 5 au 15 avril; pass cette poque, on l'y chercherait en vain, il est dj bien haut dans les montagnes. Cet obligeant correspondant m'crit que cette anne (1849) le passage a t abondant; qu'il en a vu plus de vingt du 9 au 10 avril, quoi- que la pluie ne lui ait permis de chasser que trs-peu de temps; que dans ce nombre il n'a pas ren- contr un seul Tithys avec le cou noir. Les sujets de cette espce qui ne passent pas l'hiver dans le pays arrivent toujours huit jours plus tard que le Rouge-Queue de Caire. (Ornithologie europenne.) Nous ne sommes entr dans ces dtails, contre la rgle que nous nous sommes impose, qu' cause du silence gard sur celte espce, dont nous avons vu plusieurs individus, par M. Ch. Bona- parte. C'tait bien le moins que cet auteur, aprs avoir dit, dans sa critique de V Ornithologie euro- penne : m Je ne comprends rien YErijilmcus [Rulicilla Cairii), qu'il faudrait voir et mieux tudier en nature, l'inscrivt au nombre des espces douteuses 18'"" GENRE. PTR01QUE. PETROICA. (Swainson, 1832.) riErpc:, pierre, rocher; cikec, j'habite. CAR ACTE M- S GCNMQUES. Dce plus eourl que lu tte, largi a la hase, arte droite jusqu' la pointe, qui est un peu re- courbe et ehancre; commissure garnie de quelques soies. I. 70 j | ; ' v.. r .. Fig. 71 Petroica phnia a. Narines bastes, littrales, perces dans une portion membraneuse, h ouverture plus ou moins arrondie nu longitudinale, en partir cackepar les plumes du front. Fig. I. _ Chouette tnbreuse Fig. '2 Aigle belliqueux. h. H. OISEAUX. Cl Ailes atteignant presque l'extrmit de la queue, surobtuses, premire rmige trs-courte, la seconde qale la troisime : celle-ci plus courte que la quatrime et la cinquime, qui sont les plus longues de toutes. Queue mdiocre, ou arrondie, ou eliancrc. Tarses grles, de la longueur du doigt mdian, recouverts d'une seule plaque; doigts mdiocres, les latraux gaux et souds a leur base, le pouce long cl robuste, ainsi que son ongle, qui est le plus long et le plus fort de tous, et, comme les autres, qui, eux, sont trs-courts, recourb et aigu. Ce genre, qui comprend le genre Erythrodryas, Gould, renferme neuf espces de l'Australie et de la Nouvelle-Zlande. Nous figurons le Ptroque bande. Les espces de ce genre, qui ont le plus grand rapport avec nos Traquets, sont communes dans beau- coup de localits de l'Australie; on en rencontre dans les gorges des montagnes, dans les ravins frais et humides. Mais c'est ordinairement dans les taillis que les Ptroquesse tiennent de prfrence, sautant de branche en branche, ou courant terre la poursuite des Insectes dont ils se nourrissent. Fig. 7'2 Plroque a bande. Combien de fois, dit J. Verreaux, lorsque dans mes chasses je cherchais me garantir de la cha- leur du jour, n'ai-je pas t mme d'observer toutes les manuvres de ces petits Oiseaux, qui taient souvent si familiers, qu'ils venaient a quelques pas de moi saisir les Mouches et les Insectes; tantt se posant sur une branche morte, ils restaient immobiles me contempler et suivre des yeux tous mes mouvements; tantt, courant sur un de ces arbres renverss, ils faisaient mouvoir leurs ailes et leur queue, laissant chapper de temps en temps un petit cri, ou un gazouillement assez agrable. S'il se trouvait une branche casse; ils aimaient se poser sur cette dernire, et y restaient jusqu' ce qu'un Insecte vint passer : alors l'Oiseau, qui avait l'air endormi, reprenait toute sa vivacit, et fondait sur ce dernier. Il m'est arriv, cependant, de voir des individus du Pclroica fusca gratter la terre, ou jeter les dtritus avec leur bec pour y chercher des Insectes et des Vers; souvent aussi, lorsque quelqu'un de ces derniers tait trop gros, ils le frappaient sur la terre; mais le plus souvent ils l'emportaient sur une branche, et lu, le cassaient, et, en levant la tte, en avalaient une partie, maintenant l'autre sous leur patte. Quoiqu'ils ne vivent gure que par paires, il m'est arriv quelque- fois d'en voir plus d'une douzaine autour de moi, courant les uns aprs les autres et se querellant assez souvent. Ils font constamment leurs nids, ou dans l'enfoncement de vieux troncs d'arbres, ou dans des an- fractuosits de ravins ou de rochers; ils le composent principalement de dbris d'corces d'eucalyp- tus mlangs de quelques autres plantes, et en garnissent l'intrieur avec de la mousse et de la laine, parfois mme de poils 'euryotis rufus. Leurs ufs sont d'un blanc plus ou moins verdtre, avec des taches brunes runies vers le gros bout. (Zool. lasman. et austral., mss.) Tous se retirent sur les arbres pour y passer la nuit. 6'2 HISTOIRE NATURELLE. PTROIQUE A POITRINE ROUGE. PETROICA PHS1CF.A (Gould.) Tte et parties suprieures d'un ardois fonc, teint de brun sur la tte; une petite tache blanche sur le front: une bande longitudinale d'un beau blanc sur les ailes : ces dernires et la queue d'un noir ple; devant du cou, poitrine et ventre, rouge orang trs-vif; bas-ventre et couvertures inf- rieures de la queue d'un blanc pur; lectrice externe presque entirement blanche; bec, iris et tarses, noirs; dessous des doigts d'un jaune ple. Commune en Tasmanie, dans les environs d'Hobart-Tow, dans les ravins du mont Wellington et du mont Nelson. Fait son nid dans l'enfoncement d'un vieux tronc d'arbre auquel il est toujours adoss. Ce nid est compos principalement de dbris d'ecorces d'eucalyptus brles, qui recouvrent l'extrieur, et, l'intrieur, de poils, djeunes fougres, de mousse et de laine; il le place souvent aussi dans les ra- vins sans en changer la composition. Pond de trois cinq ufs, d'une forme obtuse et arrondie, d'un blanc lave de vert et parsem de taches brunes et lilas, en plus grand nombre vers le gros bout. ( J. Yeiikeaux.) I9' ue GENRE. MIRO. MIIU). (Lesson, 1831.) CARACTRES GNRIQUES. Dec mince, effil, comprim, plus haut que large, garni de soies assez longues. Narines ovalaires, perces dans une membrane basale, et en partie recouvertes par les soies qui garnissent le dessus du bec. Ailes concaves, s' tendant aux deux tiers de la queue, subaigus, premire rmige courte, deuxime plus longue, et troisime la plus grande de toutes. Queue courte, gale, compose de rectrices tronques leur sommet, ou arrondie. Tarses trs-allongs, grles, deux fois plus longs que le doigt mdian, ayant une scutelle ant- rieure de presque toute leur longueur; doigts courts proportion : celui du milieu plus long que l'externe, l'interne le plus court, l'ongle du doigt postrieur le plus fort. Fia. 73. Miro Dieffenbaclm. Fig. 74. Miro Dieffenbachn. Ce genre, cr par Lesson sur une espce reste longtemps unique, le Miro Australis, et confondu dans le genre Pciroica par M. Gray, est compos aujourd'hui, par M. Ch. Bonaparte, de six espces. Nous figurons le Miro Dieffenbachii. Toutes les espces appartiennent exclusivement la Nouvelle- Zlande. Ce sont des Oiseaux qui vivent dans les broussailles, se nourrissent d'Insectes, qu'ils chassent au \ul et en couranl terre. OISEAUX. 03 MIRO KCBISOLE. MIRO TOITOI. (Garnot, Ch. Bonaparte) Ce Miro, de la grosseur de la Msange bleue, n'offre que deux teinles, le noir et le blanc, dans l'ensemble de son plumage, mais leur distribution ne laisse pas encore que de donner cet Oiseau de la gentillesse. Au devant du front s'aperoit une petite bande blanche. Cette couleur se reproduit encore de la terminaison de la poitrine l'abdomen, sur les ailes, o elle prsente un petit miroir, et, enfin, dans quelques points des pennes extrieures de la queue. Cette dernire est trs-lgre- ment tage. Le reste de l'Oiseau est noir; mais il esta remarquer que cette couleur est moins fonce sur les ailes, qui sont plutt d'une teinte brun-noir. Le bec et les tarses sont noirs. Le dessous des pieds est d'un rouge de cinabre. C'est cette dernire considration que cet Oiseau doit son nom. L'iris est de couleur brune. (Garrot, Zoologie de la Coquille.) Longueur totale, 0"',11 0\12. Habite la Nouvelle Zlande, o il a t dcouvert par Garnot. Fig. 75. Miro de Dieffenbach. COt'u.vicitie Cjtotii->c 0)ejnvto6bce.6 upeueiita. Les Dentirostres suspenseurs se composent de quatre tribus : 1" Les Troglodytids; 2 Les Sylviparids; 5 Les ['arides; 4 Les Sylviids. Nous runissons dans ce groupe des Oiseaux dont les habitudes, sinon les murs, sont tellement identiques, qu'il semble difficile de les isoler les uns des autres. La facult qu'ils ont tous, en effet, de s'accrocher et de se suspendre mme, soit au tronc des arbres, soit leurs branches, soit aux tiges des joncs et des hautes gramines, qu'ils contournent en tous sens, en dessous comme en des- sus, pour y chercher les Insectes et les larves, dont ils composent une grande partie de leur nour- riture, est un caractre tel, qu'il suffit pour en motiver et le groupement et la dnomination. Sans doute quelques-uns d'entre eux offrent des caractres zoologiques qui, superficiellement observs, Si HISTOIRE NATURELLE. ont, dans beaucoup de mthodes, surtout celles qui reposent exclusivement sur les principes appliqus par G. Cuvier, fait isoler ces trois tribus les unes des autres : les Troglodytids, par exemple, parais- sant appartenir plus la division d'Oiseaux qu'on est convenu d'appeler Tnuirostres qu' celles des Dentirostres. Mais ces caractres sont plus apparents que rels, et s'effacent, selon nous, devant leur peu de fixit, et surtout devant la gnralit des caractres tirs des habitudes, caractres qui domi- nent nos yeux tous les autres. PREMIRE TRIRU. TROGLODYTIDS'. TROGLODYTIDJI. (0. Des Murs et Chenu.) La plus grande partie des genres dont nous avons compos cette tribu formait, pour Swainson, la troisime sous-famille de ses Turdid, sous le nom de Craleropodin, l'autre portion ayant t par lui range sous le nom de Troglodytin dans ses Sylviadce; pour M. G. R. Gray, les lments de nos Troglodytins sont rpartis, les uns dans ses Certhid, les autres dans ces Luscinid, d'au- tres, enfin, dans ses Turdid. Ces lments sont, du reste, les mmes, peu de chose prs, que ceux runis par M. Ch. Ronaparte sous le nom de Malurid. Si, celte dnomination, nous avons prfr celle de Troglodytin, c'est que, d'une part, les espces ayant pour type notre Troglodyte d'Europe y sont en beaucoup plus grand nombre que celles des Malurits proprement dits, et qu'il nous a paru plus logique de partir d'un type commun et depuis longtemps connu que d'un type plus rare et d'une cration toute moderne; c'est aussi parce que la base relle qui a prsid la composi- tion de cette tribu, quelque nom qu'on lui donne, est moins la communaut de caractres zoolugiques similaires que celle de l'ensemble des murs et des habitudes. Nos Troglodytids renferment trois familles : 1 Troglodytins; 2 Malurins; 5 Timalins. PREMIRE FAMILLE. - TROGLODYTINS. Ainsi que nous venons de le dire, les Troglodytins formaient, pour Swainson, qui en est le cra- teur, une des sous-familles de ses Sylviadce; M. Gray les a noys, lui, dans ses Menurin, dernire sous-famille de ses Ccrlhid, servant de passage ses Luscinid ou Becs-Fins; et M. Ch. Ronaparte les a mis la fin de ses Malurid pour en faire le lien de transition avec ses Certhid. Dans toutes ces mthodes, en effet, la forme du bec de ces Oiseaux a plus influ sur la place leur assigner que leur manire de vivre. Comme coupe distincte des Sylvi des auteurs, c'est Vieillot qu'on en doit la sparation; comme famille, on en doit l'ide M. Ch. Ronaparte, qui la compose des genres suivants : 1" Tryothorc (Tryolhorus), Vieillot; 5 Cyphorliinus, Cabanis; 2" Troglodyte (Troglodytes), Vieillot; 6" Salpinctes, Cabanis; 5 Ramphocinclus, De La Eresnaye; 7 Talare, Lesson. 4 Campylorkynchus, Spix: que nous conservons, l'exception des genres Cyphorkinus et Salpinctes, qui ne sont qu'un dmem- brement du genre Troglodytes, auquel nous les restituons. OISEAUX. 65 Leurs caractres gnraux sont : un bec lin, pointu, droit ou plus ou moins courb, mandibules gales; des tarses allongs, grles, des ailes courtes, concaves, arrondies. Ce sont des Oiseaux vifs, dont la voix, relativement leur taille, a une trs-grande tendue, et qui nichent gnralement dans les trous d'arbres, dans ceux des murailles, dans les fentes des ro- chers, sur les revers des fosss, peu ou point dans l'enfourchure des branches, et courent ou sautent la queue toujours releve : plusieurs frquentent les lieux marcageux, et nichent dans les ro- seaux. Troglodyte. 1" GENRE. RAMPHOCINCLE. RAMPIIOCWCLUS. (De La Fresnaye, 1843.) Pxii.(fo:, bec; xi-psXo;, Cincle. CARACTRES GNRIQUES. Bec grle, trs allong, lgrement arque et chancr. Narines bastes, perces en avant de la membrane qui recouvre les fosses nasales : celles-ci triangulaires. Ailes courtes, surobtuses, rmiges layes de la premire la quatrime el la cinquime, qui sont les plus longues. Queue mdiocre, arrondie, et lgrement tage. Tarses courts, et doigts robustes, ainsi que les ongles, qui sont arqus comme chez les Oiseaux percheurs, le postrieur grand. Fig. 7ft. Ramphocinclus varier/atu*. Fig 77. liamphocinclits variegatus. Plumage mollet; les rmiges et les rectrices peu fermes. (Rev. zool., 1 845. ) Ce petit groupe, particulier aux Antilles, du moins quant aux trois espces dont il se compose, est remarquable par la longueur du bec, lgrement arqu, et par un plumage noirtre; l'espce type est le Turdus (Ramphocinclus) brachyurus de Vieillot. Ce groupe, dit M. De La Fresnaye, offre bien, dans la forme de son bec, quelques rapports avec les Uppucerthies et les Fourniers du Paraguay et du Chili; mais le bec est chancr, et la forme de l'aile, ainsi que la coloration, sont entirement diffrentes. Ce genre, synonyme du genre Herminicrus, Lesson, a t plac, par M De La Fresnaye, dans les Turdirls. C'est avec plus de raison que Lesson, suivi en cela par M. Ch. Bonaparte, a propos de le ranger ct des Tatar ocaniens, des Thriothores et des Campylorhynques amricains. On ne sait rien des murs des Ramphocincles. Nous figurons le Ramphocincle vari. or, IIISTOIIH-: NATURELLE BMPHOCINCLE A CORGE BLANCHE. RAMPHOCISCLUS GUTTURALIS. (De La Frcsnaye.) En dessus, d'une couleur uniformment brun noirtre enfume; rn dessous, d'une nuance claire, enfume; gorge, devant du cou et milieu de l'abdomen, d'un blanc sale. Longueur totale, 0"\22. Habite les Antilles. Fig. 78. Ramphooincle vari. 2 GENRE. TATAR. TATARE. (Lesson.) CARACTRES GNRIQUES'. Bec de la longueur de la tte, grle, h arte graduellement courbe h partir de la base jusqu' la pointe, (/ni est chancre, comprim sur les cts, muni le quelques poils ou soies la base, qui est aplatie Narines bastes, offrant une large ouverture perce dans un opercule membraneux, et recou- verte par les plumes du front. Fig. 7'J. Talarr. Fig. 80. Tatare. Ailes mdiocres et arrondies, surobtuses; la premire rmige tris-courte. Queue moyennement longue, reclrices larges, arrondies et tages. 08 HISTORIE NATURELLE. Queue moyenne, ample et arrondie. Tarses de lu longueur du doigl mdian, robustes, scutells; doigta mdiocres, les latraux gaux, et souds la base; le pouee long, fort, son ongle le plus grand; tous comprims- et aigus. Fig. 82. Campylrhijnchus brunneicapilhi. Fig. 85. Cainpylorhyncliux brunndcapilla. Ce genre, synonyme des genres Cychla, Wagler, et Picolantes, De La Fresnaye, renferme douze espces, toutes de l'Amrique tropicale. Nous figurons le Campylorhijnchus megatopterus. Ce sont des Oiseaux qui ont les murs des Tryotliores. l'ig. 84. C.impylorhynque mgaloplre. CMPYLORHYXQUE ZONATOIDE. CAS1PYLORFITNCBUS ZONATOIDES (De La Fresnaye.) Dessus de la tte d'un gris rembruni, noirtre dans le milieu; dessus du cou, des ailes et queue, zones, en travers, de bandes alternativement gristres et noirtres; tout le dessous, blanebtre sur la gorge et le devant du pou, teint insensiblement, sur la poitrine, d'une nuance fauve trs-claire, un peu plus prononce sur l'abdomen et les sous-caudales. Toutes ces parties couvertes de taches arron- dies, noires, devenant transversales sur les flancs, les cts de l'abdomen et les sous-caudales; bec- corn, mandibule infrieure ple sa base. Longueur totale, 0"',18. I"" GENRE. - TROGLODYTE. TIOGLODYTES. (Vieillot, 1807.) f(f).n, trou; o5iti, voyageur. CARACTERES CITRIQUES. Bec de la longueur de la tte, parfois plan long, presque aussi haut que large la base, lin, su- biili-, pointu, commissure courbe, mandibules gales. OISEAUX. 69 Narines ovales, couvertes d'une membrane, situes la base du bec. Ailes courtes, concaves, arrondies, subobtuses, troisime et quatrime rmiges les plus longues de toutes. Queue courte, gale ou arrondie. Tarses allongs, grles, scutclls, les doigts latraux gaux, lgrement unis la base, le pouce assez long et fort, de mme que son ongle,' qui est le double de longueur des autres et beaucoup plus courb Fig. 85. Troi/lodijtus Ewopus. Fig 8(1 Troijlodylus Euro pie lu Ce genre, retir par Vieillot des Sylvi de Latham, est synonyme du genre Anorlhura, Runie. Il renferme l'espce d'Europe, type du genre, qui est un petit Oiseau qu'on voit paratre dans les villages et prs des villes l'arrive de l'hiver, et jusque dans la saison la plus rigoureuse, exprimant d'une voix claire un petit ramage gai, particulirement vers le soir, se montrant un instant sur le haut des piles de bois, sur les tas de fagots, o il rentre le moment d'aprs, ou bien sur l'avance d'un toit, o il ne reste qu'un instant, et se drobe vite sous la couverture ou dans un trou de mu- raille. Quand il en sort, il sautille sur les branchages entasss, sa petite queue toujours releve. Il lui donne, en chantant, un petit mouvement vif de droite gauche. Il n'a qu'un vol court et tour- noyant; ses ailes battent d'un mouvement si vif, que les vibrations en chappent l'il. C'est de cette habitude naturelle que les Grecs le nommaient aussi Trochilos, Sabot, Toupie; et cette dno- mination est non-seulement analogue son vol, mais aussi la forme de son corps raccourci et ramass. Ce trs-petit Oiseau est presque le seul qui reste dans nos contres jusqu'au fort de l'hiver; il est le seul qui conserve sa gaiet dans cette triste saison : on le voit toujours vif et joyeux, et, comme dit Belon avec une expression dont notre langue a perdu l'nergie, allgre et vioge. Son chant, haul et clair, est compos de notes brves et rapides, sidiriti, sidiriti; il est coup par reprises de cinq ou six secondes. C'est la seule voix lgre et gracieuse qui se fasse entendre dans cette saison, o le silence des habitants de l'air n'est interrompu que par le croassement dsagrable des Corbeaux. Le Troglodyte se fait surtout entendre quand il est tomb de la neige, ou sur le soir, lorsque le froid doit redoubler la nuit. Il vit ainsi dans les basses-cours, dans les chantiers, cherchant dans les bran- chages, sur les corces, sous les toits, dans les trous des murs, et jusque dans les puits, les chrysa- lides et les cadavres des Insectes. Il frquente aussi les bords des sources chaudes et des ruisseaux qui ne glent pas, se retirant dans quelque saule creux, o quelquefois ces Oiseaux se rassemblent en nombre (un chasseur nous assure en avoir trouv plus de vingt runis dans le mme trou) : ils vont souvent boire, et retournent promptement leur domicile commun. Quoique familiers, peu d- liants, et faciles se laisser approcher, ils sont nanmoins difficiles prendre; leur petitesse, ainsi que leur prestesse, les fait presque toujours chapper l'il et la serre de leurs ennemis. Au printemps, le Troglodyte demeure clans les bois, o il fait son nid prs de terre sur quelques branchages pais, ou mme sur le gazon, quelquefois sous un tronc, ou contre une roche, ou bien sous l'avance de la rive d'un ruisseau, quelquefois aussi sous le toit de chaume d'une cabane isole dans un lieu sauvage, et jusque sur la loge des charbonniers et des sabotiers qui travaillent dans les bois. Il amasse pour cela beaucoup de mousse, et le nid en est, l'extrieur, entirement compos; mais, en dedans, il est proprement garni de plumes. Ce nid est presque tout rond, fort gros, et si informe en dehors, qu'il chappe la recherche des dnicheurs; car il ne parat tre qu'un tas de mousse jete au hasard. Il n'a qu'une petite entre fort troite, pratique au cot. L'Oiseau y pond neuf dix petits ufs blancs. Il les abandonne s'il aperoit qu'on les ait dcouverts. Les petits se h- 70 HISTOIRE NATURELLE. tent de quitter le nid avant de pouvoir voler, et on les voit courir comme de petits Rats dans les buis- sons. Quelquefois les Mulots s'emparent du nid, soit que l'Oiseau l'ait abandonn, soit que ces nou- veaux lites soient des ennemis qui l'en aient chass en dtruisant sa couve... ... Nous avons remarqu qu'il se plat dans la compagnie des Rouges-Gorges; du moins on le voit venir avec ces Oiseaux la pipe. Il approche en faisant un petit cri, tirh, tiiit, d'un son plus grave que son chant, mais galement sonore de timbre. 11 est si peu dliant et si curieux, qu'il pntre travers la feuille jusque dans la loge du pipeur. Il voltige et chante dans les bois jusqu' la nuit serre, et c'est un des derniers Oiseaux, avec le Rouge-Gorge et le Merle, qu'on y entende aprs le coucher du soleil; il est aussi un des premiers veills le matin : cependant, ce n'est pas pour le plaisir de la socit, car il aime se tenir seul, hors le temps des amours; et les mles, en t, se poursuivent et se chassent avec vivacit. (Bcffon.) Sa vivacit, dit Bechstein, est charmante, et ses mouvements sont aussi gais que varis; ses rv- rences sont surtout continuelles. Il a la voix trs forte relativement sa petitesse, et sou chant n'a point d'intervalle d'interruption pendant toute l'anne. Ce chant est doux, et ml de quelques pas- sages de celui du Canari; ces passages sont d'autant plus gracieux, qu'ils consistent dans des tous isols, clatants, et allant en descendant. Il peut se garder quelques annes en cage. Fig 87. Troglodyte d Europe, TKOdLODYTK D'EUROI'li TR0GLODTVS BUROPMUS. }'.. Olivier.) Parties suprieures d'un brun roux, avec des raies transversales troites et noirtres sur le dos, les ailes et la queue; parties infrieures d'un cendr rousstre, plus clair et tiranl sur le bleutre a la gorge, la poitrine, avec des taches blanchtres et des raies transversales noires au bas-ventre, sur les lianes et sur les sous-caudales, raie sourcilire d'un blanc rousstre; joues et cotes du ou varies de brun et de blanc rousstre; rmiges brunes, avec les cinq premires rmiges marques al- ternativement de noir et de rousstre eu dehors; bsc bruntre, plus fonce en dessus qu'en dessous; pieds gris rousstre; iris noirtre. (Mle.) Longueur totale, U"',I0 environ. OISEAUX. 71 Habite toute l'Europe; trs-commun dans le nord de la France. (Se trouve aussi en Asie et dans l'Afrique septentrionale.) Pond de six huit ufs, gros relativement l'Oiseau, d'un blanc pur, finement piquets de brun fonc ou de noirtre, surtout au gros boni. Grand diamtre. m ,015 0"',OIG; petit diamtre, 0"'.012. ( Beglami.) 5 GENRE. - THRYOTHORE. THRYOTHORUS. (Vieillot, 1816.) p'ucv, jonc; '.peto, je saute. CARACTRES GNRIQUES. Bec allong, pais sa base, cylindrique, flchi en are, dli, pointu, ci comprim sur les cts; mandibules gales. Narines oblongues, en partie couvertes d'une membrane prominente. Ailes courtes, arrondies, concaves, subobtuses, penne btarde allonge et large; les troisime, quatrime et cinquime rmiges les plus longues de toutes. Queue susceptible de rester releve. Tarses assez forts; les doigts extrieurs runis leur base; le pouce grle, plus Ion;/ que le doigl interne: l'ongle postrieur le plus long de tous. Fig. 88. Thryotlioie dp In Louisiane. Fi" 89 Tlirvolhorc rie la Louisiane LesThryotliores, que M. Gray runit encore aux Troglodytes proprement dits, diffrent de ceux-ci, ainsi que l'a dit Vieillot, par leur bec plus robuste, pais sa base, plus ou moins arqu, et par leur pouce, toujours plus long que le doigt interne. Mais ils ont avec ces derniers les plus grands rapports dans leurs ailes, le port de leur queue et les raies transversales qui sont sur les pennes alaires et caudales. Ce genre, tabli par Vieillot, qui a pris pour type le Thryothore de la Louisiane, tel qu'il est au- jourd'hui constitu par M. Ch. Bonaparte, renferme vingt-deux espces propres aux deux Amriques. Nous figurons le Thryothore des roseaux sous le nom ancien de Troglodytes paluslris, que lui don- nait Audubon, et qui est le type du genre. Quelques-unes prsentent entre elles une telle analogie, au dire de Vieillot lui-mme, que les descriptions peuvent quelquefois ne pas paratre suffisantes pour les bien distinguer; mais on saisit facilement les diffrences qui les caractrisent quand on peut les comparer en nature. Lorsque, dit Vieillot, j'ai tabli cette division, je ne connaissais qu'une seule espce (le Thryothore les roseaux); mais, depuis, j'ai eu occasion d'en voir d'autres qui se trouvent au Brsil, au Paraguay, Cayenne; tous ne frquentent pas les endroits aquatiques; ils grimpent sur les plantes, comme ce- lui-ci sur les roseaux, non pas cependant de la mme manire que notre Grimpereau; ils saisissent en travers, avec leurs pieds, le roseau ou la tige d'une plante quelconque, et les parcourent de bas en haut par petits sauts; habitude qui les rapproche de plusieurs de nos Fauvettes de rivages, et par- ticulirement de la Fauvette effarvatte; mais ils ont le bec et les ailes autrement conforms. Le Thryothore des roseaux habile les endroits marcageux; il se lient dans les roseaux, et semble 72 HISTOIRE NATURELLE. prfrer ceux dont le pied est baign d'eau; il en parcourt sans cesse la tige de la mme manire que notre Fauvette effarvatte, avec laquelle il a encore du rapport par son ramage et son babil continuel; je ne l'ai jamais vu se poser sur les arbres et sur les arbrisseaux; il semble mme viter de s'arrter dans les broussailles et les buissons qui sont sur les bords ou dans le centre de sa demeure ordi- naire; son chant, si on peut donner ce nom une runion de divers cris rpts vingt fois de suite, sans interruption et presque sur le mme ton, est enrou, glapissant, et aussi dsagrable, que le coassement des Grenouilles, ses compagnes habituelles, et aussi incommode par sa longue dure. Si vous entendez, dit Vieillot, un faible craquement, peu prs semblable au bruit que produisent les bulles d'air qui s'ouvrent un passage travers un terrain marcageux lorsqu'on marche dessus, vous aurez peu prs une ide de ce ramage. Plusieurs couples se trouvent dans le mme canton, et les maies semblent prendre plaisir, comme les Grenouilles, a crier plus fort les uns que les autres; ils se font entendre tant que durent les couves, depuis le lever de l'aurore jusqu' midi, recommencent quelque temps avant le coucher du soleil, et continuent une ou deux heures aprs. Ce Thryothore est trs-commun dans les marais qui avoisinent la ville de New-York, il y arrive au mois de mai et les quitte aux approches de l'automne. Si la nature a donn cet Oiseau un chant trs-dsagrable, elle l'a dou d'une industrie rare pour mettre sa progniture l'abri de toutes les intempries de l'air; il lie son nid plusieurs tiges de roseaux, et toujours au-dessus des plus hau- tes eaux; les liens sont d'une telle solidit, que le vent le plus violent ne peut les dtacher; sa forme est celle d'un melon allong; des tiges d'herbe, de petites racines, des feuilles sches, sont l'int- rieur; tous ces petits matriaux sont entremls de vase, et prsentent une sorte de bousillage que l'eau ne peut pntrer lorsqu'il est dessch par le soleil; l'intrieur de ce berceau est garni de plu- mes, de bourre et d'autres matires mollettes; l'entre est sur le ct, vers le milieu, et surmonte d'un petit toit qui, en s' avanant au del, empche la pluie d'y pntrer. La ponte est de cinq ou six ufs, trs-petits, et d'une couleur d'tain fonc. (Nouveau Dictionnaire d'Histoire natu- relle, 1819.) Telles sont les murs et les habitudes des Thryothores riverains ou fluviatiles. Quant celles des autres espces, elles ont les plus grands rapports avec celles de notre Tro- glodyte. THRYOTHORE STRIATUL. TllROTUORVS STMATVLATVS. (De U Fresnayc ) En dessus, d'une couleur d'ombre souris; les ailes et la queue d'un brun noirtre couvert de nom- breuses stries troites, plus fines et moins rgulires sur les rectrices; en dessous, de la mme cou- leur que le dessus, mais plus ple, et lgrement ocrace. chaque plume lgrement borde d'un bruntre peine visible; bec d'un brun noir, la base de la mandibule infrieure blanchtre. Longueur totale, 0"',12. Habite les environs de Bogota . GENRE. - RAMPHOCiNE. RAMPHOCjENVS. (Vieillot, 1819.) CARACTRES GNRIQUES. Dec trs-long, droit, dprim sur ses bords, depuis son origine jusqu'au milieu, ensuite troit et tres-grele; mandibule suprieure dos distinct et arrondi, crochue et lgrement chanere sa pointe, l'infrieure un peu plus courte et trs-aigu; capistrum aplati, et' au niveau du bec Narines un peu avances sur le bec, larges, oblonques, couvertes d'une membrane en dessus et ouverture longitudinale et linaire. Ailes courtes, arrondies, surobtuses, penne btarde arrondie; les cinq premires rmiges la- gees, la premire Ut plus courte de tontes, les cinq et sixime gales, les plus longues. Fig. ] Atheiie Capensis. Fig. '2. Hibou du Ga l'I 16 OISEAUX. Queue mdiocre cl tage, pennes troites. Tarses de la longueur du doigt mdian, minces; doigts allongs, leur premire phalange, l'intrieur libre. lo es extrieurs runis jusqu' Fig 90 Ramphoccerius rufiuentris Fi S . 91. Ramphocnus ruftventru Ce genre, synonyme des genres Acontisias, Sundeval, et Scolopacinus, Cl). Bonaparte, n'a t tabli, dans l'origine, que pour une seule espce, le Ramphocnus melanurus. Contest, cette poque, par M. Temminck, discut, quant sa valeur, par M. De La Fresnaye, il a enfin conquis droit de cit dans la science; seulement, M. G. R. Gray l'a rang parmi ses Menurin, et M. Ch. Bo- naparte, tout en avouant qu'il se rapprochait des Troglodytins, l'a mis dans ses Thamnophilin. Nous pensons, comme M. De La Fresnaye, que ses rapports intimes avec le Thryothore long bec de Vieillot, qui n'est autre que le Bamphoeincle vari, ne permettent pas de l'loigner de ce dernier genre, et qu'il doit figurer avec lui dans les Troglodytins. Ce genre renferme aujourd'hui quatre espces, toutes de l'Amrique mridionale. Nous figurons le Ramphocnus rufivcntris. Ce sont des Oiseaux qui se tiennent continuellement dansTes buissons et les broussailles pour y chercher les Insectes dont ils se nourrissent. 11AMP1IOCNE PU LA TRIMTK. lUMPUOCEM'S TR1MTATIS. (Lesson.) En dessus, roux, tournant au brun sur le dos el les ailes: en dessous, d'un blanc de neige; flancs , r ris. Habite la Trinit. Fifi 02. tiamphocnus rufivcntris. 10 HISTOIRE NATURELLE. DEUXIME FAMILLE. - MALURINES. Cette famille est caractrise par un bec plus haut que large, comprim dans toute sa longueur, flchi, lgrement courb et chancr vers sa pointe, arte distincte et se prolongeant jusque entre les plumes du front: des narines situes sur les cts et la base du bec, et moiti recouvertes par une membrane; des pieds longs et grles; le doigt extrieur uni celui du milieu jusqu' la premire articulation; des ailes courtes et arrondies; une queue trs-longue, conique, rectrices troites, et souvent barbules rares et dcomposes. Les Malurins n'ont form dans l'origine qu'un genre, sous le nom de Malurus, que Vieillot imposa aux Oiseaux de ce groupe, dont les quelques espces les plus anciennement connues taient alors r- parties dans les Merles, les Becs-Fins ou Sylvies et les Gobe-Mouches, mais dont le plus grand nom- bre a t dcouvert dans ces vingt dernires annes, tant en Australie que dans l'Ocanie, et a t divis en plusieurs genres. M. G. R. Gray, le premier, en a form, en 1841, une famille sous la d- nomination de Malurin, dans laquelle, en 1848, il a compris les genres : 1 Orlhotomus, Ilorsfield; 2 Prima, Horsfield; 5 Dripnaica, Swainson; 4 Calamanthus, Gould; 5 Malurus, Vieillot; 6 Stipiturus, Lesson; 7 Alr'icla, Gould; 8 Amytis, Lesson; 9 Sphenura, Lichtenstein; 10 Chtornis, G. R. Gray; 11 Cinclorhamplms , Gould; 12 Mcyalurus, Horsfield; au total douze genres. M. Ch. Bonaparte ne compose ses Malurin que de neuf genres : 1 Malurus: 2 Amijtis; 3 Stipiturus; 4 Dnstjornis, Vigors, par lequel il remplace le genre Sphnura; .*>" Atrichia; (>" Pellorneum, Swainson; 7 Tvrdinus, Blyth; 8 U Xiphorkamphus, Blyth; 9 Pomatorhinus. Horsfield. Nous rduisons cette famille aux huit genres suivants, en nous dirigeant d'aprs les principes de M. Ch. Bonaparle : 1" Zoothre (Zoothera, Vigors); 2" Pomatorhin: 3" Pellorne; OISEAUX. 75 4" Alricliie; 5 Sphnure; 6 Stipiture; 7 Amytis; 8" Mrion (Malurus) t GENRE. - ZOOTIIRE. ZOOTHERA. (Vigrs, 1831.) Zwov, Sire vivant, inseclc; 0/ipaw, je cliassc. CARACTRES GNRIQUES. Bec allong, presque plus long que la tte, comprim dans presque toute sa longueur, arte assez marque, mandibules et commissure courbe de la base h la pointe, qui est chancre; quelques poils h la commissure. Narines latrales perces dans une espce de fosse ou sillon, oratoires et nues. Pig. 93. Zoothtra monticola. Ailes assez courtes et arrondies, subobtuses; la premire penne trs-courte, la seconde un peu moins longue que la troisime, qui est presque gale la quatrime et la cinquime, et la plus longue. Queue peu longue et ample. Tarses trapus, robustes, de la longueur du doigt mdian, ne portant qu'une seule squamelte di- vise seulement ta base; doigts longs et forts, les deux latraux gaux et unis la base; le pouce long et vigoureux, son ongle du double du mdian, mais pas plus courb que les autres. Fiu. 04 /.militera monlicoia. Ce genre, synonyme du genre Myophaga de Lesson, a t rang par M. Gray dans les Turdid. et par M. f.h. Bonaparte dans sa famille des Cinclid, entre ses Cinclin et ses Pitlm. Nous 7fi HISTOIRE NATURELLE. croyons, malgr ces prcdents, qu'on peut phi' Mire Zoothre, sans inconvnient, prs du genre Pomatorhin, et avec lui dans la famille des Timalin. Ce genre, en adoptant la manire de voir de M. Ch. Bonaparte, renfermerait aujourd'hui quatre espces propres l'Asie et l'Ocanie. Nous figurons le Zoolhera moncola de Vigors. On ne possde aucun renseignement sur les murs des Oiseaux de ce genre. ZOOTHRE MONTAGNARD. ZOOTHEIiA ttONTICOLA. (Vigors.) En entier brun lger; une tache longitudinale blanche au haut du cou, quelques taches de cette couleur la poitrine, et l'abdomen caill de blanc sur fond brun; les couvertures fmorales et la r- gion anale brunes; cette dernire partie tachete de blanc. Longueur totale, 0"',30. Des montagnes de l'Himalaya. Fig, 95 Zoottii'c montagnard. 2"" GENRE. POMATORHIN. POMATORHINUS. (Ilorsfield, 1820.) Ilom.a, 7.7-.::, opercule; pw, tvo;, nez. CARACTRES GNRIQUES. Bec plus ou moins long, gnralement de la longueur de la tte, subitement comprim h partir desu base, et d'gale largeur au del tics narines, les deux mandibules et leur commissure gale- ment et paralllement courbes jusqu' la pointe; quelques poils la commissure. lu 96. Pomatorhtnus Irivtrgatus, Frtngtlla ruvalis l'I. 17. OISEAUX. v7 Narines bastes, perces dans un opercule corn, de forme elliptique. Ailes mdiocres et arrondies, surobtuses, les cinquime cl sixime rmiges les plus longues. Queue longue et trs-arrondie. Tarses de la longueur du doigt mdian, robustes, largement scutells; doigts longs et vigoureux, les deux latraux presque gaux; le pouce long et fort, son ongle le plus long et le plus recourb, galant avec son ongle le doigt mdian. Fig. 97 l'ornatorhmus trivirgalus. Ce genre, cr par Horsfield dans sa description systmatique des Oiseaux de l'Ile de Java, a t rang par lui dans sa neuvime famille des Passereaux, ses Certhiad, systme suivi par G.Cu- vier, etc. M. G. H. Gray les place dans ses Timalin, troisime sous-famille de ses Turdid. M. Ch. Bonaparte les range dans ses Malurin, la suite de ses Timalin, famille des Malurd. C'est ce dernier auteur que nous nous rangeons. Le genre Pomatorninus, qui est synonyme du genre Pomalorhynchus, Boi, et qui renferme le genre Xiphorhynclms ou Xiphorhamph,usAeB\yth, se compose de seize espces, toutes de l'Asie mridionale cl de l'Ocanie. Nous figurons le Pomato- rhinus Geoffroyi de Les.son. Fi;. '.)S i'omatorhin de Geoffroy. Les Pomatorhins, d'aprs les observations de J. Verreaux, sont des Oiseaux qui volent par bandes de huit dix, qui frquentent les lieux humides, se rfugiant le plus souvent sur les arbres, d'o ils font entendre un cri de erick, cricli, souvent rpte par chaque individu de la troupe. Lorsqu'un I'o- matorhin est pos, il prend mille attitudes diffrentes, se tenant souvent couch sur la branche, la 78 HISTOIRE NATURELLE. queue releve, la gorge et les ailes pendantes; mais il ne tarde pas quitter sa place pour aller jouer avec les autres; du reste, ils sont trs-turbulents. Leur nourriture consiste en Insectes, qu'ils cherchent en se cramponnant aux branches. Le nid est presque toujours plac, en Australie, sur le haut de jeunes eucalyptus d'environ six sept mtres. 11 est compos de petites branches de cet arbre dont les feuilles s'y trouvent souvent; sa forme est trs-allonge; mais le centre en est large, et l'ouverture qui y conduit est trs-troite et as- sez longue; il a un peu la forme d'un pot l'eau; il est d'environ quarante centimtres de longueur; et le milieu, o la femelle dpose ses ufs, est garni de brins d'herbes. (Zoologie tasmanienne et australienne.) POMATOBHIN ROUGE GORGE. POMATOntlIXUS IWBECULVS (Gould.) Menton et raie superciliaire blancs; poitrine et haut de l'abdomen d'un brun roux; une raie parlant du bec, passant par les angles oculaires et se terminant l'occiput, d'un brun noirtre; vertex, dos, bas de l'abdomen d'un brun intense, teint d'olivtre; couvertures caudales, rectrices et rgion anale noires, les rectrices termines de blanc; bec couleur de corne; pieds noirtres. Longueur totale, 0',28 0'",29. Habite la cte nord-ouest de la Nouvelle-Hollande. ""- GENRE. PELLORNE. PELWMSEVM (Swainson, f 831.) IIeW.o;, sombre; opvecv, oiseau. CARACTRES GNRIQUES. Bec plus court que la tte, unie graduellement courbe, a commissure droite, comprime sur les ctes jusqu' la pointe, qui est chancre, presque aussi haut que large; quelques poils h la base. Narines bastes, perces en ouverture de forme lunule, et en partie recouvertes par une mem- brane. Ailes courtes et arrondies, surobtuses, les cinquime et sixime rmiges les plus longues. Queue mdiocre et tres-arrondie. Tarses minces, de la longueur du doigt mdian, recouverts de larges squamelles; doigts longs, les latraux presque gaux et unis la base; le pouce long et vigoureux; son ongle du double de lon- gueur de l'ongle mdian; tous comprims, courbs et aigus. IV 00 feltorncum ru/icep pj.r. 100 felluriieum ruficepa Ce genre, synonyme du genre Cinclidia de M. Gould, rie renferme qu'une espce dont quelques ornithologistes, entre autres M. Cray, en ont fail deux, C'est le Pellorne tte rousse, de l'Asie centrale. Cet Oiseau se tient constamment au milieu des jongles, va par bande, descend frquemment terre OISEAUX. 79 pour y chercher les Insectes en courant; il grimpe aussi, la manire des Mfions, le long des bran- ches d'arbres ou des tiges de hautes gramines. PELCORNEE A TETE ROUSSE. PEUORNEUM RVF1CEPS. (Swainseffl.) En dessus et sur les cts d'un brun olive obscur; tte, cou et dos couleur de rouille; poitrine et ventre d'un blanc pur: chaque plume de la poitrine cependant portant un point central olivtre. Iris rouge de brique; bec brun en dessus, jauntre en dessous; jambes d'un jauntre teint de couleur de chair. Longueur totale, 0"\16. Habite dans l'Inde, les jongles de Trichoon, de Wurguncherry et de Manantaddy, o il est commun. 4"" GENRE. ATRICHIE. ATRICHIA. (Goukl, 1844.) CARACTRES GNRIQUES. Bec de la longueur de la tte, aussi haut que large la base, h arte et commissure courbes jusqu' la pointe, qui est cliancre; quelques poils h la base. Narines bastes, perces dans une fosse garnie d'un opercule membraneux, et en partie couvertes de plumes. Ailes longues et arrondies, surobtuses; les trois premires galement tagecs, les quatrime et sixime les plus longues. Queue allonge, ample et gradue- Tarses mdiocres, vigoureux, recouverts de larges cailles; doigts mdiocres; le pouce long, ro- buste, arm d'un ongle long et courb. Fiff. 101 Atruhm clamosa. Ce genre repose sur une espce unique de l'Australie, dont nous donnons la ligure et la descrip- tion : l'Atrichic crieuse. On ne possde sur ses murs aucun dtail. ATRICHIE CRIEUSE. ATRICHIA CLAMOSA (Guuld ' Dessus du corps, ailes et queue d'un brun obscur, chaque plume marque en travers de petites taches blindes noirtres; la page intrieure de chaque rmige primaire plus fonce; les rectrices par- SO HISTOIRE NATURELLE. semes de gouttelettes et non fascies, gorge et poitrine d'un bleu rousstre, avec une grande tache au bas de la gorge; abdomen et rgion anale roux. Longueur totale, 0"\2I. Australie occidentale. Fig. 102 el 105 Atrichie cneuse (Mle et femelle ) o rap GENRE. SPHNURE. SPHENUBA | Lichtenstein. 1825.) Soyiv, coin; suoa, queue. CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, de la longueur de la tte, arte cl a commissure courbes jusqu' la pointe, qui est chancre, comprim sur les cts; quelques poils h la base mandibulaire. Narines bastes, perces dans une. large fosse garnie d'un opercule membraneux, et en partie cou- vertes de plumes. Ailes courtes et arrondies, surobtuses, les sixime et septime rmiges les plus longues. Queue longue et lage. Tarses trapus, de la longueur du doigt mdian, largement scutclls; les doigts latraux gaux, l'externe uni sa base; le pouce long, robuste et muni d'un ongle courb et aigu. Fig. 104. Spliemira lrach;iptera Fig. 105. Splienura Ir achypttr a Ce genre, synonyme du genre Dasyornis de Vigors et Horsfield (1820), ne renferme que trois es- pces de l'Austrasie. Nous figurons le Sphnure long ber. | ? ig. 1. Seisura inquita Strepera gracuUna IM. 18 OISEAUX. 81 Ces Oiseaux frquentent les endroits buissonneux, o ils se rfugient d'habitude. Ils aiment a courir sur le sol, les ailes moiti ouvertes et la queue releve. Ce sont de vrais Mlions sous bien des rap- ports. Ils donnent leurs nids une l'orme globulaire et le placent ou dans des ravins ou au pied des buissons touffus. Ils vivent, dit J. Verreaux, par paire, soit dans les lieux marcageux, soit dans les buissons envi- ronnants, paraissant rarement leur sommit, mais pntrant toujours dans l'endroit le plus pais pour y chercher les Insectes qui servent leur nourriture, courant mme parfois sur le sol pour ga- gner un autre buisson, faisant alors mouvoir sa queue la manire du Dnjmoica macroura, ou, pour mieux dire, du Corypluea, avec lequel ces Oiseaux (surtout le Spknura brachyptera) paraissent avoir la plus grande analogie. Comme ces derniers, celui-ci fait entendre, matin et soir surtout, un chant trs-agrable qui l'en rapprocherait encore davantage. Mfiant comme eux, il vite avec soin tous ses ennemis, et surtout le chasseur; aussi n'est-ce que de grand matin, lorsque les premiers rayons du soleil commencent paratre, qu'il se risque venir se percher sur le haut des branches, et qu'il fait entendre sa voix mlodieuse et sonore. (Zool. tasman. el austral.) SPHENURE A AILES COURTES. SPHENVRA BRACHYPTERA. (Utham, Lichtenstcin.) Parties suprieures brunes, avec une forte nuance d'olive, changeant en rousstre suivant les inci- dences de la lumire, et trs- prononce sur les ailes et la queue; gorge, devant du cou et milieu du ventre blanchtres : cette teinte se voit aussi sur la poitrine, dont la base est d'un brun rousstre qui devient de plus en plus fonc sur les parties latrales de cette dernire, et surtout sur les tlancs et les couvertures infrieures de la queue; deux longs poils la commissure, recourbs par en bas; bec et tarses brun clair; mandibule infrieure blanchtre; iris brun-marron. (.1. Yehceaiix.) Longueur totale 0'V21; de la queue. . . . 0"',08. Fig 100 et 107. Splicnure long bec. (Mle et femelle.) 1) 82 HISTOIRE NATURELLE. IV e GENRE. ST1PITURE. ST1PITURUS. Lesson, 1831. Mot lijbiide : stipes, itis, tige; cuj, queue. CARACTRES GNRIQUES. Dec plus court que la tte, arte suprieure et commissure graduellement courbes, et h cts comprims jusqu' la pointe, qui est sans ebancrure ou faiblement chancre, la mandibule inf- rieure se relevant d'une manire insensible son exlrmib ; quelques poils rares la base mamli- bulaire. Narines bastes, perces dam une fosse membraneuse, ouverture subovalaire, cl nues. Ailes courtes cl arrondies, subobtuses, la troisime rmige gate aux quatrime, cinquime et sixime, qui sont avec elles les plus longues. Queue allonge et tage, forme de six pennes filiformes h barbes dcomposes. Tarses de la longueur du doigt mdian, minces, grles, recouverts d'une seule squamelle; doigts longs et minces, les latraux gaux, l'externe soud sa base; le pouce long, son ongle un peu plus fort que l'ongle mdian, tous faiblement courbs et aigus. Fig. 108 Sttpiturus matarfurus. Fig. 109. SlipUurut malachurus. Ce genre ne repose que sur une seule espee de l'Australie, range pendant longtemps avec les Malurus. Nous en donnons la figure. C'est le Stipiturus malachurus. Cette espee est si souvent cache dans les buissons pais ou terre, courant la poursuite des petits Insectes qui servent sa nourriture, que ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on parvient la faire sortir de sa retraite, et ce n'est gure qu'avec un bon Chien qu'il est possible de la l'aire lever. Alors elle se repose sur le sommet d'un buisson, mais pour trs-peu de temps, car elle ne tarde pas a disparatre de nouveau et courir sur le sol avec assez de vitesse, faisant mouvoir sa queue et quel- quefois ses ailes. Son cri ressemble un peu celui du Malurus cyaneus, mais il est moins fort : aussi est-il facile de la distinguer au premier abord; et une chose tonnante, c'est de voir les Chiens s'arrter sur elle comme sur les Cailles. Elle se laisse approcher de si prs, qu'il est difficile d'en avoir des individus en bon tat, car, si ou ne la tire pas immdiatement, elle disparait comme l'clair. On en entend beaucoup pendant le mois d'aot, et davantage encore en septembre : c'est vers la tin de ce mois que se trouvent les couves. Le nid est d'une forme arrondie et compos de brins d'herbes et de diverses espces de plantes et de semences; on y voit a et l quelques plumes dans l'intrieur, qui est d'environ quatre centimtres de profondeur; l'ouverture en est assez grande et peu prs de ce diamtre. Ce nid est presque tou- jours tabli au milieu d'un buisson trente ou trente-trois centimtres du sol, dans les lieux marca- geux que frquente l'espce. (.1. Vehreacx, Zool. tasm. et austral., mss.) STIPITURE A QUEUE GAZE. STIPITURUS MALACHURUS. (Shaw, Lesson ) Dessus de la tte d'un roux brun, avec des flammches brunes sur l'occiput. Cette mme couleur se reproduit sur le dos et les ailes; mais les fiammcl, es sont plus larges; le derrire du cou est d'une OISEAUX. 83 teinte plus grise, et le centre des plumes est brun noirtre; un large sourcil, toute la gorge et le devant du cou d'un bleu lilas; etes du cou et reste des parties infrieures roux; le centre de l'ab- domen blanc. Queue compose de six rectrices longues, tages, noires, bordes de fauve a barbes spares, ce qui a fait donner l'espce le nom de Queue gaze. Ailes brunes, franges de fauve : plumes du croupion longues, lches, d'un brun fauve; bec brun fonc; tarses d'un brun plus clair; iris brun clair; cinq longs poils la commissure de chaque ct. Longueur totale, m ,18 environ; de la queue, 0"\ll. (J. Verreaux.) 7 mB GENRE - AMYT1S. AMYTIS. Lesson, 1851. CARACTRES GNRIQUES. Bec plus court que la tte, assez lev sa base, qui est garnie de poils, arte suprieure et commissure courbes jusqu' la pointe, qui est un peu crochue et chancre; comprim sur les cts; la mandibule infrieure subuleet se relevant son extrmit. Narines bastes perces dans une large fosse, ouvertures nues cl arrondies. Fig.HO. Amytis textilis. Ailes courtes et arrondies, surobtuses, les quatrime et sixime rmiges gales, les plus lon- gues. Queue trs-longue et tage. Tarses de la longueur du doigt mdian, couverts de larges squamelles; doigts longs et forts, les latraux gaux et souds leur base, le pouce long et robuste, muni d'un ongle du double de ceux antrieurs, qui sont courts cl fort peu courbs. Fig. 111. Airytis teastilts. Ce genre ne renferme que trois espces de l'Australie, qui ont t ranges tantt avec les Malurus, tantt avec les Dasgonius de Vigors, qui ne sont pour nous que des Sphnura. Nous figurons Y Amytis strialus de Gould. Le type du genre, l' Amytis natt, est remarquable, disent Garnot et Lesson, par l'habitude qu'il a de se tenir presque toujours sous les buissons et de passer de l'un l'autre en courant avec vitesse. On le prendrait pour une souris, mprise qu'augmentent encore sa couleur rousse et le petit sifflement aigu qu'il fait alors entendre. IZool. de l'Uranie.) 81 HISTOIRE NATURELLE. AMYTIS STRI. AMYTIS STRIATUS. (Gould, Gray.) En entier brun : abdomen de couleur cendre; chaque plume du dos portant une ligne centrale blanche; bec et pieds noirtres. Longueur totale, m ,16. Habite les plaines de Liverpool la Nouvelle-HollanOe. Fig 112 et 115. Amytis stri (Mle et femelle. 8 me GENRE. MRION. MALURUS. (Vieillot, 1816.) MxXano;, tendre, ID0U2, cuja, queue. CARACTRES GNRIQUES. Bec trs-court, moins long que la tte, lgrement dprim et largi h ta base, qui est garnie de quelques petits poils rares, arte courbe et cts comprims jusqu' la pointe, qui est entire; la commissure presque droite, la mandibule infrieure un peu renfle, et se relevant d'une manire insensible son extrmit. Fig. 114. Malurus splendens. Fig. 115. Malurus splendens. Narines bastes, places dans une fosse membraneuse, ouverture longitudinale et nue. OISEAUX. 85 Ailes trs-courtes, surobtuses, la premire rmige aussi longue que la seconde, les quatrime cl sixime gales, les plus longues de toutes. Queue plus ou moins tage, la tige de chaque reclrice largie et tronque son extrmit. Tarses de la longueur du doigt mdian, et minces ; doigts mdiocres, tes latraux gaux, l'ex- terne uni sa base; le pouce assez long, son ongle courb et aigu, presque gal celui du doirjt mdian. Ce genre, dmembr des Molacilla de Gmelin, qui n'en connaissait qu'une seule espce, en ren- ferme aujourd'hui dix, toutes de l'Australie. Nous figurons les Mlions bleus et tte noire. G. Cu- vier, en ignorant les murs, les confondait avec les Traquets. C'est dans les ravins, les lieux humides et dans les marais que se rencontrent la plupart des espces de ce genre; ces Oiseaux sont le plus souvent terre, courant sur le sol ou sur les arbres renverss pour y chercher et saisir les Insectes dont on trouve constamment des dbris dans leur estomac mus- culeux. Ce n'est que de temps autre qu'ils se penchent sur la sommit des buissons ou le long de la tige des gramines; ils choisissent plus frquemment une branche morte et leve pour y voir de plus loin. Ils vont toujours sautillant et faisant mouvoir leur queue ainsi que leurs petites ailes. Lorsqu'ils sont effrays, ils s'envolent peu de distance et plongent dans l'paisseur des fourrs, pour, de l, descendre sur le sol et prendre leur course, qui est vraiment rapide pour des Oiseaux de cette exigut. (.J. Verreaux, Zool. tasm. etaustr., mss.) Ils font indistinctement leurs nids le long et au milieu des gramines, ou sur des arbres et arbustes peu de hauteur de terre. J. Verreaux en a rapport un du Malure longue queue, qui tait d'environ quatorze centimtres de hauteur sur neuf de largeur; l'ouverture s'en trouvait en haut et semblait protge par les branches qui en cachaient l'entre : il tait compos d'herbes sches, de feuilles mortes, de racines fines; et l'intrieur, qui tait d'environ cinq centimtres de profondeur, se trouvait garni de substances moelleuses; on y remarquait, entre autres, une assez grande quantit de plumes de Poule de Kakatos, de Strix, etc. Ce nid se trouvait a environ un mtre trente-trois centimtres (quatre pieds) d'lvation de terre et assez bien cach dans une touffe ou dans un buisson de l'espce d'arbuste appele Thee-tree. Un autre nid avait une apparence toute diffrente : il tait mlang de dbris d'corces d'eucalyp- tus, de mousse et de divers dbris d'autres plantes : il n'tait gure qu' un mtre de terre, trs-bien cach dans un buisson pais. Enfin, le mme voyageur a trouv un nid de Mrion bleu dans un citronnier, la sommit de cet arbuste, prs de un mtre soixante-six centimtres (cinq pieds) du sol; et il tait peine cach par quelques feuilles. Il se trouvait attach une branche par le ct et soutenu par des feuilles en dessous, et son ouverture se trouvait la partie suprieure, mais un peu de ct : sa forme tait peu prs ovalaire. Il tait compos de dbris d'eucalyptus, de quelques racines fines et de gramines l'extrieur; l'intrieur contenait quelques plumes; mais il tait si clair, qu'il tait facile de voir le jour au travers. Le nombre des ufs que renferment ces nids dpasse rarement trois : ils sont d'une forme allonge et presque elliptique, tant arrondis aux deux extrmits; le fond de couleur est toujours le blanc pur, recouvert surtout l'un des bouts de quelques points d'un ton brique plus ou moins ros; sou- vent aussi on n'y distingue aucune de ces taches. MRION DE LAMBERT. MALUMJS LAMBERTl (Vigors el Horsfield.) Tte d'un vert bleu qui se dtache sur les oreilles, o les plumes sont longues et susceptibles de se redresser; mais tout le pourtour de l'occiput est d'un bleu d'azur vif, et, sur le milieu de la tte, il est facile de distinguer une tache brune qui occupe un grand espace et qui perce visiblement au tra- vers du vert-bleu fonc qui termine chaque plume; un demi-collier d'un noir de velours se dessine sur le derrire du cou et vient joindre le noir qui colore la gorge et le devant du cou, ainsi que la poitrine et une petite portion des cts du front : au-dessous du collier noir se voit un autre demi- 80 HISTOIRE NATURELLE. collier d'un bleu d'azur qui devient d'un violet admirable sur ses parties latrales, c'est--dire en avant de l'aile. Le dos est d'un roux marron vif et clair; l les plumes sont longues et viennent cou- vrir la partie antrieure des ailes; mais immdiatement aprs se trouve une tache d'un bleu azur qui est galement en partie couverte par les longues plumes du dos; le croupion est recouvert de longues plumes d'un noir de velours et les couvertures suprieures de la queue sont mlanges de noir et de brun. Toute la partie infrieure est blanche, avec une lgre teinte fauve sur les flancs. Les ailes sont brunes, ainsi qu'une partie de leurs couvertures. La queue, trs-tagee, est compose de dix rectrices d'un vert-bleu sale et terne; la plus externe est si petite, qu' peine peut-on la compter au nombre de ces dernires; la seconde est borde latralement de gris et termine de blanc, ainsi que la troi- sime, tandis que cette couleur est peine perceptible sur l'extrmit de la quatrime, et encore moins sur les deux mdianes. Les couvertures infrieures des ailes sont d'un fauve clair. Le bec noir; l'iris d'un brun fonc; les tarses et les ongles brun clair. Longueur totale, m ,M; de la queue, 0"',07. (J. Verreaux.) Fig. 116 et 117. Mrion de Lambert (Mule et femelle TROISIME FAMILLE. - TIMALINES. Les Tinialins sont de cration trs-rcente; les espces qui la composent ont t ballottes dans bien des genres, que l'on a souvent loignes les uns des autres. Ainsi M. Grav les a rangs dans ses Turdid, les composant des genres : OISEAUX. 87 1 Donacobius, Swainson; 2" Cinclosoma, Vigors et Horsfield; 3 Crateropus, Swainson ; 4 Garrulay, Lessoii; 5" Trochaloptcron, Hodgson, G" Actinodura, Gould; 7 Pierocyclus, Gray; 8 Pellorneum, Swainson-, 9 Turnagra, Lesson; 10" Timalia, Horsfield; 11 Pomatliorinus, Horsfield; 12" Icteria, Vieillot. M. Ch. Bonaparte, simplifiant nette composition, l'a restreinte aux genres suivants: 1 Psoplwdcs, Horsfield; 2 Spenosloma, Gould; 3 Xerophila, Gould; 4 Ckry somma, Hodgson; 5" Timalia; 6" Minorais, Hodgson; 7 Turdirostris. Hay; 8 Macronus, Jardine. Combinant ces deux systmes, nous maintenons, pour nos Timalins, neuf genres, qui sont: 1 Macrone (Maeronus); 2" Mgalure (Megalurus), Horsfield; 3" Cratrope (Crateropus); 4 Cinclorhamphe (Cinclorhamphus), Gould; 5 Donacobie {Donacobius}; 6" Timalie (Timalia), 1" Mixornis (Mixornis); 8 Cinclosome (Cinclosoma); 9 Splinostome (Sphenostoma). Ce sont des Oiseaux dont le bec est gnralement court et gale peine la longueur de la tte, dprim sa base seulement, comprim dans le surplus, tarses et pattes proportionns et assez forts, ailes surobtuses. Us ne vivent que dans les halliers, se nourrissent exclusivement d'Insectes, ont le vol court et nichent prs de terre; plusieurs ont un chant assez agrable. Tous appartiennent l'Asie mridionale, l'Ocanie et l'Australie. 1" GENRE. MACRONE. MACRONUS. Mxxpo;, long; cvui;, ongle CARACTRES GNRIQUES. Dec de la longueur de la tte, presque aussi haut que large, mais lgrement dprim h la base, mandibule suprieure inflchie vers la pointe, qui est chancre cl dpasse la mandibule inf- rieure, celle-ci releve son extrmit; commissure rectiligne; quelques poils allongs h la base. Narines latrales perces la portion antrieure d'un opercule membraneux, et presque entire- ment recouvertes par de petits poils et par les plumes du front. 88 HISTOIRE NATURELLE. Ailes courtes cl arrondie, surobtuses; la cinquime cl la sixime rmiges les plus longues. Queue mdiocre, large cl arrondie. Tarses courts, de la longueur du doigt mdian, largement sculells; doigts proportionnellement longs, les deux latraux gaux; le pouce plus fort et gal au mdian, son ongle le plus fort de tous, ceux de devant tant assez courts, recourbs cl aigus. Fig. 118. il/acronus plilosus. Fig. 119. Macronus plilosus. Ce genre, synonyme du genre Napothera, Boi, el qui comprend les genres Malacoptcron, Eyton, Turdinus et Setaria de Blyth, se compose, pour M. Gray, de quatorze espces de l'Inde et de l'Asie mridionale. Nous figurons le Macrone grammiceps. Les espces de ce genre, qui sont des Fourmiliers pour M. Temminck, touchent de trs-prs aux Timalies. Une espce, celle dont nous donnons la description, offre, ainsi que l'a remarqu M. Eyton, quelques points de contact avec les Lamins; mais elle n'en a pas moins, comme ses congnres, les moeurs et les habitudes des Timalies, dont nous ne croyons pas devoir les sparer. Fig. 120. Macrone grammiceps MACRONE A LONGS DOIGTS. MACIiONUS MACRODACTYLUS. (Slrickland, Gray.) Tte, nuque et haut du dos d'un brun roux, chaque plume borde d'une teinte plus fonce; crou- pion, ailes el queue d'un ferrugineux obscur, passant au noirtre sur cette dernire; lorums blanch- tres; joues brun obscur; menton et gorge d'un beau blanc, chaque plume termine d'un brun fuligi- neux; ahdomen blanc sale, flancs et rgion anale d'un brun rousstre; bec et pieds brun fonc. Longueur totale, 0'",19. DeMalacca. OISEAUX. SI) 2 GENRE. MEGALURE. MEGALURUS. (Horsfield, 1820.) Meva;, yaX/i, grand; oupa, queue, CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, de la longueur de la tle, aussi haut que large, arte suprieure cl commissure courbes jusqu' la pointe, qui est chancre, l'arte infrieure se relevant son extrmit; quel- ques poils roides la base. Narines bastes, ouverture ovalaire et une. Ailes mdiocres, surobtuses, la premire rmige assez courte, la seconde plus courte que la troi- sime, celle-ci avec la quatrime et la cinquime, qui sont gales, les plus longues. Queue trs-allonge et tage. Tarses robustes, largement scutells, de la longueur du doigt mdian; doigts allongs, les lat- raux presque gaux, l'externe lgrement soud sa base, le pouce et son ongle longs et vigoureux, celui-ci du double le longueur du mdian et plus crochu. '%^u/' Fig. 121. Meqalurus palustris. Fig. 122. Megalurus palustris. Ce genre se compose de sept espces de l'Australie et de l'Ocanie. Nous figurons le Mgalure citrin. Les Mgalures frquentent les plaines herbeuses. Le mile s'lve souvent en l'air en commenant une espce de chant qu'il continue lorsqu'il redescend en se radiant au milieu des herbes. On ne sait rien de particulier sur leurs murs. Fis. 125. Mgalure cilrin. 12 90 IIISTOlliE NATURELLE. 5'"" GENRE. CRATROPE. CBATEROPUS. (Swainson, 1831.) Kpaxepo:, Lut ; -eu;, pied. CARACTRES GNRIQUES. lice mdiocre, de la longueur de In tle, gnralement fort, comprim sur les cts, arte su prieurc el commissure inflchie, jusqu' lu pointe, qui est plus on moins chunere et un peu ni gu, quelques poils la base, ou inerme. Narines larges, lunules et recouvertes tmr une squanielle membraneuse Fig. 12-i Craterapii-i bicolor. Ailes assez- courtes, trs-arrondies, surobtuses, la quatrime rmige presque gale aux cinquime ci sixime, qui sont les plus longues. Queue longue el lage. Tarses de lu longueur du doigt mdian, robustes, recouverts de squamclles; iloigls longs el forts, les latraux gaux, le pouce trs-long cl vigoureux, muni d'un ongle crochu du double de lon- gueur de l'ongle mdian. Im^. I '25 Crateropus bicolo? Ce Retire renferme quatorze espces exclusivement propres l'Afrique. Nous figurons le Cratero- pus Jardinii de Smith. Ce sont des Oiseaux qui tiennent le milieu entre les Merles et les Timalies, mais sur les murs desquels on possde encore fort peu de dtails. CRATROPE RUBIGlNbUX. CRATEROPUS RUBIGINOSUS. (Rappel.) En dessus d'une couleur brune rubigineuse; le raclas de chaque plume frontale rigide el de OISEAUX. '.il couleur blanchtre; en dessous d'uire couleur d'ombre vineuse; bec. pieds et ongles couleur de corne. Longueur totale, m ,2o. Hu Schoa, en Abvssinie Fig. I2ft. Cratrope de Jardine. l" HENRI:. - CINCLORHAMPHE. CfNCLORHAMPHUS. (Gould.) Ki*[xXo;, Cincle; pauepe:, bec CARACTRES GNRIQUES. Bec uii'peu plus court que la tte, lgrement arqu cl ckancr; commissure subanguh use h sa base, puis arque dans toute sa longueur. Narines latrales ovales I il 1 l'il Cutclortiamjjtiui cruralts Ailes mdiocres, rigides, subaigus, premire rmige longue, la seconde et la troisime gales, et plus l( ngues. Queue petite, cuniforme. 92 HISTOIRE NATURELLE. Tarses robustes, de la longueur du doigt mdian, scutells en avant; doigts allongs, robustes, le ponce surtout, qui est articul la base du tarse. Fig 1-2S. Cinclorhamphita cruraiis Ce genre, auquel nous adjoignons avec M. Gray le genre lletcruru de Hodgson, renferme quatre espces de l'Australie el de l'Asie centrale. Nous figurons le Cinelorhamphe rousstre. Les Cinclorhamphes frquentent les endroits cultivs de l'Australie, courent volontiers terre. Leur vol est court, cependant quelquefois ils s'lvent assez haut en ligne perpendiculaire au moyen d'un petit trmoussement des ailes, puis bientt reprennent leur vol horizontal d'une manire soutenue. CINCLORHAMPIIK CHANTEUR. CWCLORHAMPHUS CANTULANS. (GouU.; En dessus couleur d'ocre obscur, plus fonc au centre de chaque plume; une tache triangulaire noire l'angle interne de l'il; gorge et poitrine d'un blanc sale, chaque plume de cette dernire partie portant une raie longitudinale bruntre; le dessous du corps d'un brun ple plus fonc au mi- lieu de l'abdomen. Longueur totale, 0'",22. Fie i-2'j el 130 Cinclorliamplie roussStrc (Mle et femelle p;.i i __ Colluricincla rvfiventru Kin. '2 Dacelo gigantea. ri. ni. OISEAUX. 93 5- GENRE. - DONACOBIE. (D'Orbigny et De La Fresnaye.) DONACOBIUS. (Swainson, 1831.) AoviH, xo, roseau; pioto, je vis. CARACTRES GNRIQUES. Bec de la longueur de la tte, comprime sur les cots, arte suprieure et commissure graduel- lement courbes de (a buse la pointe, qui est chancre; la mandibule infrieure se relevant insen- siblement son extrmit; quelques poils la base. Narines bastes, perces dans une large fosse, elliptiques et nues. Ailes trs-courtes et arrondies, surobtuses, les quatrime, cinquime et sixime rmiges gales entre elles, les plus longues Queue assez longue et trs-arrondie. Tarses de ta longueur du doigt mdian, robustes, couverts de larges cailles unies; les doigts longs et forts, les latraux gaux, l'externe soud sa base, le pouce trs-long et vigoureux, muni d'un ongle du double plus long et plus fort que celui du doigt mdian, courb et aigu. l r ig 151. Donacobius alricapiltus. Fig. 152. Donacobius alricapilus Cette division gnrique avait originairement t cre par Wagler, en 1827, sous le nom de Ci- clda, qui, ayant t prcdemment employ, a d faire place celui de Swainson. Ce genre ne ren- ferme que deux espces de l'Amrique mridionale. Nous ligurons leDonacobie bandelette blanche de MM. D'Orbigny et De La Fresnaye. Ces Oiseaux, d'aprs D'Azara, ne sortent jamais des lieux inonds et des environs des eaux stag- nantes. Quoiqu'ils se laissent apercevoir ds le grand matin sur les plantes aquatiques, ils y res- tent pour l'ordinaire fort cachs; ils sont solitaires, et le plus souvent le maie se tient vingt ou trente pas de la femelle. Ils ne sont point dfiants, ils sont peu actifs, et leur vol est court et bas. M. D'Orbigny les a galement rencontrs dans les marais et au sein des lacs entours de forts. II est rare qu'il y en ait plus d'un couple par lac; mais chacun parat avoir le sien. Toujours, au plus pais des roseaux et des joncs, on entend plutt qu'on ne voit les deux consorts se rpondre la distance d'une trentaine de pas l'un de l'autre. Au temps des amours, leurs chants redoublent de force; ils en font alors retentir au loin les marais; ils semblent vouloir couvrir eux seuls le chant des autres Oiseaux. Jamais ce voyageur ne les a entendus ailleurs que dans les lieux inonds, o ils vivent d'Insectes, eu qu'il a pu reconnatre l'inspection de leur estomac. DONACOBIE A AMYGDALES NUES. DO\ACOBIVS ATltlCAPILLUS. [Linn, Grav Le dessous du cou et du corps est d'un roux ml de jaune-paille; il y a quelques lignes noirtres sur les flancs. Les couvertures infrieures des ailes sont noirtres, avec une tache blanche et quel- ques points noirs. Du noir velout couvre la tte; le dessus du cou et le haut du dos sont d'un noir lav de roux. Le reste du dessus du corps est roux Les couvertures suprieures de l'aile sont noir 94 HISTOIRE NATURELLE. trs et les pennes brunes; mais 1rs extrieures ont une tache blanche fort apparente prs de leur origine. La queue est d'un brun noirtre, et ses pennes, l'exception des deux du milieu, sont ter- mines de blanc. Le tarse est d'une teinte plombe, le bec noir et l'iris d'un trs-bel orang. Longueur totale, IU ,22. Se trouve au Paraguay. Fis 153 H icobie le D'Oibigny. G GENRE. 1TMALIE. TIMALIA. (Horsfield, 1820.) CARACTRES GNRIQUES. Bec plus court que ta tte, fort; comprim partout, plus haut que large, lgrement flchi; arte arrondie, s'avanant entre les plumes du front; mandibule infrieure comprime, droite. Surines bastes, latrales, rondes, couvertes par une membrane garnie dune petite bande le plumes. Ailes courtes, arrondies, surobtuses, In premire rmige courte, les trois suivantes lages; les sixime et septime les plus longues. Queue allonge, arrondie Tarses forts, sculclls, de la longueur du doigt mdian, le doigt externe runi jusqu' lu pre- mire articulation; l'interne libre; ponce robuste, son ongle du double plus grand que les antres. Fig. 134. Timalia grisea. Fig. 135 Timalia gruea Ce genre, qui, pour nous comme pour M. Gray, embrasse les genres Malacocircus, Swain- son, 1852, el Mixomis, Hodgson, 1845, renferme seize espres, toutes de l'Asie mridionale el de l'Ocanie. Les espces de ce genre ont de grauds rapports de formes avec les Brves d une pari, el de murs OISEAUX. 95 avec les Fourmiliers, desquels M. Temminck les rapprochait, avec Ii squels mme il les confondait. Presque toutes vivent an milieu des buissons et cherchent leur nourriture sur le sol, sans cependant y sjourner, s'empressant, aussili un Insecte pris, de regagner leur buisson, o elles grimpent el sautillent de branche en branche la recherche d'une nouvelle proie. Quelques espces sont sociables. Ainsi, d'aprs Horsfield, la Timalia pileala se voit dans les buissons prs des villages et des plantations; elle place son nid dans les haies et se montre rarement dans les grandes forts: son chant est trs-agrable et cadence. TJMAI.IIi TACHETEE. TIMALIA LARVATA. (Huiler.) En entier d'un roux olivtre; dessus de la lte d'un brun obscur, finement strie de blanc; dessous la gorge c De Sumatra. de la gorge d'un gris ardois borde de blanc GENRE. - MIXORNIS. MIXOIIMS. Hodffson CARACTERES GENERIQUES Bec de la longueur de la (le, largi el dprim la base, comprim partir des narines jusqu' la pointe, qui est lgrement ckancre, recourbe, et recouvre celle de la mandibule infrieure, arte suprieure trs-aigu entre les narines, arrondie et vote dans le reste; commissure presque droite; des poils la base. Narines perces dans une large fosse membraneuse, le forme arrondie et h dcouvert. Ailes arrondies, atteignant le tiers de la queue, surobtuses, premire rmige trs-courte et presque rudimentaire, les cinquime et sixime rmiges les plus longues. Queue arrondie, trs-troite. Tarses courts, grles, de lu longueur du doigt mdian, les latraux gaux; le pouce court et fort. Sun angle de mme longueur, aigu et crochu, ainsi que ceux antrieurs. Vis 136. Mixornis Borneensis Pis 137. Mixornis Borneensis Ce genre, compris par M. Gray dans le genre Timalia, renferme, selon M. Ch. Bonaparte, six espces de l'Asie mridionale et de l'Ocanie. Nous figurons le Mixornis hausse-col, Mixornis po- liopsis. MIXORNIS DE BORNO. MIXORNIS BOR.\EENSIS. (Cli. Bonaparte.) En dessus, en entier d'un brun marron fonc uniforme; lorums et joues noirtres; gorge et poitrine blanches, marques de flammches brunes stries de noir dans leur centre; ventre et abdomen d'un 96 HISTOIRE NATURELLE. jaune soufre clair, strie finement de gris noirtre; ces stries rsultant plutt le la couleur du racliis de chaque plume que de leurs barbes; bec et pattes couleur de corne. Longueur totale, de m ,1 5 fl'",14. De Borno. Fi". 1j8 Miiornis hausse-col. 8"" GENRE. CINCLOSOME. C1NCLOSOMA. Vigors et Horsfield, 1825. KifxXo;, Gincle; aoifi, corps. CAHACTERES GNRIQUES. Bec mdiocre, peine de la longueur de la tte, comprim sur les cts, arte suprieure fai- blement courbe; commissure presque droite, l'arte infrieure se relevant vers la pointe, qui est lgrement chancre; quelques poils lu base. Narines bastes et linaires, leur ouverture couverte par une squamellc membraneuse. Ailes courtes et arrondies, subobtuses, les troisime, quatrime et cinquime rmiges les plus longues. Queue allonge et tage. Tarses de la longueur du doigt mdian, couverts de sqnamelles; doigts mdiocres, les latraux gaux, le pouce avec son ongle moins long que le doigt mdian; ongles mdiocres, courbs, celui du milieu gal relui du pouce Fia 159 Cinclosoma cinnamomewn. z: > > J*W ' Fig. 140 Cinclosoma cinnamomeum. Ce genre renferme quatre espces propres l'Australie. Nous figurons les Cinclosomes ponctu et cannelle. OISEAUX. 97 Les Cinclosomes, dit M. Gould, sont rpandus sur une trs-vaste tendue de la Nouvelle Holland< ; mais partout ils sont sdentaires. On les rencontre sur tous les points de la terre de Vail-Diemen et de l'Australie. Pendant que j'explorais le sud de cette contre, j'ai rencontr les trois espces de Cinclosomes rpandues sa surface, entre la grande ceinture de Murray et le lac Alexandrina, qui paraissent tre leurs limites d'habitation de l'est l'ouest; mais du ct du nord leur extension n'est pas bien connue. Les Cynclosomes habitent de prfrence les sommets des petites collines pierreuses et des vallons rocheux couverts d'herbes et de broussailles. Leur vol est trs-court, et ils prennent trs- rarement leur essor, except pour traverser un vallon ou passer d'un buisso.i un autre. Ils savent ordinairement se soustraire aux poursuites en courant avec clrit sur ce sol pierreux et se cachant sous le fourr; et, lorsqu'on les force en sortir, ils s'lvent d'un vol lourd et bruyant, comme la Perdrix et la Caille. Ce vol n'est qu'une suite d'ondulations qui se terminent par la descente brusque et presque perpendiculaire de l'Oiseau sur le sol. Ils se perchent rarement sur les petites branches des arbres; mais on les voit souvent marcher sur leurs troncs abattus et si nombreux dans les forets de la Nouvelle-Hollande. Privs de ces chants dont sont dous les Merles, leur voix ne consiste que dans un faible sifflement, qu'ils rptent souvent sous le fourr, et qui dcle leur prsence. On en apporte souvent au march de Kobart-Town, o on les expose en vente avec des Pigeons aux ailes bronzes. Ils s'y rencontrent communment sous le nom de Ground-Dowe, Pigeon de terre, nom qui leur a sans doute t donn d'aprs leurs habitudes de marcher et de se nourrir sur le sol, comme les Pigeons, et aussi d'aprs la dlicatesse de leur chair. Leurs muscles pectoraux sont tr's-dve- lopps et trs-charnus, et lejir corps, lorsqu'il est plum, a la forme de celui de la ("aille. L'poque de l'incubation est en octobre et les trois mois suivants; durant ce laps de temps, ils font deux ou trois couves. Le nid, qui est toujours sur le sol, adoss quelque grosse pierre ou un tronc d'arbre, ou simplement au milieu d'une touffe d'herbe, est grossirement construit de feuilles et d'corces secondaires d'arbres. Les ufs, qui sont au nombre de deux, quelquefois de trois, sont fond blanc tachet de brun. Les petits, qui ds le second jour de leur naissance sont couverts d'un pais et long duvet noir, comme les jeunes des espces du genre Rle, sont bientt en tat de courir, et se revtent de trs-bonne heure du plumage de l'adulte, aprs quoi ils ne sont sujets aucuns changements priodiques dans leur livre. L'estomac est trs-musculeux, et renfer- mait, dans ceux qu'on a dissques, des restes de Chenilles et de graines mles des grains de sable. {Dirds of Auslralia ) C1XCLOSOMH rONGTUE. Cl\CLOSOMA VUSCTATUM. (Vigurs et Horelield.) Parties suprieures brunes, flammes de noirtre; ces marques sont grandes sur le manteau et sur les longues plumes du croupion, et peine visibles sur la tte et le derrire du cou; les plumes du front ont une teinte grise; une bande blanche part de la base de la mandibule suprieure, passe au- dessus de l'il en forme de sourcil, et va se perdre sur les cts de l'occiput; les plumes qui recou- vrent les oreilles sont du mme brun que le dessus de la tte; les cts de la face, le menton et une portion du haut de la gorge sont d'une couleur blanchtre; mais il y a de chaque ct du cou une grande tache rousse qui se trouve spare par le gris qui colore la partie latrale du cou, le devant de la gorge et le haut de la poitrine. Cette dernire est d'un blanc isabelle qui devient de plus en plus pur sur l'abdomen; les flancs et les couvertures infrieures de la queue sont d'une couleur fauve varie de blanc, avec des taches oblongues noirtres devenant plus troites et plus allonges sur les couvertures infrieures de la queue, dont quelques plumes sont mlanges de gristre. Les ailes sont brunes, et l'on aperoit un peu de blanc sur les barbes externes des plus grandes rmiges, et sur une grande partie des tectrices, dont quelques-unes sont du mme brun que le dos, tandis que celles qui se trouvent prs du bord sont noirtres; celles de l'paule sont grises, avec une ligne noirtre au centre, et la majeure partie de ces petites plumes a une petite tache blanche l'extrmit; sur les plumes des ailes les plus rapproches du corps existe une forte teinte de roux, avec une ligne noirtre au centre de chacune d'elles. La queue est grise, mais les quatre rectrices latrales sont noires, et toutes sont termines de blanc, les deux mdianes exceptes. Les couvertures infrieures des ailes u 4 13 98 HISTOIRE NATURELLE. sont blanches, varies de noir vers les grandes pennes. Iris d'un bleu sale; tarses d'un blanc bleu- tre; ongles d'un brun clair. {La femelle.) Longueur totale, de m ,25 m ,2(i. (J. Verkeaux.j Les ufs de cette espce sont longs d'un pouce et quelques lignes, blancs, avec de grandes tacites d'un brun olive, surtout vers le gros bout, et dont quelques-unes, plus ternes, semblent peintes sur la surface interne de la coquille. (Godld. - 9' p GENRE. SPHNOSTOME. SPHENOSTOMA (Gouid, 1837.) tpr.v, r.vo;, coin; cu.., boutlie, bec. CARACTRES GiNRIQUES. Bec plus court que la tte, conique, plu* haut que largp, h arte suprieure bombe et courbe de la base h la pointe, qui est entire; la commissure presque droite dans toute sa longueur, except vers la pointe, ou elle s'inflchit, l'arte infrieure se relevant son extrmit; de longs poils fuis h la base. Narines latrales, arrondies, plus ou moins nues. Ailes courtes, surobtuses, les quatrime, cinquime et sixime rmiges les plus longues; toutes assez courtes et gradues Queue longue et lage. Tarses de la longueur du doigt mdian, robustes, fortement scu telles; doigts assez longs et forts, les latraux gaux, l'externe lgrement soud sa base; le pouce et son ongle, qui est plus cro. bu et plus long que les autres, vigoureux. Fip. 14t. Sphenostoihn crtatum Ce genre, dans lequel nous comprenons le genre Xeropkila du mme auteur, ne se compose que de deux espces de l'Australie. Nous figurons le Splienostoma leucopsis. Les Sphnostomes se rencontrent dans les plaines de l'intrieur de l'Australie, dont ils frquentent les buissons; niais l'on ne possde aucuns dtails sur leurs murs. SPHNOSTOME HUPP. SPHEKOSTOMA CRISTATVM. (Gould.: Parties suprieures d'un gris brun, avec des flammches un peu plus fonces, visibles surtout sur le manteau et les scapulaires, ainsi que sur le milieu des plumes de la huppe, qui sont longues, molles, un peu recourbes en avant vers le liant, o elles sont d'une teinte plus fonce; rmiges brunes, bordes de mme couleur plus claire; les quatrime et cinquime blanches sur une partie de leurs barbes externes. Queue d'un brun noirtre, rectrices termines de blanc, except les mdianes, qui sont d'une teinte plus brune, mais toutes stries en travers. Gorge et parties infrieures blan- Pig t. Smicrormv favescens. Fig '1 Artamus cinere l'I 20 OISEAUX. 99 chtres, lgrement flammes sur le devant du cou, sur la poitrine et les couvertures infrieures de la queue; flancs gris-brun. Bec noir; tarses noirs. Longueur totale, m ,20 0\21: de la queue, 0',08. (J. Verreaux.) l'ig. 142 et 143. S|di- GENRE. MLANOCHLORE. MELANOCULORA. (Lesson, 1839.) MeXa;, u.s>.avo, noir; yXwpo;, jaune verdtre. CARACTERES GENERIQUES. Bec fort, comprime, mandibule suprieure arque. Narines arrondies bastes, recouvertes de poils courts. Pig. 1 Zosterops dorsais. Fig 2 Pteropcdocys pha*ianelUu OISEAUX. 103 Ailes surobtuses, premire rmige btarde, la seconde peine plus courte que la troisime, les quatrime, cinquime et sixime gales entre elles, les plus longues. Queue longue et arrondie. Tarses allongs, ongles forts, celui du pouce surtout. Fig. 147. Melanocfilora flavocrislala. Fi". 148. Mlanochlora ftavocrittata. Ce genre, rang dans les Msanges par M. De La Fresnaye et par M. Gray, a pour synonyme le genre Crataionyx, Eyton, de la mme anne. Il ne repose que sur deux espces longtemps confon- dues ensemble. Nous figurons le Mlanochlore huppe jaune, dont nous donnons aussi la des- cription On en ignore les murs. Ce sont des Oiseaux de l'Asie centrale et de l'archipel indien. Fiff. 149 Mlannclilore huppe jaune. MLANOCI1LOKE A HUPPE JAUNE. MELANOCHLORA FI.AVOCRISTATA. (De La Fresnaye, Lesson Toute la partie suprieure de l'Oiseau, except le dessus de la tte, est d'un noir assez mat, se re- fltant cependant en vert olive certain jour. Toutes les plumes du dessus de la tte sont allonges, principalement celles du sommet, d'un beau jaune serin, et forment une huppe lgante qui se ter- mine en pointe vers l'occiput. Les grandes couvertures de l'aile sont bordes, leur extrmit, d'un blanc jauntre sale, formant sur l'aile une ligne oblique, troite, de cette couleur, et peu saillante. Les primaires sont trs-finement franges de gris clair. Les ailes plies dpassent un peu la moiti de la longueur de la queue. Celle-ci est plus allonge que chez beaucoup d'espces, et fortement arron- die, presque tage, la premire rectrice latrale tant de quinze millimtres plus courte que les mi- toyennes; elles sont toutes assez notablement larges, et la premire latrale est borde de blanc son extrmit. Tout le plumage du dessous de l'Oiseau se compose de deux couleurs comme le dessus. Depuis l bec jusqu'au milieu de la poitrine, il est du mme noir un peu teint d'olive que le dessus, et le loi HISTOIRE NATURELLE. reste est du mme jaune qui colore la huppe. Celte couleur se remarque encore sur la partie ext- rieure du pli de l'aile. Le bec est noir, et les pieds, qui sont forts et trs-vigoureux, ainsi que les ongles, du plomb bleutre particulier la plupart des Msanges. Longueur totale, 0"\17. Habite les les de la Sonde. (Magas. de Zool., 1837.) Se trouve aussi Malacca, dans l'Assaut et l'Himalaya. 4"" GENRE. SYLVIPARE. SYLVIPARUS. (Burton, 1835.) Sylvia, Fauvette; Parus, Msange. CARACTRES GNRIQUES. Dec trs- petit, trs-court, comprim dans tonte son tendue, sauf h la base, mandibules gales, lu suprieure lgrement courbe la pointe. Narines recouvertes par les plumes soyeuses du front. Ailes trs longues, s' tendant presque jusqu' l'extrmit del queue, subobtuses, la premire rmige trs-courte, les seconde, troisime et quatrime gales entre elles, les plus longues, la cin- quime beaucoup plus courte, lu sixime gale la premire. Queue mdiocre, gale. Tarses de la longueur du doigt mdian, forts et trapus, annels; doigts mdian et externe unis leur base, ongle postrieur robuste et plus long que les antrieurs. Ce petit genre, qui a les plus grands rapports avec les Msanges, et qui offre, selon la remarque de M. Burton, une combinaison des caractres de ce genre avec les caractres des genres Sylvia el Rgulas, n'a t tabli que sur une espce unique de l'Asie centrale, le Sylviparus modestus, que nous allons dcrire. On en ignore compltement les habitudes. SYLVIl'AUl MODESTE. SYLVIPARUS MODESTVS. (Burtuii.) En dessus d'un sert bruntre; en dessous d'un verdtre ple; rmiges et lectrices brunes franges, a leur bord externe, d'un vert jauntre; bec et pieds noirtres. Longueur totale. OM'j. De l'Himalaya. "."" GENRE. COUTURIRE. SUIVRA. (Hodgson, 1838.) CARACTRES GNRIQUES. Ilec trs-court, peine du quart de la longueur de la tte, fort, h arte suprieure courbe jus- qu' la pointe, qui est tronque, commissure droite, l'arle infrieure renfle et se relevant It sun extrmit. Narines bastes, latrales, a ouverture arrondie, entirement cache par les plumes du front. Ailes trs-courtes, surobtuses, les premire, deuxime et troisime rmiges rgulirement la- grs, la quatrime un peu /dus courte que les cinquime, sixime et septime, gales et tes pins bm- tjues lie tontes. Queue allonger ci en firme de Coin. T.arses trapus, recouverts d'une unie et grande squamcUe de la longueur du doigt mdian; OISEAUX. m doigts mdiocres, les latraux gaux, l'externe soud la base; le pouce cl son ongle jorls; ongles courbs et aigus. Fi;r. 150. Sutora epaUn&is. V\%. 151 . Sutora XepalcnsL*. Ce genre, appel aussi par M. Hodgson Temnoris et Hemirliuncltus, renferme le genre Chlcvasi- cus de Blyth, et repose sur trois espces de l'Asie centrale. Quoique plac par M. Ch. Bonaparte dans sa famille des Ampctidir, sous-famille des Liqllirycin, cet auteur n'en avoue pas moins que le genre Sutora se rapproche plus des Parids que de toute autre tribu. COUTURIRE A FRONT l'AUVF- SUTORA FULVlFBp&S. (Uodgsan, 1845.} En dessus d'un brun rousstre, cette couleur tournant au fauve sur le front, la gorge et la poi- trine, et devenant encore plus ple vers le sinciput; les secondaires et la base des rectrices bordes d'une bande marron fauve; le ventre et les flancs gristres. Bec ple, bruntre la base de la man- dibule suprieure; pieds bruns. Longueur totale, 0"\15 environ. Du Npaul. DEUXIME FAMILLE. - PARDALOTINES. Les Pardalolins n'ont jamais, que nous sachions, t rangs leur vritable place. Exclusivement ocanienne, cette petite famille, essentiellement moderne, puisque pas une espce n'en a t connue ni de Linn ni de Buffon, a suivi le sort de beaucoup d'autres, c'est--dire subi l'empire de l'habi- tude ou l'influence des prcdents. Ainsi, depuis Latham, qui le premier a fait connatre les espces les plus anciennement dcouvertes de Paidalotes, jusqu' Temminck, l'exception de Vieillot, cra- teur du genre, tous les auteurs, dans i'ignorance o ils taient des murs de ces Oiseaux, ont t d'accord pour les confondre avec ceux du grand genre Pipra de Linn, et en faire des Manakins dont ils ont peine la forme caractristique du bec. Swainson, qui n'en savait pas davantage, a suivi les mmes errements en rangeant le genre cr par Vieillot dans sa famille des Ampelid, dont jus- qu'alors les Manakins avaient toujours fait partie, alors que Vieillot les avait dj introduits dans sa famille des /Egythales, avec les Msanges et leur suite. Mais, ce qui est plus singulier, c'est que MM. Gray et Ch. Bonaparte, plus instruits et mieux difis par suite des renseignements recueillis sur ces Oiseaux, n'en ont pas moins continu, quoiqu' des points de vue diffrents, de les conserver dans les Amplids; le premier, en les y plaant avec ses Pachycephalin, le second, en en faisant une sous-famille dont nous adoptons le nom (Pardalotin) et la composition, mais que nous croyons devoir placer ailleurs et rapprocher des Parins, cause de leur similitude de murs avec les vraies o 14 100 HISTOIRE NATURELLE. Msanges, dont leurs caractres zoologiques sont loin (railleurs de les exclure d'une manire absolue. M. Ch. Bonaparte, fondateur de cette famille, la compose des genres suivants: 1 Pardalote (Pardalolus), Vieillot; 2 Pnonochilus, Striekland; 3 Piprisoma, Blyth, que nous runissons en un seul, le genre Pardalolus, et auquel nous ajoutons le genre Bomhqeilla. Nous exposerons nos motifs tout l'heure. Nos Pardalolins se composeront donc seulement de deux genres: i Pardalote (Pardalolus); 2 Bombycille (Bninltijcilla), Brisson. 1" GENRE. - PARDALOTE. PARDALOTUS. (Vieillot, 1816.) CARACTRES GNRIQUES. Bec trs-court, moins lotir/ que la tte, un peu robuste, chancret courb la pointe; mandibule suprieure un peu arque, l'infrieure convexe en dessous. Narines bastes, latrales, perces dans une membrane engage en partie sous les plumes du front. Ailes allonges et pointues, subaigus, les trois premires rmiges gales entre elles, les plus longues. Queue mdiocre, ample et gale. Tarses minces, presque plus longs que le doigt mdian; tes doigts galement minces, les latraux presque gaux, l'externe uni la base avec le mdian, le pouce de la longueur des doigts latraux, ongles mdiocres, courbs et aigus. Fig. 155 Pardalolus punchitus. Fi 15". Pardalotus puncUt'.us. Ce genre se compose, pour nous, de treize espces, dont une seule de l'Asie centrale, et les autres de l'Oeanie et de l'Australie. Nous figurons le Pardalote. ponctu. Les Pardalotes, dit Jules Verreaux, semblent reprsenter en Australie nos Msanges. Comme elles, on les voit trs-souvent cramponns aux feuilles et aux petites tiges, contournant les premires en tout sens. Hors le temps de la ponte, on les rencontre le plus ordinairement cinq ou six ensemble, voltigeant d'arbre en arbre, et recherchant parmi les bouquets de feuilles, sur les eucalyptus surtout, les petits Insectes qui servent leur nourriture. Lorsque cependant les jeunes sont arrivs un ge assez avanc, il n'est pas rare de les voir se runir en troupe de vingt trente, afin de chercher une autre localit pour, aprs cela, s'accoupler ds que la saison du printemps approche. Leur chant, ou plutt leur petit gazouillement, est agrable et a quelque chose de mlodieux : la voix du mle est la plus forte. Ce n'est que pendant la saison des amours que chaque couple vit sparment. Un caractre de murs des plus remarquables chez les Pardalotes est leur mode de nidification. Tous nichent dans des trous, les uns dans des trous d'arbres, les autres en terre. Fig 1 . Sylvia formata lia '1 Graucalus Swainsonii l-l 23 (SEAUX. 107 Ainsi les Pardalotes affinis et mlanoephale, entre autres, choisissent, pour taire leur nid, une cavit d'arbre profonde, dont l'ouverture extrieure est troite et ne laisse peine que le passage de l'Oiseau. Ces cavits paraissent du reste assez abondantes, surtout sur ces normes eucalyptus. Elles se forment le plus ordinairement l o une branche a t casse; les Insectes commencent d'abord le travail, ensuite les pluies tendent creuser de plus en plus; et, lorsque la scheresse revient, d'au- tres Insectes succdent aux premiers. C'est ainsi, continue notre voyageur, que je me suis expliqu la formation de ces trous, qui, quelquefois, ont plus de trois quatre pieds; j'y ai toujours trouv di- verses espces d'Insectes que je n'ai jamais rencontrs ailleurs. C'est vers l'extrmit oppose l'ou- verture que ces Oiseaux dposent les dbris de gramines et d'corces moelleuses entrant dans la composition de ce nid. qui est plat et assez vas. Je m'en suis assur plusieurs fois en dcouvrant la place coups de hache. Les ufs sont ordinairement au nombre de trois ou quatre, et paraissent tellement gros, que j'avais eu de la peine considrer les premiers que je pris comme appartenant ce genre d'Oiseaux; ils sont d'un blanc pur et dune forme plutt ronde qu'allonge. D'autres espces, entre autres le Pardalote ponctu, font gnralement leur nid dans la terre, en Australie comme en Tasmanie. Le trou dans lequel il est plac a une direction horizontale, et le con- duit qui y mne est d'environ soixante-neuf quatre-vingt-trois centimtres et quelquefois plus. Ce nid est compos de dbris d'corces d'eucalyptus, d'herbes, etc., niais l'intrieur en est moelleux et le plus souvent garni de plumes. C'est l que la femelle dpose ses ufs... Le docteur Stephenson m'assura avoir vu un de ces Oiseaux qui avait pris possession d'un nid de Hirundo pacifua, dans lequel la femelle avait dpos ses ufs, qu'elle couvait depuis quelque temps, ce que lui dit M. Rossi, devant la maison duquel tait ce nid, qui y existait depuis plusieurs annes. C'tait en sep- tembre qu'il le remarqua. J'ai constat, et mes chasseurs ont fait la mme observation, que l'estomac des Pardalotes ne con- tenait le plus ordinairement que de petits Coloptres qu'ils ne saisissent qu'au repos. J'ai remarqu que quelques espces, telles que le Pardalote ponctu, se nourrissaient aussi de fleurs d'eucalyptus et de baies dont il ne me fut pas possible de reconnatre l'espce. 11 n'existe presque aucune diffrence dans les sexes. (Zoologie tasmanienne et australicminc, manuscrits.) D'aprs ce que l'on vient de voir par ces dtails de murs, il est vident que la famille doi. se rapproche le plus le genre Pardalote est celle des Parins, dont on ne saurait convenablement l'loi- gner. Ce sont les mmes habitudes sociables. le mme genre de vie (moiti Insectivore et Baccivore ou Granivore) et le mme mode de nidification couvert. PAIiHALOTE MELANOCPIIALE PAItDALOTUS MELAiOCEPHALUS. (Goukl ) Dessus de la tte, occiput et un trait partant de la base des mandibules, traversant les yeux et al- lant se rejoindre la nuque, d'un noir vif et brillant; un trait jaune d'or de chaque ct du front, suivi d'un autre blanc pur formant sourcil, et se fondant sur les cts de l'occiput. Dessus du corps d'un gris fonc devenant olivtre sur le croupion, ou plutt fauve; celte mme couleur se reprodui- sant sur les flancs et un peu sur les parties latrales de la poitrine; cts de la gorge et milieu du ventre d'un blanc pur. Menton, milieu de la gorge et du devant du cou d'un beau jaune se divisant sur les parties latrales de la poitrine en se prolongeant un peu sur les flancs. Ailes noires; du blanc sur une grande partie des barbes externes, au bas desquelles se remarque une petite tache d'un rouge de cire; toutes les rmiges termines de blanc, mais toutes les secondaires franges de cetf couleur; rectrices noires, galement termines de blanc. Bec noir; tarses brun clair. (J. Vecreaux.! Longueur totale, 0"',11. Habite la Nouvelle-Hollande. 108 HISTOIRE NATURELLE. 2 m " GENRE. BOMBYCILLE. BOMBYCILLA. (Chenu et 0. Des Murs, Brisson.) Dcu.a;, soie, par allusion l.i ljanilo jaune de la queue. CARACTRES GNRIQUES. Bec court, droit, bombe en dessus comme en dessous; mandibule suprieure un peu dprime, et tr'igone la base, faiblement courbe vers son extrmit, termine par une dent trs-marque; man- dibule infrieure comprime, entaille et retrousse la pointe. Narines bastes, ovodes, perces de part en part, ouvertes par devant, caches par les petites plumes du front, tournes en avant, ou nues. Ailes mdiocres, suraigus; la premire et la seconde rmiges les plus longues, ou la premire un peu plus courte (pie la deuxime. Queue moyenne cl arrondie. Tarses courts et trapus, de la longueur du doigt mdian, scutclls; les doigts galement forts et trapus, l'externe soud sa base avec le mdian, l'interne libre; ongles forts, assez courbs et aigus. Vil. 154. Bombycilla garrulus. Fig. 155. Bombycilla garrulus. Une huppe en forme de toupet parlant du front. Ce genre renferme trois espces, dont une propre l'Europe et se retrouvant aussi au nord de l'Amrique et de l'Asie; une particulire ce dernier continent, et la troisime appartenant exclusive- ment l'Amrique septentrionale. Nous figurons l'espce d'Europe; type du genre, le Jaseur (Bom- bycille) de Bohme. Ce que nous avons dit du genre Pardalote, quant sa place dans la srie ornithologique, s'appli- que, avec tout autant et bien plus de raison, notre genre Bombycilla (Jaseur des auteurs). Frisch, tout en l'appelant Grive de Dohme, trouvait, de son lemps, que l'on n'avait pas encore donn de nom convenable cet Oiseau, que les auteurs latins des seizime et dix-septime sicles dsignaient sous les noms de Pca glandularia ou glandaria, Boliemica, Graculus et Garrulus Boliemicus, quoique, ainsi que le dit Salerne, il n'et rien qui pt le faire appeler ainsi. Puis vint Ahlrovande, qui lui donna le nom grec latinis (T Ampelis, qualifiant ainsi cet Oiseau par le got qu'il avait cru lui reconnatre pour le fruit de la vigne, nom que lui conserva Ray, avec cette diagnose spcifique : (Ampelis) remigibus quibusclam apice membranacco terminalis; ei dont Linn se servit pour le sortir, fort propos, des l'ies, des Geais et des Merles, mais pour en faire moins heureuse- ment le type en quelque sorte de son grand genre exclusivement amricain, Ampelis, Colinga des auteurs; car le grand mthodiste sudois ne lit qu'augmenter l'erreur et l'embarras des interprta- tions en y ajoutant la spcifique de garrulus, qui, dans son esprit pourtant, n'impliquait que l'ana- logie des rapports d'aspect, de couleur gnrale de plumage et d'ornement occipital, que les anciens auteurs avaient saisis entre le Jaseur et le Geai d'Europe, spcifique que quelques naturalistes ont cru plus tard, ainsi que nous l'indiquerons bientt, porter sur le mode de voix ou de chant de l'Oiseau. C'est en effet dans ce genre Ampelis, lev dans ces derniers temps au rang de famille, que le OISEAUX. 109 Jasciir a t conserv jusqu' ce jour par la gnralit des auteurs. Toutefois, la mme poque que Linn, et ds avant lui, Brisson inventait pour cet Oiseau un nom gnrique part, celui de Bom- bycilla, non pas, ainsi qu'on pourrait le croire, pour constater certaines de ses habitudes entomo- phages, mais seulement pour reproduire un des premiers noms donns cet Oiseau en allemand, le nom de Queue de soie, cause de la bande jaune qui encadre le bout de ses rectrices, et de leur extrmit apicale corne rouge vif, dnomination que, parmi les modernes, Vieillot et MM. Temminck et Schlegel ont seuls conserve, l'un d'eux reconnaissant que les Jaseurs ont des caractres particu- liers qui s'opposent leur runion avec les Cotingas, et plaant ce genre entre les genres Pique- Buf {Bupliaga), et Piroll (Ptyhnorhynchus). M. Ch. Bonaparte, tout en paraissant comprendre la ncessit d'isoler les Jaseurs des Cotingas (formant des premiers une sous-famille particulire et typique de ses Ampetid, sous le titre A'Ampelin, et des seconds une autre famille sous le titre de Cotingid), est loin encore d'avoir atteint le but que nous cherchons, celui de donner aux Ja- seurs leur vritable place, et a suivi, tout en changeant de marche, les erreurs que nous reprochons ses devanciers, en en exagrant la porte; car il fait de ces Oiseaux de vritables Dpressirostres, puisqu'il les fait suivre immdiatement de la famille des Hirundinids. Or, nul genre ne nous parait moins se rapprocher des vrais Dpressirostres que le genre Bombycilla. Nous considrons ce genre comme trop li avec les Pardalotes, et par l'ensemble des formes ext- rieures, et par celui des caractres zoologiques, pour ne pas l'y runir. Comment, par exemple, ne pas tre frapp de l'analogie qu'offrent entre eux, sous le premier rapport, le Bombycille de Bohme avec le Pardalote mlanocphale, par la prsence l'extrmit des rmiges secondaires de l'un et de l'au- tre de cet appendice rouge, caractre, pour nous servir des expressions de MM. Temminck et Schlegel, aussi tranchant qu'inusit? Ainsi, le Bombycille, comme l'exprime si exactement De Baumur dans une lettre Salerne, a chaque aile sept huit plumes dont les bouts sont termins par des pa- lettes de couleur de cinabre : ces palettes sont de corne comme le tuyau de la plume; elles n'ont aucun vestige de barbe; leur tissu est continu. Si cette nature corne, chez le Pardalote, est moins apparente et moins continue, elle n'en offre pas moins une contexture et une image fort diffrentes du reste des pennes dont elles font partie. Mais, sans s'arrter ce rapprochement plus apparent que rel, sous le rapport des caractres zoologiques, l'analogie est plus exacte et plus complte : le bec du Bombycille n'est qu'un peu plus allong, et son chancrure apicale plus marque; du reste, mme forme que chez le Pardalote; il en est de mme des narines, des ailes et de la queue, qui est seulement un peu plus longue; les pieds eux-mmes ne diffrent que par leur ensemble plus vigoureux et plus trapu. Si ces rapports ou ces analogies nous joignons les considrations tires de leurs murs, nous verrons que les deux genres d'Oiseaux ne diffrent pas l'un de l'autre, puisque tous deux cherchent les Insectes sur les branches et les feuilles des arbres, comme le dit Vieillot du Bombycilla cedro- rum; et que cette habitude doit entraner forcment celle de contourner ces mmes branches et ces mmes feuilles, comme Jules Verreaux nous l'apprend des Pardalotes. Qu'ensuite le Jaseur joigne sa nourriture celle de certaines baies ou de certains pignons de cdre, cela ne dmontre que davantage la ncessit pour lui de s'y cramponner l'aide de ses pattes, la manire des Pardalotes et des M- sanges. Du moment donc que nous croyons devoir rapprocher ceux-l de celles-ci, il n'y a rien de forc, ce semble, nous voir comprendre le genre Bombycilla dans notre famille des Pardalotins. Ajoutons que le cachet du Jaseur nous dnote avec la dernire vidence une origine plutt asiatique qu'amricaine ou europenne, motif de plus pour le maintenir dans cette famille ocanienne. Nous allons maintenant runir dans un mme cadre, et le moins longuement possible, tous les documents que nous avons pu runir sur ce singulier genre d'Oiseau, si anciennement connu, et cependant encore si nouveau, si curieux, et d'une existence comme d'une origine si problma- tiques. Ce n'est pas chose aise, dit Guneau De Montbeillard parlant du Jaseur ordinaire ou de Bohme, de dterminer le climat propre de cet Oiseau : on se tromperait fort si, d'aprs les noms de Geai de Bohme, d'Oiseau de Bohme, que Gessner, Brisson et plusieurs auteurs lui ont donns, on se per- suadait que la Bohme fut son pays natal, ou mme son principal domicile : il ne fait qu'y passer, comme dans beaucoup d'autres contres. En Autriche, on croit que c'est un Oiseau de Bohme, et de Styrie, parce qu'on le voit en effet venir de ces cts-l; mais, en Bohme, on serait tout aussi fond a le regarder comme un Oiseau de la Saxe, et, en Saxe, comme un Oiseau du Danemark ou des au- lin HISTOIRE NATURELLE. trs pays que baigne la mer Baltique. Les commerants anglais assurrent au docteur Lister (il y a aujourd'hui prs de deux cents ans) que les Jascurs taient fort communs en Prusse. Bzaczynski nous apprend qu'ils passent dans la grande et la petite Pologne el dans la Lithuanie. On a mand, de Dresde, a De Raumur, qu'ils nichaient dans les environs de Ptersbourg. Linn a avanc, apparem- ment sur de bons Mmoires, qu'ils passent l't, et par consquent t'ont leur ponte, dans les pays qui sont au del de la Sude; mais ses correspondants ne lui ont appris aucun dtail sur cette ponte et ses circonstances. Enfin, le comte De Strahlemberg a dit Frisch qu'il en avait trouv en T; rtarie dans des trous de rochers; c'est sans doute clans ces trous qu'ils font leurs nids. Au reste, quel que soit le domicile de choix des Jaseurs, je veux dire celui o, rencontrant une temprature convena- ble, une nourriture abondante et facile, et toutes les commodits relatives leur faon de vivre, ils jouissent de l'existence et se sentent presss de la transmettre une nouvelle gnration; toujours est-il vrai qu'ils ne sont rien moins que sdentaires, et qu'ils font des excursions dans toute l'Europe. Ils se montrent quelquefois au nord de lAngleterre, en France, en Italie, et sans doute en Espagne; mais, sur ce dernier article, nous en sommes rduits aux simples conjectures; car il faut avouer que l'histoire naturelle de ce beau royaume, si riche, si voisin de nous, habit par une nation si renom- me tant d'autres gards, ne nous est gure plus connue que celle de la Californie et du .lapon. (Ajoutons en 1852, ce qui tait vrai en 1775, qu'elle nous est mme aujourd'hui moins connue que celle de ces deux contres loignes.) Les migrations des Jaseurs sont assez rgulires dans chaque pays quant la saison; mais, s'ils voyagent tous les ans, comme Aldrovande l'avait ou dire, il s'en faut bien qu'ils tiennent constam- ment la mme route. Le prince D'Aversperg nous apprend, dans un Mmoire adress Buffon, que cet Oiseau passe, tous les trois ou quatre ans, des montagnes de Bohme et de Styrie dans l'Autri- che au commencement de l'automne, qu'il s'en retouriie sur la fin de cette saison, et que mme en Bohme on n'en voit pas un seul pendant l'hiver : cependant, on dit qu'en Silsie c'est en hiver qu'il se trouve de ces Oiseaux sur les montagnes. Ceux qui se sont gars en France et en Angleterre y ont p-iru dans le fort de l'hiver, et toujours en petit nombre, ce qui donnerait lieu de croire que ce n'- tait en effet que des gars qui avaient t spars du gros de la troupe par quelque accident, et qui taient, ou trop fatigus pour rejoindre leurs camarades, ou trop jeunes pour retrouver leur chemin. On pourrait encore infrer de ces faits que la France et l'Angleterre, de mme que la Suisse, ne sont jamais sur la route que suivent les colonnes principales; mais on n'en peut pas dire autant de l'Ita- lie, car on a vu plusieurs fois ces Oiseaux y arriver en trs-grand nombre, notamment en l'anne 1571 au mois de dcembre; il n'tait pas rare d'y en voir des voles de cent et plus, et on en pre- nait souvent jusqu' quarante la fois. La mme chose avait eu lieu au mois de fvrier 1550, dans le temps que Charles-Quint se faisait couronner Bologne; car, dans les pays o ces Oiseaux ne se montrent que de loin en loin, leurs apparitions font poque dans l'histoire politique, et d'autant plus, que, lorsqu'elles sont trs-nombreuses, elles passent, on ne sait trop pourquoi, dans l'esprit des peu- ples, pour annoncer la peste, la guerre ou d'autres malheurs : cependant, il faut excepter de ces malheurs au moins les tremblements de terre; car, dans l'apparition de 1551, on remarqua que les Jaseurs, qui se rpandirent dans le Modnois, le Plaisantin et dans presque toutes les parties de l'Ita- lie, vitrent constamment d'entrer dans le Ferrarois, comme s'ils eussent pressenti le tremblement de terre qui s'y fit peu de temps aprs, et qui mit en fuite les Oiseaux mmes du pays. (Histoire naturelle les Oiseaux.) Quoi qu'il en soit de ces passages, en ce qui concerne l'espce europenne, qui se retrouve aussi au Japon, son apparition, en nombre peu considrable dans un endroit donn, est un fait qui mrite d'tre mentionn. M. Billon met le Jaseur au nombre des Oiseaux qu'il a pris dans les environs d'Ab- beville. Florent Prvost a communiqu M. Gerbes qu'il avait tu, vers 182G, quatorze Jaseurs pen- dant une seule chasse faite dans un bois des environs de Paris. Ce naturaliste, qui s'occupe avec as- siduit de l'tude des Oiseaux, a assur que depuis cette poque aucun passage un peu notable de Jaseurs n'avait eu lieu dans la mme localit; toutefois, on y prend presque tous les ans un ou plu- sieurs de ces Oiseaux. [Dictionnaire pittoresque d'Histoire naturelle.) !l s'en fit, au dire de M. Degland, des passages considrables dans plusieurs des dpartements septentrionaux de la France, la fin de l'anne 1829; on en tira jusque dans les jardins des grandes villes. Il s'en fit un autre, en 1854. aux environs de Lille, pendant le mois de janvier, quoique le OISEAUX, lit froid ft modr. M. De La Fre'snaye a signal la capture, en 1835, de plusieurs de ces Oiseaux aux environs de Falaise et auprs de Caen. Selon Bechstein, on ne voit le Jaseur en Thuringe qu'en hiver; encore, si la saison est douce, n'y parait-il qu'en petit nombre; la plus grande partie reste alors au nord; mais, dans les froids rigou- reux, il s'tend davantage dans le midi; quand ils sont mdiocres, on le trouve en grandes troupes, clans les lisires des forts, dans la plus grande partie de l'Allemagne et de la Bohme. L'espce d'Amrique, appele Jaseur des cdres, n'est pas moins vagabonde; elle est rpandue en Amrique, dit Vieillot, depuis le Canada jusqu'au Mexique, et mme encore au del de cette dernire contre, car on a rencontr Cayenne des individus qui sans doute s'taient gars. Ils ne nichent point dans tous les pays qu'ils frquentent; on ne les voit la Caroline du Sud qu'en hiver; ils restent presque toute l'anne dans le New-York, et se montrent tous les mois, pendant quelques jours, dans la Pennsylvanie, tantt en trs-grandes bandes, tantt par petites troupes. (Histoire des Oiseaux de l'Amrique septentrionale.) On ne sait pas prcisment quelle est la cause qui les dtermine quitter ainsi leur rsidence or- dinaire pour voyager au loin; ce ne sont pas les grands froids, puisqu'ils se mettent en marche ds le commencement de l'automne, comme nous l'avons vu, et que d'ailleurs ils ne voyagent que tous les trois ou quatre ans, ou mme que tous les six ou sept ans, et quelquefois en si grand nombre, que le soleil en est obscurci : serait-ce une excessive multiplication qui produirait ces migrations pro- digieuses, ces sortes de dbordements, comme il arrive dans l'espce des Sauterelles, dans celle de ces Rats du Nord, appels Lemmings, et comme il est arriv mme l'espce humaine, dans les temps o elle tait moins civilise, par consquent plus forte, plus indpendante de l'quilibre qui s'tablit la longue entre toutes les puissances de la nature? ou bien les Jaseurs seraient-ils chasss de temps en temps de leurs demeures par des disettes locales qui les forcent d'aller chercher ailleurs une nourriture qu'ils ne trouvent point chez eux'? On prtend que lorsqu'ils s'en retournent ils vont fort loin dans les pays septentrionaux, et cela est confirm par le tmoignage du comte De Strahlem- berg, qui, comme nous l'avons dit plus haut, en a vu dans la Tartarie. (Gcneau De Montbeillard.) D'aprs cette vie presque toujours errante, il est difficile, ainsi que l'observe Vieillot, d'indiquer la contre et l'poque o ils nichent si on ne les a pas suivis dans la saison de leurs amours. L'es- pce amricaine, appele Cedar-Bird (Oiseau du cdre) par les Amricains, et, par les Canadiens, Rcollet, cause de quelque similitude entre sa huppe et le capuchon d'un moine, habite de prf- rence les forts de cdres, fait son nid sur cet arbre, et vit de ses baies pendant une partie de l'anne. On sait, disent MM. Temminck et Schlegel, que le Jaseur de Bohme visite de temps autre l'Eu- rope tempre, et qu'il tend ses migrations mme jusque dans le nord de l'Italie; mais qu'il ne ni- che (selon YVilson, Skand. Fan.) que dans le nord des parties orientales de l'Europe, au del du soixantime degr de latitude borale. Il se trouve, d'aprs Pallas, dans la Sibrie occidentale jusque sur les bords du Lena; mais il ne se montre pas dans la Sibrie orientale. Les voyageurs hollandais en ont rapport les dpouilles du Japon, et il est constat par Richardson et Swainson (Fan. Bor. Amer.) qu'il habite galement les parties froides de l'Amrique septentrionale, o il a t observ depuis le soixante-cinquime jusqu'au cinquante-cinquime degr de latitude borale. (Fan. Jap.) Et ces derniers naturalistes pensent qu'il peut tre rpandu sur ce continent depuis les montagnes Ro- cheuses jusqu' la Nouvelle-Caldonie, et l'Amrique russe sur les bords arctiques de cette partie de l'ocan Pacifique. La nourriture qui plat le plus cet Oiseau, lorsqu'il se trouve dans un pays de vignes, ce sont les raisins, d'o Aldrovande a pris occasion de lui donner le nom tYAmpelis, qu'on peut rendre en fran- ais par celui de Vinette. Aprs les raisins, il prfre, dit-on, les baies de trone, ensuite celles du rosier sauvage, du genivre, du laurier, les pignons, les amandes, les pommes, les sorbes, les gro- seilles sauvages, les figues, et en gnral tous les fruits fondants et qui abondent en suc. (Guneau De Montbeillard.) Bechstein dit qu'au printemps on le voit manger, comme les Grives, toutes sortes de Mouches et autres Insectes; en automne et en hiver, diffrentes espces de baies; enfin, dans le besoin, les bou- tons et bourgeons de htres, d'rables et d'arbres fruitiers. Vieillot dit du Jaseur d'Amrique que les baies de cdre ne sont pas les seules dont il se nourrit; qu'il mange aussi celles du diospyre, du 112 HISTOIRE NATURELLE. smilax, du trone et du genvrier; qu'il les avale entires; qu'il dchire la pulpe des rerises et de tous les fruits tendres. A dfaut de ees aliments, ajoute cet ornithologiste, il vit de Mouches, qu'il prend au vol avec autant d'adresse que le Moueherolle, et de divers autres Insectes qu'il cherche sui- tes branches cl sur les feuilles. Les Jaseurs, selon lui, sont plus baccivores qu'entomophages, et d'un si grand apptit, qu'ils dpouillent en peu de temps un arbre de toutes ses productions. Celui qu'Aldrovande a nourri pendant prs de trois mois ne mangeait de baies de lierre et de la chair crue qu' toute extrmit, et il n'a jamais touch aux grains; il buvait souvent, et a huit ou dix re- prises chaque fois. On donnait, celui qu'on a lch d'lever dans la Mnagerie de Vienne, de la mie de pain blanc, des carottes haches, du chnevis concass, et des grains de genivre, pour les- quels il montrait un apptit de prfrence; mais, malgr tous les soins qu'on a pris pour le conser- ver, il n'a vcu que cinq ou six jours. Ce n'est pas que le Jaseur soit difficile apprivoiser et qu'il ne se faonne en peu de temps l'esclavage; mais un Oiseau accoutum la libert, et par cons- quent pourvoir lui-mme tous ses besoins, trouvera toujours mieux ce qui lui convient en pleine campagne que dans la volire la mieux administre. (Guneau De Montbeillard.) Selon Bechstein, les deux ptes universelles paraissent de vraies friandises pour lui, car il se contente mme de son de froment imbib d'eau; il avale tout goulment, et ne refuse rien de ce qui est mangeable : pommes de terre, choux, salade, fruits de toute espce, pain blanc surtout; il aime se baigner, ou plutt s'arroser d'eau, car il ne se mouille pas autant que les autres Oiseaux. De Raumur a observ que les Jaseurs aiment la propret, et que ceux qu'on tient dans les volires font constamment leurs ordures dans le mme endroit. Bechstein, ce patient observateur, on va le voir, est d'un avis tout diffrent. Voici en quels termes il exprime son opinion au sujet des habitudes de cet Oiseau en domesticit : Il n'y a que sa beaut et sa raret qui puissent en faire dsirer la possession; c'est d'ailleurs un Oiseau niais et paresseux. Pendant les dix douze annes qu'il peut vivre dans la chambre, avec une nourriture mme trs-chtive, il ne fait que manger et se reposer pour digrer. Si la faim le porte se mouvoir, sa dmarche est gauche, ses sauts si maladroits, qu'il est pnible de le voir... Lorsque le Jaseur se met en colre, ce qui arrive quelquefois auprs de l'auget commun, il claque alors forte- ment de son bec. On n'a aucune peine l'apprivoiser; mais il n'est agrable que par ses belles cou- leurs; car, du reste, il est fort sale. C'est l'Oiseau le plus grand mangeur que je connaisse, pouvant engloutir par jour une masse gale son propre poids; aussi passe-t-elle vite, peine demi dig- re; et, ce qui est dgotant l'excs, on le voit remanger cette mme ordure, pour peu qu'il man- que de nourriture frache. Je l'ai observ avalant ainsi, trois fois conscutives, des graines de ge- nivre que je lui avais donnes. La consquence de cette voracit est la ncessit de le nettoyer trs- souvent si l'on veut viter la mauvaise odeur. (Man. de l'Amat. des Ois. de vol.) Ces dtails sont peu prs communs l'espce d'Amrique. Peu d'Oiseaux se consolent plus promplement que le Jaseur du cdre de la perte de leur libert; peu d'Oiseaux, pris adultes, se fa- onnent plus aisment la captivit. Celui-ci ne donne aucun signe de regret, et ne cherche point s'chapper ds qu'il est emprisonn : la tranquillit semble tre pour lui le premier des besoins. Son naturel est mlancolique, on peut mme dire stupide, en quelque tat qu'il se trouve. A peine est-il entr dans une volire, qu'il se jette sur la nourriture qu'on lui prsente, si elle lui est propre. Quoiqu'il soit fructivore, il mange aussi avec avidit la mie de pain trempe; mais, si on le borne a cet aliment, il souffre d'une sorte de diarrhe qui le fait prir. Quoiqu'il en consomme, beaucoup, et qu'il digre promptement. il dprit peu peu et succombe au bout de quelque temps. Un seul de douze de ces Oiseaux, pris adultes, n'a vcu, chez moi, que six mois. Leur carrire est plus longue quand on les prend dans le nid, et qu'on leur distribue des aliments plus substantiels. ( Vieillot, Oiseaux de l'Amrique septentrionale.) Les Jaseurs ont coutume de faire entendre leur cri lorsqu'ils partent; ce cri est si, zi, ri : selon Frisch et tous ceux qui les ont vus vivants, c'est plutt un gazouillement qu'un chant. ...Nanmoins, le prince D'Avesperg dit que leur chant est trs-agrable. Cela se peut concilier, dit le collaborateur de Buffon; il est trs-possible que le Jaseur ait un chant agrable dans les pays o il perptue son espce; que, partout ailleurs, il ne fasse que gazouiller et que jaser, lors mme qu'il est en libert; enfin, que dans ces cages troites il ne dise rien du tout. L'observation bien prcise de. Bechstein vient dissiper tous les doutes et fixer l'opinion cet gard. Son chant, dit-il, n'est coin- Fie 1 Monarcha cannata Fil; k 2. ~ Oreoica gutturalxs Pi. 24 OISEAUX. 115 pos que de quelques sifflements faibles et tremblants, un peu ressemblant celui du Mauvis, ex- cept qu'il est moins liant encore; pendant ce chant, il lve et baisse sa huppe, mais peine agite-t-il son gosier. Si ce ramage est peu harmonieux, il a au moins le mrite de n'tre interrompu dans au- cune saison de l'anne. CUALLl Fij. 156 Bombycille juseur. L'es Oiseaux sont d'un caractre tout fait social; ils vont ordinairement par grandes troupes, et quelquefois ils forment des voles innombrables. La socit de leurs semblables semble tre pour eux un besoin naturel. En effet, dit Vieillot de l'espce d'Amrique, les petits sont peine sortis du nid, que toutes les familles du mme canton et des environs se runissent et forment des troupes nom- breuses qui ne cessent de voyager, ou plutt d'errer d'un pays l'autre, pour y trouver une nourri- ture abondante et facile... Ils cachent leur nid trs-soigneusement, et se montrent peu pendant l't. Ils vivent alors solitaires, et paraissent d'autant plus rares, qu'on les a vus en tout autre temps par voles innombrables. Ce n'est qu'au mois de mai qu'ils sentent le besoin de transmettre l'existence une nouvelle gnration . Les mles se disputent alors les femelles avec un acharnement tonnant pour des volatiles d'un caractre doux et tranquille. Ce choix fait, chacun s'isole avec sa compagne dans l'intrieur des forts, et lui donne des marques de son affection en la nourrissant quand elle couve, et en partageant avec elle les soins de l'incubation; deux pontes annuelles sont les fruits de leur union : ils en font une au mois de juin, et l'autre au mois d'aot. (Vieillot.) Mais, outre ce got gnral qu'ils ontpour la socit, ils paraissent capables, entre eux, d'un atta- chement de choix et d'un sentiment particulier de bienveillance, indpendant mme de l'attrait rci- proque des sexes; car, non-seulement le maie et la femelle se caressent mutuellement et se donnent tour tour manger, mais on a observ les mmes marques de bonne intelligence et d'amiti de mle mle, comme de femelle femelle. Cette disposition aimer, qui est une qualit si agrable pour les autres, est souvent sujette de graves inconvnients pour celui qui en est dou; elle sup- pose toujours en lui plus de douceur que d'activit, plus de confiance que de discernement, plus de simplicit que de prudence, plus de sensibilit que d'nergie, et le prcipite dans les piges que des tres moins aimants, et plus domins par l'intrt personnel, multiplient sous ses pas : aussi ces Oi- seaux passent-ils pour tre (ks plus stupides, et ils sont de ceux que l'on prend en plus grand nom- bre. On les prend ordinairement avec les Grives, qui passent en mme temps, et leur chair est peu prs de mme got, ce qui est assez naturel, vu qu'ils vivent peu prs des mmes choses. Cependant, d'un ct, Gessner nous dit que c'est un gibier dlicat qu'on sert sur les meilleures tables, et dont le o 15 114 HISTOIRE .NATURELLE. foie surtout est fort estim; le prince D'Aversperg assure que la chair du Jaseur est d'un got prf- rable celle de la Grive et du Merle; et, d'autre ct, Schwencfeld avance que c'est un manger m- diocre et peu sain. Tout cela dpend beaucoup de la qualit des choses dont l'Oiseau s'est nourri. J'ajoute qu'on en tue beaucoup la fois, parce qu'ils se posent fort prs les uns des autres. (Guneau De MOXTISEILLAIID.) Ce dernier fait est confirm par Vieillot en ces termes : Ces Oiseaux se laissent approcher de trs-prs, et ne s'pouvantent point du bruit de l'arme feu. Ceux que le plomb meurtrier n'a pas atteints au premier coup de fusil se contentent de changer d'arbre, se posent sur le plus proche, et tous sur le mme, si tous peuvent y trouver place. (Oiseaux de l'Amrique .septentrionale.) Nous terminerons par un mot sur le vritable sens donner au nom spcifique de Garrulus, que lui a impos Linn, et que lui ont conserv la plupart des auteurs. Le nom de Jaseur, dit Guneau De Montbeillard propos du chant de ces Oiseaux, qui leur a t donn, indique assez que, dans les lieux o on les a nomms ainsi, on ne leur connaissait ni le talent de chanter ni celui de parler qu'ont les Merles; car jaser n'est ni chanter ni parler. De Raumur, ajoute-t-il, va mme jusqu' leur disputer le titre de Jaseurs. Cette petite discussion, de la part de Montbeillard, est toute purile, et repose sur une erreur laquelle tout le monde a pris part. Ce nom de Garrulus, en effet, n'a t appliqu par Linn que pour conserver cet Oiseau le caractre zoologique qui lui avait t reconnu primitivement par les an- ciens auteurs, tels que Gessner, qui en avait fait un Geai, auquel le Jaseur (que nous appellerons Rom- bycille) ressemble effectivement en petit sous quelques rapports, tels que celui de la nature des plu- mes, de leur coloration principale, qui approche beaucoup de la nuance du plumage du Geai d'Eu- rope (Garrulus glandarius), et de la huppe, enfin : tous caractres d'analogie si bien mis en lumire par Le Vaillant, qui, lui, persistait, par les mmes considrations, en faire un Geai. Le mot Garru- lus, appliqu au genre qui nous occupe, n'exprime rien de plus, et n'a pas d'autre valeur. On voit que l'histoire de ce genre d'Oiseaux, si intressant tous gards, et dont une espce compte comme europenne, est loin d'tre connue; aussi avons-nous recueilli scrupuleusement tout ce qui en a t dit : que d'autres, plus heureux ou plus favoriss, compltent cette histoire. BOMBYCILLE DE BOHEME. VOMTCILLA BOHEMCA. (Brisson.) Plumage d'un cendr rougetre, plus fonc en dessus qu'en dessous, avec les plumes de la tte allonges en huppe; celles des narines, de la gorge, et une bande au-dessus des yeux, d'un noir pro- fond; couvertures infrieures de la queue d'un roux marron; rmiges primaires noires, termines par un trait jaune et blanc en forme de V, six huit des secondaires termines de blanc, et par un pro- longement cartilagineux d'un rouge de cire vif; rectrices noires, avec l'extrmit jaune; bec brun rousstre en arrire, et noirtre la pointe; pieds bruntres; iris brun. (Mle.) Dans un ge trs-avanc, les baguettes de toutes les rectrices ont leur pointe du rouge sembla- ble aux palettes des ailes. (Rec.land.) Longueur totale, m ,21 environ. Habite, durant l't, les parties orientales du nord de l'Europe et de l'Asie, et les parties occiden- tales du nord de l'Amrique septentrionale. On ne le voit en France cpie de loin en loin, et dans les hivers rigoureux. OISEAUX. 115 TROISIME FVMILLE. FALCUNCULINES. Nous levons au rang de famille le genre Falcunculus, Faleonelle de Vieillot, dont Cuvier lui-mme avait dj fait une petite section de ses Pies-Griches sous le nom de Pies-Griches-Msanges, ayant sans doute en vue, ainsi que l'a pens M. De La Fresnaye, de dsigner seulement son plumage color comme celui de notre Msange charbonnire. El, comme ce dernier ornithologiste, c'est avec la fa- mille des Msanges que nous croyons devoir ranger cette nouvelle famille, adoptant en tout point l'opinion dernire qu'il a professe en ces termes (revenant sur celle qu'il avait exprime en 1858, o il classait la Faleonelle dans ses F'ies-Griches sylvicoles avec les Cyclarliis de Swainson). M. Gould, dit-il, dcrivant la Faleonelle dans son magnifique ouvrage, llic Dirds of Australia, rapporte que c'est un Oiseau des plus vifs, et toujours en mouvement, se nourrissant d'Insectes qu'il saisit dans le feuillage, et de larves qu'il sait dnicher dans les gerures des branches et du tronc, qu'il frappe sans cesse de son bec puissant, les parcourant dans tous les sens exactement comme font les Msanges : que faut-il donc de plus pour reconnatre la vritable place que l'auteur de la na- ture a assigne ce dernier Oiseau'! En lui donnant une livre entirement analogue celle de nos Msanges, et le douant de facults locomotives particulires, mais tout fait semblables aux leurs, c'tait nous indiquer visiblement que c'tait avec elles que nous devions le grouper naturellement, sans avoir gard, comme on l'a fait jusqu'ici, a la forme plus arque et lgrement chancre de son bec, qui, d'ailleurs, comprim comme celui des Msanges, n'en est rellement qu'une modification. (Revue zoologique, 18 ii.) C'est, conclut notre savant ornithologiste, de la famille des Msanges, et non de celles des Pies- Griches, oii on l'avait rang jusqu'ici, que doit faire partie le genre Faleonelle, pour lequel il pro- pose une section sous le nom de Msanges-Pies-Griches, pour rappeler la juste remarque de Cuvier leur gard. Mais M. Ile La Fresnaye runit au genre Faleonelle le genre Cyclarhis de Swainson, dont, avec M. D'Orbigny, il avait fait ses genres Laniagra, ayant pour type laPie-Gricbe sourcils roux de Le Vail- lant; Tanagra Guyanensis, Gmelin. A* cet gard, nous ne sommes nullement de son avis, les murs de ces deux genres n'ayant, quoi qu'il en dise, aucuns rapports entre eux; nous exposerons nos rai- sons en nous occupant de ce dernier genre, qui doit rester parmi les Lainidce. Nous composons cette petite famille d'un genre unique : Faleonelle [Falcunculus), Vieillot. GENRE UNIQUE. FALCONELLE. FALCLNCULVS. i Vieillot, 1816.) CARACTRES GNRIQUES. Bec court, robuste, tris-comprim, un peu flchi en arc; mandibule suprieure dente et crochue vers le bout, l'infrieure aigu et retrousse la pointe. Narines latrales, a ouverture arrondie, et cache par les plumes de la base du front. Ailes mdiocres et arrondies, surobtuses; la troisime, la quatrime et la cinquime rmiges gales entre elles, les plus longues. Queue mdiocre, lgrement chancre, et arrondie sur les cts. Tarses de la longueur du doigt mdian, scutells, assez robustes, ainsi que tes doigts, dont les H6 HISTOIRE NATURELLE. deux latraux sont gaux et unis h la base avec le mdian; le pouce long et vigoureux; les ongles crochus cl aigus. Fig. 157. Falcunculus frontatus. Fig. 158. Falcunculus fronlatus. Tte gnralement surmonte d'une huppe qui ne parat jamais s'abaisser compltement; langue de moyenne taille, assez charnue, corne vers l'extrmit, qui est chanere. Ce genre, qui, l'poque de la cration, ne reposait que sur deux espces, et mme sur une seule, le Falcunculus frontatus, en compte, aujourd'hui, quatre, toutes de l'Australie. Nous figurons la Falconelle ventre hlanc. Ce fut en septembre 1844, dit Jules Verreaux en parlant de l'espce type, la Falconelle huppe, que j'eus le bonheur d'observer ces Oiseaux; et il faut rendre ici tout l'honneur d notre clbre Cuvier, qui avait si bien saisi le sens du nom qu'il leur a appliqu; car celui de Pie-Griche-Msange est le seul capable de faire comprendre leurs rapports avec ces deux familles d'Oiseaux, en apparence si loigns l'un de l'autre. En effet, les Falconelles, tout en possdant un bec fortement crochu, et mme plus pais qu'il ne se voit dans beaucoup de Lainids, ont pourtant peu prs les mmes moeurs que les Msanges. Je les ai observes avec le plus grand soin avant que de me dcider en tuer, et je les ai vues presque toujours cramponnes aux branches et aux feuilles, les contournant dans tous les sens afin d'y chercher les Insectes qui servent leur nourriture. Et. bien que je les aie sur- prises s' emparant de beaucoup de Chrysomles, j'ai parfaitement remarqu qu'elles attaquaient le plus souvent les Cigales, qui aiment se rfugier sur les casuarinas, dont l'corce rugueuse leur offre un abri sr. Je suis parvenu voir le mle de ces Oiseaux en emporter une qui avait plus de m ,05 de longueur, de l'espce noire, si abondante dans les environs de Sydney, et qui fait entendre un bruit assourdissant pendant l't. La premire chose que fit mon Oiseau fut de la placer dans ses pattes, dont les ongles sont trs-puissants, puis de lui dchirer le corselet avec son bec. Il faut que cet or- gane, chez les Falconelles, soit dou d'une force extraordinaire, car cette espce de Cigale est elle- mme trs-forte. J'en fus enfin plus convaincu lorsque aprs avoir tu cet Oiseau je vis tomber avec lui l'Insecte en question. En faisant l'ouverture de l'estomac, j'y trouvai des dbris de beaucoup d'es- pces d'Insectes communs dans cette saison, mais presque tous d'une substance dure; il y avait dans le nombre des portions assez compltes du Curculio noir, qui abonde surtout sur les eucalyptus, et qui a m ,05 de long. Une Falconelle, que je tuai en juillet dans les ravins solitaires de North-Shore, avait dans son estomac des dbris de la Fhasma grise, qui atteint m ,19 m ,22 de longueur, e mme de Papillons nocturnes qui, le jour, cherchent un abri parmi les corces des casuarinas et des banksias. Mes domestiques ont observ, comme moi, qu'on ne voyait le plus ordinairement qu'un cou- ple ensemble. Dans les alentours de Sydney, ces Oiseaux ne sont que de passage; mais j'ignore encore dans quelle localit ils se retirent. Germain et Emile en trouvrent plusieurs couples dans leur voyage ,iu port Macquarie; mais Emile en trouva un plus grand nombre, dans les forts du Manury, en no- vembre et dcembre : il m'assura mme qu'il avait vu le nid, dans lequel se trouvaient deux jeunes peine couverts de plumes. Ce nid se trouvait entrelac dans les branches les plus minces d'un casua- rina. de sorte qu'il tait constamment ballott par le vent. Bien solidement fix, il tait compos de d- nris d'corces d'eucalyptus, de mtrocidros, de petites bchettes et de quelques tiges minces de ca- suanna; l'intrieur tait garni de quelques gramines et de plumes. Ce nid tait plus haut que large, et se trouvait tellement bien abrit par toutes les tiges qui s'y trouvaient attaches, qu'Emile le prit pour une de ces plantes parasites si communes sur les arbres. Malheureusement, quand il y retourna OISEAUX. 117 pour prendre les jeunes, ils taient partis. Quant au nid, il fut dvor dans sa case, avee une quantit d'autres objets prcieux, par les Rats et les Souris. (Zool. lam. et mistral., rass.) FALCONELLE DE GOULD. FALCUNCVLVS GOVLDU. (Cabanis.) Cette espce, que M. Gould lui mme a confondue avec la Falconelle huppe, lui ressemble beau- coup. Comme celle-ci, elle a tout le dessus de la tte noir, plumes longues, largies, formant une huppe en forme de casque; les cts du front, de l%tte, des joues et d'une partie du cou, d'un blanc pur; le noir de la huppe descendant au travers de l'il, et venant se joindre la bande noire qui se trouve au-dessous de l'il, et qui se continue jusque derrire les oreilles; mais cette bande, trs-large chez l'espce type, est, chez celle-ci, fort troite : comme elle encore, elle a la gorge et le devant du cou de cette dernire couleur; tout le reste de la partie infrieure jaune ple, plus vive sur la poitrine; toutes les parties suprieures olivtres, devenant gris cendr sur les ailes et la queue; mais les rmiges, qui sont galement noirtres, au lieu d'tre bordes de gris, sont, chez la nou- velle espce, bordes de blanc pur, ainsi que les scapulaires; enfin, la queue est un peu plus arron- die; et sa taille est beaucoup moindre, car, au lieu de ra ,19, elle n'en mesure que m ,10. Du reste, mmes couleurs du bec, noir plomb, et des tarses, qui sont bleutres, ainsi que les ongles, comme chez les Msanges charbonnires. Fig. 159 et 1G0. Falconelle happe. (Mle et femelle ) DEUXIME TRIBU. - PARIDS. Les Parids, en tant que tribu, offrent encore les plus grandes anomalies dans leurs caractres zoologiques, notamment dans celui tir de la forme du bec. La considration seule, tire de leurs habitudes, et qui a entran la gnralit des ornithologistes, presque leur insu, en runir les l- ments en un seul groupe, contrairement leurs principes, suffit pour faire voir combien est souvent 118 HISTOIRE NATURELLE. illusoire le caractre tir du bec, envisag d'une manire trop exclusive, et justifie, sous ce rapport, les parties de notre travail qui pourraient tre interprtes comme des innovations, ces innovations tant la plupart du temps le rsultat d'tudes et d'observations consciencieuses sur les murs des Oiseaux. Cette tribu formait simplement, pour Swainson, la troisime sous-famille de ses Sylvian, qu'il composait de quatre sous-familles : Saxicolin, PkilomeUn, Parian et Motacillin. M. G. R. Gray en a fait la cinquime sous-famille de ses Luscinid; et M. Ch. Bonaparte, le premier, l'a rige en famille, n'y comprenant qu'une seule sous-famille, celle des Parin. Nous suivons cet exemple. Cette tribu se composera donc pour nous d'une seule famille : Les Parins. FAMILLE INIQUE. - PARINS. Ce que nous venons de dire de la composition de notre tribu des Parids nous dispense d'entrer dans plus de dtails au sujet de cette premire famille, qui a pour types gnraux toutes nos espces de Msanges d'Europe. Cette famille reprsente le grand genre Msange [Parus) de Linn, genre qui est loin d'tre au- jourd'hui tel que l'avait fait son fondateur; des coupes assez nombreuses y ont t introduites pour permettre d'lever le genre, au moyen de ces coupes, au rang de famille G. Cuvier, le premier, l'a divis en : l u Msanges proprement dites: 2 Msanges moustaches; 5" Msanges rmiz, et a fond celle division sur quelques lgres diffrences tires du bec et sur quelques particularits dans les habitudes. M. Temminck, qui d'abord avait rsist cette manire de voir, s'est, lui aussi, dcid tablir trois sections dans le genre linnen Parus : 1 Les Sylvains; 2" Les Riverains; 5" Les Penduliens. Ces trois sections, qui ont pour motif les oppositions d'habitudes, sont galement distinctes entre elles par de lgers caractres tirs des rmiges et du bec. Ainsi, les Sylvains ont la premire rmige de moyenne longueur; chez les Riverains, elle est nulle; et les Penduliens ont un bec qui diffre totale- ment de celui des autres espces. Quelques ornithologistes ont pouss plus loin encore le dmembrement du genre linnen Parus, devenu pour eux la famille des Parids. Ainsi, pour ne parler que de nos espces d'Europe, la M- sange longue queue est devenue, pour Lcach, le type d'une division particulire sous le nom de Mccistura, et les Parus crislalus, cruleus et palustris, ont servi au docteur Kaup fonder, la pre- mire, le genre Lophopliancs, la seconde, le genre Cyanislcs, et la troisime, le genre Pcile. [Gerbes, Dictionnaire d'Histoire naturelle.) Swainson faisait entrer dans la composition de ses Parin les genres : 1 Selophaga, Swainson; 2 Sylvicola, Swainson; 3" Dumecula, Swainson. Fis 2 Traquet ptrc. ['1 25. OISEAUX. 110 4" Vermivora, Swainson; 5 Mniotilta, Vieillot; 6 Zoslerops, Vigors et Horsfield; 7 JEgythina, Vieillot; 8 ASgythalus, Vieillot; 9" Parus, Linn; 10" Parisoma, Swainson; 11" Hylopkilus, Temminck; 12" Accentor; 15 Seiurus, Swainson; 14 Trichas, Swainson. M. G. R. Gray, reprenant, en le divisant, le travail de Swainson, a rduit ses Parin aux genres suivants : j Parus; 2 Sulliora, Hodgson; 5" Paroidcs. Koeh; 4 Cerlliiparus, De La Fresnaye; 5 Sphenpstoma; 6 Parisoma; M. Ch. Bonaparte compose ses Parin de dix genres : 1" Cerlliiparus; 2 Melaiiiparus, Ch. Bonaparte; 5" Loplwplianes, Kaup; 4 Parus; 5" Cyanistcs. Kaup; 6 Pcila, Kaup; 7 Meclslura, Leach; 8 Psaltria, Temminck; 0" Pauurus, Koch; 10 JEgythalus. Nous adoptons les huit genres suivants -. 1" Msange (Parus); 2Nonette (Pcila); 5" Mcistur (Mecislura); 4" Psaltrie (Psallria); 5" Panure (Panurus); 6 Msange-Grimpereau (Cerlliiparus); 7" Parisome (Parisoma): 8" Rmiz (Paroides). Tous les Oiseaux de cette famille sont faibles en apparence, parce qu'ils sont trs-petits; mais ils sont en mme temps vifs, agissants et courageux : on les voit sans cesse en mouvement; sans cesse ils voltigent d'arbre en arbre; ils sautent de branche en branche; ils grimpent sur l'corce ; ils gravissent contre les murailles; ils s'accrochent, se suspendent de toutes les manires, souvent mme la tte en bas, alin de pouvoir fouiller dans toutes les petites fentes, et y chercher les Vers, les Insectes ou les ufs. Us vivent aussi de graines; mais, au lieu de les casser dans leur bec, comme font les Linottes et les Chardonnerets, presque toutes les Msanges les tiennent assujetties sous leurs petites serres, et les percent coups de bec; elles percent de mme les noisettes, les amandes, etc. Si on leur suspend une noix au bout d'un fil, elles s'accrochent cette noix et en suivent les oscilla- tions ou balancements sans lcher prise, sans cesser de la becqueter. On a remarqu qu'elles ont les 120 HISTOIRE NATURELLE. muscles du cou trs-robustes et le crne trs-pais, ce qui explique une partie de leurs manuvres; mais, pour les expliquer toutes, il faut supposer qu'elles ont aussi beaucoup de force dans les muscles des pieds et des doigts. La plupart des Msanges d'Europe se trouvent dans nos climats en toute saison, mais jamais en aussi grand nombre que sur la fin de l'automne, temps o celles qui se tiennent l't dans les bois ou sur les montagnes en sont chasses par le froid, les neiges, et sont forces devenir chercher leur subsistance dans les plaines cultives et porte des lieux habits. (Buffon.) M. Saint-John cite le fait d'une Msange bleue attire sans doute par quelques Mouches se tranant pniblement sur les vitres, en novembre, qui vint, de son plein gr, s'tablir dans son salon; elle poursuivait les Mouches avec une ardeur incroyable, fourrant son petit bec dans tous les coins, dans toutes les fentes, et exterminant ainsi celles que le balai avait pargnes. Elle s'apprivoisa peu peu jusqu' venir becqueter des miettes de pain que les enfants avaient jetes pour elle tout auprs de la table. L'activit, ajoute cet observateur, que met cet Oiseau dtruire les Mouches mrite assur- ment qu'on lui accorde quelque protection. (Portefeuille d'un naturaliste et Revue britannique, 1849.) Le traducteur de Bechstein dit avoir vu une Msange huppe prise adulte, qui n'a pas t plus dif- ficile priver qu'une autre. Aprs avoir pass un hiver en cage, elle refusa sa libert au printemps. Mise alors dans le jardin prs de la maison, elle y tait encore le soir aprs avoir cri et sautill par- tout avec anxit pendant toute la journe. Sa matresse, craignant quelque accident pour cette favo- rite durant la nuit, alla lui prsenter la cage, dans laquelle elle sauta avec joie. Depuis ce moment on la laissa voltiger librement dans trois chambres contigus; elle fut toujours trs-gaie, venant, quand sa matresse l'appelait, se percher sur ses doigts et chercher, dans sa main demi ferme, les Mou- ches qu'elle y avait mises. Elle s'tait fait un nid dans un rideau de fentre, dans lequel elle se glis- sait le soir la drobe. Pour peu qu'elle vt quelqu'un avoir les yeux tourns de ce ct, elle n'y allait point, et saisissait l'instant favorable avec tant de prestesse, qu'on fut longtemps sans savoir o elle se retirait. On ne toucha plus ds cet instant au rideau pour ne pas la dranger. Durant la mauvaise saison, et mme au commencement du printemps, les Msanges vivent de quel- ques graines sches, de quelques dpouilles d'Insectes qu'elles trouvent en furetant sur les arbres; elles pincent aussi les boutons naissants et s'accommodent des ufs de Chenilles, notamment de ceux que l'on voit autour des petites branches, rangs comme une suite d'anneaux ou de tours de spirale; enfin elles cherchent dans la campagne de petits Oiseaux morts; et, si elles en trouvent de vi- vants affaiblis par la maladie, embarrasss dans des piges, en un mot, sur qui elles aient de l'avan- tage, fussent-ils de leur espce, elles leur percent le crne et se nourrissent de leur cervelle; et cette cruaut n'est pas toujours justifie par le besoin, puisqu'elles se la permettent lors mme qu'elle leur est inutile; par exemple, dans une volire o elles ont en abondance la nourriture qui leur convient. Pendant l't elles mangent, outre les amandes, les noix, les Insectes, etc., toutes sortes de noyaux, les chtaignes, de la faine, des figues, du chnevis, du panis et autres menues graines. On a remar- qu que celles que l'on tient en cage sont avides de sang, de viande gte, de graisse rance et de suif fondu, mi plutt brl par la flamme de la chandelle; il semble que leur got se dprave dans l'tat de domesticit. En gnral, toutes les Msanges, quoique un peu froces, aiment la socit de leurs semblables et vont par troupes plus ou moins nombreuses. (Buffon.) Il est trs-rare de rencontrer des individus isols. Ils vivent en troupes ou plutt en familles, sur- tout aprs les couves. On les entend se rappeler sans cesse et redoubler leurs iris ds qu'elles se perdent de vue; on les voit se runir un instant, se quitter, puis se rapprocher de nouveau. Les li- sires des bois, les buissons, les haies, les jardins, les endroits marcageux, les bords des rivires, sont les lieux o ils exercent constamment leur industrie. On a prtendu qu'il rgne entre les M- sanges moins d'attachement que de mfiance, et que les individus d'une mme espce se craignent mutuellement; on a mme avanc que cette mfiance et cette crainte mutuelles taient cause que ces Oiseaux se tenaient toujours quelque distance les uns des autres. Si le lait tait vrai, on ne saurait trop comment expliquer leur instinct de sociabilit; mais nous pouvons assurer que, dans cette circon- stance comme dans beaucoup d'autres, on s'est tromp. Si bien souvent les Msanges qui composent une bande sont parpilles a et l sur le mme arbre, c'est que les Insectes qu'elles y cherchent n'y OISEAUX. 121 sont pas non plus ramasss sur un seul point, et non-seulement alors elles se'dispersent sur toutes les branches, mais, lorsque deux de ces Oiseaux suivent la mme direction, on les voit arriver jus- qu'au bout de la tige qu'ils parcourent, exerant tranquillement leur industrie l'un prs de l'autre. Si quelquefois il y a querelle entre les Msanges, c'est toujours lorsque l'une est sur le point d'enle- ver la proie l'autre. (Geiujes, Dict. univ.d'Hist nat., 1847.) Fig. 161 e( ira (Mle et femelle. \ Elles se livrent avec moins de dfiance des unions plus intimes qui se renouvellent chaque anne au printemps, et dont le produit est considrable, car c'est le propre des Msanges d'tre plus fcon- des qu'aucun autre genre d'Oiseaux, et plus qu'en raison de leur petite taille. Cela est si connu en Angleterre, qu'il a pass en usage de donner le nom de Msange toute femme qui est la fois trs- petite et trs-fconde. On serait port a croire qu'il entre dans leur organisation une plus grande quantit de matire vivante, et que l'on doit attribuer cette surabondance de vie leur grande fcon- dit, comme aussi leur activit, leur force et leur courage. Aucun autre Oiseau n'attaque la Chouette plus hardiment; elles s'lancent toujours les premires, et cherchent lui crever les yeux. Leur ac- tion est accompagne d'un renflement de plumes, d'une succession rapide d'attitudes violentes et de mouvements prcipits, qui expriment avec nergie leur acharnement et leur petite fureur. Lors- qu'elles se sentent prises, elles mordent vivement les doigts de l'oiseleur, les frappent a coups de bec redoubls et rappellent grands cris les Oiseaux de leur espce, qui accourent en foule, se pren- nent leur tour et en font venir d'autres qui se prendront de mme. Aussi M. Lottinger assure-t-il que sur les montagnes de Lorraine, lorsque le temps est favorable, c'est--dire par le brouillard, ils 16 i2 2 HISTOIRE NATURELLE. ne faut qu'un appeau, une petite loge et un bton fendu, pour en prendre quarante ou cinquante dou- zaines dans une matine. On les prend encore en grand nombre, soit au trbuchet, soit au petit filet d'Alouettes, soit au lacet, soit au collet ou aux gluaux, ou avec la reginglette, ou mme en les enivrant, comme faisaient les anciens, avec de la farine dlaye dans du vin. Cette pte leur donne des alourdis- sements, elles tombent, se dbattent, font effort pour s'envoler, retombent encore et amusent les spec- tateurs par la varit bizarre de leurs mouvements et de leurs attitudes. Voil bien des moyens de destruction employs contre de petits Oiseaux, et presque tous employs avec succs. La raison est que ceux qui lvent des Abeilles ont grand intrt dtruire les Msanges, parce qu'elles font une grande consommation de ces Insectes utiles, surtout quand elles ont des petits; d'autres disent que c'est l'hiver qu'elles en dtruisent le plus, parce que les Abeilles, tant alors moins vives, elles redou- tent moins leur aiguillon et les attrapent plus facilement en volant; et d'ailleurs elles ont trop de vi- vacit pour ne pas donner dans tous les piges, surtout au temps de leur arrive, car elles sont alors trs-peu sauvages. Elles se tiennent dans les buissons, voltigent autour des grands chemins et se laissent approcher, mais bientt elles acquirent de l'exprience et deviennent un peu plus d- fiantes. Elles pondent jusqu' dix-huit et vingt ufs, plus ou moins; les unes dans des trous d arbre, se servant de leur bec pour arrondir, lisser, faonner ces trous l'intrieur et leur donner une forme convenable leur destination; les autres dans des nids en boule et d'un volume trs-disproportionn la taille d'un si petit Oiseau. 11 semble qu'elles aient compt leurs ufs avant de les pondre; il semble aussi qu'elles aient une tendresse anticipe pour les petits qui en doivent clore; cela parat aux prcautions affectionnes qu'elles prennent dans la construction du nid, l'attention prvoyante qu'ont certaines espces de le suspendre au bout d'une branche, au choix recherch des matriaux qu'elles y emploient, tels qu'herbes menues, petites racines, mousse, fil, crin, laine, coton, plumes, duvet, etc. Elles viennent bout de procurer la subsistance leur nombreuse famille, ce qui suppose non-seulement un zle, une activit infatigables, mais beaucoup d'adresse et d'habilet dans leur chasse; souvent on les voit revenir au nid ayant des Chenilles dans le bec. Si d'autres Oiseaux atta- quent leur gniture, elles la dfendent avec intrpidit, fondent sur l'ennemi, et, force de cou- rage, font respecter la faiblesse. Toutes les Msanges d'Europe ont des marques blanches autour des yeux; le doigt extrieur uni par sa base au doigt du milieu, et celui-ci de trs-peu plus long que le doigt postrieur; la langue comme tronque et termine par des filets; presque toutes sont trs-fournies de plumes sous le crou- pion; toutes, except la Msange bleue, ont la tte noire ou marque de noir; toutes, except la Msange longue queue (Mcisture), ont les pieds de couleur plombe; mais, ce qui caractrise plus particulirement les Oiseaux de cette famille, c'est leur bec, qui n'est point en alne, comme l'ont dit quelques mthodistes, mais en cne court, un peu aplati par les cts; en un mot, plus fort et plus court que celui des Fauvettes, et souvent ombrag par les plumes du front, qui se relvent et revien- nent en avant; ce sont leurs narines recouvertes par d'autres plumes plus petites et immobiles; enfin ce sont surtout leurs murs et leurs habitudes naturelles. 11 n'est pas inutile de remarquer que les Msanges ont quelques traits de conformit avec les Corbeaux, les Pics et mme les Pies-Griches, dans fa force relative de leur bec et de leurs petites serres, dans les moustaches qu'elles ont autour du bec, dans leur apptit pour la chair, dans leur manire de dchirer leurs aliments en morceaux pour les manger, et mme, dit-on, dans leurs cris et dans leur manire de voler; mais on ne doit point pour cela les rapporter aux mmes genres, comme a fait Kramer; il ne faut qu'un coup d'il de comparaison sur ces Oiseaux, il ne faut que les voir grimper sur les arbres, examiner leur forme extrieure, leurs proportions, et rflchir sur leur prodigieuse fcondit, pour se convaincre qu'une Msange n'est rien moins qu'un Corbeau. D'ailleurs, quoique les Msanges se battent et s'entre-dvo- rent quelquefois, surtout certaines espces qui ont l'une pour l'autre une antipathie marque (telles sont la Cbarbonnire et la Nonette cendre), elles vivent aussi quelquefois en bonne intelligence entre elles et mme avec des Oiseaux d'une autre espce, et l'on peut dire qu'elles ne sont pas essentielle- ment cruelles, comme les Pies-Griches, mais seulement par accs et dans des circonstances qui ne sont pas toutes bien connues. J'en ai vu qui, bien loin d'abuser de leur force, le pouvant faire sans aucun risque, se sont montres capables de la sensibilit et de l'intrt que la faiblesse devrait tou- jours inspirer au plus fort. Ayant mis dans la cage o tait une Msange bleue deux petites Msanges OISEAUX. d23 noires, prises dans le nid, la bleue les adopta pour ses enfants, leur tint lieu d'une mre tendre et partagea avec eux sa nourriture ordinaire, avec grand soin de leur casser elle-mme les graines trop dures qui s'y trouvaient mle; je doute fort qu'une Pie-Griche et fait cette bonne action. ... Nos connaisseurs prtendent qu'elles chantent trs-bien; ce qu'il faut entendre de leur chant de printemps, je veux dire de leur chant d'amour, et non de ce cri dsagrable et rauque qu'elles conservent toute l'anne, et qui leur a fait donner, a ce que l'on prtend, le nom de Serrurier. Les mmes connaisseurs ajoutent qu'elles sont capables d'apprendre siffler des airs; que les jeunes, prises un peu grandes, russissent beaucoup mieux que celles qu'on lve la brochette, qu'elles se familiarisent promptemenl et qu'elles commencent chanter au bout de dix ou douze jours; enfin ils disent que ces Oiseaux sont fort sujets la goutte, et ils recommandent de les tenir chaudement pen- dant l'hiver. Presque toutes les Msanges font des amas et des provisions, soit dans l'tat de libert, soit dans la volire. M. le vicomte de Querhoent en a vu souvent plusieurs de celles qui il avait coup les ailes prendre dans leur bec trois ou quatre grains de panis avec un grain de chnevis, et grimper d'une vitesse singulire au haut de. la tapisserie o elles avaient tabli leur magasin; mais il est clair que cet instinct d'amaSser, d'entasser les provisions, est un instinct d'avarice et non de prvoyance, du moins pour celles qui ont coutume de passer l't sur les montagnes et l'hiver dans les plaines. On a aussi remarqu qu'elles cherchent toujours les endroits obscurs pour se coucher; elles semblent vouloir percer les planches ou la muraille pour s'y pratiquer des retraites, toutefois une certaine hauteur, car elles ne se posent gure terre et ne s'arrtent jamais longtemps au bas de la cage. M. Hbert a observ quelques espces qui passent la nuit dans des arbres creux; il les a vues plu- sieurs fois s'y jeter brusquement, aprs avoir regard de tous cts, et, pour ainsi dire, reconnu le terrain; et il a essay inutilement de les faire sortir en introduisant un bton dans les mmes trous o il les avait vues entrer; il pense qu'elles reviennent chaque jour au mme gte, et cela est d'au- tant plus vraisemblable, que ce gte est aussi le magasin o elles resserrent leurs petites provisions. Au reste, tous ces Oiseaux dorment assez profondment, et la tte sous l'aile, comme les autres. Leur chair est en gnral maigre, amre et sche, et par consquent un fort mauvais manger; cependant il parait qu'il y a quelques exceptions faire. Gessner dit qu'on en mange en Suisse; mais il avoue que ce n'est rien moins qu'un bon morceau; le seul Schwenckfeld est d'avis que c'est une viande qui n'est ni de mauvais got ni de mauvais suc, en automne et en hiver. (Buffon.) 1" GENRE. MSANGE. PARUS. (Linn.) CARACTRES GNRIQUES. Bec fort, plus court que la tte, presque conique, h arte suprieure et commissure courbe, l'arte infrieure se relevant son extrmit, comprim jusqu' ta pointe, qui est entire et aigu. Narines latrales, bastes, ouverture arrondie et caduc sous les plumes du front. Fi". 103. Parus eristatus. Fig. 164. Parus crtstatus Ailes mdiocres, surobtuses, la premire rmige trs-courte, la troisime plus courte que ta qua trimeet la cinquime, qui sont gales et les plus longues de toutes. 124 HISTOIRE NATURELLE. Queue plus ou moins longue, tantt gale, tantt arrondie. Tarses de la longueur du doigt mdian, scutells; doigts mdiocres, les latraux gaux, le pouce long et fort, ainsi que son ongle, qui est, comme les autres, courb cj aigu. Ce genre se compose de quarante-six espces de l'Europe, de l'Asie, de l'Ocanie, de l'Afrique et de l'Amrique septentrionale. Nous figurons toutes les espces d'Europe. Nous confondons dans ce genre les genres Loplwpliancs et Cyanistes du docteur Kaup, Melanochlora de Lesson, et son syno- nyme Crataiongx, et Paroides de Brehm. La Charbonnire ou grosse Msange, type du genre, a presque toutes les habitudes que nous avons dcrites en parlant de la famille. Je ne sais pourquoi, dit Buffon, Belan s'est persuad que cette espce ne se pendait pas tant aux branches que les autres, car j'ai eu occasion d'observer un individu qui se pendait sans cesse aux btons de la partie suprieure de sa cage, et qui, t3nt devenu malade, s'accrocha ces mmes b- tons, la tte en bas, et resta dans cette situation pendant toute sa maladie, jusqu' sa mort inclusi- vement, et mme aprs sa mort. Je me suis aussi convaincu par moi-mme que la Charbonnire en cage perce quelquefois le crne aux jeunes Oiseaux qu'on lui prsente, et qu'elle se repat avidement de leur cervelle. M. Hbert s'est assur du mme fait peu prs, en mettant en exprience dans une cage un Rouge-Gorge avec huit ou dix Charbonnires; l'exprience commena neuf heures du matin; midi le Rouge-Gorge avait le crne perc, et les Msanges en avaient mang toute la cervelle. D'un autre ct, j'ai vu un assez grand nombre, de Msanges charbonnires et autres, toutes prises la pipe, lesquelles avaient vcu plus d'un an dans la mme volire, sans aucun acte d'hostilit; et, dans le moment o j'cris, il existe une Charbonnire vivant depuis six mois en bonne intelligence avec des Chardonnerets et des Tarins, quoique l'un des Tarins ait t malade dans cet intervalle, et que, par son tat, il lui ait of- fert plus d'une occasion facile de satisfaire sa voracit. En tat de libert, ces Oiseaux commencent de s'apparier ds les premiers jours de fvrier; ils ta- blissent leur nid dans un trou d'arbre ou de muraille (surtout de murailles de maisons isoles et porte des forts; par exemple, de celles des charbonniers, d'o est venu, selon quelques-uns, cette Msange le nom de Charbonnire); mais ils sont longtemps apparis avant de travailler le con- struire, et ils le composent de tout ce qu'ils peuvent trouver de plus doux et de plus mollet. La ponte est ordinairement de huit, dix, et jusqu' douze ufs blancs avec des taches rougetres, principale- ment vers le gros bout. L'incubation ne passe pas douze jours; les petits nouvellement clos restent plusieurs jours les yeux ferms; bientt ils se couvrent d'un duvet rare et fin, qui tient au bout des plumes et tombe mesure que les plumes croissent; ils prennent leur vole au bout de quinze jours, et l'on a observ que leur accroissement tait plus rapide quand la saison tait pluvieuse; une fois sortis du nid, ils n'y rentrent plus, mais ils se tiennent perchs sur les arbres voisins, se rappelant sans cesse entre eux, et ils restent ainsi attroups jusqu' la nouvelle saison, temps o ils se spa- rent deux deux pour former de nouvelles familles. C'est peut-tre par un effet de cette habitude du premier ge de se rappeler entre elles que les Msanges accourent si vite ds qu'elles entendent la voix de leurs semblables. On trouve des petits dans les nids jusqu' la fin du mois de juin, ce qui in- dique que les Charbonnires font plusieurs pontes; quelques-uns disent qu'elles en font trois; mais ne serait-ce pas lorsqu'elles ont t troubles dans la premire qu'elles en entreprennent une se- conde, etc.'?... La langue n'est point fine et immobile, comme quelques-uns l'ont cru; l'Oiseau la pousse en avant et l'lve paralllement elle-mme avec une dclinaison suffisante droite et gauche, et par con- squent elle est capable de tous les mouvements composs de ces trois principaux; elle est comme tronque par le bout et se termine par trois ou quatre filets. La Charbonnire s'en sert pour tter les aliments avant de les manger. (Rlffon.) Elles se nourrissent d'Insectes, de graines et le baies, dtruisent beaucoup de Chenilles lisses, de Mouches, de Sauterelles, de Cousins et de petites Phalnes, grimpent autour des arbres comme les Pics, pour y chercher dans la mousse les ufs, larves et nymphes d'Insectes. Dans l'automne et l'hi- ver, elles mangent toute sorte de graines, surtout de chanvre, de pin et de sapin, de l'avoine, des Fig. 1 - Calliope Fig. l 2, Sphenosloma cristatwi l'i 26. OISEAUX. 125 ppins de fruits, des faines, des noix, enfin de la charogne. Elles contiennent ces choses avec leurs pattes, les dchirent coups de bec et les lchent avec leur langue. Dans la chambre, elles mangent de tout ce qui vient sur la table, viande, pain, fromage, lgumes, noyaux d'amandes douces, de noix et de noisettes, lard, et de toute espce de graisse, enfin les ptes universelles des autres Oiseaux, de sorte que c'est moins la dlicatesse des Msanges qu'il faut attri- buer leur peu de dure qu' la manire de les soigner. Mieux on les nourrit, plus elles chantent et moins aussi elles sont disposes attaquer les autres Oiseau^. Elles boivent beaucoup et aiment se baigner. Elles plaisent gnralement par leur vivacit et leur activit, et plus encore par leur chant gai el joyeux. (Becustein.) sophage, deux pouces et demi (prs de sept centimtres), formant une petite poche glanduleuse avant de s'insrer dans le gsier, qui est musculeux et doubl d'une membrane ride, sans adh- rence : j'y ai trouv de petites graines noires, mais pas une seule petite pierre; intestins, six pou- ces quatre lignes (dix-sept centimtres environ); deux vestiges de ccum, une vsicule de Bel. (BuFFON.) MESANGE CHARBONNIRE. PARUS MAJOR. (Linn.) Tte, cou et haut de la poitrine noirs, avec, des reflets blanchtres; rgion parotique d'un blanc pur tendu jusqu' l'il, de manire former une sorte de plaque triangulaire; bas de la nuque blanchtre; manteau vert-olive jauntre; bas du dos et sus-caudales d'un cendr bleutre; poitrine, abdomen d'un jaune soufre avec une bande d'un noir profond sur la ligne mdiane; rgion anale, sous-caudales blanches; petites et moyennes couvertures alaires d'un cendr bleutre, avec une bande transversale blanche sur l'extrmit de ces dernires, les grandes noires, bordes de gris bleutre; rectrices de mme couleur, avec la plus latrale blanche en dehors et l'extrmit; bec noir, pieds brun de plomb; iris noir. (Mle.) Longueur totale, 0"',15 Trs-commune en Europe, sdentaire en France; se trouve aussi dans l'Asie occidentale. Pond de huit quatorze ufs, quelquefois jusqu' dix-huit, d'un blanc pur, avec des petits points, les uns d'un rouge ple, les autres d'un brun rouge fonc, plus rapprochs au gros bout. Grand dia- mtre, 0"',OI8 0"\019; petit diamtre, m ,015 a 0"',014. (Degland.) MESANGE NOIRE. PARIS ATER. (Linn.) Tte, cts de la nuque, devant du cou, haut de la poitrine d'un noir lustr; joues, cts et der- rire du cou blancs; parties suprieures du corps d'un cendr bleutre, nuanc d'olivtre; bas de la poitrine et abdomen d'un gris blanchtre, avec les flancs et les sous-caudales d'un cendr rousstre; ailes pareilles au dos, traverses par deux bandes blanches formes par l'extrmit des petites et moyennes couvertures; rmiges et rectrices brunes, bordes trs-lgrement de cendr; bec noirtre; pieds gris de plomb; iris noirtre. [Mle.) Longueur totale, 0"',111 ou 0"',I12. Se trouve dans presque toute l'Europe et en Sibrie (Asie occidentale): est sdentaire dans quel- ques localits de la France, et seulement de passage dans d'autres et en Belgique. Pond de huit dix ufs blancs, et marqus de petites taches d'un rouge ple. Grand diam- tre, 0",015; petit diamtre, 0"\0I1 0"\012. (Degland.) 126 HISTOIRE NATURELLE. MESANGE BLEUE. PAliUS CCERVLEUS. (Linn. Vertex bleu azur; Iront, rgion de l'oreille, une bande troite au-dessus des yeux et de la partie postrieure del tte blancs; un trait sur les yeux et une bande d'un bleu noirtre s'tendant de cha- que ct de la gorge inclusivement la nuque; dessus du corps d'un vert olivtre; sus-caudales bleues; bas du cou et dessous du corps jaunes, avec une tache allonge d'un bleu noir sur le milieu de l'abdomen; ailes bleues, avec les moyennes et grandes couvertures et les pennes secondaires ter- mines de blanc; queue galement bleue; bec brun de corne; pieds bleu de plomb; iris noirtre. (Mle.) Longueur totale, u"',ll m ,12. Habite toute l'Europe et vit sdentaire en France. 11 existe des varits isabelle; il y en a d'autres avec les ailes et la queue entirement d'un brun bistre. Pond huit ou dix ufs, un peu courts et blancs, avec de trs-petits points bruns et quelques taches couleur de brique. Grand diamtre, 0"\016; petit diamtre, 0"',012. (Degland.) MSANGE AZURE PARUS CTANUS. (Pallas.) Dessus de la tte d'un blanc nuanc de bleu d'azur; une grande tache blanche sur la nuque; dus, croupion et haut de l'aile d'un bleu d'azur; front, cts de la tte et toutes les parties infrieures d'un blanc pur, avec une tache bleue au milieu de l'abdomen; une bande d'un bleu obscur, tendue du bec la nuque, passe sur les yeux, s'largit ensuite et entoure la tte; grandes couvertures alaires d'un bleu fonc, bordes de bleu plus clair et termines de blanc; les deux rectrices mdianes d'un bleu d'azur comme le dos, les latrales bordes et termines de blanc. {Mule.) Longueur totale, m ,12o. Habite le nord de l'Europe et de l'Asie, se montre en hiver dans le centre et le sud de la Russie, en Pologne, en Allemagne. Propagation inconnue. I Degland.) .MSANGE HICOLORE. PARUS BICOLOR. (Linn.) Parties suprieures d'un gris bleutre, avec une tache noire au front; parties infrieures d'un blanc rousstre, plus fonc sur les flancs et d'uni' teinte rougetre aux sous-caudales, ailes et queue pa- reilles au dos, avec les pennes bordes de gris-roux; bec et pieds gris de plomb; iris noisette. (Mle.) Longueur totale, 0"',151 ou 0"',152. Habite le nord de l'Europe et l'Amrique septentrionale. Pond six ufs blancs avec de petites taches rouges peu nombreuses vers le gros bout. ( Degland. | MSANGE HUPPE. PARIS CR1STATUS. (Linn.) Plumes du dessus de la tte formant une belle huppe, noires au centre et bordes de gris blanchtre; nuque et dessus du corps d'un cendr rousstre; dessous gris blanchtre, plus fonce et nuanc de roux sur les lianes, l'abdomen et les sous-caudales; gorge et devant du cou noirs, avec OISEAUX. 127 un collier de cette couleur qui remonte l'occiput, prcd d'un autre collier blanc, plus large; ailes et queue pareilles au dos, avec les rmiges secondaires bordes de gris-roux et les primaires de blanc sale; bec noir; pieds gris de plomb; iris brun rousstre. (Mle.) Longueur totale, 0"\i25. Habite presque toute l'Europe tempre et n'est pas rare en France. Pond cinq ufs blancs avec de petites taches d'un rouge de sang ple ou d'un ronge de brique. Grand diamtre, 0",015; petit diamtre. 0',015 (Degland.) 2" ie GENRE. NONETTE. POECILLA. (Kaup, 1829.) [ImxiXc, vari. CARACTRES GNRIQUES. Bec moiti de la longueur de la lle, en forme de coin, robuste, les deux artes mandibulaires lgrement courbes, comprim sur les cts dans toute sa longueur jusqu' la pointe, qui est en- tire, plus haut que large, sans poils la base. Narines entirement couvertes par les plumes du front, qui y sont comme colles d'arrire en avant, de mme que chez les Picins. Fig. 105 Pcecila palustris. Fig. 106. Pcecila palustris. Ailes arrivant la moiti de la queue, surobtuses, h premire rmige trs-courte, la seconde moins, tes troisime, quatrime et cinquime presque gales, ces deux dernires les plus longues. Queue lgrement ebancre, les rcctriccs latrales projetes en dehors. Tarses courts cl forts, de la longueur du doigt mdian, les deux latraux presque gaux, le pouce et son ongle robustes; ongles crochus et acrs, celui du pouce le plus long cl galant ce doigt en longueur. Fig. 167. Pcecila palustris (varit). Fig. 168. Pcila palustris (varit). Ce genre, qui a pour type notre Msange de marais ou Nonette, renferme dix-huit espces de l'Eu- rope, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Ocanie. Il a t fond moins sur des diffrences caractristiques bien marques que sur des diffrences de murs assez importantes. Ainsi, l'une des espces de ce genre, la Nonette de marais, aurait l'habitude de creuser elle- mme les arbres pour y placer sou nid, contrairement ce que font les Msanges proprement dites 128 HISTOIRE NATURELLE. (Parus), qui s'accommodent d'un trou naturel. Ses habitudes sont, du reste, celles des autres Msanges. Nous ajouterons la description d'une espce nouvelle, rcemment dcouverte en Savoie, et dcrite par M. Bailly, qui l'on doit dj la dcouverte du Grimpereau de Coste. NONETTE DE MARAIS. POECll.A VALUSTRIS. (Linn, Kaup.) Dessus de. la tte, derrire du cou et un petit espace la gorge, noirs; parties suprieures du corps d'un cendr rousstre; rgion de l'oreille, devant du cou et parties infrieures du corps, d'un gris blanchtre, lav de rousstre sur les cts du cou, les flancs et les sous-caudales; ailes et queue pareilles au dos, avec les pennes brunes, et bordes de cendr rousstre; bec brun; pieds brun de plomb; iris noir. (Mle.) Longueur totale, m ,12 environ. Se trouve dans toute l'Europe et dans la Sibrie; commune en France. Pond de treize quinze ufs courts, blancs, avec de trs-petits points rougetres, plus rapprochs au gros bout; quelquefois ces points sont remplacs par des taches d'une assez grande tendue. Grand diamtre, m ,015: petit diamtre, 0"',0I2. (Degland.) NONETTE BORALE POECILA BOREALIS (De Slys.) Dessus de la tte d'un noir profond, se prolongeant sur la nuque; dessus du cou et du corps d'un gris cendr; gorge noire, avec ou sans bordure grise l'extrmit des plumes, probablement suivant les saisons; poitrine et abdomen blancs, avec les flancs et les sous-caudales lavs de rose clair; joues et rgion parotique d'un blanc pur; ailes et queue brunes, avec les pennes bordes de cendr; bec et pieds noirs. Longueur totale, O m ,ll 0"',1U. Habite le nord de l'Europe, l'Islande, la Norwge et la Russie. I Degland.) NONETTE DE SIBERIE. PCECII.A SIBIRICA. (Gmelin, Kaup.) Dessus de la tte et du cou d'un cendr brun de suie; dos et sus-caudales d'un cendr roux pro- nonc; gorge, devant du cou, haut de la poitrine, quelquefois toute la poitrine, d'un noir profond, une partie de la poitrine, milieu de l'abdomen, blancs; flancs et sous-caudales lavs de roux ocreux; tempes et cts du cou d'un blanc trs-pur; ailes d'un cendr brun reflets, avec les couvertures et les rmiges bordes de cendr clair; queue brune, avec des reflets cendrs, cl la penne externe de chaque ct lisre de gris blanc; bec. noir, pieds gris de plomb; iris brun fonc. (Mle ) Longueur totale, m ,1 57 ou m ,158. Habite l'Europe et l'Asie septentrionale. Propagation inconnue. (Degland.) NONETTE LUGUBBE. VCILA I.CGUBRIS. (Nattcrcr, Cli. Bonaparte.) Dessus de la tte d'un noir de suie, ne s'tendanl pas au del de l'occiput; dessus du cou et du corps d'un cendr brun; gorge et devant du cou d'un unir moins profond que celui du vertex; poitrine OISEAUX. 12J et abdomen d'un blanc lav de gris lerne sur les cts, et de rousstre au bas du ventre; tempes et cts du cou nuancs de gris-brun; ailes et queue de mme couleur que le dos, avec les rmiges et les reclrics lisres de cendr verdtre; bec et pieds gris: iris brun. (Mle.) Longueur totale, m ,lC5 ou m ,166. Habite la Dalmatie, la Hongrie et la Russie. Propagation inconnue. (Deglaud.) NONETTE DES FRIMAS. PCILA FltlGORlS. (Slvs, Ch. Bonaparte.) Ne diffre pas sensiblement de la Nonette tte noire du Canada sous le rapport des couleurs : seulement, le noir de la gorge est moins tendu sur les cts; il forme mme un plastron presque de mme forme que chez I Parus aler; le dos est plus olivtre, presque comme chez le Pcecila palus- tris, et le bas du ventre plus rousstre; mais les dimensions sont plus fortes. Longueur totale, 4 pouces 10 lignes environ, de la queue, 2 pouces 6 lignes. Habite l'Islande. (De Slys-Longchamps, Bulletin de F Acadmie royale de Bruxelles, 1843.) NONETTE DES ALPES. l'OECILA ALPESTRIS (Bailly, Chenu et 0. Des Murs i Adulte en plumage d'hiver. Une large calotte d'un noir tirant trs-lgrement sur le brun, el descendant trs-notablement jusque sur la partie suprieure du cou. (Celle du P. palustris est d'un noir profond el brillant, surtout sur le sommet de la tte, et se termine seulement en arrire de la nuque.) Une plaque noire, et presque de la mme nuance que la tle, couvre la gorge, d'o elle s'- tend sur les cts du cou, o les plumes, dans cette saison, ont une faible bordure de cendr ou de blanchtre, ce qui la restreint alors un peu plus qu'en t, mais qui disparat au printemps. ( Le P. pa- lustris n'a sur la gorge qu'une simple tacite noire de 4 5 lignes tant en longueur qu'en largeur, tan- dis que le noir ou le noirtre de /'Alpestris occupe, en hiver, 6-7 lignes de longueur, el 7-8 lignes, en t, sur H-12 de largeur la base.) Joues, rgions des oreilles, d'un blanc sale qui descend de chaque ct du cou aussi bas sur l'arrire de la nuque que le noir de la tte, consquemment sur un peu plus de longueur que chez le P. palustris. Parties infrieures d'un blanc gristre qui prend, sur- tout sur les flancs et vers l'abdomen, une teinte lgre d'un brun ocrac, assez semblable celui du palustris. Dos, scapulaires, d'un cendr olivtre galement pareil celui du palustris. Ailes et queue d'un gris brun, lisr, l'extrieur, de cendr sur les grandes pennes, et peine tirant sur l'olivtre comme chez ce dernier; la penne la plus latrale de la queue, qui est la plus courte de toutes, borde de blanchtre l'extrieur; couvertures infrieures de la queue d'une teinte plus som- bre que le P. palustris. Iris brun fonc; bec et pieds couleur de plomb fonc. Les jeunes, au sortir du nid et jusqu' la premire mue, ont le noir de la tte moins fonc que les adultes; celui de la gorge est dj marque dans toute la largeur qu'il doit occuper, mais un peu ml de cendr l'extrmit des plumes. Le blanchtre des joues est dj plus large et plus prononc que chez les jeunes du P. palustris. Adultes et vieux au printemps. Le blanc des joues et des rgions des oreilles devient plus pur, pins tendu que durant l'hiver, par l'effet de la mue ruptile, c'est--dire par l'usure du bord externe blanchtre des plumes; mais il n'est jamais aussi pur que chez le Parus ater (Msange petite char- bonnire), et toujours plus pur que chez le P. palustris. Le noir de la gorge se dilate galement par la perte de la lgre bordure blanchtre du bout des plumes et dessine une plaque presque triangulaire. La couleur brun ocrac des parties infrieures disparait aussi et se remplace par un blanc sale et comme enfum. Le lisr externe des ailes et des pennes caudales est alors d'un gris assez pur, et les parties suprieures sont d'un cendr rembruni. Ne se plat que dans les forts froides et anciennes de pins et de sapins des Alpes et de la plupart 17 r.n HISTOIRE NATURELLE. des liantes montagnes de la Savoie, qu'elle abandonne seulement lorsqu'elle y est force par la neige, pour se rapprocher des forts infrieures celles de son premier sjour. Elle a t rencontre assez communment, pendant l't, dans celles des Bauges, de la Haute-Maurienne et du mont Cnis, dans celles du Daupliin qui se trouvent proximit de ces contres montagneuses. Elle s'y nourrit de di- verses sortes de petits Insectes, de larves, de Chenilles, d'oeufs de Papillons et d'Araignes, de semences de plantes et d'arbustes alpestres. Longueur totale, 4 pouces G 7 lignes. (Bailly, Entr. du Bulletin de In Socit d'Histoire natu- relle de Savoie, janvier tS5"2.i > GENRE. MCISTURE. MECISTLIU. (Leach, 1816.) Ms'y.ioto, trs-grand; oupa, queue CARACTERES GENERIQUES. Dec trs-court, peine gal la longueur de l'intervalle qui existe entre son origine cl l'angle interne de l'il, comprim sur le ct, plus haut que large, les deux arte* subules, a dos et carne arrondis et convexes, la mandibule suprieure dpassant un peu l'infrieure, et se terminant en puinle un peu crochue, trs-aigus et sans chancrure. Narines bastes, perces dans le milieu de la hauteur de la mandibule, oculaires ou ellipsodes, en partie caches par les plumes de la base du bec, ipi est sans poils. Ailes arrondies moyennes; les troisime et quatrime rmiges gales entre elles les plus lon- gues. Queue gale il lu longueur du corps, ou mme la dpassant, par consquent trs-longue et tage. Tarses minces, trs-grles, sans squamelles apprciables, on plutt recouverts d'une seule sqna- melle sans segments, plus longs que le iloii/l mdian; doigts courts, les deux latraux gaux, les plus courts, le pouce avec son ongle le plus long de tous; ongles trs-comprims et trs-aigus. ii_: . ICO. Ulecistura paroid . Fi;;. 17,). Wecistur paroides. Les plumes sont presque dcomposes, et ressemblent un duvet fort long. Ce genre, dont le type est notre espce europenne, la Msange longue queue, repose aujour- 'hui sur deux espces, celle-ci et une du Japon. Il est synonyme des genres Orites, Mohering; Acre- dula, Koch, et Paroides, Brehm. On ne pouvait mieux caractriser ce trs-petit Oiseau que par sa trs-longue queue; elle est plus longue, en effet, que tout le reste de la personne, et fait elle seule beaucoup plus de la moiti de la longueur totale; et, comme d'ailleurs cette Msange a le corps effil et le vol rapide; ou la prendrait, lorsqu'elle vole, pour une flche qui fend l'air. C'est sans doute cause de ce trait remarquable de disparit par lequel cet Oiseau s'loigne des Msanges que Ray a cru devoir le sparer tout fait de cette famille... Eh! quel autre nom pourrait convenir un petit Oiseau bec court et cependant assez fort, qui fait sa principale rsidence dans les bois; qui est d'un naturel Irs-remuant et trs-vif, et n'est pas un moment eu repos; qui voltige sans cesse de buisson en buisson, d'arbuste en arbuste, court sur les branches, se pend par les pieds, vit en socit, accourt promptenient au cri de ses semblables, se nourrit de Chenilles, de Moucherons et autres Insectes, quelquefois de graines, pince OISEAUX. !3'l les bourgeons des arbres, qu'il dcoupe adroitement, pond un grand nombre d'ufs'; enfin, qui, suivant les observations les plus exactes, a les principaux caractres extrieurs des Msanges, et, ce qui est bien plus dcisif, leurs murs et leurs allures'.'... Quant la manire de faire le nid. il tient le milieu entre les Charbonnires et les lmiz. il ne le cache point dans un trou d'arbre, o il serait mal son aise avec sa longue queue; il ne le suspend pas non plus, ou du moins trs-rarement, un cordon dli, mais il l'attache solidement sur les bran- ches des arbrisseaux, trois ou quatre pieds de terre; il lui donne une forme ovale et presque cylin- drique, le ferme par dessus, laisse une entre d'un pouce de diamtre dans le ct, et se mnage quelquefois deux issues qui se rpondent, afin d'viter l'embarras de se retourner : prcaution d'au- tant plus utile, que les pennes de sa queue se dtachent avec facilit, et tombent au plus lger frois- sement. C'est ce qui lui a fait donner le nom de Perd-sa-queue. Son nid diffre encore de celui du Rmiz en ce qu'il est plus grand, d'une forme plus approchante de la cylindrique; que le tissu n'en est pas aussi serr; que le contour de sa petite entre ne forme pas communment au dehors un re- bord saillant; que son enveloppe extrieure est compose de brins d'herbe, de mousse, de lichen, en un mot, de matriaux plus grossiers, et que le dedans est garni d'une grande quantit de plu- mes, et non de matire cotonneuse que fournissent les saules et les autres plantes dont se sert le Rmiz. Les Msanges longue queue pondent dix quatorze ufs, mme jusqu' vingt, tous caches pres- que entirement dans les plumes qu'elles ont amasses au fond du nid... Les jeunes vont avec les pre et mre pendant tout l'hiver, et c'est ce qui forme ces troupes de douze ou quinze qu'on voit voler ensemble dans cette saison, jetant une petite voix claire, seulement pour se rappeler; mais, au printemps, leur ramage prend une nouvelle modulation, de nouveaux ac- cents, et il devient beaucoup plus agrable. (Buffon.) Nous avons dj parl de la sociabilit des Msanges. La plus grande preuve de cette sociabilit est que la plupart d'entre elles ne sauraient vivre seules. La Msange longue queue surtout offre un exem- ple bien remarquable du besoin de la socit de ses semblables. Se voit-elle isole, on l'entend in- continent se dsesprer, si nous pouvons ainsi dire. Elle, d'ordinaire si active pour ses besoins, oublie mme alors de chercher sa nourriture. Ce n'est plus dans le bas des arbres qu'elle se pose, elle n'en visite plus les branches jusqu'au dernier rameau pour y dcouvrir l'Insecte qui s'y cache; c'est sur la cime qu'elle se perche alors, et de l, poussant de hauts cris d'appel, elle parait attendre qu'on lui rponde. Si rien ne lui indique la prsence de ses compagnes dans le voisinage, elle voie se percher sur un arbre plus loign pour y recommencer ses cris. Enfin, cette agitation ne cesse que lorsqu'elle a retrouv la petite troupe dont elle faisait partie, ou une autre dans laquelle elle comptera dsormais. Mais, pour offrir un tmoignage plus clatant de l'attachement que ces petits Oiseaux ont les uns pour les autres, nous citerons le fait suivant. Etant en chasse, nous dmontmes d'un coup de fusil une Msange longue queue qui demeura accroche l'arbre sur lequel nous l'avions tire. Soudain elle poussa de petits cris plaintifs qui attirrent tout autour d'elle les individus assez nombreux dont se composait la bande laquelle elle appartenait. Ils voltigeaient avec agitation ct de leur com- pagnon bless, s'en approchaient jusqu' le toucher, et paraissaient s'efforcer de l'attirer eux par des cris particuliers. Enfin, aprs avoir observ quelque temps cette sorte de dvouement, nous les abattmes l'un aprs l'autre, jusqu'au dernier, sans que les coups de fusil pussent les dterminer s'loigner. Voil bien certainement une preuve de l'attachement, nous dirons presque de l'amiti, que les M- sanges longue queue ont l'une pour l'autre. (Gerhes, Dictionnaire universel d'Histoire naturelle.) MCISTURE A LONGUE QUEUE. MECISTUBA CAL DMA (Linn, Leacli.) Tte, cou et poitrine, d'un blanc pur dans les sujets du nord de l'Europe, avec des taches noir- tres et rousslres, plus ou moins apparentes et sous forme de bandes sur la tle et le cou dans les sujets de France; parties suprieures du corps varies de noir profond, de rose roux et de cendre 132 HISTOIRE NATURELLE. blanchtre; abdomen blanc, nuanc de rousstre plus profond sur les cts; ailes pareilles au dos, avec les rmiges et les six rectrices mdianes noires, et les rectrices latrales blanches en dehors; bec noir; pieds bruntres; iris noir. (Mle.) Longueur totale, 0"\155 ou 0"',156. Ponte de dix quinze ufs, un peu courts, d'un blanc pur. avec quelques petits points plus ou moins apparents, couleur de brique ple, et plus rapprochs vers le gros bout. Quelquefois ces points manquent entirement, et alors l'uf est d'un blanc parfait. (Degland.) 4"" GENRE. -- PSALTRIE. PSALTRIA. (Temminck.) yaXTYipiov, cli.inteur. CARACTRES GNRIQUES. Bec extrmement court, obtus, gros et bomb; mandibule suprieure trigone, courbe, h arte vive, l'infrieure peu prs de la mme grosseur, un peu bombe en dessous. Narines bastes, latrales, totalement caches par les plumes du front. Ailes courtes, arrondies, subobtuses; premire rmige de moyenne longueur, les deux suivantes un peu plus courtes que les autres. Queue trs-longue, faiblement tage. Tarses longs, le doigt postrieur le plus fort, l'interne soud jusqu' la seconde articulation, et l'interne sa buse seulement. 171. Psaltria txilis. Fig. 172 Psallria exilis. Une seule espce de l'Ocanie, dont nous donnons la figure et la description. Fig. 173. Psoltrie mignonne. La seule espce de ce genre, dit M. Temminck, est, sans contredit, aprs l'Oiseau-Mouche pyg- me, le plus petit Oiseau qui soit connu; son corps est moins gros que celui du Hanneton; le bec res- Pis 1 Petro a mullicolor. I ig. i 2 Petroica bicoloi h -j: OISEAUX. 133 semble, en diminutif, celui des Pardalotes, et c'est des espces de ce groupe que cet auteur rap- proche le plus la Psaltrie, qui y tient le plus selon lui par tous ses caractres, hormis, avoue-t-il, ceux de sa longue queue et de ses tarses plus longs, caractres la rapprochant des petites espces de Msanges. C'est en effet dans les Farins que MM. Gray et Ch. Bonaparte font figurer ce genre, et que nous le maintenons. L'espce unique vit en troupes dans les buissons; les individus qui les composent se rappellent sans cesse par un cri rpt de tous les autres. PSALTRIE MIGNONNE. PSALTR1A EXIL1S (Temniinck.) Du brun terreux couvre la tte, le cou, la queue et les ailes; ces dernires sont bordes de brun plus clair; le dos est gris de souris; la poitrine brun clair, et l'abdomen blanchtre; bec noir; pieds jaunes; iris blanc. Longueur totale, 0"',08, dont la queue prend la moiti. Habite Java. 5 GENRE. PANURE. PAPWRUS. (Koch, 1810.) Ilsiv, entier; Gupi, queue. CARACTRES GNRIQUES. Bec moiti de la longueur de lu tte, presque aussi large que haut, h mandibule suprieure sans arte apprciable, h dos presque dprim, mais arrondi, arqu jusqu' la pointe, qui est sans chanernre et dpasse, en l'embotant, celle de la mandibule infrieure; celle-ci allant rejoindre la premire, angle aigu, sans s'arrondir; la base du bec est garnie de nombreux petits poils appli- qus d'arrire en avant cl dirigs vers la pointe. Narines bastes, mdianes, ovalaires, en partie caches par les plumes du front. Ailes courtes, arrondies, atteignant seulement la base de la queue, subobtuses, penne btarde presque nulle, les troisime et quatrime rmiges les plus longues. Queue allonge, aigu, les rectrices latrales tages. Tarses grles, scutells, tous les doigts presque gaux entre eux. l'ongle du pouce le plus long. Fig. 174. Panurus biarmicus. . Fi'*. 175 Parrortu biarmiciix. Ce genre, synonyme des genres Calamophilus, Leach. et Mystacinus, Boi, a t compris par M. Gray dans le genre Parus, et a t originairement fond par Cuvier comme coupe scientifique. Il ne repose que sur une espce unique de l'Europe mridionale et de l'Afrique, la Msange mous- tache. La Msange moustache ou Panure se trouve aux lieux o il y a des lacs, de grands tangs, des marais tendus pleins de roseaux et de buissons aquatiques; elle se montre rarement en t, se tenant constamment par paire dans les roseaux touffus; mais on peut la rencontrer en hiver, lorsque, ne 13i HISTOIRE NATURELLE. trouvant plus sa nourriture dans ces retraites, elle erre a et l en famille, se perchant sur les arbres et les buissons. Elle vit principalement d'Insectes aquatiques et mange aussi des graines de roseau commun (arundo pliragmitis). Eu captivit, on lui donne dans les commencements des graines de pavot, des ufs de Fourmis et des Vers de farine ; elle mange ensuite du chnevis cras et autres mangers ordinaires des M- sanges. Mais il faut la mettre dans une grande cage, dans laquelle elle puisse se donner un exercice con- forme sa vivacit, ou bien, ce qui est mieux, la laisser courir librement. Il y a beaucoup de difficults pour la prendre hors du nid. Les pcheurs qui connaissent les lieux o elle se tient, placent adroitement des gluaux sur les roseaux, et tchent de la chasser doucement de ce ct, pour y faire prendre quelques individus. On prfre cependant les lever prises au nid par la grande difficult de conserver celles que l'on prend adultes. ( Rechstein.) Suivant Rechstein, le nid de cette espce, plac dans les tiges mles et entrelaces de roseaux, est en forme de bourse, tissu de brins d'herbe sche et de duvet cotonneux de plusieurs plantes. Selon M. De Mezemaker, cit par M. Degland, l'espce nicherait au milieu des marais, dans les huttes de roseaux que l'on tablit pour tirer les Canards, et son nid serait en forme d'cuelle. Quelques couples se reproduisent en France, dans les fosss de Saint-Omer et les vastes marais de Pronne. 11 y a quinze ou vingt ans, un grand nombre de ces Oiseaux se propageaient dans les mores de Dnnkerque, mais un hiver rigoureux, des Oiseaux de proie, une chasse mal entendue, le dessche- ment des marais, en ont dtruit une grande partie et fait migrer le reste. (Degland, 1849.) PANURE MOUSTACHE. PAXVliUS BIARXICUS. (Linn, Koch.) Tte d'un cendr bleutre, avec deux moustaches d'un noir velout, qui descendent le long du cou; croupion et sus-caudales d'un beau roux; gorge, devant du cou et haut de la poitrine d'un blanc ar- gent; le reste des parties infrieures d'un roux clair, plus fonc sur les flancs; sous-caudales noires; ailes pareilles au dos, avec les pennes noirtres, les primaires lisres de blanc, les secondaires de roux en dehors et de blanc en dedans; queue d'un roux fonc, les deux pennes latrales blanches en dehors; bec orange; pieds noirtres; iris jaune. (Mle.) Longueur totale, m , 1 72 ou m ,173. Habite une grande partie de l'Europe; sdentaire en Sicile; fort commune en Hollande et en Italie, dans les marais d'Ostia; se montre chaque anne, vers la fin d'octobre, de passage dans quelques localits du nord de la France et notamment dans les environs de Lille. (Degland.) 6 GENRE. MSANGE-GRIMPEREAU. CERTIIIPARIS. (De La Fresnaye, 1842.) Certhia, Grimpcreau ; parus, Msange. CARACTRES GNRIQUES. Dec mdiocre, faiblement arqu en dessus et carn en dessous, comprim, la mandibule sup- rieure lgrement ckancre, dpassant la mandibule infrieure. Narines bastes, recouvertes en partie par les soies et les plumes du front. Ailes moijenncs, subobtuses, premire rmige courte, la seconde, la troisime, la quatrime et la cinquime tages, ces deux dernires les plus longues. Queue assez ample, tage depuis la premire reclrice jusqu' la sixime, pennes un peu riqi- des. assez acumines. OISEAUX. 135 Taries de la longueur du doigt mdian, assez forts, doigts cl surtout le pouce galement forts les latraux gaux, ongles lgrement courbs et aigus. Fig. 176. Certltiparus maculicaudus Fig. 177 Cerlhiparus maculicaudus. Plumage lche et mou. Ce genre australien, dit M. De La Fresnaye. semble rellement faire le passage des Msanges aux Grimpereaux. II tient aux derniers par sa queue rigide lectrices latrales un peu jetes en dehors, et aux premires par la forme de son bec et de ses pattes, el par tout son ensemble. L'espce type est le Parus senitis de M. Dubus. Il renferme trois espces, toutes de la Nouvelle-Hollande. On en connat peu les murs. MSANGE-GRIMPEREAI' ALBIC1LLE. CEliTJII PARCS ALBICILLUS (Lcsson, De Lu Fresnaye ) Tte, cou et tout le dessous d'un cendr presque blanc; manteau, ailes et queue d'un bruntre en- fum plus clair sur la queue; flancs et bas de l'abdomen teints de la mme nuance; rmiges finement lisres de cendr; bec et pattes noirs. Se trouve la Nouvelle-Zlande. 7 ,M GENRE. PARISOME. PARISOMA. (Swainson, 1831.) Parus, Msange; owj/.a, corps. CARACTRES GNRIQUES. Bec presque de la longueur de la tte, arte suprieure et commissure inflchies vers la pointe, qui est cliancre, l'arte infrieure presque droite; des poils la base. Narines latrales perces dans une caille membraneuse qui les recouvre en partie, ouverture longitudinale. Fiir. 178. Parisoma subcruleum. Fin 179. Parisoma subcruleum. Ailes mdiocres, subobtuses, cinquime et sixime rmiges les plus longues. Queue assez longue, large et arrondie. 13C) HISTOIRE NATURELLE. Tarses robustes, trapus-, de la longueur du doigt mdian, scutells; doigts assez longs, les lat- raux gaux, l'externe lgrement soud sa base; pouce vigoureux, son ongle trs-courb et crochu. Swainson forma le genre Parisoma sur une espce d'Oiseau du Cap, connue sous le nom de Fau- vette Grignet, nom qui lui avait t donn par Le Vaillant, Sylvia subcrulea, Vieillot, mais qui, par la forme de ses pattes et ses habitudes, tient effectivement beaucoup plus des Msanges que des Fauvettes. (Gumn et Dr, La Fresnave, Vog. en Abgss., de Ferret et Galinier.) Ce genre, que M. Ch. Bonaparte range dans ses Turdid avec ses Inodin, repose aujourd'hui sur trois espces de l'Afrique mridionale. Nous figurons le Parisome de Galinier. Fi. 180. Parisome de Galinier. Les Parisomes ont les mmes habitudes que les Msanges, lis vivent en socit, sont trs-vifs et toujours en mouvement; on rencontre chaque instant sur les mimosas leurs petites troupes, fortes de huit dix individus et de douze au plus, parcourant successivement toutes les branches des arbres et furetant partout sous les gerures des corces et sous les feuilles, pour y dcouvrir les Insectes, les larves et les ufs de Papillons, dont ils font leur principale nourriture. Pendant cette recherche, ils font entendre un petit gazouillement qui imite s'y mprendre celui que font nos petites bandes de Msanges a longue queue (Panures) lorsqu'elles voltigent d'arbre en arbre. ( Le Vaillakt, Ilist. des Ois. d'Afr.) TARISOME DE GALINIER. PARISOMA GAUHIERl. (Gurin cl De La Fresnaye ) En dessus d'un gris assez fonc et un peu couleur de fume, nuance qui s'claircit insensiblement sur la partie antrieure de la tte et devient blanche sur le front. Les lorums sont noirs et les yeux se trouvent envelopps antrieurement dans cette couleur. Le dessous du corps est semblable au dessus, mais un peu plus clair et devient blanchtre vers le milieu de l'abdomen; le bas de celui-ci et les tec- trices infrieures de la queue sont d'un roux vif; le pli de l'aile et ses pennes sur le cot interne sont noir mat; quelques-unes des primaires sont finement lisres de cendr clair; en dessous, leur bord interne est d'un gris perle. {Vog. en Abgss. dcGalin. et Ferr.) Bec couleur de corne; pieds d'un brun obscur. Se trouve en Abyssinie. OISEAUX. 137 8 me GENRE. - RMIZ. (G. Cuvier.) PAROWES. (Koch, 1816.) CARACTRES GNRIQUES. Bec fin. taill en alne, dforme conique, a artes droites h partir de la base, qui est leve jus- qu' la pointe, qui est entire et aigu, h commissure galement droite. Narines bastes, latrales, ouverture entirement cache par les plumes du front. Ailes assez courtes, subobtuses, premire rmige trs-courte, la .seconde moins longue que les troisime et quatrime, qui sont gales cl les plus longues. Queue mdiocre et fourchue. Tarses trapus, de la longueur du doigt mdian, scu telles; doigts mdiocres, les deux latraux gaux, l'externe soud h la base avec le mdian, qui est de trs-jieu plus long; le pouce long et ro- buste, ongles forts, peu courbs et aigus. l r ig. 181. Paroidcs pendulinus Fig. 182. Paroides pendulinus Ce genre, synonyme du genre OEgiihulus, Vigors, et Pendulinus. Brehm, cl dont la cration est originairement due G. Cuvier, renferme cinq espces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Ce qu'il y a de plus curieux dans l'histoire des Rmiz, c'est l'art recherch qu'ils apportent la construction de leur nid; ils y emploient ce duvet lger qui se trouve aux aigrettes des fleurs du saule, du peuplier, du tremble, du juncago, des chardons, des pissenlits, de l'herbe aux Mouche- rons, del masse-d'eau, etc. Comme les saules et les peupliers fleurissent avant la masse-d'eau, les Rmiz emploient le duvet des fleurs de ces deux espces d'arbres dans la construction du nid o ils font leur premire ponte; et les nids travaills avec ce duvet sont moins fermes, mais plus blancs que ceux o le duvet de la masse-d'eau a t employ; c'est, dit-on. une manire assez sre de dis- tinguer une premire ponte d'une seconde et d'une troisime. On trouve aussi de ces nids faits de gramen des marais, de poils de Castor, de la matire cotonneuse des chardons. Ces Oiseaux savent entrelacer avec leur bec cette matire lilamenteuse et en former un tissu pais et serr, presque sem- hlahle du drap; ils fortifient le dehors avec des libres et de petites racines qui pntrent dans la texture, et font en quelque sorte la charpente du nid; ils garnissent le dedans du mme duvet non ouvr, pour que leurs petits y soient mollement. Quelquefois ce duvet, cette matire cotonneuse est pelotonne en petits globules, qui ne rendent pas l'intrieur du nid moins mollet ni moins doux. Ils le ferment par en haut, afin qu'ils y soient chaudement, et ils le suspendent avec du chanvre, de l'ortie, etc., la bifurcation d'une petite branche mobile donnant sur une eau courante : pour qu'ils soient berces plus doucement par la liante lasticit de la branche, pour qu'ils se trouvent dans l'a- bondance, les Insectes aquatiques tant leur principale nourriture; enfin pour qu'ils soient en sret contre les Rats, les Lzards, les Couleuvres et autres ennemis rampants qui sont toujours les plus dangereux; et ce qui semble prouver que ces intentions ne sont pas ici prtes gratuitement ces Oiseaux, c'est qu'ils sont russ de leur naturel, et si russ, que l'on n'en prend jamais dans les pi- ges, de mme qu'on l'a remarqu des Carouges, des Cassiques du nouveau monde, des Gros-Becs d'Abyssinie et autres Oiseaux qui suspendent aussi leurs nids au bout d'une branche. Celui du Rmiz ressemble tantt un sac, tantt une bourse ferme, tantt une cornemuse aplatie, etc.; il a son entre dans le flanc, presque toujours tourne du ct de l'eau, et situe tantt plus haut, tantt plus o 18 138 HISTOIRE NATURELLE. bas; c'est une petite ouverture peu prs ronde, d'un pouce et demi de diamtre et au-dessous, dont le contour se relve extrieurement en un rebord plus ou moins saillant, et quelquefois elle est sans aucun rebord. La femelle n'y pond que quatre ou cinq ufs, ce qui droge notamment la fcondit ordinaire des Msanges, dont les Rmiz ont d'ailleurs le port, le bec, le cri et les principaux attri- buts. Ces ufs sont blancs comme la neige, la coque en est extrmement mince; aussi sont-ils pres- que transparents. Les Rmiz font ordinairement deux pontes chaque anne, la premire en avril ou mai, et la seconde au mois d'aot; il est plus que douteux qu'ils en fassent une troisime. On voit des nids du Rmiz dans les marais des environs de Bologne, dans ceux de la Toscane, sur le lac Trasimne, et ils sont faits prcisment comme ceux de la Lithuanie, de la Volhinie, de la Po- logne et de l'Allemagne. Les gens simples ont pour eux une vnration superstitieuse; chaque cabane a un de ces nids suspendu prs de la porte; les propritaires le regardent comme un vritable para- tonnerre, et le petit architecte qui le construit comme un Oiseau sacr. On serait tent de faire un re- proche la nature de ce qu'elle n'est point assez avare de merveilles, puisque chaque merveille est une source de nouvelles erreurs. Les Rmiz se trouvent aussi dans la Bohme, la Silsie, l'Ukraine, la Russie, la Sibrie, partout, en un mot, o croissent les plantes qui fournissent cette matire cotonneuse dont ils se servent pour construire leur nid; mais ils sont rares en Sibrie, selon Gmelin, et ils ne doivent pas non plus tre fort communs aux environs de Boulogne, puisque Aldrovande ne les connaissait pas. Cependant Da- niel Tilius regarde l'Italie comme le vrai pays de leur origine (c'est de l que leur sont venus les noms de Remisch, d'Acanthides Romance, d'Oiseaux romains) d'o ils ont pass, par l'tal de Ve- nise, la Carinthie et l'Autriche, dans la Bohme, la Hongrie, la Pologne et les contres encore plus septentrionales. Partout ou presque partout les Rmiz se tiennent dans les terrains aquatiques et sa- vent fort bien se cacher parmi les joncs et les feuillages des arbres qui croissent dans ces sortes de terrains. On assure qu'elles ne changent point de. climat aux approches de l'hiver; cela est facile comprendre pour les pays temprs o les Insectes paraissent toute l'anne; mais dans les pays plus au-nord, il est probable que ces Oiseaux changent au moins de position pendant les grands froids, comme font les autres Msanges, et qu'ils se rapprochent alors des lieux habits. Kramer dit en effet qu'on en voit beaucoup plus l'hiver qu'en toute autre saison aux environs de la ville de Pruck, situe sur les confins de l'Autriche et de la Hongrie, et qu'ils se tiennent toujours de prfrence parmi les joncs et les roseaux. On dit qu'ils ont un ramage, mais ce ramage n'est pas bien connu, et cependant on a lev pen- dant quelques annes djeunes Rmiz pris dans le nid, leur donnant des ufs de Fourmis pour toute nourriture; il faut donc qu'ils ne chantent pas dans la cage. (Buffon. ) REMIZ PENBUUNE. PAROIDES PEffDULlNUS. (Linn, Kocli.) Dessus de la tte, du cou et gorge d'un blanc pur, quelquefois lav de gristre; haut et milieu du dos d'un roux vif; bas du dos et sus-caudales d'un cendr roux, trs-faiblement flamm de bruntre; poitrine, abdomen et sous-caudales d'un gris nuanc de rousstre; front et joues noir bistre; haut du dos et petites couvertures alaircs brunes, moyennes couvertures d'un roux brun fonc, termines de rousstre; les grandes brunes franges de cendr rousstre; rmiges et rectrices noirtres, bordes de blanc rousstre; bec noir; pieds gris de plomb; iris jaune. (Mle.) Longueur totale, m ,I0. Habite la Pologne, la Crime, l'Italie et la France. On la trouve en grand nombre, l't, aux environs de Pzenas, o elle niche; elle est de passage en Provence, se montre accidentellement en Lorraine cl en Normandie. Pond quatre ou six ufs oblongs, d'un blanc d'ivoire sans taches. (Deglahd.) FiK. 1 Bec-I m riverain. r'ig. k 2. Hylacola cauta l'I. -JN OISEAUX. 139 QUATRIME TRIBU. - SYLVIIDES. Tout ce qui compose le grand genre Molacilla de Linn, l'exception des espces que nous avons fait entrer dans nos Saimcolins, ou pour mieux dire ce qui compose le genre Sijlviu de Lalhax, nous parait en gnral devoir tre rang dans une seule et mme tribu, la suite des Parids. Ce sont en effet presque toujours la mme nourriture, les mmes habitudes, quant la manire de se la procu- rer, et par consquent le mme mode de locomotion ou de suspension, soit le long des branches, de leurs extrmits et mme de leurs feuilles; soit le long des roseaux ou des hautes gramines marca- geuses et fluviatiles. Nous formons cette tribu des trois sous-familles suivantes, de M. Ch. Bonaparte, dont nous modi- fions les lments et intervertissons l'ordre, tout en en conservant les bases: 1 Sylvicolin; 2 Calamohei'ptue ; 3 Sylviime, auxquelles nous en runissons une nouvelle, qui n'est qu'un dmembrement de la troisime, sous le nom de: Regulin. La premire de ces familles, dont nous remplaons le nom par celui de Ficedulin, servant, avec nos Rgulins, de passage des Parids nos Sylviids, et la troisime, de ces derniers aux Muscicapi- ds, tels que nous les comprenons, car les Fauvettes, soit parleurs habitudes, suit par leurs caract- res zoologiqucs, sont beaucoup moins loignes qu'on ne le suppose des Gobe-Mouches. PREMIRE FAMILLE- - FICEDULINES. Nous substituons ce nom celui de Sylvicotin, adopt par M. Ch. Bonaparte pour cette famille qu'il a cre, mais sur des bases beaucoup plus larges que celles que nous concevons. C'est la mme, du reste, peu de chose prs, qui avait originairement t rige en sous-famille seulement, et sous le nom de Mmotillince, par M. G. R. Gray, dont le travail n'est gure que la reproduction de celui de M. De La Fresnaye (auquel, et Swainson aprs lui, en revient tout l'honneur) sur les Fauvettes ou Becs-Fins, dont il faisait la sixime famille de ses Passereaux sous le nom de Sijlvid. M. De La Fresnaye, dans ce travail, aprs avoir divis ses Becs-Fins en Sylvains (Sylvante), Rive- rains (Jipari) et Humicoles (Humicol), fractionnait la premire de ces divisions en trois subdivi- sions : Philomles (Philomelin), Muscivores [Muscivor) et Sylvains-Msanges ou Parodes (Pa- roid). Or, voici dans quels termes, qui s'appliquent parfaitement ici, il posait les bases de cette troisime subdivision, qui plus tard est devenue pour lui la quatrime, par suite de l'insertion d'une autre subdivision qui prit le premier rang sous le nom de Sylvains-Marcheurs (Sylvante ambula- tori) . Une troisime subdivision assez nombreuse, dit cet ornithologiste, celle des Sylvains-Msanges ou Parodes (Sylvan paroid), que l'on pourrait encore appeler Sylvains-Suspenseurs, comprendra liO HISTOIRE NATURELLE. presque toutes ces Fauvettes de l'Amrique du Nord, plumage en gnral vivement colore et vari le jaune, de roux et de noir, que Buffon appelait Figuiers, et qui, par leur bee en cne allong, dans le genre de celui de la Msange-Imiz, leurs formes plus ramasses et surtout leurs habitudes de s'accrocher aux branches et mme aux troncs des arbres, semblent s'loigner de nos Fauvettes proprement dites, et se rapprocher des Msanges. Nous adopterons le nom de Sylvicola, que leur a donn Swainson, quoique, d'aprs notre manire de les envisager, nous eussions prfr un nom qui i ut exprim leur double analogie, tel que Sylviparus, par exemple. A ct de ce genre, nous pla- ons le genre Begulus, Roitelet, compos de petits Becs-Fins, qui, comme l'on sait, semblent, par leurs formes et leurs allures, tre le vrai lien de transition des Becs-Fins aux Msanges; le genre Zoslerops de Vigors, compos de quelques petites espces de l'ancien continent, plumage en gn- ral olivtre, ayant un cercle de petites plumes blanches autour des yeux; la Fauvette africaine, le Tcheric (Brisson et Le Vaillant), qui en est l'espce type, se rencontre communment, selon le der- nier, par petites troupes de six huit individus, composes d'une seule niche, cherchant sur les ar- bres de petites Chenilles, des ufs de Papillons, et offre en cela, ainsi que dans la forme de ses pat- tes et de son bec, les caractres des Parodes ou Oiseaux suspenseurs. Le genre Mniotilte de Vieillot, tabli sur une espce de l'Amrique du Nord, le Figuier vari de Buffon [Sylvia aria), qui, au bec et au plumage d'une Fauvette, runit une forme de pieds analogue ceux des Grimpereaux, doit ga- lement y figurer. Le genre indien ^githine de Vieillot, et le brsilien Hylophile de Tcniminck, de- vraient sans nul doute tre placs en tte de ces Becs-Fins-Msanges, d'aprs leurs rapports plus marqus encore avec ces dernires; mais ces rapports mmes nous ont engag les reporter prs d'elles, dans la mme famille, ainsi que la Fauvette Grignet. du Cap. dont les murs, d'aprs Le Vaillant, ont la plus grande analogie avec les leurs. Swainson en a fait son genre Parisomus. (Essai d'une nouvelle manire de grouper les genres et les espces de l'ordre des Passereaux. 1 838.) M. G. R. Gray a en effet port dans ses Mniolillin la plupart des genres indiqus par M. De La Fresnaye, sauf une ou deux additions; ces genres sont: -1" Mniotilta; 2 ' Trichas; 5 Zoslerops; 4 Vnhinu. llodgson; 5 Jora, llorsleld; 6 Hylophilus. Mais Swainson, dans sa sous-famille des Parian, la troisime de ses Sijloiad, composait son genre Sylvicola des sous-genres suivants ; 1 Vermivora, Swainson; 2 Sylvicola, Swainson, 7j Duiueeida, Swainson; 4 Zoslerops; .')' Mniolilla. (Fan. Bor. Amer.) Nous composons cette famille d'une forte portion del sous-famille cre par M. Cli. Bonaparte sous le nom de Sylvicolin, dans laquelle il l'ait entrer les genres: I" Sciurus; 11" jEgythina; 2 Sylvicola; 10 llenistraiipis, Cabanis; 5 l'ueliysylvia, Ch. Bonaparte; I I" Granatellus, Dubs; A" Parula, Ch. Bonaparte; 12 Cordelina, Dnbus; 5 Trichas; \7>" Setopliaga, Swainson; 6 Myothlypis, Cabanis; 1 i" Basileuierus, Cabanis; 7" Bliimamphus, Ch. Bonaparte; l" Hetmilheros, Rafinesque; S" Mniolilla; 16 Myiodioctes, Audubon. et nous \ comprenons les genres suivants : OISEAUX. 141 1 Ficeduta, Cuvier; 2 jEgythina; 7> Trichas; i Mniolilla; 5 Hylophilus. Le nom de Ficedula, remplaant comme plus ancien le nom de Sijlvicota; ce qui nous donne au total cinq gnies pour toute la famille 11 nous a sembl en effet que le plus grand nombre des espces nommes Sylvicola par Swainson, n'tant autres que celles nommes par Buffon Figuiers, expression latinise et reproduite par Cuvier sous celle de Ficedula, c'est ce dernier nom qui devait tre adopt de prfrence. Est-ce une sorte d'esprit national qui nous dirige en agissant ainsi? Nous l'ignorons; niais coup sur c'est le senti- ment le plus pur de la justice. Taille lgante, mouvements vifs et lgers, joli ramage, naturel gai, telles sont les qualits aima- bles que la nature a prodigues presque tous les Oiseaux de cette charmante tribu. Si les Fauvettes d'Amrique n'ont pas un chant aussi flatteur, des accents aussi varis que celles d'Europe, elles en sont ddommages par des couleurs plus vives et plus brillantes. Le vert, le jaune, le noir et le bleu agrablement fondus ou opposs avec une belle entente, servent de parure au plus grand nombre. Les unes vivent solitaires dans les bois, d'autres ne se plaisent que dans les bosquets; plusieurs pr- frent les vergers et les jardins; quelques-unes fixent leur rsidence habituelle dans les buissons ar- ross par un petit courant d'eau vive; d'autres, enfin, se cachent dans les roseaux qui croissent dans les marais. Elles animent leur domicile par leur ptulance, leurs jeux, leurs petits combats et la varit de leurs chansons amoureuses Elles nichent sur des arbrisseaux ou dans les broussailles. Deux cou- ves, de quatre ou cinq ufs chacune, sont ordinairement le fruit de leur fcondit annuelle. Le mle et la femelle travaillent la construction du nid; le premier partage les soins de l'incubation, depuis midi environ jusqu' trois ou quatre heures du soir, et sa compagne le reste du jour et pendant la nuit. Tous les deux s'empressent de fournir une abondante nourriture leurs petits, qui, dans le plus grand nombre des espces, naissent privs de ce lger duvet, premier vtement de la plupart des autres Oiseaux. Le pre et la mre portent toujours au bout du bec la nourriture destine leur jeune famille, mais, si on leur donne de l'inquitude, ils la font descendre l'entre de l'sophage, afin qu'elle n'indique pas la proximit du nid, et ils la ramnent l'extrmit des mandibules pour la distribuer leurs petits. Toutes les Fauvettes de l'Amrique septentrionale sont entomophages. Elles vivent de Chenilles, surtout de celles qui ne sont pas velues, de nymphes et de Mouches; elles les cherchent sur les arbres, sur les herbes, sur les lgumes, dans les buissons, et quelquefois terre. Quelques-unes joignent ces aliments des baies molles et la pulpe des fruits tendres. Lorsqu'elles ont saisi un Insecte quelconque, elles pressent sa tte avec leur bec, le secouent vivement ou le frappent avec violence contre un corps dur. afin de le tuer; car elles ne le mangent jamais s'il n'est bless mort : cette manire de se nourrir les distingue des Moucherolles, qui avalent leur proie telle qu'ils la prennent. Ces diffrentes ptures, les seules qui soient propres ces Oiseaux, ne se trouvant pas, en hiver, dans les contres que. la plupart habitent pendant l't, ils quittent ce domicile l'automne pour se rendre sous les tropiques, o elles sont alors en abondance. Les Fauvettes ne font pas toutes leurs courses priodiques de la mme manire; les unes se tien- nent en troupe nombreuse, d'autres par famille, et quelques-unes sparment. Elles reviennent avec les beaux jours dans leur pays natal, et s'apparient ds leur arrive. Chaque couple se rend alors le matre d'un petit canton, o il ne souffre aucun Oiseau de sa race. Est-ce la jalousie, ou le besoin de trouver prs du nid la quantit d'aliments ncessaire ses petits, qui les portent s'isoler de cette sorte'/ Peut-tre est-ce l'un et l'autre; mais il est certain que ce besoin y contribue pour beau- coup, car, dans les lieux cultivs, o les Insectes sont toujours plus nombreux qu'ailleurs, les couples sont plus rapprochs, et c'est le contraire dans les endroits o cette pture est rare. Cependant, ce canton, qui est exclusif pour les individus de la mme espce, ne l'est pas pour les autres, quoique entomophages comme eux. En effet, nous voyons, en Europe, qu'un petit bosquet est en mme temps habit par un Rossignol, un Bouge-Gorge, un Pouillot et par diffrentes Fauvettes; tous y vivent paisi- blement, parce que la nature a donn chacun pour sa nourriture des Insectes qui ne conviennent aux I 2 HISTOIRE NATURELLE. autres que dans des moments de disette. C'est ainsi que la larve du Tnbrion de la farine, nomme vul- gairement Ver de farine, et les ufs de Fourmis, recherchs par le Rossignol pour lever ses petits, sont rejets par la Fauvette tte noire; d'autres prfrent les Chenilles non velues qui sont sur les feuilles des arbres et des arbrisseaux; les Troglodytes mangent les Araignes et les petits Insectes qui se cachent dans le chaume et sous la mousse : tous ont aussi une manire particulire de chasser, et l'exercent sans se nuire; les Pouillots et les Roitelets cherchent les nymphes l'extrmit des ra- meaux, et les Fauvettes grisette, bahillarde, etc., dans les buissons, sur les herbes, et principale- ment sur les vesces, les pois et autres lgumes. Les Tariers et les Traquets poursuivent leur proie dans les airs et sur les plantes. Les Motteux et les Bergeronnettes la saisissent presque toujours terre; les premiers sur les monticules, dans les champs en friche et dans les endroits arides; les autres, dans les valles et sur les terrains humides. Mais, ds que les petits sont assez forts pour ne pas se borner aux Insectes, leur premier aliment et le seul qui leur convienne leur naissance, la plu- part de ces Oiseaux, et surtout des Fauvettes, les remplacent par les fruits mous et les baies tendres; alors toute proprit cesse, tous les cantons sont communs aux individus de la mme espce; en effet, l'exclusion n'est plus ncessaire, puisque ces nouveaux aliments, joints aux autres, fournissent abon- damment leurs besoins. Buffon a dit tort, en parlant de ces Fauvettes, dont il faisait des Figuiers : Ces Figuiers d'A- mrique sont des Oiseaux erratiques qui passent, en t, dans la Caroline, et qui reviennent ensuite dans les climats plus chauds pour y nicher et lever leurs petits. II est vrai qu'ils se montrent, pendant la belle saison, dans la Caroline; mais ils ne reviennent pas dans des climats plus chauds l'poque de leurs amours; au contraire, ils couvent sous la zone bo- rale et ne s'en loignent qu' l'automne pour se retirer dans le Sud, o ils passent l'hiver. Ils arri- vent dans les tats-Unis au mois d'avril, et s'avancent plus ou moins dans le Nord; la plupart tra- versent leur arrive la Gorgie, la Caroline et la Virginie dans l'espace de quelques semaines, et n'y font qu'un court sjour; plusieurs se fixent dans la Pensylvanie et les contres voisines; d'autres pntrent jusqu' Terre-Neuve et jusqu' la baie d'Hudson; quelques-uns mme vont encore plus loin. Les rgions septentrionales sont les lieux que la nature leur indique pour se propager, et la zone torride pour s'hiverner, l'exception de quelques espces qui ne s'loignent pas des Florides l'a r- rire-saison (Histoire des Oiseaux de l'Amrique septentrionale.) l r GENRE. FIGUIER. FICEDULA. (Cuvier.) Ficus, ligue ; edula, mangeur. CARACTRES GNRIQUES. Bec peine de la longueur de lu tte, de forme conique allonge, aussi haut que large, un peu recourbe son extrmit suprieure, h pointe lgrement ehancr \ parfois entire, a commissure lgrement inflchie. Narines longitudinales, bastes, en fente, un peu obliques vers l'arte mundibulaire, en partie en- gages par la base dans les plumes frontales. Fi. '183. Ficeduta Amcricana Pi?. 184. Ficeula Amencana. Ailes obtuses; la premire rmige trs-courte, les trois suivantes plus longues, la cinquime pres- que gale li la troisime, cl la quatrime la plus longue de tontes. OISEAUX. 143 Queue mdiocre, ample, et lgrement chancre. Tarses grles, un peu plus longs que le doigt mdian, ne portant que trois squamelles h la base; les deux doigts latraux courts, ainsi que leurs ongles, et presque gaux; le pouce trs-long, ga- lant le doigt mdian en longueur, ces deux doigts munis des ongles les plus grands. Fig. 185 cl 186, Figuier aurore. (Mle et femelle.) Renferme une soixantaine d'espces, dont quarante bien dtermines, toutes de l'Amrique. Ce genre comprend l plus grande partie des genres Ficedula de Cuvier, le genre Hhimanphus de M. Hartlaub, et le genre Mniolilla de M. Gray, moins l'espce typique, et les genres l'arula et Bhhnanphus, Ch. Bonaparte. Nous figurons une espce du Chili, Sylvicola aurola, Gould. Ces Oiseaux paraissent ordinairement en troupes nombreuses dans le New-York et la Pensylvanie, aux mois d'avril et de mai, poque o ils sont pars de leur habit de noce: mais ils y restent peu de temps : ils se htent de se rendre dans le Nord pour s'occuper de la nouvelle gnralion qu'ils ra- mnent avec eux par la mme route. Ils la parcourent avec la mme rapidit qu'au printemps pour se retirer sous la zone torride, o ils passent l'hiver; cependant, ils mettent plus de lenteur dans leur course automnale lorsqu'ils se trouvent la Louisiane, o on les appelle Grassets. ainsi que plusieurs autres Figuiers, parce qu'en effet ils sont trs-gras cette poque. D'autres espces sont rpandues dans tout le continent amricain; on les trouve, par exemple, le Fi- guier tachet (stiva), la Guyane, Saint-Domingue, et dans toute l'Amrique septentrionale jus- qu' la baie d'Hudson. Elles nichent dans divers climats, sous la ligne, sous les tropiques, en Pen- sylvanie, au Canada, et mme la terre de Labrador. Les individus qui habitent le Nord le quittent l'automne et y reviennent au printemps. Le ramage de ces Oiseaux ne manque pas d'agrment, mais leur chansonnette est courte et peu varie: toujours en mouvement, on les reconnat leur ptu- lance et leur agilit; ils volent sans cesse de branche en branche, d'arbre en arbre, se jouent sou- vent leur cime, et voltigent rarement de buissons eu buissons, moins qu'ils ne soient d'une cer- taine hauteur; c'est cependant dans leur'in teneur ou sur un arbrisseau trs-feuill qu'ils construisent leur nid; ils le placent une moyenne lvation, et le composent d'herbes sches et de filaments de petites racines; leur ponte est de quatre ou cinq ufs. Une seule couve est le fruit de leurs amours 114 nsToiiiE nauullll. dans les parties les plus borales; ils en font deux en Pensylvanie, et probablement un plus grand nombre dans le Sud. (Vieillot. Oiseaux de l'Amrique septentrionale.} Ils habitent les lieux dcouverts et les terres cultives; ils se perchent sur les petits arbrisseaux, se nourrissent d'Insectes et de fruits mrs et tendres, tels que les bananes, les goyaves et les figues, qui in sont pus naturelles ce climat, mais qu'on y a transportes d'Europe; ils entrent dans les jardins pour les becqueter, et c'est de l qu'est venu leur nom : cependant, tout prendre, ils man- gent plus d'Insectes que de fruits, parce que, pour peu que ces fruits soient durs, ils ne peuvent les entamer. (Bdffom, Histoire (les Oiseaux.) Le plus grand nombre, tels que les Sulvicola Americana et p'inus, cits particulirement par les auteurs qui en oui fait, les uns des Msanges, les autres des Grimpereaux, ont l'habitude de se sus- pendre avec leurs ongles, dit toujours Vieillot, l'extrmit des branches, surtout lorsque les bou- lons se dveloppent et que les feuilles commencent poindre, afin d'y saisir les larves, dont ces Oi- seaux sont trs-friands. Ou les voit aussi l'automne et pendant l'hiver se cramponner contre le tronc des arbres pour chercher dans la mousse et sous les lichens les petits Insectes qui s'y r- fugient. L 2'"" GENRE. - jEGYTHINE. MGYTIIINA. i Vieillot, 1816.) Diminutif lu mot grec sn-jiaXs;, Msange. i:\RACTERES GNRIQUES. Bec plus long que la tte, un peu robuste, plus ou moins flchi en are, cylindrique, chancr vers le boni le la partie suprieure. Narines bastes, en partie dcouvertes. Ailes courtes, surobtuses; la premire rmige plus courte une les secondaires. Queue mdiocre, carre. Tarses de la longueur du doigt mdian; le pouce et son ongle allongs. Fig. 187. Mgythma. Fig. 183. & ; petit diamtre, m ,012. (Degland.) OISEAUX. 157 4- GENRE. - ROITELET. REGULUS. (Cuvier.) CARACTRES GNRIQUES. Bec trs-grle, moiti plus court que la tte, droit, subul, lgrement chancr lu pointe, h boni des mandibules un peu rentrant. Narines bastes, ovalaires, recouvertes par deux petites plumes rigides, votes, barbes trs- dsunies et trs-peu barbeles. Ailes moyennes, surobtuses, penne btarde courte, la troisime rmige un peu plus courte que la quatrime et la cinquime, qui sont les plus longues. Queue chancre. Tarses grles, de la longueur du doigt mdian : celui-ci uni sa base avec l'externe, le post- rieur le plus fort de tous, muni d'un ongle gal lui-mme, beaucoup plus long et plus recourb que ceux antrieurs. 2*N Fig. 204 liegulus ignicapitln Fig. 205 Rgulas ignicapillii Les plumes du vertex gnralement longues, effiles et susceptibles de se redresser en huppe. Lan- gue cartilagineuse, termine par de petits filets. Nous comprenons dans ce genre les genres Rcguloides de Rlyth, Horomis et Abrornis de Hodg- son, ce qui porte le nombre des espces vingt, de l'Europe, de l'Asie centrale et de l'Amrique, dont trois espces se trouvent en Europe. Les plus petits Insectes sont la nourriture ordinaire de ces trs-petits Oiseaux : l't, dans nos climats, ils les attrapent lestement en volant; l'hiver, ils les cherchent dans leurs retraites, o ils sont engour- dis, demi-morts, et quelquefois morts tout fait. Ils s'accommodent aussi de leurs larves et de toutes sortes de Vermisseaux. Us sont si habiles trouver et saisir cette proie, et ils en sont si friands, qu'ils s'en gorgent quelquefois jusqu' touffer. Ils mangent, pendant l't, de petites baies, de pe- tites graines, telles que celles du fenouil. Enfin, on les voit aussi fouiller le terreau qui se trouve dans les vieux saules, et d'o ils savent apparemment tirer quelque parcelle de nourriture. Je n'ai jamais trouv de petites pierres dans leur gsier. Les Roitelets se plaisent sur les chnes, les ormes, les pins levs, les sapins, les genvriers, etc. On les voit en Silsie l't comme l'hiver, et toujours dans les bois, dit Schwenckfeld; en Angleterre, dans les bois qui couvrent les montagnes; en Bavire, en Autriche, ils viennent, l'hiver, aux environs des villes, o ils trouvent des ressources contre la rigueur de la saison. Ou ajoute qu'ils volent par petites troupes composes non-seulement d'Oiseaux de leur espce, mais d'autres petits Oiseaux qui ont le mme genre de vie, tels que Grimpereaux, Torche-Pots, Msanges, etc. D'un autre ct, Salerne nous dit que dans l'Orlanais ils vont ordinairement deux deux pendant l'hiver, et qu'ils se rappellent lorsqu'ils ont t spars. Il faut donc qu'ils aient des habitudes diffrentes en diffrents pays, et cela ne me parait pas absolument impossible, parce que les habitudes sont relatives aux circonstances; mais il est encore moins impossible que les auteurs soient tombs dans quelque mprise. En Suisse, on n'est pas bien sr qu'ils restent tout l'hiver : du moins, on sait que dans ce pays, et en Angleterre, ils sont des derniers disparatre. Il est certain qu'en France nous les voyons beaucoup plus l'au- 158 HISTOIRE NATURELLE. tomne et l'hiver que l't, et qu'il y a plusieurs de nos provinces o ils ne nichent jamais ou presque jamais. Ces petits Oiseaux ont beaucoup d'activit et d'agilit; ils sont dans un mouvement presque conti- nuel, voltigeant sans cesse de branche en branche, grimpant sur les arbres, se tenant indiffremment dans toutes les situations, et souvent les pieds en haut comme les Msanges; furetant dans toutes les gerures de l'corce, en tirant le petit gibier qui leur convient, ou le guettant la sortie. Pendant les froids, ils se tiennent volontiers sur les arbres toujours verts, dont ils mangent la graine; souvent mme ils se perchent sur la cime de ces arbres; on en voit, l'hiver, sur les picas et autres arbres toujours verts du Musum d'Histoire naturelle; mais il ne parait pas que ce soit pour viter l'homme, car, en beaucoup d'autres occasions, ils se laissent approcher de trop prs. L'automne, ils sont gras, et leur chair est un fort bon manger, autant qu'un si petit morceau peut tre bon. C'est alors qu'on en prend communment la pipe; et il faut qu'on en prenne beaucoup aux environs de Nuremberg-, puisque les marchs publics de celte ville en sont garnis. Les Roitelets sont rpandus, non-seulement en Europe, depuis la Sude jusqu'en Italie et jusqu'en Espagne, mais encore, en Asie, jusqu'au Bengale, et mme en Amrique, depuis les Antilles jusqu'au nord de la Nouvelle-Angleterre. Le Roitelet ordinaire est si petit, qu'il passe travers les mailles des filets ordinaires, qu'il s'- chappe facilement de toutes les cages, et que, lorsqu'on le lche dans une chambre que l'on croit bien ferme, il disparait au bout d'un certain temps, et se fond en quelque sorte sans qu'on en puisse trouver la moindre trace; il ne faut, pour le laisser passer, qu'une issue presque invisible. Lorsqu'il vient dans nos jardins, il se glisse subtilement dans les charmilles ; et comment ne le perdrait-on pas bientt de vue? La plus petite feuille suffit pour le cacher. Si on veut se. donner le plaisir de le tirer, le plomb le plus menu serait trop fort; on ne doit y employer que du sable trs-fin, surtout si on se propose d'avoir sa dpouille bien conserve. Lorsqu'on est parvenu le prendre, soit aux gluaux, soit avec le trbuchet des Msanges, ou bien avec un filet assez fin, on craint de trop presser dans ses doigts un Oiseau si dlicat; mais, comme il n'est pas moins vif. il est dj loin qu'on croit le te- nir encore. (Guneau De MoNTBEiLLAr.D.) Ces Oiseaux s'apprivoisent, en peu de temps, au point de manger dans la main. Il est vrai qu' cause de leur grande dlicatesse il en prit souvent plusieurs avant qu'un seul russisse; mais, ds qu'il s'est une fois accoutum la chambre, il peut y vivre longtemps, moins qu'il ne soit bless par les autres Oiseaux, ou qu'il n'avale quelque chose indigeste. Leur petitesse, leur beaut, leur lgance, suffiraient pour les rendre agrables; mais leur chant ajoute beaucoup tous ces avantages, quoique trs-fin et faible, il n'est pas moins riche en mlodie, et ressemble beaucoup celui du Canari. Dans la chambre, c'est dans une cage en cloche qu'ils paraissent se trouver le mieux. On peut aussi en mettre plusieurs ensemble dans un coin ferm par un treillis, en y plaant un petit arbre de pin ou sapin, sur lequel ils aiment percher. levs du nid, ils peuvent galement s'accoutumer rester librement sur un petit arbre qu'on y place; ils s'y plaisent tellement, qu'ils ne s'en loignent gure; et, lorsqu'ils y sont plusieurs, ils se placent tous en rang, serrs les uns contre les autres, et dorment de cette manire. Le nid, fix l'extrmit d'une branche, est de forme ronde, trs-mollet, construit de mousse d- licate, de cocons de Chenilles et d'aigrettes de chardon... (Bechstein.) Le Roitelet rubis passe, au printemps, dans la Pensylvanie et le New- York; il frquente alors les jardins et les bosquets, disparat l't, se retrouve, l'automne, dans les mmes contres, et y s- journe environ un mois dans chaque saison. Il se montre, lors de son premier passage, sur les saules et sur tous les arbres fleuris, dont il parcourt les branches, de manire que peu de fleurs, peu de feuilles, chappent sa visite; et il se tient, aux approches de l'hiver, dans les haies et les buissons. Aussi vif, aussi leste que le petit Pouillot [Motacilla trochilus, Linn), il cherche sa proie et la sai- sit avec la mme adresse. Les larves, les petits Coloptres qui rongent le bouton quand il se dve- loppe, les Mouches, les Abeilles qu'attire le suc mielleux de la fleur naissante, chappent rarement son extrme activit. On ne connat point son ramage; seulement un petit cri aigu qu'il jette de temps a autre et qu'il ne fait entendre en voyageant que pour correspondre avec ses semblables. Quoique ces Oiseaux se montrent tous la mme poque, ils se. tiennent toujours isols les uns des autres, moins OISEAUX 159 qu'ils ne soient accouples. On les rencontre plus souvent dans les vergers et les taillis que dans les bois, et jamais on ne les voit avec le Roitelet satrape, qui en diffre non-seulement par son genre de vie, mais encore par la couleur et la forme de sa huppe, qui est orange, et compose des plumes du sinciput et du front, tandis que celle du Roitelet rubis est d'un beau rouge, et isole vers le milieu de la tte. Les Roitelets satrapes voyagent, l'automne, du Nord au Sud, et, au printemps, du Sud au Nord. Ils se tiennent en familles dans leurs courses priodiques, et ils frquentent de prfrence l'intrieur des forts, surtout de celles o les chnes sont en grand nombre; sans doute ils trouvent sur ces arbres une nourriture plus abondante que sur les autres, car on les voit presque toujours leur cime et l'extrmit des branches, o ils se tiennent dans diverses positions. Leur espce est rpandue, en Amrique, depuis la Louisiane jusqu' la baie d'IIudson; mais elle est plus rare que la prcdente, avec, laquelle on ne peut la rencontrer, puisqu'elle ne voyage pas aux mmes poques. Le Roitelet rubis se trouve dans les tats-Unis aux mois d'avril et de septem- bre, et ne fait que les traverser; le Roitelet satrape s'y montre la lin de l'automne, y reste l'hiver et les quitte au commencement de mars, pour passer la belle saison dans le Nord au centre des grands bois. Ces deux Oiseaux posent leur nid de la mme manire, mais celui-ci le construit un peu diff- remment, et il en place l'entre sur un ct vers le haut; il en tisse l'extrieur avec de la laine et des toiles d'Araigne; un duvet fin, tir des arbres et des plantes, forme la couche sur laquelle la femelle dpose six huit ufs de la grosseur d'un pois. Son chant est agrable et assez harmonieux; mais il il ne le fait entendre qu'au printemps. (Vieillot, Oiseaux de l'Amrique septentrionale.) ROITELET HUPP. REGVLVS CRISTAWS. (Ray.) Mle. Milieu du vertex d'un jaune aurore, bord, en devant et sur les cts, d'un jaune capu- cine et de noir; dessous du cou et du corps d'un olivtre nuanc de jauntre; front, tour des yeux, joues, gorge, devant du cou, poitrine et abdomen, d'un cendr lav de rousstre, avec un peu de brun derrire la commissure du bec; ailes portant deux bandes, et une tache noire carre au-dessus de la bande infrieure, qui est plus large; rmiges primaires bordes de jaune verdtre. les secondaires ter- mines de blanchtre; rectrices colores comme les rmiges; bec noir; pieds bruns; iris noirtre. Longueur totale. m ,096 m .097. Se trouve presque partout en Europe. Est de passage annuel dans tous les dpartements de la France en automne et au printemps. Se reproduit en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, et, en France, dans les dpartements de la Vienne, des Basses-Alpes, et quelquefois dans les environs de Paris. Niche sur les pins et les sapins. Sa ponte est de sept onze ufs, ordinairement obtus, d'un blanc pur, le plus souvent sans taches; quelquefois avec de petits points gristres et rousstres, plus appa- rents vers le gros bout. Grand diamtre, m ,013; petit diamtre, 0"',009. (Degland.) ROITELET A MOUSTACHES. REGVLVS TGNICAPIILUS. [Lichtenstein.) Mle. Milieu du vertex d'un jaune aurore vif, bord, en devant et sur les cts, de jaune capu- cine et de noir profond; dessus du cou et du corps d'un vert olivtre, lav de jaune rougetre sur les cts du cou: parties infrieures d'un cendr lgrement lav de roux, surtout au cou; front rouss- tre; deux bandes blanches au-dessus et au-dessous de l'il, qui est travers par une autre bande noire; moustaches noires, troites, descendant du bec sur les cts du cou; ailes traverses par deux bandes blanches comme dans l'espce prcdente, mais moins tendues; bec noir; pieds et iris noi- rtres. Longueur totale, 0"\095. Habile une grande partie de l'Europe, notamment la France, l'Allemagne et la Sicile. Niche sur les 160 HISTOIRE NATHU'.I.I.i:. pins et les sapins; pond de cinq sept ufs oblongs, d'un blanc gristre, avec quelques petits points gris et roussr peu apparents. Grand diamtre, 0"\0I5; petit diamtre, m ,009. (Degi.aiid ROITELET MODESTE. ItEGULiS PnOREGUL'JS (PjIIis, GjuM) Parties suprieures d'un vert olivtre clair, surtout au croupion, avec une bande longitudinale vert jauntre au milieu du vertex. une autre de chaque ct, au-dessus des yeux, d'un jaune ple, et deux autres de mme couleur sur les ailes; parties infrieures d'un blanc verdtre; pennes claires, et. caudales brunes; bec et pieds bruns, l'oint de huppe. Longueur totale, 0"',09 environ. Habite la Daourie, l'Asie centrale; accidentellement l'Europe occidentale, orientale, en Dalmatie el en Angleterre. Murs, habitudes, rgime et propagation inconnus. Kig. 200, 207 et 203. Roitelet triple bandeau. Roitelet commun (Mle et femelle). OISEAUX ICI TROISIME FAMILLE. CALAMOIIERP1NS. Cette famille est celle qui se rapproche le plus, aprs les Rgulms, des Parids par l'ensemble de ses habitudes. C'est M. Ch. Bonaparte que l'on doit sous ce nom, au rang de. sous-famille, cette fraction des Fau- vettes ou Bees-Fins, qui n'est que la reproduction des Calamodyt de Meyer et Wolf et des Becs- Fins riverains de M. Temminck, division adopte par M. Gerbes et par tous les auteurs. Ces Oiseaux diffrent en effet des autres Fauvettes ou Sylviids, non-seulement, ainsi que le dit ce. dernier ornithologiste, sous le rapport des murs, des habitudes, mais aussi sous celui de leurs ca- ractres zoologiques. Presque tous frquentent les eaux ou font leur demeure ordinaire des lieux bas et humides; ils vivent sur le bord des tangs, des fleuves, des rivires, et s'y propagent; ont l'habi- tude d'escalader, si l'on peut dire, les tiges des plantes ou arbustes aquatiques; se nourrissent pres- que exclusivement d'Insectes lytres, de Mouches, de Vers ou de larves qu'elles cherchent sur le bord des eaux, et, le plus souvent, en grimpant le long des tiges verticales des roseaux; mlent trs- rarement des baies ce rgime; enfin ont un chant et des cris qui ne sont ni aussi doux ni aussi ca- dencs que ceux des vraies Fauvettes. Quant leurs attributs physiques, ils sont encore plus caractristiques. Ainsi tous les Oiseaux ru- nis dans cette famille ont le sommet de la tte dprim et le front aigu, au lieu de l'avoir arrondi comme dans les Sylviuue; leurs ailes sont gnralement courtes, concaves, tailles sur le type obtus; leur queue longue, presque toujours tage et-souvent conique, et toutes ont le pouce pourvu d'un ongle fort et toujours aussi long au moins que le doigt. (Dictionnaire universel d' Histoire na- turelle.) Cette famille, compose, ainsi que nous l'avons dit, par M. Ch. Bonaparte, se divisait pour lui en vingt-quatre genres, qui sont: 1" Megalurus, Horsfield; 2 Sphenura, Lichtenstein; " Helvrura, Hodgson; 4 Sphenacus, Stricklaud; 5 Chtornis, Gray; t" Locustelta, Gould; 7 Calamanthus, Gould; 8 Hylacola, Gould; 9" Chthonicola, Gould; 10 Bradypterus, Svvainson; 11 Hemipteryx, Svvainson. 12 Suya, Hodgson; que nous rduisons aux neuf genres suivants; 1 Orthotome (Orthotomus); 2 Capocier (Drymoiea); 3 Prinia; 4 Rousserolle (Calamoherpe); 5Galactode (AEdon); io" Horietes, Hodgson; 14 Orlhotomus, Horsfield; 15 Drymoica, Svvainson: II' Prima, Horsfield; 1 7 Calamoherpe, Meyer; 18 AEdon. Boi; 19 Cisticola, Lesson; 20 Calamodyta, Meyer; 21 Arundinax, Blyth; 22 Cetlia, Ch. Bonaparte: 2"> Lusciniopsis, Ch. Bonaparte; 24 Hypolais, Brehm, 6 Cisticole (Cisticola), 7 Phragmite (Calamodyta), 8 Bouscarle (Cetlia); 9' Locustelle (Locuslella) . 21 162 HISTOIRE NATURELLE. 1" GENRE. ORTHOTOME. ORTHOTOMVS. (Horsfield.) OfOo;, droit; xj/.a, bouche, net- CARACTRES GNRIQUES. Bec grle, allong, presque droit, un peu dprim et largi sa base, bords des mandibules lisses et droits; arte vive entre les fosses nasales. Narines bastes, assez grandes, revtues d'une membrane en dessus. Ailes courtes et trs -arrondies, surobtuses, les quatrime, cinquime et sixime rmiges tant les plus longues et gales entre elles. Queue mdiocre, tage, reclriccs molles et troites. Tarses de la longueur du doigt mdian, grles; doigts munis d'ongles courbes et assez forts, surtout celui du pouce. Fig. 209 Orthotomus sepmm Fig. 210 Ortholomus sepium. Ce genre, synonyme du genre Edela, Lesson, renferme huit espces propres l'Asie mridionale et l'Ocanie. Nous figurons POrthotome longue queue on Couturire. Ces Oiseaux sont trs-remarquables pour l'adresse, avec laquelle ils construisent leur nid en cou- sant ensemble les feuilles des arbres avec des fils de coton et des fibres de plantes. Le colonel Sykes, qui le premier a fait connatre ces nids, en a vu dans lesquels les fils de coton taient rellement termins par un nud. (Proced. z. Soc., 1852.) Tel est entre autres le nid de l'Ortliotome longue queue. Celui de POrlhotome dle est plac artistement entre deux grandes feuilles faufiles ensemble par leurs bords avec des fils de coton; il y est lui-mme assujetti par d'autres fils qui sortent de ces feuilles par de petits trous et forment l'extrieur des espces de nuds ou petites houppes qui y sont appliqus comme pour l'y retenir. Ce nid est compos d'une bourre souvent rousstre et des plus mollettes, et de fibres de gramines trs-dlies. Ce nid est profond de cinq six centimtres sur quatre et demi de diamtre l'ouverture. C'est avec raison que M. De La Fresnaye, en 1856, croyait retrouver dans la forme troite et pro- fonde de ce nid, dans la manire mme dont il est en quelque sorte faufil aux deux feuilles qui l'en- tourent, les plus grands rapports avec les nids de quelques-unes de nos petites espces de Fauvettes de roseaux, troits et profonds comme lui, et comme lui faufils, non des feuilles, mais des joncs ou des gramines entre lesquels ils sont placs et fixs au moyen de fils que l'Oiseau a entortills au- tour de leurs tiges, qu'il a souvent mme fendues, pour les y faire passer de part en part avec la pointe dlie de son bec. Ce grand rapport de nids joint ceux qu'il pensait retrouver dans les formes des Orthotomes et de certaines Rousserolles, tels que des tarses longs cl dlis, des ailes trs-courtes et trs-arrondies, une queue tage et un bec mince, dli et droit, lui ont fait juger, ainsi qu'il le dit lui-mme, qu'ils devaient tre groups prs d'elles, si toutefois ils ne leur taient pas congnres. C'est ce sentiment que s'est rang M. Ch. Bonaparte, comme nous nous y rangeons nous-mme, en plaant le genre Orthotome dans ses Calamoker pince, dont il se rapproche beaucoup plus en effet sous tous les rapports, que des Malurimv. ainsi que l'a pens, bien tort selon nous, M. G. R. Gray. OISEAUX. 163 La principale nourriture de l'Orthotome longue queue consisterait, selon le colonel Sykes, en Fourmis noires. ORTHOTOME EDhLE. ORTHOTOMUS EDELA. (Temminck.) Celte espce est, en dessus, d'un gris ardoise lgrement lav de rousstre; le front, jusqu'au del des yeux, les joues en entier et la gorge, sont d'un roux ocreux; dans quelques individus, le sommet de la tte, depuis les yeux jusqu' la nuque, prend une teinte enfume. Depuis la gorge, le devant et les cts du cou, jusqu' la poitrine, tout d'un gris cendr assez fonc; cette teinte se dgrade sur la poitrine, les flancs, et devient blanche sur le milieu de l'abdomen. Les ailes et la queue sont d'un gris bruntre couleur Souris; quelques grandes couvertures de l'aile, et les rmiges primaires sont finement bordes d'une nuance plus claire. Les rectrices. qui sont trs-tages, ont leur extrmit une bordure blanche, peine visible sur les deux intermdiaires, cette bordure est prcde d'une tache bruntre; les jambes sont du mme roux ocreux que la tte. Les taises et les doigts sont rou- getres, le bec est corn en dessus, d'un blanc jauntre en dessous. De Java. (De La Fresnaye.) Fig. 211 Ortliotome longue queue et son nid. 2"< e GENRE. CAPOCIER. (Chenu et 0. Des Murs.) DRYMOICA. (Swainson.) A;uu.c, fon't; oixew, j'habite. CARACTERES GENERIQUES. Bec peine de la longueur de la tte, dprim la base, comprim vers la pointe, qui n'est que faiblement chancre, h arte inflchie dans toute sa longueur, et trs-marque entre les narines; commissure suivant la mme inflexion. Narines perces sur le ct d'une squamelle membraneuse, bastes, oculaires et nues. m HISTOIRE NATURELLE. Ailes arrondies, snrobtuses; la premire rmige trs-courte, la quatrime la plus longue de toutes, les troisime et cinquime presque gales. Queue longue, ample et lage. Tarses un peu plus longs que le doigt mdian, minces, scutells; les doigts latraux gaux, l'in- terne soud la base; le pouce allong, presque gal au doigt mdian, robuste, ainsi que son ongle, qui est te plus fort de tous, mais peu crochu. Fig. 212. Drymoica. Fig 213. Drymoica. Ce genre, qui comprend les genres llemipteryx, Swaiuson, et Horietes, Hodgson, et qui se con- fond pour nous avec une partie du genre Suya, Hodgson, tel que l'a compos M. Ch. Bonaparte, est un des genres qui renferme le plus grand nombre d'espces de la famille; on en compte jusqu' cin- quante-quatre espces peu remarquables sous le rapport du plumage, mais curieuses pour leur mode de nidification, et dont quelques-unes ont un chant des plus mlodieux. Nous figurons le Drymoica erylhrogenys de Rppell. Une des espces les plus intressantes est celle laquelle Le Vaillant a donn le nom de Capocier [Drymoica macroura), nom que nous conservons comme gnrique, parce qu'elle est le type du genre, et dont il a tudi les murs avec une constance digne de servir d'exemple tous les voya- Fig. 2)4. Capocier bec rouge. Les colons du cap de Bonne-Esprance, dit-il, donnant gnralement tous les Oiseaux qui font leur nid avec la bourre des plantes le nom de Capoj-Vogel (Oiseau capoc), parce qu'ils nomment capoc-boschje, eapoc-boom (arbre, arbrisseau capoc) toutes ces sortes de plantes, j'ai conserv l'espce la plus commune de ces Oiseaux, celle qui se trouve dans Imite la colonie, le nom de Capo- cier. form par contraction de leur dnomination en gnral. Le Capocier est extrmement commun dans les environs dit Cap cl surtout dans le Swart-Land et OISEAUX. 165 clans les dunes de la baie de Saldanha, Pou effarouchs par les habitants, qui jamais ne leur font de mal, ces Oiseaux sont devenus trs-confiants et se laissent non-seulement approcher au point de pou- voir les tuer d'un coup de fouet ou de baguette, mais ils entrent mme jusque dans l'intrieur des maisons, comme j'en ai t maintes fois tmoin chez les habitants de Swart-Land, pendant que j'tais log chez Slaber, ce respectable et bon vieillard qui me retira chez lui aprs mon dsastre de la baie Saldanha. Il entrait rgulirement tous les jours dans sa maison, par les fentres ou par les portes, plusieurs de ces petits Oiseaux, qui. rdant partout, sans s'effaroucher de notre prsence, visitaient exactement tous les plats, toutes les assiettes et toutes les casseroles pour manger la graisse ou les petits morceaux de viande qu'on y avait laisss. Tombaient-ils sur l'assiette de graisse de Mouton, on les voyait s'en donner cur-joie sans beaucoup de peine, vu que cette graisse est toujours mol- lasse et grenue. Leur arrivait-il de ne trouver qu'une chandelle, ils avaient plus de peine, mais finis saient pourtant par la dchiqueter entirement de leur faible bec. Le got dcid qu'avaient ces Oi- seaux pour la graisse le.ur avait fait donner, par toute la famille Slaber, le nom de Vct- Vreelerje (petit mangeur de graisse), et nous ne les nommions jamais autrement. Voyant ces Oiseaux venir si souvent la picore, j'ai eu la patience de rester maintes fois des journes entires aux aguets, afin de m'assurer de la quantit de nourriture qu'ils pouvaient prendre et du nombre de. fois qu'ils man- geaient dans la journe. Un mle et une femelle de cette espce, qui rgulirement entraient dans ma chambre plusieurs fois pendant le jour, parce que j'avais soin qu'ils y trouvassent toujours quelques friandises de leur got, mangeaient, en vingt-quatre heures, peu prs un quart d'once de graisse eux deux, car ils n'avaient pas encore de petits. Leurs visites taient rgles; je les voyais arriver assez ordinairement au point du jour, onze heures, trois heures et au coucher du soleil; aussitt qu'ils taient repus, ils s'en retournaient dans les broussailles et ne manquaient jamais de revenir le lendemain, quoiqu'il m 'arrivt souvent d'attraper l'un ou l'autre pour les caresser. .le leur avais aussi mis chacun une petite jarretire de coton rouge afin de les reconnatre. Ces charmants htes m'avaient tellement pris en amiti, qu'ils me reconnaissaient lorsqu'il m'arri- vait de les rencontrer la chasse dans les environs de l'habitation, dont ils ne s'loignaient gure. Je les ai vus plusieurs fois dans mes courses me suivre plus de cinq cents pas de distance, en vol- tigeant de buisson en buisson, le mle rptant sa petite chansonnette, frit, frit, frilraralili, fri- tatariti, en mme temps qu'il relevait sa longue queue tage et battait des ailes, signes d'amiti et de reconnaissance non quivoques auxquels j'tais bien sensible. La saison des amours tant venue, je m'aperus que les visites de mes deux commensaux deve- naient moins frquentes. Soit qu'ils fussent plus occups du nouveau sentiment qui les animait, et qui d'ordinaire amortit tous les autres gots, soit que, recherchant la solitude afin d'tre plus entirement l'un l'autre, et de jouir l'cart d'un bonheur qui ne demande jamais de. tmoin, soit encore que, les pluies ayant cess, et les Insectes reparaissant en grand nombre partout, ils trouvassent une nour- riture abondante qui leur convenait mieux, il est certain que je ne les voyais plus que trs-rarement. Cette ngligence dura plus de quinze jours, aprs quoi ils se montrrent tout coup avec plus d'as- siduit que jamais, et je ne tardai point m'apercevoir du motif intress qui les ramenait chez moi. Dans leurs diffrentes apparitions, ils n'avaient pas manqu d'observer le coton, la mousse et la tilasse qui me servaient bourrer mes Oiseaux, et dont ma table tait toujours charge. Trouvant bien plus commode sans doute de venir s'en munir l pour construire leur nid que d'aller dtacher la bourre des plantes, je les voyais en emporter dans leur bec ds paquets plus gros qu'eux. Les ayant suivis, je trouvai l'emplacement qu'ils avaient choisi pour construire le berceau qui devait contenir le fruit de leurs amours, dont la petite femelle, toute rondelette, tait dj charge. Dans un des coins du potager rustique et mal soign du bon Slaber, croissait, prs d'une petite source, l'ombre du seul arbre qui ft sur l'habitation, une haute plante nomme par les colons du Cap ca- pocboschje; c'est dans cet arbrisseau que je vis s'arrter notre couple, qui dj avait fait ses premiers prparatifs avec de la mousse; car l'enfourchure, sur le milieu de laquelle devait poser ce nid. en tait dj garnie. C'est le II octobre que les premiers matriaux furent poss. Le travail du second jour offrait une masse assez informe, d'une paisseur de prs de quatre pouces, et dont le diamtre tait environ de cinq six pouces. Celait l le fondement du nid, qui tait compos de mousse, de quelques parties 166 HISTOIRE NATURELLE. de filasse entrelace de quelques brins d'herbe, et surtout de coton foul et peletonn ensemble. Je passai ce second jour tout entier prs du nid, que la femelle ne quitta pas pendant les heures de travail, c'est--dire depuis le moment qu'on ouvrait mes fentres jusqu' dix heures peu prs, et depuis cinq heures du soir jusqu' sept. Le mle fit, dans la matine du 12, vingt-neuf voyages ma chambre (il y avait, du jardin la maison, quatre-vingts cent pas au plus), et, dans la soire, il n'en fit que dix-sept. Il est vrai qu'il aida beaucoup sa femelle pitiner et fouler le coton avec- son corps pour le presser et en former une sorte de matelas, pas trop dur cependant. Quand le mle arrivait avec son bec charg de coton ou de mousse, il dposait son fardeau ou sur les bords du nid, ou dans une enfourchure la porte de sa femelle; il faisait ainsi quatre ou cinq voyages de suite sans interruption, puis se mettait aussi l'ouvrage pour aider sa compagne. Cet agrable travail tait souvent interrompu par des caresses innocentes, par des petits baisers bien doux que provoquait le mle et que la femelle n'avait l'air d'accorder qu' la drobe et comme par complaisance, tant elle mettait d'activit dans sa construction; mais ces caresses, loin de suffire, con- duisaient des dsirs que le mle brlait de satisfaire, et que refusait opinitrement la femelle. Quel- quefois mme elle rprimait ce trop d'ardeur par des coups de bec bien appliqus, mais qui, loin de ralentir le feu du petit importun, ne faisaient assurment qu'aiguillonner ses dsirs et les rendre plus imprieux encore; de sorte que, devenant plus pressant et voulant se satisfaire, il battait son tour, pinait, dfaisait l'ouvrage qui tait fait, empchait la femelle de travailler, et semblait, en un mot, lui dire : C'est pour travailler que tu me refuses, eh bien! je t'empcherai de travailler! Croira-t-on qu'entirement ce que je voyais, et comprenant si bien tout le sujet de cette petite altercation amou- reuse, je me suis surpris trs en colre contre la femelle, et m'criant tout impatient, comme si elle avait pu m'entendre : Sotte que tu es, accorde-lui bien vite ce qu'il demande, et il te laissera tran- quillement achever! Mais, pour l'empcher de continuer ses dgradations, celle-ci quittait son ou- vrage, se sauvait de buisson en buisson, et le mle de la suivre partout, jusqu' ce qu'enfin il et obtenu, plusieurs fois de suite, le prix de son amour. Aussitt aprs, la femelle revenait son travail, et le mle satisfait prludait gaiement en chantant pendant quelques instants sa victoire et son bon- heur; aprs quoi, se remettant l'ouvrage, il transportait avec une nouvelle ardeur les matriaux dont sa compagne avait besoin, jusqu'au moment o, par de nouveaux dsirs, provoquant encore une scne pareille celle que je viens de dcrire, il remportait d'autres triomphes : j'en ai compt jus- qu' huit dans une matine. Qu'ils sont heureux les Oiseaux! ils sont assurment les tres privilgis de la nature. Le troisime jour, le couple commena lever les cts ou parois du nid. Aprs en avoir uni le fond, force de pitiner et de le frotter avec leur poitrine, en tournant sur eux-mmes, ils form- rent premirement un rebord plat, qu'ils redressrent ensuite en s'appuyant contre, et qu'ils conti- nurent lever en accumulant du coton press, battu et frott dans l'intrieur avec la poitrine et les poignets des ailes, ayant soin de le piquer continuellement avec leurs becs pour entrelacer le tissu, afin de le rendre plus solide. Les branches du buisson qui se trouvaient dans le chemin taient enveloppes dans l'paisseur extrieure du nid, sans qu'elles traversassent jamais dans l'intrieur. Cette besogne demandait beaucoup de matriaux, et je fus vraiment tonn de la quantit de ceux qu'ils employrent. Enfin, le septime jour, le nid fut entirement achev, quelques petites rpara- tions prs. JF tant avis, ce jour-l, de passer le doigt dedans, j'y sentis dj un uf. qui probable- ment avait t pondu dans la journe mme; car, la vejlle, le nid n'tant pas encore totalement ferm par en haut, je n'y vis point d'uf. Ce charmant difice, d'un blanc de neige, avait prs de neuf pouces de hauteur en dehors, pendant que dans l'intrieur il n'en avait tout au plus que cinq. Sa forme extrieure tait trs-irrgulire cause des branches qu'il avait fallu y attacher; mais l'intrieur avait absolument celle d'un uf de Poule pos la pointe en haut, et dont le grand diamtre et t de cinq pouces et le petit de quatre. L'ouverture qui servait d'entre rpondait aux deux tiers et plus de la hauteur totale du nid, vu par dehors, pendant qu'en dedans elle touchait presque le plafond; elle tait d'un pouce et demi de largeur et d'une forme absolument ronde. L'intrieur de ce nid tait si bien travaill et si uni, qu'on l'aurait pris pour un beau drap un peu lim, et le tissu tait si serr, qu'il et t impossible d'en rien dtacher sans le dchirer Ce ne fut cependant qu' force de frotter avec la poitrine et de battre avec les rebords de leurs ailes, puis en faisant toujours rentrer les brins dtachs du coton, et en les enfonant coups de bec, que ces Oi- Pnrdalotus sir talus, pi. m OISEAUX. 167 seaux parvinrent donner cette solidit leur ouvrage, vraiment admirable, quand on considre les petits moyens de semblables architectes : aussi leur cota-t-il sept jours entiers d'un travail opinitre, et ne fut-il achev que le 18 au soir, o, comme je l'ai dit, le premier uf y fut dpos. Le 19, je trouvai un second uf qui fut pondu le matin. Le 20, un troisime. Le 21, il n'y eut pas de ponte. Le 22, une premire visite, je trouvai le quatrime uf, et le soir le cinquime. Le 23. point de ponte. Le 24 au matin, un uf de plus, et le dernier et septime fut pondu le 25 dans la matine, jour o la femelle commena aussi couver. Les ufs taient tous d'un vert ple, et ta- chets d'un brun rousstre. J'ai observ que, pendant tout le temps de la btisse et celui de la ponte, le nid avait t constamment surveill et jamais abandonn; le mle ou la femelle, et souvent l'un et l'autre ensemble, se tenaient dans les environs, accourant la moindre visite importune ou l'ap- proche de quelques autres Oiseaux, qui cette belle habitation et bien convenu, et qui essayrent maintes fois de s'en emparer; peut-tre mme que, sans mon secours, il et t envahi par un couple de Msanges qui, bien plus forts qu'eux, s'en seraient rendus matres. Ces sortes de vols sont assez frquents chez les Oiseaux, et particulirement parmi ceux dont les nids sont ferms de la mme ma- nire; aussi arrive-t-il, comme je l'ai remarqu nombre de fois, que les Oiseaux qui les ont btis ne les conservent pas toujours. Ce n'est donc pas seulement chez les hommes que les faibles sont oppri- ms par les forts, et que les plus adroits s'approprient le travail des autres. ... Il est inutile, je pense, de dire que je quittais trs-rarement de vue mes deux Oiseaux; tout ce que j'ai rapport le prouve assez : aussi, except les moments de repos et de sommeil, j'tais toujours prs d'eux; je m'tablissais habituellement dans un buisson ombrag, d'o je guettais tous leurs mou- vements. La femelle et le mle couvaient alternativement, mais celui-ci beaucoup moins cependant, car la femelle restait sur les ufs quelquefois trois heures de suite, tandis que lui n'y a jamais pass plus d'une demi-heure la fois; il ne la remplaait mme que dans les moments o elle tait oblige de quitter son poste pour aller boire ou manger, et, aussitt qu'elle avait fait sa petite tourne, elle accourait droit au nid, appelait son mle, et. pour peu qu'il tardt trop sortir, elle entrait dedans et le forait dnicher; mais jamais je ne les ai vus rester tous deux couver en mme temps, pas mme pendant la nuit : du moins, quelque tard que je sois rest pour suivre mes observations, je n'ai pas vu le mle entrer dans le nid avec sa femelle ces heures-l, tandis qu'elle restait son poste toute la nuit. Lorsque celle-ci tait occupe couver pendant le jour, le mle, perch sur un buisson dans les environs, chantait sa petite chansonnette, frit-frit-frit-frilraraliti-fritatariti; et, s'il arrivait quel- que tranger dans le jardin, ou mme un de mes Chiens, la femelle en tait aussitt avertie par un cri perant du mle, ce qui la faisait se prcipiter hors du nid; mais elle y rentrait bien vite lorsque le danger tait pass. Quant moi, je pouvais entier et sortir du jardin autant de fois que je le vou- lais; je n'inspirais jamais de crainte. J'ai observ que le mle passait la nuit sur une branche ct du nid, afin, sans doute, de surveiller au dehors tout ce qui aurait pu alarmer sa femelle et nuire la couve; et, dans les instants o quelque crainte forait celle-ci de quitter ses ufs, ce n'tait que pour trois ou quatre minutes tout au plus. Pendant le temps de l'incubation, le mle chercha plusieurs fois obtenir des faveurs de sa fe- melle; mais elle s'y refusa constamment; elle pondit cependant encore plusieurs ufs, mais hors du nid et terre; et, ce qui m'tonna, c'est qu'aussitt qu'elle en avait pondu un, elle appelait son mle, et que, se mettant tous deux le casser coups de bec, ils en mangeaient ensemble le jaune. Lorsqu'il m'tait arriv, dans mes courses, de trouver et l, pendant le temps de l'incubation, des ufs d'Oiseaux casss, et mme souvent d'entiers, je m'tais bien imagin qu'ils provenaient de femelles dont la ponte tait dj complte; car il n'tait pas possible de croire que la ponte ces- sait tout coup pour chaque Oiseau au moment o il se disposait couver, puisque j'avais plus d'une fois remarqu que des femelles, que j'avais tues pendant qu'elles couvaient, portaient encore dans leurs grappes des jaunes trs-gros, et mme aussi forms que ceux des ufs qu'elles pondaient ordi- nairement. D'aprs ces faits, j'avais souponn qu'une femelle continuait sa ponte, quoiqu'elle et complt le nombre d'ufs que la nature avait destin pour sa couve. Ainsi, cette dernire observa- tion me confirma dans ce que j'avais trs-bien souponn. Ce fut enfin le 7 novembre, ou le quatorzime jour d'incubation, qu' sept heures du matin, une premire visite au nid, je m'aperus qu'il y avait quatre petits, qui probablement taient clos 168 HISTOIRE NATURELLE. pendant la nuit; trois heures aprs, c'est--dire dix heures, les trois autres le furent galement. Les petits naquirent absolument nus. et leurs yeux taient ferms. Pendant cette premire journe, la mre resta sur ses petits, et ne leur donna manger que le soir, elle dbarrassa le nid des coquilles d'oeufs, qu'elle jetait dehors mesure que les trois derniers pe- tits naissaient. Le second jour, le pre et la mre apportrent de la nourriture plusieurs reprises, et le nid ne resta pas vacant un seul instant. Le troisime jour, le dessus de la tte, les ailes, le dos et le croupion des petits, se couvrirent d'un duvet bruntre, et leurs yeux s'entrouvrirent. Le qua- trime, les yeux taient dj plus ouverts, et, le soir, ils le furent entirement. Le cinquime, les pennes des ailes et celles de la queue commenaient sortir d'une ligne ou deux, ainsi que les plu- mes du croupion et des flancs, dont les tuyaux marquaient dj. Ils commencrent alors exiger beaucoup de nourriture. Je passai le sixime jour auprs du nid, sans le quitter un moment, et je me fis. pour cet effet, apporter dner, afin de ne pas le perdre de vue. Depuis sept heures du matin jusqu' dix, le pre et la mre firent cinquante-trois voyages, et apportrent chaque fois de petites Chenilles vertes, des Araignes et des ufs de Fourmis, nourriture qui fut constamment la mme. Vers midi, ils n'en ap- portrent que dix-neuf fois, et, depuis trois heures jusqu'au coucher du soleil, le nombre des voya- ges monta soixante-six. Le huitime jour, les pennes des ailes et de la queue, les plumes de tout le dessus du corps et du ventre, ainsi que celles du cou et du dessus de la tte, couvraient la peau partout, de sorte qu'on ne la voyait plus qu'au bas-ventre, qui tait trs-gros. Les neuvime, dixime et onzime jours, exigrent une si grande quantit de nourriture, que le pre et la mre, pouvant peine y suffire, ne faisaient autre chose que courir la provision. Dans cette onzime journe, que je leur consacrai encore tout entire, ces pauvres Oiseaux firent deux cent seize voyages; et, ce qu'il y a de particulier, c'est que je n'ai pas remarqu qu'ils aient une seule fois port boire. 11 est vrai que, le mle et la femelle entrant toujours entirement dans le nid pour donner la becque aux pe- tits, je ne pouvais voir, me dira-t-on, s'ils ne leur donnaient pas de l'eau; mais, comme je ne les ai jamais vus venir sans qu'ils eussent de la nourriture dans leur bec, il est au moins certain qu'ils n'al- laient pas uniquement leur en chercher; et je ne doute nullement que, si les petits eussent eu besoin de boire, le pre ri la mre n'eussent fait, pour y pourvoir, des voyages exprs dans les instant-; un cela aurait t ncessaire. Le quinzime jour, quand je fis ma visite du matin, je trouvai que trois de ces jeunes Oiseaux taient hors du nid. Afin de les forcer d'en sortir, le pre et la mre n'y entr- rent plus pour leur donner la becque, mais ils les appelaient dehors pour cela; de faon qu'ils sor- tirent les uns aprs les autres. A midi, le nid fut vide et abandonn; les petits s'tablirent dans les haies et sous les feuilles dans le jardin, o je vis le pre et la mre continuer de leur donnera man- ger pendant plusieurs jours, aprs quoi ils formrent une petite troupe et vcurent tous ensemble dans le plus parfait accord. Les vieux ne tardrent pas a montrer aux jeunes le chemin de la maison, o ils vinrent souvent rder tout comme ceux-l l'avaient pratiqu eux-mmes tant de fois avec fruit. ... De toutes les observations que je viens de rapporter, et de l'exactitude desquelles je rponds, il suit que ces Oiseaux sont peu prs six jours btir leur nid; qu'ils couvent treize quatorze, et que les petits sont peu prs le mme nombre de jours avant de quitter le nid. Je pensais que la petite famille reviendrait coucher la nuit dans son berceau, mais je me trompais. elle n'y revint plus du tout. Voyant cela, je m'emparai du nid. que j'ai coup dans toute sa longueur pour l'examiner attentivement et pour prendre toutes ses dimensions, .l'ai trouve une quantit de ces nids dans le cours de mes voyages, et ils taient tous semblables; ils sont seulement plus ou moins blancs, suivant la nature ou la couleur de la bourre qui a servi leur construction.. J'ai aussi trouv dans plusieurs de ces nids des ufs de Coucou huppe : chose bien remarquable, rai 1 cet Oiseau n'est qu'un peu plus petit que notre Coucou d'Europe; ainsi, trs-certainement, il ne peu) s'introduire dans ce nid pour y pondre. (Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique.) Une autre espce, le Capocier piucpiuc, construit sou nid d'une manire plus admirable encore; et c'est encore Le Vaillant que nous en devons la connaissance. D'abord, dit ce voyageur, il est pose, le pins qu'il est possible, parmi les arbrisseaux pineux, el quelquefois sur les arbres, l'extrmit des branches, sur les mimosas, lie nid est ordinairement fort grand; les uns cependant plus, les autres moins; mais ce volume n'est qu'extrieur, car. en dedans, OISEAUX. 169 ils ont tous peu prs les mmes dimensions, c'est- dire trois quatre pouces d diamtre, tandis que la circonfrence extrieure est souvent de plus d'un pied. Ce nid, fabriqu avec de la bourre de plantes seulement, est ou d'une blancheur de neige ou bruntre, suivant la qualit de celle que don- nent les arbrisseaux du canton o se trouvent ces Oiseaux. En dehors, le nid parait assez informe, mme trs-irrgulier, suivant l'cartement des branches qui le reoivent, et auxquelles il est forte- ment attach, de sorte mme qu'il est impossible de l'enlever sans en laisser la moiti aprs les branches, parce qu'elles passent pour la plupart au travers de son paisseur extrieure. Si en dehors ce nid parat assez mal fabriqu, en revanche, lorsqu'on le considre en dedans, on ne peut qu'tre surpris de ce qu'un aussi petit individu, qui n'a d'autres instruments que son bec, ses ailes et sa queue, puisse avoir battu et serr ce duvet au point de le rendre uni et d'un tissu aussi fin que celui d'un drap, et mme d'un fort joli drap. Ce nid, entirement d'une forme plus ou moins ronde, a une gorge troite pratique dans sa par- tie leve, et c'est par l que l'Oiseau se coule dans l'intrieur. Ce n'est pas tout, au bas de cette gorge ou de ce corridor, est adapte une petite niche, en forme d'un trs-petit nid appliqu contre le grand. 11 est gnralement reconnu, au cap de Bonne-Esprance, que cette petite cellule ou niche est pratique exprs pour que le mle y reste en sentinelle pendant que la femelle couve, et cela pour la prvenir de tout danger pendant qu'elle est dans le fond du nid, et ne peut voir les ennemis du dehors. 11 faut convenir que cela est assez ingnieusement imagin; mais j'ai vrifi que cette sorte de niche ne sert pas du tout cet effet, car le mle couve aussi bien que la femelle, et jamais l'un des deux ne se tient en embuscade pendant que l'autre reste sur les ufs; faits dont je suis trs-cer- tain, puisque j'ai trouv au moins cent de ces nids, et (pie j'ai guett et examin, pendant des matines entires, ces Oiseaux. Ce petit rduit n'est donc qu'un juchoir, construit de manire que le Piuc- Piuc puisse de l s'lancer par la gorge pour pntrer dans le nid, ce qu'il ferait avec peine sans cela, parce qu'il ne peut, en volant, enfiler cette petite ouverture, et que le nid est d'ailleurs fait trop mollement en dehors pour qu'il puisse se poser continuellement dessus sans le dgrader; au lieu que ce petit espace est aussi solidement construit que le dedans du nid; et, comme pour lui donner cette solidit l'Oiseau n'a d'autre moyen que de le battre de ses ailes et d'y tourner son corps diff- rentes reprises, comme je l'ai dit du Capocier, cette pratique ncessite absolument que l'ouvrage prenne une forme sphrique, et lui donne l'apparence d'un trs-petit nid, ce qui aura fait croire que le mle s'y tient seul; mais cela est si peu vrai, que, quand la bouche du nid est pose de manire qu'elle rponde quelque branche qui en facilite l'entre, cette petite cellule n'existe point; j'ai trouv plu- sieurs de ces nids o il y avait deux ou trois juchoirs; d'autres o ce juchoir n'avait pas la forme d'un petit nid. En gnral, ces cellules sont si troites, que l'Oiseau, tout petit qu'il est, aurait de la peine s'y loger... D'ailleurs, comme je l'ai dit. j'ai examin la manuvre de ces Oiseaux toutes les fois que je l'ai pu, et jamais je n'en ai vu un en sentinelle dans la niche; mais j'ai vu que le mle ou la femelle, en arrivant au nid, se posaient sur la branche la plus voisine, de l sur le rebord de cette petite cel- lule; puis, que fourrant leur tte dans le trou, ils se plongeaient dans le nid. Ces Oiseaux sont si peu farouches, qu'il n'est pas besoin de les guetter de bien loin pour les exami- ner son aise, puisqu'ils entrent dans leur nid quoiqu'on soit assez prs d'eux, surtout dans les can- tons les plus sauvages, o les enfants ne les drangent pas. Malgr cela, il m'a t impossible de les attraper dans le nid mme pendant la nuit, parce que ce nid est toujours, quoique fort en vue, si bien plac au milieu des broussailles, qu'il n'est pas possible d'y arriver sans faire de bruit, car il n'est jamais sur un buisson isol, mais toujours dans le milieu de quelque fourr d'un difficile accs. ... Un nid aussi commode et aussi douillet que l'est celui du Piuc-Piuc ne manque pas d'envieux. et certes il en a beaucoup, qui malheureusement sont tous plus forts que lui, et lui ravissent son do- micile, aprs l'avoir chass honteusement et avoir dtruit sa petite famille ou cass ses ufs; ainsi, souvent aprs avoir achev son ouvrage, et avoir mme quelquefois construit plusieurs de ces nids, le couple Piuc-Piuc est oblig de renoncer au doux plaisir d'avoir un asile pour lever ses pe- tits; triste exemple de ce qui se passe chez les hommes quand les plus forts font la loi aux plus faibles. Les Oiseaux ennemis du Piuc-Piuc sont les Msanges et les Barbus; en Quadrupdes, les Souris, et, o 22 170 HISTOIRE NATURELLE. en Insectes, les Gupes el les Fourmis. Il n'y a pas jusqu'aux Reptiles qui, aprs s'tre glisss dans son nid et avoir dvor les petits ou les ufs, ne s'y tablissent ensuite. Combien d'ennemis pour un tre aussi faible que l'Oiseau dont nous parlons ! Les Msanges et les Barbus volent assez ordinairement ces nids, auxquels ils n'ont d'autres rpara- tions faire que d'en largir l'orifice, ce qui leur est bien facile, parce qu'il est fort solidement tissu, trs-mince, et qu'il prte beaucoup. Les Souris y font leurs petits, et y emmagasinent leurs provi- sions d'hiver. Les Reptiles s'y cachent; mais je n'y ai jamais trouv qu'une espce de Serpents ver- dtres, qui se tient sur les arbres et les buissons, et dont la morsure n'est pas venimeuse. Quant aux Gupes et aux Fourmis, ces Insectes, aprs s'tre empar du nid, y construisent des cellules dans l'intrieur et y dposent leurs larves : les Fourmis que j'y ai trouves sont du genre de celles qui ont des ailes. ... Le temps de l'incubation de cet Oiseau est de quinze jours, et il est aussi de ceux qui les Coucous confient leurs ufs, qui certainement ne peuvent qu'tre introduits et non pondus dans ce nid, o il est impossible un Coucou de se fourrer. J'y ai trouv l'uf du Coucou vert dor, que j'ai nomm Didric. Il est vrai que ce dernier est un des plus petits Coucous d'Afrique, mais, enfin, il est encore trop gros pour entrer par la petite ouverture du nid du Piuc-Piuc sans l'endommager; or, ceux de ces nids o j'ai trouv de ces ufs ne l'taient pas du tout, et ils ne se dgradaient qu' me- sure que les petits Coucous grandissaient. Les Piucs-Piucs, ainsi que l'espce prcdente, auraient-ils encore la complaisance de rparer leur nid aprs que ces Coucous l'auraient dgrad? Je ne puis le croire. Quoi qu'il en soit, il parat assez tonnant qu'un Oiseau, qui souvent abandonne ses ufs quand on y a seulement touch, se prte couver celui d'un autre Oiseau qui, aprs avoir dtruit tous les siens, lui en laisse un dont le volume est toujours considrablement plus grand, quoiqu'en gnral les Coucous pondent des ufs propor- tionnellement plus petits que ceux des autres Oiseaux; mais il n'en est pas moins vrai qu'il y a une diff- rence bien grande entre l'uf d'un Coucou quelconque et celui d'un aussi petit Oiseau que le Piuc- Piuc. D'ailleurs, un seul uf, assez gros, doit encore tre difficile couver, et plus difficile que plu- sieurs petits ufs rassembls les uns prs des autres; il est donc impossible que le petit Oiseau qui couve cet uf ne sache pas que ce n'est pas un des siens. Au reste, comment concevoir encore que le jeune Coucou, qui, au bout de quinze jours, pourrait avaler son pre et sa mre nourriciers, ne les effraye pas'! Rien ne prouve mieux que c'est par une loi de la nature que les Coucous n'lvent pas leurs petits, et que certaines espces d'Oiseaux sont charges de ce soin. Le Piuc-Piuc. un des plus petits Oiseaux que j'aie trouvs en Afrique, peut tre compar, pour la taille, notre Troglodyte, auquel il ressemble beaucoup, tant par sa manire d'tre que par son al- lure. Comme lui, il est sans cesse en mouvement, et sautille de branche en branche parmi les arbris- seaux ou les broussailles, et se fourre partout; il a encore de commun avec lui de relever sa petite queue et de gazouiller sans interruption, tout en cherchant sa vie, non-seulement sur les bruyres, mais dans les herbes, o il aime se cacher. Outre cette conformit de ses manires avec celles du Tro- glodyte, il lui arrive aussi, comme notre. Alouette, de s'lever perpendiculairement de terre ou de quelque buisson une hauteur assez considrable; et, pendant qu'il s'lve, en battant fort des ailes et de la queue, et qu'il monte par petits bonds, il fait entendre un cri qu'on peut rendre par piuc- piuc, piuc-piue, piuc-piuc, qu'il rpte sans discontinuer pendant tout le temps de son ascension. Quoi qu'il en soit, cette habitude est diffrente de celle de l'Alouette, en ce que celle-ci monte gra- duellement et avec facilit, tandis que l'autre ne s'lve que par petits bonds ou sauts dont la mesure est marque, par autant de mouvements de queue... Ce n'est, enfin, que lorsqu'il est arriv quelques toises de hauteur, et que, se soutenant la mme place et brusquant tous ses mouvements en mme temps, qu'il prcipite son cri; il se laisse filer en biaisant, pour se fourrer ou dans l'herbe ou dans un buisson o sa femelle l'attend pour consommer l'acte amoureux dont toutes ces petites gentillesses ne sont que le prlude. J'ai donn cet Oiseau le nom de Piuc-Piuc, parce que je l'ai entendu nommer ainsi par plusieurs enfants des colons du Cap, et que d'ailleurs il en peint, bien le cri. Quand il fait le moindre vent, ar- riv une certaine hauteur dans l'air, cet Oiseau, fort lger, est ordinairement emport comme un chiffon, et disparait totalement pour ceux qui le regardent; mais, quand le temps est calme, arriv au plus haut point o ses forces lui permenttet d'atteindre, il descend en ligne diagonale, cependant OISEAUX. 171 sans fermer les ailes, pour se plonger terre, comme le fait notre Alouette d'Europe. (Histoire natu- relle des Oiseaux d'Afrique.) Sous le rapport du chant mlodieux propre plusieurs des espces de ce genre, nous citerons en- core ce que. dit Le Vaillant de l'espce qu'il a nomme si juste titre le Coryphe, le Drymoica co- rypha de Gray : Cet Oiseau mrite beaucoup de titres le nom que je lui ai donn, puisque, par sa belle voix et la mlodie de son chant, il dispute le prix, bien des gards, notre Rossignol, qu'il reprsente par- faitement bien dans la partie sud de l'Afrique que j'ai parcourue, non-seulement par l'agrment de son chant, mais encore par tous ses caractres extrieurs, sa forme svelte, ses mouvements gracieux et sa taille mme. Sa manire de chanter n'est pas la vrit si coupe, si cadence ni si varie; mais, en revanche, sa voix est bien plus gale, plus soutenue, par consquent plus moelleuse et plus touchante. L'expression de notre Coryphe europen est plus vive et plus anime; celle du Coryphe africain est plus tendre et plus voluptueuse : le chant du premier plat peut-tre davantage l'oreille, mais celui de l'autre parle mieux l'me. Enfin, le Rossignol est un matre habile qui, par son art, par les brillants clats de sa voix et les difficults de son chant, semble exiger des applaudissements, tandis que le Coryphe, par la simplicit et la douce harmonie de ses sons, ne parat chercher qu' mouvoir la sensibilit; en un mot, l'un exprime le plaisir satisfait, l'autre le sentiment tendre qui l'amne et y conduit. Montbeillard, dans sa sublime description du Rossignol, nous dit, par rapport son chant : C'est dans ses tons passionns que l'on reconnat le langage du sentiment qu'un poux heureux adresse une compagne chrie, et qu'elle seule peut lui inspirer. Et moi je dis du chanteur africain : C'est le langage de l'amant passionn qui, sr de plaire, appelle l'instant de son bonheur. Dans cette espce comme dans celle de notre Rossignol, les mles sont seuls dous d'un organe agrable, et la saison des amours est la seule o ils fassent clater les sons de leur belle voix, dont les accents prcdent toujours d'une heure ou deux le lever et le coucher du soleil. Lorsque les vents n'agitent pas l'atmosphre, et que le temps est serein, ils chantent aussi pendant une grande partie de la nuit, mais, quand il tombe une pluie douce et que le ciel est couvert sans orage, on les entend toute la journe. La nature, en accordant cet Oiseau le don de charmer par un organe dlicieux, a refus de l'or- ner de brillantes couleurs, car rien de plus simple que son plumage, qui, dans toutes les saisons, est le mme; mais aussi rien de plus lgant que sa forme, et rien de plus leste que ses mouvements. C'est en octobre que ces Oiseaux entrent en amour; c'est aussi dans ce mois que le maie excelle dans son chant. En novembre, ils cherchent un emplacement commode et bien abrit au pied du buisson le, plus touffu du canton oii ils se sont fixs, et qu'ils n'abandonnent pas d'un instant; c'est l, et sur la terre, qu'ils posent leur nid, qui est compos, extrieurement, de brins d'herbe et de mousse entrelacs, et revtu, intrieurement, de poils. Du moment que le nid est achev, la femelle y pond chaque jour un uf, jusqu' la concurrence de cinq au plus et de trois au moins; car, dans chacun des dix-neuf de ces nids que j'ai trouvs, je n'en ai jamais vu un plus ou moins grand nom- bre; mais souvent il n'y en avait que quatre : leur couleur est d'un bleu verdtre fort ple, sali, sur- tout vers le gros bout, d'un gris bruntre. Outre les dix-neuf nids dont je viens de parler, j'en ai trouv cinq autres de ces mmes Oiseaux contenant chacun un uf de Coucou hupp. Ces ufs taient entirement blancs, et, quoiqu'ils fussent chacun seul dans un nid, et qu'ils fussent du double plus gros que ceux du Coryphe, cela ne les empchait pas de les couver avec autant de soin que les leurs propres. Quel est donc cet instinct, cette complaisance, ou, pour mieux dire, cette loi de la nature, qui force une mre dont on a bris les ufs de couver celui de son ennemie et d'lever le petit qui en provient, et qu'on ne peut pas raisonnablement croire qu'elle prend pour l'un des siens, puisqu'en naissant il est presque aussi gros qu'elle, et qu'au bout de huit jours il est dj si fort, qu'il avale- rait, pour ainsi dire, son pre et sa mre nourriciers. ... On reconnat, dans notre Coryphe, le vol, les attitudes, tous les gestes mme du Rossignol, et jusqu' cette trange curiosit qui l'entrane en quelque sorte vers l'homme. Il a de plus, comme lui, ces mouvements brusques qu'il fait en relevant sa queue en mme temps qu'il l'tal avec grce en la ramenant sur son dos et la laissant ensuite retomber voluptueusement. Le Coryphe se nourrit d'Insectes, de Chenilles et de nymphes de Fourmis; il y joint aussi toutes sortes de baies. 172 HISTOIRE NATURELLE. J'ai trouv ces Oiseaux dans les bois de mimosas qui avoisinent la rivire Sondag et le Swarte-Kop, et de l en revenant au Camdeboo, pays strile et brl, lieux sauvages o leurs chants m'ont fait passer d'agrables instants lorsque, fatigu des chaleurs d'un jour brlant, et jouissant de la fra- cheur d'une belle nuit, je gotais, sous le vaste toit de la nature, les douceurs du repos. Ces char- mants htes me causaient tant de plaisir, que j'avais expressment dfendu d'en tuer un seul dans les environs de mon camp, o les feux que nous allumions pendant la nuit les attiraient en grand nombre. J'en avais pris une niche entire, dans l'esprance de l'lever et de l'apporter au Cap pour y per- ptuer l'espce; mais die ne vcut pas... (Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique.) CAPOCIER A CROUPION ROUX VflYMOICA VttOPTGIALlS. (Fraser.) En dessus, brun, chaque plume lisre de mme couleur plus ple; raie superciliaire et dessous du corps blancs; flancs et cuisses lgrement lavs de roux; croupion roux; queue bruntre, fascie de roux trs-ple et d'une autre bande noire, et blanche la pointe; bec brun; pieds jaunes. Longueur totale, m , 1 1. Habite Accra, Afrique occidentale. 5 GENRE PRINIA. PRIIS1A (Horsfield.) CARACTRES GNRIQUES. Bec mdiocre, droit, largi la base, notablement comprim au del des narines, et robuste la pointe; la mandibule suprieure, d'abord droite, se recourbe lgrement vers le bout, son arte for- mant une carne entre les narines, puis s' arrondissant pour s'chancrer son extrmit; mandi- bule infrieure droite, lgrement incline au del de son milieu. Narines plat es la base du bec. recouvertes d'une membrane, et creuses dans une fossette oblon- que, ou elles s'ouvrent par une petite [ente longitudinale h leur portion infrieure. Ailes arrondies, surobtuses; lu premire rmige la plus courte, et les trois sept suivantes lg- rement ehancres h leur bord extrieur. Queue longue et cuniforme. Tarses assez- hauts, de la longueur du doigt mdian, les latraux presque gaux, l'externe uni sa base; le pouce fort et remarquablement robuste, de mme que son ongle. - Fig. -15 Prinia familiaris Fig. 216. Prinia familuiris Ce genre comprend une partie du genre Saga, llodgson, tel que l'a compos M. Ch. Bonaparte, et renferme quinze espces de l'Asie mridionale et de l'Ocanie. Ces Oiseaux, dit le colonel Syks, apportent dans la construction de leurs nids la mme industrie que les Orthotomes, notamment l'Orlhotome longue queue, dont ils ont la manire de vivre et une partie les habitude. . OISEAUX. 173 TRINIA SOCIAL. PRIMA SOCIAI.IS. (Sykes.) Tte et dos d'un cendr fonc; rmiges et recirices d'un brun roux, ces dernires bordes, leur extrmit, d'un brun plus obscur; en dessous, d'un blanc roussatre, moins pur sur les cts du ven- tre; bec noir; pieds jaunes; iris orange. Longueur totale. 0"',11 environ. Habite Dunkun. Fis 217 - Prillia familier. 4"" GENRE. -- ROUSSEROLLE. CALAMOUERPE. (Roi, 1826.) KaXd(j.o;, roseau; ejitvg', je glisse. CARACTRES GNRIQUES. Bec de la longueur de la tte, large a la base, comprim sur les cls, arte saillante, surtout au front, chancr la pointe de la mandibule suprieure. Narines bastes, ovalaires. Fig. 218 Calamoherpe junco Fig. 219 Calamoherpe junco. Ailes assez longues, subobtuses; penne btarde trs-courte; la troisime rmige la plus longue de toutes. Queue conique, tage. Tarses de la longueur du doigt mdian, grles; doigts allongs, minces; ongles forts, longs, com- prims, celui du pouce sensiblement plus long que ce doigt. 1 74 HISTOIRE NATURELLE. Ce genre, qui comprend les genres Acroccplmlus, Nanmann; Acrobates, Jerdon; Arundinaceus, Lesson, et Dumeticota, Blyth, compte dix-neuf espces de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'O- canie, dont quatre se trouvent en Europe. Les Oiseaux qui appartiennent ce genre frquentent les marais, les bords boiss ou couverts de roseaux des tangs, des rivires, les jardins frais et humides. On les voit, sans cesse en mouvement, grimper le long des branches des arbustes, des plantes aquatiques, qu'ils parcourent de la base au sommet avec la plus grande agilit. (Degland.) L'habitude de cet exercice est mme si bien prise chez ces Oiseaux, que c'est peine si, aprs une longue observation, on les aperoit une seule fois poss sur un plan horizontal la manire des au- tres Oiseaux; c'est toujours le plan vertical qu'ils adoptent de prfrence; et c'est plaisir que d'admi- rer avec quelle adresse, au milieu de roseaux ou d'herbes marcageuses qui ne leur offrent qu'une fort de tiges droites perpendiculaires, et surface polie ou glissante, ils sautillent sans s'arrter de l'une l'autre, tantt la patte droite en haut, tantt la patte gauche, et progressant ainsi le long d'une rive des distances assez grandes avant de se fixer. Comme les Hippolas, ce sont des Oiseaux hargneux, colres, que le voisinage d'un autre Oiseau importune. Ce sont de vrais Rossignols de rivire, ainsi qu'on avait anciennement nomm l'espce type du genre, la Rousserolle. Le mle de celle-ci chante la nuit comme le jour, tandis que la femelle couve; mais il s'en faut bien que son chant soit aussi agrable que celui du Rossignol, quoiqu'il ait plus d'tendue; il l'accompagne ordinairement d'une action trs-vive et d'un trmoussement de tout son corps... (Ruffon.) La Caqueteuse, de mme que l'Isabelle d'Afrique, a une sorte de babil qu'on lui entend faire con- tinuellement, et qu'on peut rendre par gri-gri-gra-gra, rpt sur tous les tons. Dans le temps des amours, cet Oiseau voltige au-dessus des roseaux en chantant une petite phrase qui imite beaucoup celle que fait entendre notre Babillard. Pendant cette ritournelle, qui dure plusieurs secondes, il bat des ailes en se soutenant la mme place, puis se rabat tout coup en faisant une pirouette sur lui- mme pour rejoindre sa femelle, qui ordinairement est au-dessous de lui; et ce n'est sans doute que par rapport elle qu'il fait toutes ces petites gentillesses, qui finissent toujours heureusement pour lui. L'accouplement se fait d'une manire fort leste; car souvent il se pratique sur la frle feuille d'un roseau, et par consquent dans une position fort gnante, ou du moins qui le serait pour des tres moins vifs que ces Oiseaux, dont la ptulance caractrise tous les mouvements. (Le Vaillant.) Le nid des Rousserolles est des plus artistement construit et des plus fortement matelass dans le bas. Celui de l'Effarvatte. comme ceux de presque toutes les espces de ce genre, est soutenu par quatre tiges de roseaux, form des ttes fleuries de ces mmes roseaux, et de fort longs brins d'herbe rou- ls horizontalement en peloton avec un peu de coton; il renferme dans sa substance les quatre ro- seaux perpendiculaires. Et comme il est profond, ce nid' Pourquoi'? afin que les quatre ou cinq ufs qu'il renferme ne roulent pas dans l'eau quand le vent fait courber les roseaux. Le colonel Moritagu a vu un de ces Oiseaux conserver sa place dans le nid par un vent si fort, que chaque souffle l'ame- nait presque la surface du ruisseau. Le chant de cette espce est vari et agrable. Nous l'avons surtout entendu pendant que nous p- chions la ligne sur les bords du Colne. Elle chante, sans s'arrter, la nuit comme le jour, et son gazouillement, que l'un entend distinctement avant le lever du soleil ou pendant le crpuscule du soir, ressemble a celui de plusieurs Oiseaux diffrents. [Rev. brit. Enlr. du New. Muni. Mag.) Les Rousserolles sont essentiellement insectivores, et se nourrissent principalement de Libellules, de petits Hannetons, de Cousins, de Taons. Comme les Hippolas, ils prennent quelquefois ces In- sectes au vol. Leur mue est simple. Le mle et la femelle portent le mme plumage ROUSSEROLLE DES hoseaix cM.AMonnnPE ti'iidowes. iFiotf ) Wle et femelle nu printemps. D'un brun rousstre en dessus, un peu plus rembruni la tte OISEAUX. 175 ctau cou; d'un blanc jauntre en dessous, | fonc; sur les; flancs, plus clair au milieu dePabddmenj gristre la poitrine, qui offre quelques traits bruns; gorge d'un blanc gris; un trait blanc jauntre au-dessus des yeux, s'tendant du capistrum la rgion parotique; plumes des ailes brunes, avec de longues bordures rousstres; rmiges termines de gristre; bec brun en dessus, d'un livide jauntre en dessous et sur les bords des mandibules; bord libre des paupires jaune; pieds bruntres; iris brun rousstre. Longueur totale. 0'", 1 9. Habite l'Europe, l'Afrique et l'Asie. On la trouve abondamment dans le midi de la France, dans le Pimont et la Sicile; elle est assez commune dans nos dpartements septentrionaux, en Belgique et en Hollande; elle est assez rare en Allemagne. Elle niche sur les bords des rivires., dans les taillis, parmi les roseaux, mme dans les fosses do- places fortes... Sa ponte est de quatre a cinq ufs oblongs, d'un blanc verdtre, quelquefois bleu- tre ou gristre, avec des points d'un gris violet ou d'un roux plus ou moins fonc, et de larges taches rousstres ou brunes. Grand diamtre, 0"',023; petit diamtre, 0"',0H) (Degland.) Fifr 220 Rousserolle de? roseaux. ROUSSKllOLLE EFKARVATTE. CALAMOHEliP ARVNDWACEA. (Boi.) Mle en t. Parties suprieures d'un olivtre rousstre, vif et plus clair au croupion et aux sus-caudales; parties infrieures d'un blanc rousstre, clair la gorge et au milieu du ventre, lav de cendr rousstre sur les flancs et les cts de la poitrine; lorums, raie sourcilire et bord libre des paupires, d'un blanc rousstre: ailes et queue comme les parties suprieures, avec les pennes bor- des de cendr rousstre; bec brun dessus, jauntre en dessous; pieds d'un brun jauntre; iris noisette. Longueur totale, 0",15. Habite exclusivement l'Europe dans les contres tempres. En t, elle est commune dans le nord de la France. Elle niche parmi les roseaux, les grandes plantes aquatiques, les saussaies... Les neufs, au nom- 176 HISTOIRE NATURELLE. bre de quatre ou cinq, sont d'un vert olivtre ou d'un gris verdtre obscur, avec de grandes taches d'un brun olive, plus rapproches au gros bout. Grand diamtre, 0"',017 m .018; petit diamtre, m ,01i. (Degland.) ROUSSEROLLE VERDEROLLE. CALAMOBERPE PALUSTR1S. (Boi.) Mle et femelle an printemps. Parties suprieures d'un brun olivtre, un peu nuanc de cen- dr; parties infrieures d'un blanc rousstre, trs-clair la gorge et au ventre, nuanc de jauntre la poitrine et aux sous-caudales, de gris-brun aux flancs; lorums et un trait au-dessus de l'il blanc rousstre; ailes brunes, avec les plumes bordes de cendr; queue de la mme couleur, avec les pennes lisres de gristre; bec brun en dessus, jauntre en dessous; iris noisette; pieds bru- ntres. Longueur totale, O m ,lo. Se rencontre dans plusieurs contres de l'Europe tempre. On la trouve en Russie, en Allemagne, en Hollande, en Belgique, en Suisse et dans quelques localits de la France, telles que les dparte- ments du Nord, de la Somme et des Basses-Alpes... Niche sur les bords de rivires, sur les branches basses des saules, des ormes, des buissons... Sa ponte est de quatre ou cinq ufs bleutres, ou d'un gris lgrement lav de verdtre, avec des taches et des points d'un gris brun et d'un brun olivtre, plus nombreux au gros bout. Grand diamtre, m ,(M9; petit diamtre, 0"\014. (Deglanj).) ROUSSEROLLE DES SAULES. CALAMOHERVE SAL1CAR1A. [Pallas, Chenu et Des Murs.) Parties suprieures d'un olivtre ple et sale: parties infrieures blanchtres, mais la gorge d'un blanc pur; raie sourcilire galement blanchtre, plus ou moins apparente; pennes des ailes et de la queue d'un gris bruntre; rertrices mdianes bords plus clairs, l'externe borde de blanchtre des deux cts, la suivante seulement borde de cette teinte aux barbes internes et l'extrmit; bec noir, tirant sur le blanc en dessous la base; pieds bruns Longueur totale, O m ,ll environ. Habite la Russie et la Sibrie. Elle frquente les bords des fleuves couverts de saules. iSchlegei,, Rev.) Pallas est le seul qui ait fait connatre cet Oiseau. 5 GENRE. GALACTODE. AEDON. (Chenu et 0. Des Murs, Boi, 1826) A-c^wv, Rossignol. CARACTRES GNRIQUES. Bec de lu longueur de la tte, comprim dans toute son (tendue, presque aussi haut que large sa base, plus haut que large dans le surplus; mandibule suprieure trs-flchie h la pointe, dont l'chancrure est h peine visible; commissure dessinant une ligne courbe. Narines ovataircs, bastes. Ailes mdiocres, subobtuses; la troisime penne la plus longue, la seconde gale la quatrime; la penne btarde fort courte. Queue longue, ample, arrondie. Tarses de la longueur du doigt mdian, forts; doigts latraux gaux, courts, pais, pourvus OISEAUX. 177 d'ongles faibles, celui du pouce peu recourb, beaucoup motus long que ce doigt lui mme, qui esi bien plus court que le doigt mdian. Fig. 221. Aedon ijalaclodes. Fiz. 222. Aedon aalactodes le Galactode grivetin de Le Vaillant, peut donner une Ce genre, qui comprend les genres Ergiltropggia, Sniitli, et Agrobates, Swainson, dont il est sy- nonyme, repose sur sept espces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, dont deux seules se trouvent en Europe. Les murs de l'une des espces exotiques, ide de celles des deux espces europennes, dont les murs sont compltement inconnues, quoi- que la dcouverte du type du genre date dj de 1820. Si nous ne connaissions pas notre Rossignol, dit Le Vaillant, et surtout l'Oiseau dont nous parle- rons ci-aprs, et auquel nous avons donn le nom de Coryphe, cause de sa belle voix, celui-ci tiendrait sans contredit un des premiers rangs parmi les Oiseaux chanteurs; mais sa voix, quoiqu'une des plus agrables, le cde nanmoins celle de ces deux autres Oiseaux, et peut, dans un ordre infrieur, tre mise, pour ses sons moelleux, ct de celle de notre Fauvette tte noire. Le chant du Grivetin est cependant plus soutenu que celui de la Fauvette lte noire, qui n'est compos que de quelques sons coups que tout bon siffleur peut imiter facilement. En un mot, je ne puis don- ner une plus juste ide du chant de notre Oiseau africain qu'en disant qu'il est un diminutif de celui de noire Merle ordinaire. Fig. 225 Galactode des saules. Comme la plupart des Oiseaux chanteurs, c'est la fracheur du matin, et quelques moments avant le coucher du soleil, (pie celui-ci se plat faire clater les accents de sa voix douce et flte. Le mle seul chante; la femelle n'a qu'une espce de cri, trilric-tric-tritric-lrie, qu'elle rpte plu- sieurs reprises, et qui est aussi le cri d'appel du mle lorsqu'il cherche sa compagne. La seule saison des amours est celle o le mle fait entendre sou chant, qu'on peut aussi appeler son chant o 23 s 178 HISTOIRE NATURELLE. d'amour", puisqu'il est muet pendant tout le reste de l'anne, ou du moins il ne jette plus alors que le cri dont nous avons parl. C'est en octobre, novembre et dcembre, qu'on trouve le nid de ces Oiseaux, lequel est toujours plac, quelques pieds de terre, dans le milieu d'un buisson fort touffu. La ponte est de quatre ou cinq ufs, mais quelquefois elle n'est que de trois; leur couleur est d'un vert trs-ple, barbouill de brun, surtout vers le gros bout. Aussitt que les petits sont clos, le mule, entirement occup du soin de sa petite famille, aide la femelle les soigner, et il ne chante pli's que dans les instants o, tant repus, ils se reposent sous les ailes de leur mre. Leur principale nourriture consiste en Insectes, Chenilles, et en certaines espces de baies. J'ai trouv, un jour, dans le nid d'un Grive-lin, un uf du Coucou de l'espce que j'ai nomme Cou- cou criard; j'ignore cependant si cette sorte d'Oiseau est dans l'habitude de soigner cette progniture trangre, puisque l'uf du Coucou dont je parle, et qui tait dans le nid avec deux ufs du Grive- lin, ne s'y trouva plus quand je fus visiter une seconde fois la couve; mais, sa place, la femelle du (irivetin en avait pondu deux autres, qu'elle couvait avec les deux premiers. Les cailles de l'uf du Coucou, que je vis terre au pied du buisson, attestaient qu'il avait t jet hors du nid et aban- donn. Il est donc Mai que tous les Oiseaux qui les Coucous confient leurs ufs n'en prennent pas galement soin. ,Ie n'ai trouv cette espce que sur les bords riants du Gamtoos, et dans les bois de mimosas sur les rives du Sondag et du Swarle-Kop. [Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique.) GALACTODE RUBIGINEUX. AEDON rtUBlGIKOSUS. (Jleyer, Deglaml ) Mle. Parties suprieures d'un gris rousstre assez vif, parties infrieures d'un blanc Isabelle, lave de roux sur les cts du cou, la poitrine et sur les flancs; lorums bruns; raie sourcilire d'un blanc lgrement rousstre; ailes d'un brun clair, avec les plumes bordes et termines de rouss- tre: pennes de la queue d'un roux vif, avec une grande tache noire arrondie vers le bout, les plus la- trales de chaque ct termines de blanc pur. et les autres de blanc rousstre; bec brun en dessus, jauntre en dessous vers la base et sur les bords des mandibules; pieds d'un brun jauntre. Longueur totale, 0"',17 environ. Habite le midi de l'Espagne, la Grce et l'Egypte. On ne connat rien de certain de ses murs, de son genre de vie et de son mode de nidification. (Uegland.) GALACTODE FAMILIER. AEDON FAM1LIAMS. [Mndtrs, Gi'ay.) Quoique voisine du Galactode rubigineux, le Galactode familier s'en loigne constamment cepen- dant par les caractres suivants : le bec est plus fortement comprim la moiti antrieure; le plu- mage des parties suprieures est d'un brun gristre sale, seulement nuanc de ferrugineux sur les couvertures suprieures de la queue; les taches noires de la queue sont plus grandis, et elles for- ment une large bande noire, au lieu d'tre orbiculaires et isoles comme dans le Galactode rubigi- neux; la premire rmige dpasse de cinq lignes, dans cette espce, les grandes couvertures dis ailes; dans le Galactode familier, au contraire, cette rmige ne dpasse les couvertures des ailes que d'une ligne; enfin, la deuxime rmige, dans le Galactode rubigineux, est plus courte que la cin- quime, tandis que ces deux rmiges sont d'gale longueur dans le Galactode familier. (Sculegel, Rev. ail. des Ois. d'Eur.) Du Caucase, de l'Europe orientale et de l'Asie occidentale. Fig.'l. Spheveacus gramineu Kg. tj. Podargus humeralii [M. 5'2. OISEAUX. 179 G""' GENRE. CYSTICOLE. CYSTICOLA. (Lesson. 1831.) De cystus et coo. CARACTRES GNRIQUES. Bec 1res comprim dans sa moiti antrieure, mandibule suprieure recourbe dans presque foule sa longueur, irs-aicjuc a la pointe, qui est entire. Narines grandes, oblongues. Ailes iourtes, trs-arrondies, obtuses, l'extrmit des rmiges secondaires atteignant presque celle des primaires. Queue moyenne, lage. Tarses forts, de la longueur du doigt mdian; doigts minces, longs; ongles assez robustes, celui du pouce sensiblement plus long que ce doigt, peu recourb. =^j